Norvège – France (Mondial U20 2019, division 1A, 3e journée)

Gaëtan Richard (équipe de France U20)
514

La génération française qui était montée pour la première fois dans l’élite mondiale U18 se retrouve deux ans plus tard en U20, mais sans sa star Alexandre Texier, retenu en Liiga finlandaise par son club. Pour leur premier Mondial sous les ordres de Pierre Pousse, les juniors français ont remporté leur premier match face à la Lettonie (3-1 avec 33 arrêts de Gaëtan Richard), même s’ils ont été dominés aux tirs, et ont ensuite cédé en dernière période face au co-favori biélorusse (2-6). Le troisième adversaire, la Norvège, est en mauvaise posture après deux défaites face aux deux favoris et a un besoin urgent de points.

Les rouges ont le mors entre les dents et les Bleuets sont sous pression d’entrée, ne sortant de leur zone qu’au prix de dégagements interdits. Emil Lilleberg fait toutefois trébucher Louis Olive sur un rare début d’offensive française. Les hommes de Pierre Pousse s’installent alors en parapluie : Mathieu Mony dirige à la pointe avec Lucien Onno et Dylan Fabre dans chaque cercle. Le bombardement très actif dure moins de minute, les Norvégiens sortent ensuite de l’étau et redeviennent dangereux avec leur activité de patinage.

Les Bleus acquièrent de la solidité défensive et font front devant les lancers, y compris pendant le séjour en prison de Mony pour une charge musclée mais sans intention méchante en zone neutre (2’+10′). À la fin de ces deux minutes d’infériorité, Baptiste Bruche part en contre-attaque et provoque une obstruction de Lalande. Les Bleuets pourraient finir le premier tiers-temps en jeu de puissance, mais ils se font presser jusque dans leur zone sans arriver à relancer. Jules Gallet se fait ainsi voler le palet par Sander Thoresen, qui centre pour Samuel Solem arrivé lancé face au but : Gaëtan Richard sauve le but mais concède une pénalité.

La France tue le reste de pénalité au début du deuxième tiers-temps. Une belle action individuelle d’Antonin Plagnat en zone neutre provoque la faute de Francke-Enersen au passage de la ligne bleue. Collectivement, les Bleuets subissent encore le jeu, surtout face à des individualités redoutables en un contre un comme Mathias Emilio Pettersen, mais ils prennent progressivement le dessus au fil des minutes. Et c’est après plusieurs minutes de nette domination… qu’ils encaissent un but. Un palet échappé par Samuel Rousseau en zone offensive laisse un 2 contre 1 à Edvardsen. Gaëtan Richard signe alors un arrêt décisif, mais l’action se poursuit dans le camp français et Emilio Pettersen, ébouriffant de vitesse, voltige dans l’axe à travers les lignes tricolores. Samuel Solem conclut l’action devant la cage pour l’ouverture du score.

La Norvège continue de pousser au début du troisième tiers, jusqu’à une crosse haute d’Emilio Pettersen en zone française. La circulation du palet reste malheureusement restreinte à la droite de la glace au sein du jeu de puissance tricolore. Alors que la France a passé quelques minutes stériles majoritairement dans le camp adverse, la Norvège se montre plus efficace grâce à une technique plus sûre dans la conservation et dans la transmission de la rondelle. Elle utilise ses arrières en appui pour écarter le bloc français et laisse deux joueurs dans le dos de la défense, où ils sont servis sur un plateau. Gaëtan Richard est alors fusillé à bout portant par le capitaine Samuel Solem.

La technique de l’inévitable Emilio Pettersen fait le reste : il dribble Jules Gallet à la ligne bleue et son tir croisé bat Richard côté mitaine. Alors que Dair est en prison pour cinglage, Kristian Marthinsen arrive lancé, fait trop facilement le tour de Charles Schmitt et porte le score à 4-0. Comme lundi, les tricolores craquent en fin de match. Y compris leur gardien Gaëtan Richard, dont la mitaine relâche un rebond dans l’axe qu’exploite Filip Lalande à la dernière minute.

Le score final est lourd, mais la supériorité de la Norvège ne fait guère de doute. En l’absence de Texier, les Scandinaves étaient techniquement meilleurs, avec une individualité marquante : l’excellent Mathias Emilio Pettersen, le grand espoir norvégien connu par des vidéos postées sur internet par son père à 10 ans, parti à 14 ans aux États-Unis et aujourd’hui en NCAA à Denver. S’il a été drafté « seulement » au sixième tour par les Calgary Flames, c’est en raison de sa taille modeste. Il y a deux ans, il était déjà le meilleur marqueur de la D1A en U18.

Pour les Bleus, il faut se rendre à l’évidence : la mission prioritaire de cette année sera de chercher le maintien. Vendredi après-midi, ils joueront un match capital face à l’Autriche, qui a un point au compteur grappillé contre l’Allemagne et qui pourrait donc leur passer devant.

Désignés joueurs du match : Mathias Emilio Pettersen pour la Norvège et Flavian Dair pour la France.

 

Norvège – France 5-0 (0-0, 1-0, 4-0)
Mercredi 12 décembre 2018 à 13h00 à Füssen (ALL). 195 spectateurs.
Arbitrage de Liam Sewell (GBR) assisté de Tommi Niittylä (FIN) et Elias Seewald (AUT).
Pénalités : Norvège 8′ (6′, 2′, 0′) ; France 20′ (6’+10′, 0′, 4′).
Tirs : Norvège 42 (14, 11, 17) ; France 21 (5, 9, 7).

Évolution du score :
1-0 à 35’04 : Solem assisté de Pettersen et Thoresen
2-0 à 47’12 : Solem assisté de Vaaler et Lilleberg
3-0 à 51’13 : Pettersen assisté de Lilleberg et Mathisen
4-0 à 58’30 : Marthinsen assisté de Mathisen et Meisingset (sup. num.)
5-0 à 59’07 : Lalande assisté de Lilleberg et Paulsen

Norvège

Attaquants :
Samuel Solem (C, +2) – Simen Andre Edvardsen (A, +1) – Sander Thoresen (+2)
Robin Mathisen (+1, 2′) – Mathias Emilio Pettersen (+2, 2′) – Kristian Marthinsen (+1)
Markus Vikingstad (A) – Joachim Hermansen – Lars Christian Rodne
Filip Lalande (+1, 2′) – Thomas Paulsen (+1) – Markus Hermanstad (+1)

Défenseurs :
Jonas Meisingset – Kristoffer Thomassen
Hakon Engh – Petter Birkheim
Sondre Vaaler (+4) – Emil Lelleberg (+4, 2′)
Lars Erik Francke-Enersen (2′)

Gardien :
Jorgen Honneborg

Remplaçants : Jonas Wikstol (G), Sander Hurrod (A).

France

Attaquants :
Dylan Fabre (A) – Teemu Loizeau – Flavian Dair (2′)
Antonin Plagnat (-3) – Baptiste Bruche (-3) – Jules Gallet (-1)
Louis Olive (-1) – Téo Sarliève-Fonfraid (C) – Hugo Sarlin (-1)
Benjamin Bérard – Samuel Rousseau (-1) – Victor Ranger (-1)
Gabriele Valente

Défenseurs :
Jérémie Penz (-1) – Charles Schmitt (-1, 2′)
Lucien Onno (A, -2) – Mathieu Mony (-2, 2’+10′)
Yohan Coulaud (-1) – Lauric Convert (-1, 2′)
Aurélien Chausserie-Laprée (-1)

Gardien :
Gaëtan Richard (2′)

Remplaçant : Valentin Duquenne (G).

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :