Amiens – Rouen (Ligue Magnus, 2e journée)

Un derby des plaines finalement assez plat..

430

Après un match gagné à l’arraché à l’Iceberg de Strasbourg au terme d’une rencontre disputée jusqu’aux prolongations, il était l’heure du premier match à domicile. Près de six mois après avoir été éliminés par les Dragons de Rouen, c’est face aux Normands que les hommes de Mario Richer débutaient le championnat à domicile. Un derby des plaines qui s’annonçait haut en couleur, tant les deux équipes semblaient proches lorsqu’elles se sont quittées en mars. D’autant que les deux rivaux se sont renforcés à l’inter-saison. Rouen, qui a remporté son premier match de CHL il y a un peu plus d’une semaine, semble plus que jamais favori à sa propre succession. Ce derby avait donc tous les ingrédients pour être un très bon match, mais était-ce vraiment le cas ?

Les locaux entamaient très bien la rencontre, notamment par l’intermédiaire de Tommy Giroux qui lançait deux fois à la cage et obligeait Pintaric à se déployer. Amiens faisait le jeu, et il fallait attendre la quatrième minute pour voir la première tentative à la cage rouennaise. Les Gothiques avaient la possession du palet et tiraient à la cage dès qu’une opportunité se présentait. La première vraie occasion normande intervenait alors que Miklik interceptait une passe de Nyren à la ligne bleue. Celui-ci partait en échappée et forçait Henri-Corentin Buysse à deux arrêts difficiles. Inspiré par son coéquipier, Chad Langlais se présentait lui aussi au gardien picard après un festival de dribbles, mais le portier amiénois stoppait encore une fois cette tentative.

Petit à petit, Rouen revenait dans ce match : Mäkinen, de la ligne bleue, envoyait un lancer frappé tellement puissant que Buysse ne pouvait le geler. On aurait pu assister à l’ouverture du score des Dragons lors de la première erreur amiénoise, une passe dans l’axe récupérée mais non convertie par l’offensive rouennaise. Après un premier tiers propre, peut-être même un peu trop propre pour un derby, la première pénalité intervenait à l’encontre de Mathieu Roy. Si les Gothiques envoyaient quelques lancers à la cage, ceux-ci n’étaient pas assez dangereux pour tromper la vigilance de Mitja Pintaric.

Les Samariens commençaient le second tiers en infériorité, et étaient même rapidement en double infériorité. Le jeu de supériorité rouennais, pourtant réaliste face à Gap, n’arrivait pas à trouver la faille. Amiens, qui perdait peu à peu le contrôle du palet, restait néanmoins bien en bloc, à l’image de Jérémie Romand qui stoppait deux lancers frappés de Chad Langlais. Asphyxiés dans leur zone défensive, les Gothiques étaient obligés de recourir aux dégagements interdits, et ils auraient pu le payer. Miklik était servi dans l’enclave après une récupération à la ligne bleue mais son lancer n’était pas assez dangereux pour inquiéter Buysse.

La supériorité technique des joueurs normands commençait alors à se ressentir. Anthony Guttig effectuait une superbe passe liftée au-dessus des crosses amiénoises pour servir Nicolas Deschamps, et ce dernier obligeait le gardien amiénois à s’étendre pour faire un superbe arrêt de la botte. Les Rouennais avaient totalement repris le jeu à leur compte, mais s’exposaient à des contre-attaques. Tommy Giroux récupérait la rondelle en zone offensive et envoyait un lancer croisé en lucarne, mais Pintaric, à l’image de son homologue picard, veillait et arrêtait cette tentative avec l’aide de son gant. L’étau se resserrait et Amiens était poussé à la faute : Léo Guillemain dégageait le palet hors des limites et était pénalisé. Efficace, l’unité de supériorité normande en profitait. Ritz, dans l’enclave, déviait une passe appuyée de Guttig et ouvrait le score (0-1, 38’25’’).

