Suisse – Autriche (Championnats du monde, groupe A)

(c) Nicolas Leborgne
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L’Autriche retrouve en 2018 l’élite mondiale après avoir fini première d’un Mondial IA qui devient d’années en années de plus en plus ouvert et concurrentiel, preuves en sont les promotions récentes de la Corée et de la Grande-Bretagne. Tout comme lors de sa dernière apparition au plus haut niveau en 2015, elle affronte pour son entrée en matière le voisin suisse et espère rééditer la même performance lors de laquelle elle avait gagné aux tirs au but. Une performance qui s’était malheureusement pour eux révélée vaine car malgré un tournoi correct, les Autrichiens avaient été relégués au terme d’un improbable et rocambolesque résultat entre la France et la Lettonie qui sauvait ces deux nations de la relégation.

Côté suisse, il ne reste personne de ce revers d’il y a trois ans, exceptés les gardiens. Mais l’entraîneur Patrick Fischer a préféré faire confiance au portier de Berne Leonardo Genoni plutôt qu’à Reto Berra. C’est dire le renouvellement opéré et la profondeur du vivier helvète.

Bon départ pour la Suisse

La Suisse commence fort avec un bon tir de Nino Niederreiter et a l’occasion d’imposer son jeu mais elle doit se méfier des contres autrichiens et de leur forecheck agressif. Parfois trop quand Alexander Rauchenwald se fait pénaliser en zone offensive. Mais parfois excellent lorsque Patrick Spannring chipe le palet à Gregory Hofmann pendant l’infériorité numérique qui s’en suit. Genoni gagne cependant son duel.

Bien installée en zone offensive, la Suisse commet un surnombre qui permet aux Autrichiens de respirer et de créer un peu d’offensive plus saillante. Mais les deux défenses sont bien en place et ne permettent que des tirs lointains ou excentrés la plupart du temps.

La cage autrichienne est un peu assiégée et Bernhard Starkbaum sort un arrêt extraordinaire de la botte, mais il ne peut rien lorsque la paire défensive Ulmer-Heinrich cède à la pression du duo Niederreiter-Corvi qui presse derrière le but. L’ailier de Minnesota termine le une-deux d’un bon tir qui permet à la Suisse de regagner le vestiaire à la première pause avec un but d’avance.

La physionomie de la rencontre ne change pas beaucoup en deuxième période et suite à un bon travail dans les coins, Gaëtan Haas ressort de derrière la cage et bat le gardien d’un beau tir du revers. Et hop, 2-0 !

L’Autriche montre une petite réaction d’orgueil avec deux belles occasions dangereuses mais c’est surtout pendant une supériorité numérique de cinq minutes qu’elle peut croire en ses chances de recoller au score. Sven Andrighetto est en effet renvoyé au vestiaire pour une charge sur le genou de Steven Strong, qui sort sur civière. Malgré un bon penalty killing, Dominic Zwerger exploite un rebond et envoie le palet au fond sur une première tentative de Lukas Haudum, le « local » du match qui joue en club à Malmö à quelques kilomètres.

Le jeu s’envenime et Daniel Woger cible Nino Niederreiter pour une vilaine charge. Après quelques embrassades, le power-play est bien installé et procure aux Suisses de bons tirs mais Starkbaum reste solide jusqu’à la deuxième pause, avec notamment encore un exceptionnel arrêt de la crosse (ci-dessous).

(c) Nicolas Leborgne

Retour autrichien

La Suisse continue de tenir le palet en troisième période et le gardien de Salzbourg continue son numéro de virtuose. Du coup l’avance n’est toujours que d’un but. Et elle finit même par disparaître complètement quand le défenseur Sean Kukan, auteur d’un match déjà très moyen, se rend coupable d’un mauvais dégagement intercepté par Peter Schneider qui remet à Manuel Granahl pour l’égalisation. Le scénario de 2015 se répète-t-il ?

L’Autriche bénéficie même d’une supériorité numérique suite à la pénalité de Gregory Hofmann, mais leur attaque est trop limitée techniquement pour construire un power-play percutant. Puis au tour de la Suisse de finir le match en supériorité numérique, mais avec la même inefficacité.

On se dirige vers la prolongation avec les 40 premières secondes à 4 contre 3. Mais les attaquants suisses font de mauvais choix. C’est donc à 3 contre 3 que la décision va se faire et c’est encore le duo Niederreiter-Corvi qui sauve les meubles.

