Match fou entre Suédois et Américains

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En battant coup sur coup la Slovaquie et la Finlande, la Suède a débuté en trombe son Mondial junior, et prolongé par la même occasion sa bonne série en tour préliminaire des Mondiaux Juniors, soit 46 victoires consécutives. Mais la Juniorkronorna de Tomas Montén affronte ce samedi probablement la nation la plus forte du groupe, les États-Unis. Le duel s’annonce explosif.

Après un début fastidieux contre la Slovaquie (2-1), les États-Unis ont trouvé leur rythme de croisière contre le pauvre Kazakhstan : 66 tirs au but et un large succès 8-2. C’est un avertissement pour la Suède, et Joel Farabee, auteur d’un hat trick contre les Kazakhs, ne cachait pas l’objectif du groupe : mettre fin à l’incroyable série des Scandinaves. Les jeunes Américains entraînés par Mike Hastings veulent frapper fort. Mais ce sera sans le grand espoir Jack Hughes, écarté pour un deuxième match de suite. La nature de sa blessure n’a pas été communiquée et le staff préfère jouer la carte de la prudence.

Mattias Samuelsson et Oliver Wahlstrom, dont les pères Kjell et Joakim sont suédois, n’auraient eux manqué ce match pour rien au monde. Mattias a choisi comme ses cousins [Philip, Henrik et Adam, les fils d’Ulf Samuelsson] de représenter les USA… contrairement à sa cousine Victoria, qui a joué pour l’équipe suédoise féminine ! Même chose pour Oliver Wahlstrom, si bien intégré à la vie américaine qu’il ne parle plus un mot  de suédois, un lointain souvenir d’enfance.

Le gardien de Västerås Samuel Ersson, élément de confiance de Montén, est titularisé pour une troisième fois de suite. Kyle Keyser, gardien d’Oshawa en Ligue d’Ontario, apparaît une seconde fois devant la cage américaine.

Et c’est Keyser qui s’inclinera le premier, dès la 5e minute. Samuel Fagemo décale vers Filip Westerlund, démarqué, qui s’avance et place un tir au-dessus de la mitaine. Menés 1-0, les Américains sont rapidement dans le dur, et doivent même serrer les dents pendant 1’56 lors d’une double infériorité numérique en fin de première période.

Mais le Team USA va céder du terrain en deuxième période face à des Suédois plus réalistes et plus entreprenants. Rickard Hugg entre en zone offensive, laisse dans son dos à Emil Bemström, qui lui remet, Hugg frappe, le puck rebondit lentement sur la glace mais suffisamment pour passer le ligne. Trois minutes plus tard, David Gustafsson subtilise le palet à Quinn Hughes et lance Bemström, le meilleur buteur de SHL se présente seul et marque son troisième but en trois matchs dans ce tournoi. Le capitaine de la Juniorkronorna, Erik Brännström, enfoncera même le clou en tout début de troisième tiers-temps. Le défenseur des Chicago Wolves en AHL déborde côté gauche et repique au centre au milieu d’une défense américaine bien trop passive, il inscrit ce but du revers à l’issue d’un mouvement somptueux.

4-0, la messe est dite. On se dirige vers une victoire incontestable de la Suède, alors que les minutes défilent. Pourtant, peu à la fête jusqu’à maintenant, les États-Unis vont réaliser dix dernières minutes de folie. Et un improbable come-back.

C’est le capitaine américain, Mikey Anderson, qui va allumer la première mèche, avec une reprise de volée du rond droit alors que son équipe évoluait en supériorité numérique. Et de un. Les Suédois semblent plus fébriles, à l’image de Lundeström qui perd ses nerfs et écope d’une pénalité pour dureté. La sanction est immédiate. Alexander Chmelevski entre en zone offensive couloir droit, freine et distille une splendide passe levée du revers à l’opposé, où se trouve Oliver Wahlstrom, qui prend le temps d’attendre et de servir Ryan Poehling, posté poteau droit, qui conclut cette sublime séquence collective. Et de deux. En l’espace de quatre minutes, les Américains ont grignoté la moitié de leur retard.

