Strasbourg II – Valence (Division 2, poule de relégation)

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On aurait pu croire que l’issue du dernier match joué à l’Iceberg avait coupé les jambes et le moral des Alsaciens. En effet, défaits en prolongation, ils se voyaient écartés des play-offs pour un tout petit point manquant, celui qui aurait, par exemple, pu être obtenu en gagnant contre leurs adversaires du match en question (les Diables valenciennois). Il n’en fut rien puisque, par la suite, les Strasbourgeois sont allés gagner aux tirs aux buts en terre valen…tinoise lors de leur première journée en poule de relégation.

Le match de ce soir était donc l’occasion pour eux d’engranger des points supplémentaires face aux Lynx, histoire d’être un peu plus sereins au moment d’affronter les Taureaux limougeauds, défaits la semaine dernière par ces mêmes Lynx. Les locaux étaient d’ailleurs renforcés par pas moins de 6 jeunes habituellement utilisés par l’équipe fanion de Magnus, histoire de mettre toutes les chances de leur côté.

Pourtant, tout ne va pas se passer comme espéré. Tout d’abord parce que Valence montre très rapidement ne pas être venu en victime expiatoire. Les Drômois ont beau avoir été derniers de leur poule durant toute la saison régulière, c’est une équipe volontaire, rapide, énergique, qui prend rapidement le jeu à son compte. Les Lynx pressent haut et semblent étourdir leurs hôtes par leur jeu, simple et rapide. Ce sont donc les visiteurs qui placent les premières banderilles. Ludovic Rio est tout heureux de stopper sur sa ligne un essai de Jonathan Manon (6’22), puis un tir tendu de Geoffrey Bidoli qu’un cafouillis devant la cage ralentit (11’15).

Strasbourg met énormément de temps à se reconcentrer face à ce défi physique, ça commence à râler sur le banc afin que les abeilles locales appliquent de façon disciplinée les consignes, ce qu’elles vont parvenir à faire progressivement. Tout d’abord via Samuel Rousseau dont le tir bute sur la mitaine de Franck Constantin (12’04), puis sur ce palet qui circule le long de la ligne de but de l’ancien portier spinalien, archi-battu pour la circonstance (14’20). C’est alors que les Bas-Rhinois vont connaître le trou noir. Oh, pas bien longtemps, juste le temps que Bastien Sangiorgio exploite au second poteau une remontée turbo de ses compères Yohann Danerolle et François Hernandez (0-1 à 15’16). Juste le temps aussi de se déconcentrer sur la glace, alors que ça hurle le long de la bande strasbourgeoise, mais c’est trop tard, Pierre-Louis Appaix vient de loger un joli tir de la bleue (0-2 à 15’48). Les locaux rentrent donc aux vestiaires quelque peu abasourdis par le résultat de ces 32 secondes de vide. Ils ne s’en remettront pas, d’ailleurs.

Deux buts au hockey, ce n’est pourtant pas grand chose, surtout quand il reste 40 minutes à jouer. À condition d’être plus précis et percutant. C’est ce qui manque aux Alsaciens durant le tiers médian. De la précision, notamment dans leurs passes, face à des Valentinois dont le jeu est maintenant d’attendre tout en gênant les progressions locales. C’est d’ailleurs lors d’un excellent travail de grattage de palet que Sangiorgio, encore lui, rate de peu la cage de Rio (31’45). Cette alerte n’est cependant pas comprise par les Bas-Rhinois, puisque quasiment dans la foulée, l’ancien Grenoblois exploite sans se poser de question une nouvelle opportunité (0-3 à 32’02). On appelle ça une leçon de réalisme, alors qu’en face, Strasbourg peine à exploiter les nombreuses supériorités – y compris une double supériorité – qui se présentent. Frustrant.

