CHL : le champion de Suède encore éliminé ?

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Les clubs suédois avaient tellement dominé les premières éditions de la CHL que l’élimination de leur champion (HV71) avait fait sensation en phase de poules l’an passé. L’évènement pourrait-il se reproduire cette année ? Le nouveau champion de Suède – les Växjö Lakers – est en effet en mauvaise posture, troisième de son groupe après trois journées après deux défaites contre Berne. S’il perdait encore ce soir à Salzbourg, le finaliste de la dernière Ligue des Champions n’aurait plus son destin en mains.

On peut se dire néanmoins qu’il y a un monde, en théorie, entre la SHL et la ligue autrichienne élargie, l’EBEL. Vraiment ? Une énorme sensation a eu lieu plus tôt cet après-midi, quand Frölunda a été battu chez lui par Vienne (1-4) ! Et le vice-champion suédois Skellefteå, battu aux tirs au but a dû patienter pour venir à bout (2-1) de Bolzano, le club italien vainqueur de l’EBEL qui est la grande surprise de la compétition avec 7 points au compteur sans avoir encore rencontré l’adversaire présumé le plus faible (les Polonais de Tychy).

La partie commence idéalement pour lever les doutes de Växjö, qui avait battu les Autrichiens 5-2 au match aller. Ryan Duncan est pénalisé dès la deuxième minute, et Linus Fröberg marque en solitaire pendant l’avantage numérique en profitant de l’absence défensive autrichienne : parti du coin, il repique vers la cage et glisse le palet du revers sous les bottes du gardien américain Stephen Michalek (0-1). Certes, un lancer dans le trafic de Lundberg est détourné sur le poteau. Mais ce sont bien les Autrichiens qui se procurent plusieurs occasions dangereuses : Brant Harris s’échappe seul face au but, et la présence de Thomas Raffl dans le slot ne cesse de porter le danger.

Les joueurs de Greg Poss jouent avec beaucoup d’intensité et arrivent de manière récurrente devant les cages suédoises. Il faut se rendre à l’évidence : les Red Bulls patinent plus et plus vite, faisant une très bonne réclame « énergisante » à leur sponsor ! Les Suédois commettent des fautes parce qu’ils subissent le jeu. Et c’est en toute logique que Salzbourg égalise, pendant que Shinnimin est en prison pour cinglage. Placé dans le cercle gauche, Dustin Gazley – coupable sur le but suédois par un freinage malvenu qui avait ouvert le champ au buteur – décoche un missile en lucarne (1-1).

Dominé au premier tiers-temps, Växjö revient avec un autre visage en deuxième période. Les Suédois prennent la direction du jeu et transforment encore leur première supériorité numérique. Martin Lundberg fait écran devant le gardien et permet le but de Pontus Netterberg (1-2). La réaction autrichienne met moins d’une minute : Brant Harris fusille le jeune gardien Viktor Andrén à mi-hauteur côté plaque (2-2).

Il n’en faut pas plus pour que Salzbourg retrouve ses ailes. Une percée au cœur de l’enclave provoque une pénalité de Daniel Rahimi. Pendant la supériorité numérique, une magnifique passe levée de Bobby Raymond envoie Raphael Herburger en échappée solitaire, il feinte et marque du revers entre les bottes d’Andrén (3-2). L’entraîneur local Poss s’indigne même qu’un quatrième but ne soit pas accordé à son équipe : un tir de Raffl rebondit sur le masque d’Andrén, Vandevelde percute le gardien renversé dans sa cage et le patin de Högberg envoie le palet dans son propre but. Mais l’arbitre a logiquement déjà sifflé.

Salzbourg s’occupe surtout de gérer son avance en troisième période. Plus les minutes passent et plus ils contrôlent le palet. Ils finissent même par se créer des occasions, par exemple quand un lancer de Heinrich oblige Andrén à une parade du bras droit. Toutefois, à cinq minutes de la fin, Gazley ne maîtrise pas sa crosse et laisse son équipe à 4 contre 5. Växjö est en avantage numérique et Austin Ortega, en angle, tire en force dans les jambières de Stephen Michalek, qui ramène le palet vers sa mitaine. Les Suédois lèvent les bras, mais même sur la révision vidéo réclamée par leur coach, rien ne prouve que le palet n’ait entièrement franchi la ligne.

On se dit que Salzbourg a fait le plus dur, mais à 37 secondes de la fin, un slap puissant mais non cadré de Joel Persson frappe la balustrade et Linus Fröberg prend le rebond au-dessus de Michalek à terre (3-3). Pas de bol pour les Autrichiens ? Peu importe, ils n’en restent pas là. Ryan Duncan sort du coin et vient transpercer Andrén (4-3). Le « la la la » de l’hymne des footballeurs de l’équipe de France 1998 retentit alors dans la patinoire. Quelle fantastique dernière minute !