On s’attendait à voir les Gothiques revenir avec d’autres intentions pour l’ultime période, mais c’était Rouen qui se montrait, par l’intermédiaire de Florian Chakiachvili. L’international français tentait un lancer frappé en pivot que HCB avait bien du mal à capter. Le jeu de supériorité rouennais avait une nouvelle occasion de frapper, mais une fois de plus, le bloc compact des Amiénois leur posait des problèmes. Amiens se montrait par à-coups et n’arrivait pas à s’installer en supériorité numérique. Montés en puissance pendant toute la rencontre, les Dragons doublaient la marque après un exploit individuel de Loïc Lampérier, qui effaçait deux défenseurs et le gardien (0-2, 50’34’’).

Amiens réagissait et poussait Rouen à la faute, mais encore une fois sans réussite en supériorité numérique. Henri-Corentin Buysse réalisait un très gros match malgré ses deux buts encaissés et empêchait Rouen de s’échapper au score. Au terme de la rencontre, alors que les deux équipes étaient pénalisées et évoluaient à quatre contre quatre, Mario Richer faisait sortir son gardien pour tenter de revenir dans son match. Cependant, Koivisto envoyait un palet dans la cage vide et enfonçait le clou (0-3, 59’30’’).

Le derby qui pourtant s’annonçait intéressant fut finalement assez terne. Avec peu d’impact physique à cause des nouvelles règles, les deux équipes n’ont pas offert un match digne d’un derby. Rouen est monté en puissance dans le match, alors que Amiens s’est peu à peu éteint et n’arrivait pas à être dangereux. Une première à domicile décevante, mais la saison ne fait que commencer. Il faut maintenant se tourner vers la réception de Nice, vendredi.

Meilleurs joueurs de la rencontre :
Amiens : Henri-Corentin Buysse
Rouen : Matija Pintaric

Réactions d’après match (propos recueillis avec l’aide de France 3, France Bleu et Romain Pechon) :

Anthony Mortas (entraîneur-adjoint d’Amiens) : « C’est sévère, même si Rouen nous a montré ce soir qu’il fallait encore compter sur eux. C’est un peu dur à encaisser à chaud, mais Rouen a vraiment montré de très belles choses et pour moi ils ont été vraiment impressionnants.

On a eu une bonne phase de domination dans la première période, on a très bien commencé le match et puis on a buté sur leur défense et leur gardien. Au fur et à mesure du match, Rouen revenait bien, et une fois qu’ils ont marqué, c’était plus dur pour nous et ils ont mieux fini.

C’est sûr que c’est décevant. C’est le premier match à la maison, c’est frustrant, mais il ne faut pas oublier que c’est Rouen, et ce n’est pas vraiment notre concurrent, ce n’est pas de notre niveau encore. On espère les retrouver plus tard en playoffs, mais ce n’est pas avec eux qu’on doit matcher pour être dans les six ou sept premiers. Je préfère perdre contre Rouen et gagner contre nos concurrents directs

On aurait envoyé un message à la ligue, mais Rouen restera toujours Rouen. Ils ont vraiment une très belle équipe, et on voit qu’on est à la fois pas loin d’eux et en même temps très loin. On va travailler tous les jours pour progresser, revenir plus fort. Mais on ne joue pas encore dans la même catégorie pour le moment.

C’est un début mitigé. On perd un point contre Strasbourg, mais sur l’ensemble du match on ne mérite pas forcément de gagner. Ce soir, Rouen est au-dessus. Mais c’est encore un peu tôt pour tirer un premier bilan.

Il y a une grosse préparation qui a été faite au mois d’août, et on a bâti une équipe avec des joueurs qui travaillent beaucoup, qui mettent beaucoup d’intensité, et c’est vrai que là, on ne peut plus finir nos mises en échec, et les joueurs que l’on a recrutés, qui ont dans leur ADN de finir leurs mises en échec, de frapper, de travailler beaucoup, on leur demande de mettre les freins. Donc ce sera un peu compliqué pour une équipe comme la nôtre, bâtie sur des travailleurs. Rouen aura moins ce problème parce qu’ils ont beaucoup de joueurs très talentueux, donc on va s’adapter au fur et à mesure. Mais c’est frustrant. »

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « On a eu un début difficile encore, les dix premières minutes ont été compliquées. Derrière, ça a été un peu mieux. Le deuxième tiers était équilibré, on a mieux fini et j’ai bien apprécié la troisième période. On a mis plus de rythme, il y avait de l’enthousiasme, de la vie sur le banc, et c’est ce que je recherche. C’est toujours difficile de venir gagner ici, on est tombé sur un très bon gardien. Les deux gardiens ont fait une belle partie, mais on retient que l’on a beaucoup buté sur Henri-Corentin Buysse, il a repoussé les échéances, et puis on a réussi à concrétiser sur un de nos powerplays, c’était très important.