Et que dire de ce dernier tiers, joué sans doute avec l’envie, mais avec de moins en moins de lucidité. Pourtant, ce missile de la bleue de Colin Morillon, visiblement dévié de près par Julien Baeumlin redonne de l’espoir à l’Iceberg (1-3 à 45’12). C’est oublier les nouveaux instants de flottement en zone alsacienne, notamment d’Antoine Pelisse face à Rio (47’21). Là aussi, l’avertissement n’est pas assimilé, ce qui permet à Hernandez de remonter le long de la bande puis vers Rio, pour décocher un tir qui passe juste dans le tout petit trou laissé sous sa barre par le portier strasbourgeois (1-4 à 49’01). Joli et réaliste. Ça commence à sentir le roussi, et aussi l’énergie du désespoir, comme sur ce contre raté de Tarik Chipaux (56’16), ou sur cet arrêt-ricochet improbable sur la mitaine de Constantin face à Baeumlin (58’24). La messe est dite, il avait été décidé que sur cette partie, le réalisme serait drômois, et pas bas-rhinois.

Pourtant, qu’on ne s’y trompe pas. Valence n’a pas réalisé un hold-up. Les Lynx sont allés chercher leur avantage, pour ensuite le tenir (toujours une crosse pour gêner ou repousser un essai alsacien) et le capitaliser dès que l’occasion le leur permettait. Leur jeu est sans doute simple, mais remuant, plutôt précis, rapide, et un poil physique. Leur victoire est donc méritée. On peut juste se demander comment ils ont pu, avec ce type de partie, rester cantonnés en dernière place de la poule Sud. En tout cas, avec ce gain, les voilà d’ores et déjà repêchés pour une nouvelle saison de D2.

Ce qui n’est pas encore le cas des Bas-Rhinois. Strasbourg a surtout manqué de réalisme, et aussi de précision. Si l’envie y était, les Alsaciens ont souvent, trop souvent, cherché à bien finir leurs actions, fignoler les décalages notamment lors des supériorités. C’était peine perdue face aux innombrables crosses valentinoises, il y en avait toujours une pour contrecarrer les plans. Il va donc falloir ressortir le bleu de chauffe face aux Limougeauds, afin de les tenir à distance de la deuxième place qualificative, que Strasbourg occupe actuellement.

Strasbourg – Valence 1-4 (0-2, 0-1, 1-1)
Samedi 10 mars 2018 à 18h30 à l’Iceberg. Environ 150 spectateurs.
Arbitrage de M. Gardiol assisté de MM. Fauvel et Kirschenbaum.
Pénalités : Strasbourg 22′ (4′, 2′, 6’+10′) ; Valence 26′ (2′, 8’+10′, 6′).
Tirs : Strasbourg 23 (7, 9, 7) ; Valence 20 (9, 4, 7).

Évolution du score :
0-1 à 15’16 : Sangiorgio assisté de Danerolle et Hernandez
0-2 à 15’48 : Appaix assisté de Alexis Pellisse
0-3 à 32’02 : Sangiorgio assisté de Hernandez
1-3 à 45’12 : Baeumlin assisté de Morillon et Chipaux
1-4 à 49’01 : Hernandez assisté de Sangiorgio

Strasbourg

Attaquants :
Valérian Mathieu – Thomas Mathieu – Romain Schmitt (C)
Anthony Goncalves – Samuel Rousseau – Tarik Chipaux
Kevin Le Guen – Karl Messinger – Julien Baeumlin
Mathis Joly

Défenseurs :
Aurélien Chausserie – Luc Baillis
Maxime Deplanque – Colin Morillon
Paul-Adrien Grasser – Mehdi Moushrif

Gardien :
Ludovic Rio puis Adrien Vazzaz à 49’01

Remplaçant : Romain Bureau.

Valence

Attaquants :
Yohann Danerolle – François Hernandez (C) – Bastien Sangiorgio
Jonathan Manon – Antoine Pelisse – Alexis Pelisse
Eliot Demangel – Valentin Clément – Clément Stévenin

Défenseurs :
Eliot Ardouin (A) – Geoffrey Bidoli
Pierre-Louis Appaix – Francis Poulin
Damien Cabaré – Germain Guirado

Gardiens :
Franck Constantin puis Jérémy Valentin à 59’41

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