Avec six points d’avance sur son adversaire direct, mais un désavantage dans la confrontation directe, Salzbourg est tout proche de la qualification. Il n’y aura besoin que d’un point dans les deux rencontres restantes contre Berne, assuré pour sa part d’être en huitième de finale après sa victoire dans la douleur ce soir face à Cardiff (3-2). Les champions de Suède risquent donc fort de passer à la trappe. Leur jeune gardien Viktor Andrén – qui avait réussi d’excellents play-offs lors du titre et est le « numéro 1 bis » de Viktor Fasth – n’a pas fait son meilleur match. Précisons que Fasth lui-même avait encaissé un mauvais but coûteux en fin de match contre Berne.

Mais quand on constate la très belle ambiance lors de ce match, contrastant avec l’indifférence des spectateurs suédois, on ne peut que se dire que cette nouvelle qualification de Salzbourg est une bonne chose pour la Ligue des Champions. La meilleure équipe autrichienne est clairement très motivée par la compétition européenne, elle l’a démontré par l’énergie qu’elle a mise dans la partie et par sa communion finale avec son public.

Commentaires d’après-match

Greg Poss (entraîneur de Salzbourg) : « Nous avons livré une performance constante. Nous avons progressé par rapport à notre match à Växjö. »

Sam Hallam (entraîneur de Växjö) : « Nous avons été heureux de l’égalisation… pendant 20 secondes. Nous avons joué de mieux en mieux au fil du match, et nous avons bien joué après le troisième but de Salzbourg. J’ai trouvé que notre performance globale reste bonne. Nous n’espérerons pas la défaite de Salzbourg, nous ferons notre match. »

 

Red Bull Salzbourg – Växjö Lakers 4-3 (1-1, 2-1, 1-1)
Arbitrage de Vladimír Snášel (SVK) et Ladislav Smetana (TCH) assistés d’Elias Seewald et David Nothegger (AUT).
Pénalités : Salzbourg 12′ (4′, 2′, 6′) ; Växjö 8′ (4′, 2′, 2′).
Tirs : Salzbourg 18 (8, 6, 4) ; Växjö 18 (4, 8, 6).

Évolution du score :
0-1 à 01’47 » : Fröberg assisté de Burström (sup. num.)
1-1 à 17’01 » : Gazley assisté de Raymond (sup. num.)
1-2 à 26’15 » : Netterberg (sup. num.)
2-2 à 27’12 » : Harris assisté de Viveiros
3-2 à 30’47 » : Herburger assisté de Raymond (sup. num.)
3-3 à 59’25 » : Fröberg assisté de Persson
4-3 à 59’44 » : Duncan assisté de Raffl et Harris

Salzbourg

Attaquants :
Raphael Herburger (-1) – Christopher Vandevelde (-1) – John Hughes (-1)
Thomas Raffl (+2) – Ryan Duncan (+2′, 4′) – Brant Harris (+2)
Peter Hochkofler – Michael Schiechl – Mario Huber
Florian Baltram – Dario Winkler – Dustin Gazley (4′)

Dominique Heinrich (+1, 4′) – Brent Regner (-1)
Robert Raymond (-1) – Alexander Pallestrang
Matthias Trattnig (+1) – Layne Viveiros (+2)
Daniel Jakubitzka

Gardien :
Stephen Michalek

Remplaçants : Lukas Herzog (G), Christoph Wappis. En réserve : Martin Štajnoch (palet dans le visage à Cardiff), Alexander Cijan, Alexander Rauchenwald (convalescents).

Växjö

Attaquants :
Pontus Holmberg (+1) – Roman Horák (+1) – Austin Ortega (+1)
Brendan Shinnimin (2′) – Janne Pesonen – Martin Lundberg (+1)
Pontus Netterberg (-1) – Linus Fröberg (+1) – Jonas Røndbjerg
Liam Reddox (-2) – Erik Josefsson (-2, 2′) – Nils Carnbäck (-1)

Défenseurs :
Niclas Burström (-1) – Arvid Lundberg (-1)
Daniel Rahimi (4′) – Joel Persson (+1)
Linus Högberg (-1) – Peter Andersson (-1)
Oliver Bohm, Karl Johansson

Gardien :
Viktor Andrén [sorti de 58’26 » à 59’25 » et de 59’43 » à 60’00 »]

Remplaçant : Viktor Fasth (G). Absents : Tuomas Kiiskinen, Dominik Bokk, Jakob Heljemo.

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