On est heureux de remporter une deuxième victoire en ce début de championnat, surtout à Amiens. Je trouve qu’ils ont recruté intelligemment cette année, ils ont su prendre les bons joueurs aux bons endroits, combler les manques qu’ils avaient l’année dernière, et je pense que c’est une équipe qui ne va que progresser d’année en année.

On demande tout le temps à nos joueurs de finir les mises en échec, d’éliminer le joueur, et maintenant on voit que ce n’est plus possible. Il faut jouer différemment, il faut s’habituer. On a fait les matches amicaux et on a été beaucoup pénalisés là-dessus. J’ai regardé d’autres matches du championnat, j’ai trouvé qu’il y avait eu beaucoup de pénalités pour ça. Il faut que l’arbitrage s’habitue, nous aussi, mais c’est sûr que maintenant il y aura moins de combat dans les bandes.

J’ai trouvé qu’Amiens était quand même physiquement très présent. Mais c’est un début de saison, donc il y a peut-être un peu moins d’intensité dans les duels physiques. Si on regarde les championnats finlandais, suédois, le but c’est de ressortir avec le palet quand on va dans un duel. On n’est pas obligé de mettre une grosse mise en échec. C’est ce que j’ai demandé aux joueurs, le plus important c’est de sortir avec le palet.

Je pense qu’Henri ne peut rien sur les buts qu’il prend. Le premier c’est une déviation sur un powerplay et le deuxième c’est un exploit individuel. Je pense que les situations chaudes étaient différentes et c’est ce qui a fait la différence sur ce match. »

 

Amiens – Rouen 0-3 (0-0, 0-1, 0-2)
Mardi 18 septembre 2018 à 20h00 au Coliséum. 2800 spectateurs
Arbitrage de MM. Alexandre Bourreau et Pierre Dehaen assistés de MM. Jérémy Métais et Charles-Édouard Salmon
Pénalités :  Amiens 10’ (2’, 4’, 4’) – Rouen 8’ (2’, 0’, 6’)
Tirs : Amiens 25 (15, 6, 5) – Rouen 31 (8, 9 , 14).

Évolution du score :
0-1 à 38’25 : Ritz assisté de Guttig et Chakichvili [sup. num.]
0-2 à 50’34 : Lampérier assisté de Makinen
0-3 à 59’30 : Koivisto assisté de Lampérier [cage vide]

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux (-2)  – Philippe Halley (-2)  – Jérémie Romand (-2)
Spencer Edwards – Mario-Valery Trabucco (2′) – Dimitri Thillet
Pierre-Maxime Poudrier – Joey West (A) (2′) – Rudy Matima
Thomas Suire – Félix Plouffe – Kévin Da Costa

Défenseurs :
Jonathan Narbonne (C) (-1) – Ondrej Smach (-1)
Léo Guillemain (-1, 4′) – Holden Anderson (-1) (2′)
Romain Bault – Giffen Nyren

Gardien :
Henry-Corentin Buysse

Rouen

Attaquants :
Nicolas Deschamps (2′) – Anthony Guttig (A)  (2′) – Michel Miklik
Joris Bedin (2′) – Nicolas Ritz – Alex Aleardi
Loïc Lampérier (A) (+2) – Juha Koivisto (+1) – Marc-André Thinel (+1)
Joran Reynaud – Fabien Colotti (+1) – Vincent Nesa

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C) (2′)
Mathieu Brodeur  (+2) – Atte Mäkinen (+2)
Chad Langlais – Kévin Dusseau

Gardien :
Matija Pintaric

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

id, mi, ultricies ante. libero. fringilla at justo elit. consectetur vulputate,