Brest – Anglet (Division 1, finale, match 4)

360

Anglet, logiquement 

Le Rïnkla Stadium fait (enfin) quasiment le plein (1203 spectateurs) pour le dernier match de la saison à domicile pour les Albatros. Hormis la soixantaine de supporters basques qui ont fait le déplacement, tout le monde dans l’enceinte espère que cette rencontre se terminera par une victoire et le titre dans cette cinquième finale disputée en six saisons à ce niveau depuis 2010 pour les Albatros…

Les locaux peuvent partir sur les chapeaux de roue puisque Riendeau est sanctionné pour retenir au bout de vingt-quatre secondes seulement. Pris à froid, Brest ne fait rien de sa supériorité. L’occasion la plus importante est même l’œuvre de Poudrier qui part en contre sur un palet chipé à Jonathan Avenel (0’53’’).

Une fois la pénalité tuée, l’Hormadi déroule et campe en zone offensive. Les tirs s’enchainent sur Jonathan Ruby mais le gardien canadien est rassurant dans ses cages avec aucun rebond lâché. Il est le grand artisan du maintien à flot du navire brestois, largement dépassé dans ce début de match. Il finit par craquer en infériorité sur un tir de Grenier dévié par le Suédois Olsson (0-1 à 12’46’’).

Brest pointe enfin le bout de sa crosse dans la dernière partie du tiers et se montre subitement dangereux lorsqu’un tir croisé est dévié et rebondi sur Pain devant l’enclave. Le palet frappe le montant gauche de Sidor. Une égalisation aurait été opportuniste quand on pense à toutes les situations chaudes sauvées par Ruby, notamment sur un changement de ligne atroce de son équipe qui le laisse seul avec un défenseur face à un bloc complet adverse (16’57’’).

Il y a urgence à redresser la barre pour les Albatros, sous peine, justement, de retrouver la patinoire de La Barre dimanche. Ils n’ont tiré que six fois au tiers initial contre quinze pour les Angloys. Riendeau prend encore une pénalité en début de période (23’21’’) mais les Bretons ne capitalisent toujours pas. Leur jeu offensif est moins percutant et va nettement moins à la cage qu’hier. L’enjeu semble les faire cogiter davantage et il n’y a pas ce petit grain de folie qui a sérieusement perturbé Anglet la veille.

Ruby joue encore le pompier de service sur un pressing intense du bloc emmené par l’ex-Brestois Sébastien Gauthier (26’). Anglet construit bien plus offensivement que leurs homologues, limités le plus souvent à balancer le palet au fond ou à effectuer des contres solitaires.

Cependant l’écart reste faible au score jusqu’à un coup du sort pour les Albatros. Après des pénalités distribuées à Ouellet et Laine (31’24’’), les deux équipes évoluent à quatre contre quatre. Sur une remontée de palet, Rusnák fait une passe-abandon en rentrant en zone neutre pour Aurélien Gréverend. Le défenseur français dans son élan dépasse le palet et tombe en tentant de le contrôler en arrière. Alexander Olsson qui était au pressing récupère la rondelle et fonce seul sur Ruby qu’il trompe d’un lancer du poignet (0-2 à 31’39’’).

Un but gag qui fait mal aux Bretons. Ils bénéficient à nouveau d’une supériorité numérique pour une charge à la tête de Roussel sur Kolodziejczyk. L’Angloy écope d’un 2’+10’ (33’48’’). Mais à nouveau ce temps fort n’est pas capitalisé avec un premier tir qui intervient par le remuant Bradshaw après une minute vingt et une.

La fatigue physique commence à se faire sentir avec plusieurs joueurs brestois qui semblent moins frais dans leur patinage. Ils sont régulièrement en retard sur les palets. La pause est donc bienvenue pour eux. On l’a vu hier, l’écart n’est pas insurmontable et un but peut clairement rallumer la flamme pour les locaux mais encore faut-il le marquer.

La physionomie du match se poursuit, Anglet est installé en zone offensive tandis que Brest place quelques contres épars, notamment par Rusnák qui fait partie des quelques joueurs brestois qui ne semblent pas émoussés physiquement. Mais ces contres sont souvent l’occasion pour les fatigués de changer de lignes, laissant le porteur du palet bien seul en zone offensive (45’).

Nicolas Thos est pénalisé pour charge contre la bande juste avant la mi-tiers (49’09’’). Cette fois Brest concrétise. Une bonne passe décalée de Kristek pour Pain prend à revers la défensive adverse. L’ailier français est excentré et expédie le disque vers l’enclave. Le palet est dévié devant Sidor par des joueurs à la lutte et franchit la ligne de but (1-2 à 50’32’’).