Dans le jeu, la Suisse a montré une grande qualité de construction, de mouvement ainsi que de la percussion en attaque qui devraient normalement leur ouvrir les portes des quarts de finale. Mais comme souvent contre des équipes moins bien classées, ils sont incapables de tuer le match quand il le faut et ils jouent avec le feu. Deux grosses erreurs remettent le pied à l’étrier à des Autrichiens qui montraient clairement des limites offensives. Après avoir été relégués deux fois avec 5 points au classement à chaque fois, les Autrichiens engrangent un point, toujours utile dans la course au maintien.

Désignés joueurs du match : Bernhard Starkbaum (Autriche) et Nino Niederreiter (Suisse).

Commentaires d’après-match :

Noah Rod (attaquant de la Suisse) : « C’est clair que l’objectif était les 3 points, ma foi. On garde le positif. Dans ce genre de tournoi, il ne faut pas s’attarder sur le négatif. Il y avait une ambiance incroyable sur notre banc. Quand on a marqué, tout le monde était vraiment très content. Il n’y a pas de matches faciles au championnat du monde. Alors on fait deux petites erreurs mais l’essentiel est de marquer ce but en prolongation. Notre objectif est le quart de finale. À partir de là tout peut se passer. »

Gaetan Haas (attaquant de la Suisse) : « Une erreur individuelle donne le 2-2. On avait les occasions pour finir le match avant et on ne l’a pas fait, mais à la fin c’est bien qu’on ait pu chercher le deuxième point. Le gardien autrichien a été excellent, mais il faut qu’on mette au fond plus souvent nos occasions. »

Patrick Spannring (attaquant de l’Autriche) : « Nous avons joué un bon match, solide, mais à la fin la Suisse a eu plus de chance que nous. À 0-2, l’entraîneur nous a demandé d’améliorer des petites choses, de jouer plus intelligemment, d’envoyer le palet près de la cage pour espérer marquer. Notre mission est de rester dans le groupe A, nous devons regarder devant nous et continuer d’accumuler des points. »

 

Suisse – Autriche 3-2 après prolongation (1-0, 1-1, 0-1, 1-0)
Samedi 5 mai 2017 à 12h15 à la Royal Arena de Copenhague. 5019 spectateurs.
Arbitrage Konstantin Olenin (TCH) et Mikael Sjoqvist (SUE) assistés de Dmitriy Golyak (BLR) et Gleb Lazarev (RUS).
Pénalités : Suisse 29′ (2′, 5′+20′, 2′, 0′), Autriche 6′ (2′, 2′, 2′, 0′).
Tirs : Suisse 41 (14, 10, 16, 1), Autriche 19 (7, 7, 5, 0).

Évolution du score :
1-0 à 18’28 : Niederreiter assisté de Corvi
2-0 à 24’14 : Haas assisté de Scherwey et Müller
2-1 à 34’50 : Zwerger assisté de Rauchenwald et Haudum (sup. num.)
2-2 à 46’28 : Ganahl assisté de Schneider
3-2 à 63’18 : Corvi assisté de Niederreiter

Suisse (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Gregory Hofmann (2′) – Enzo Corvi (+1) – Nino Niederreiter (A, +1)
Tristan Scherwey (+1) – Gaëtan Haas (+1) – Sven Andrighetto (+1, 5’+20′)
Simon Moser (A) – Joël Vermin – Damien Riat
Chris Baltisberger – Reto Schäppi – Noah Rod

Défenseurs :
Raphael Diaz (C, +1) – Mirco Müller (+1)
Ramon Untersander (+1) – Dean Kukan
Lukas Frick – Michael Fora
Joël Genazzi

Gardien :
Leonardo Genoni

Remplaçant : Reto Berra (G).

Autriche

Attaquants :
Manuel Ganahl (A) – Thomas Hundertpfund (C) – Peter Schneider
Brian Lebler (A, -1) – Konstantin Komarek (-1) – Fabio Hofer (-1)
Dominic Zwerger – Alexander Rauchenwald (-1, 2′)- Lukas Haudum
Patrick Spannring – Patrick Obrist – Daniel Woger (4′)

Défenseurs :
Martin Schumnig (-1) – Clemens Unterweger (-1)
Dominique Heinrich – Stefan Ulmer (-1)
Layne Viveiros – Markus Schlacher
Steven Strong – Mario Altmann (-1)

Gardien :
Bernhard Starkbaum

Remplaçant : David Madlener (G). Non utilisé : David Kickert (G)

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