De manière prévisible, la flamme est ravivée côté breton, ce qui donne l’énergie du désespoir qui fait soudain disparaître la souffrance physique. En face, la machine s’enraye face à cette euphorie adverse et Graham Avenel est tout proche de profiter d’un gros cafouillage devant Sidor (53’).

Anglet calme un peu le jeu en pressant par l’intermédiaire du trio Pourdier-Gauthier-Ouellet (54’). L’ambiance est montée d’un cran dans les tribunes avec les deux camps qui donne beaucoup de voix. Les choses s’emballent un peu plus après de bonnes percussions dans les passes qui débouchent sur un tir de Gréverend qui touche un montant de Sidor (56’49’’).

La patinoire exulte à 58’35’’ lorsqu’un attaquant brestois (Kristek ?) trompe d’un lancer frappé un Sidor interdit. Mais le but n’est pas accordé puisqu’un coup de sifflet avait été donné par le corps arbitral juste avant le tir du Tchèque suite à la présence de Rusnák dans la zone du gardien. Cela explique sans doute pourquoi le gardien angloy est resté sans réaction. Le Slovaque a beau contester en arguant qu’il était devant la fameuse zone et non pas dedans, la marque reste inchangée.

Quelques secondes plus tard, Anglet est pénalisé pour un accrocher de son assistant-capitaine Thomas Decock (58’56’’). Brest pose illico son temps mort et sort Ruby. La tentative de putsch fait pschitt puisque Gréverend, décidément pas verni ce soir, perd le palet en sortie de zone face à Poudrier qui parachève le succès en cage vide (1-3 à 59’19’’).

Anglet égalise dans la série et récupère l’avantage de la glace pour un ultime match qui s’annonce chaud bouillant. L’Hormadi mérite son succès, les applaudissements de toute la patinoire en témoigne, et part favori pour la rencontre décisive. Ils ont globalement maîtrisé la rencontre face à des Albatros qui ont toujours du cœur mais de moins en moins les jambes. Mais cette combativité adverse leur pose néanmoins de gros problèmes et il s’en est fallu de peu pour que la rencontre bascule en fin de rencontre.

Pas de titre à domicile pour Brest donc. La combativité et l’envie sont indéniablement présentes chez les Bretons mais plus la série s’allonge et plus des forces sont laissées en route. Adam Stuart a terminé de purger sa suspension et sera de retour pour le match décisif. À voir si le duo Dostal-Codère choisit de basculer à quatre lignes grâce à ce retour. En donnant tout ce qu’ils ont et avec le petit grain de folie offensif qu’ils ont montré dans cette finale, il y a un petit espoir pour eux.

Joueurs du match : Erwan Pain (Brest), Alexander Olsson (Anglet).

 

Brest – Anglet 1-3 (0-1, 0-1, 1-1)
Jeudi 12 avril 2018 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 1203 spectateurs.
Arbitrage de Marie-Tjana Picavet assisté de Aurélien Smeeckaert et Joffrey Yssembourg
Pénalités : Brest 6′ (4’, 2’, 0’), Anglet 22′ (2’, 6’+10’, 4‘).
Tirs : Brest 25 (6, 11, 8), Anglet 29 (15, 9, 5)

Évolution du score :
0-1 à 12’46’’ : Olsson assisté de Grenier et Riendeau (sup. numérique)
0-2 à 31’39’’ : Olsson
1-2 à 50’32’’ : Pain assisté de Kristek et Dobron (sup. numérique)
1-3 à 59’19’’ : Poudrier (inf. numérique) (cage vide)

Brest

Attaquants :
Benjamin Lagarde – Bryan Kolodziejczyk – Erwan Pain (A)
Jaroslav Kristek – Ondrej Rusnák – Alexandre Lubin
Jonathan Avenel (C) – Cullen Bradshaw – Graham Avenel
Bastien Lardière

Défenseurs :
Aurélien Gréverend (A) – Michal Dobron
Clément Colombin – Alan Dana
Aleksi Laine – Niko Suoraniemi

Gardien :
Jordan Ruby (sorti de 58’56’’ à 59’19’’)

Remplaçants : Quentin Dubos (G), Jérémy Cormier, Antonin Marcelle, Maxime Foulon. Absents : Gaëtan Cannizzo (rupture du tendon d’Achille), Adam Stuart (suspendu).

Anglet

Attaquants :
Yanick Riendeau – Xavier Daramy (C) – Thomas Decock (A)
Loïk Poudrier – Sébastien Gauthier – Christian Ouellet
Alexander Olsson – Mathieu Cyr – Benoit Ladonne
Florent Neyens (A) – Matthieu Vissio – Nicolas Thos

Défenseurs :
Thomas Baubriau – Dave Grenier
Dominic Jalbert – Charles-Olivier Roussel
Riku Silvennoinen – Kevin Maso
Mathieu Pons

Gardien :
Dusan Sidor

Remplaçants : Quentin Kello (G), Victor Ranger.