Les jeunes yankees sont déchaînés et rien ne semble les arrêter. Leur coach, Mike Hastings, en a bien conscience et décide de retirer Keyser pour un joueur supplémentaire à 146 secondes de la fin. La Juniorkronorna est acculée, les minutes défilent, les Américains demeurent dans le camp suédois. Quinn Hughes met dans le paquet, Oliver Wahlstrom prolonge alors astucieusement la trajectoire vers Poehling, au second poteau et dans le dos du bloc suédois, qui marque. Et de trois, il reste 36,9 secondes. Ça tremble côté suédois, à l’image d’Adam Ginning qui temporise trop dans son camp alors que ses coéquipiers avaient récupéré l’engagement, Ryan Poehling le contre, Joel Farabee s’empare du puck et le redonne à Poehling, qui marque sous la barre ! Ryan Poehling, espoir du Canadien de Montréal, centre naturel repositionné à l’aile par Hastings, marque un triplé en l’espace de six minutes, dont deux buts à 13 secondes d’intervalle ! C’est LE héros de cette fin de match totalement folle.

4-4, les deux équipes vont en prolongation. L’invincibilité des Suédois aura rarement été aussi fragile. Mais la tornade américaine s’est estompée, et les Scandinaves vont réussir à conserver leur bonne série. Adam Boqvist intercepte le puck et part en 2 contre 1 avec Lucas Elvenes, une-deux entre les deux joueurs, et Boqvist met fin au calvaire : 5-4.

C’est un 47e succès de rang en tour préliminaire aux Mondiaux Juniors pour la Suède, mais que ce fut dur ! Il est vrai que la tournure de la rencontre pouvait laisser entrevoir une victoire facile. Mais face à une super puissance comme les États-Unis, rien n’est joué d’avance, même pas avec quatre buts d’écart à dix minutes de la fin. Alors, les garçons de Tomas Montén se sont-ils reposés sur leur lauriers ? En tout cas, ils peuvent désormais viser la première place du groupe, il leur suffit de battre le Kazakhstan.

Commentaires d’après-match

Erik Brännström (défenseur de la Suède) : « Je ne sais pas ce qui s’est passé en troisième période. Ils ont marqué deux buts en supériorité numérique, cela nous a rendus fragiles. Mais je pense qu’ils ont eu de la chance. Bien sûr, ils ont été très efficaces devant le but. Mais en menant 4-0, on ne pouvait pas perdre. Cette victoire signifie beaucoup, cela nous offrira un quart de finale plus abordable. Mais nous devons battre tout le monde, alors peu importe l’adversaire. Nous devons gagner tous les matchs pour aller jusqu’au bout. »

Mikey Anderson (attaquant des États-Unis) : « Nous avions quatre buts de retard. À chaque fois que vous vous retrouvez dans cette situation, vous devez insister et faire tout votre possible pour porter le palet vers le but. Nous en avons finalement marqué un, puis deux, et nous avons continué à insister. En marquant deux buts, nous avions alors plus de conviction. Poehls a été remarquable en inscrivant les trois derniers, il a montré qui il était. Dans ces dix dernières minutes, tout a basculé. Nous avons joué avec davantage d’intensité, joué le puck derrière leurs défenseurs, lancé plus aux filets. Je pense que nous avons doublé nos tirs dans les dix dernières minutes. »

 

Suède – États-Unis 5-4 (1-0, 2-0, 1-4, 1-0).
Samedi 29 décembre 2018 à 19h30 au Save-On-Foods Memorial Centre de Victoria. 6602 spectateurs.
Arbitrage de Jeff Ingram (USA) et Evgeni Romasko (RUS) assistés de Maxime Chaput (CAN) et Balazs Kovacs (SUI).
Pénalités : Suède 6′ (0′, 2′, 4′, 0′), États-Unis 4′ (4′, 0′, 0′, 0′).
Tirs : Suède 33 (7, 12, 13, 1), États-Unis 29 (4, 8, 15, 2).

Évolution du score :
1-0 à 04’47 : Westerlund assisté de Fagemo et Elvenes
2-0 à 29’21 : Hugg assisté de Bemström et Broberg
3-0 à 32’39 : Bemström assisté de Gustafsson
4-0 à 42’33 : Brännström assisté de Gustafsson et Westerlund
4-1 à 49’34 : Anderson assisté de Chmelevski et Poehling (sup. num.)
4-2 à 53’25 : Poehling assisté de Wahlstrom et Hughes (sup. num.)
4-3 à 59’23 : Poehling assisté de Wahlstrom et Hughes
4-4 à 59’36 : Poehling assisté de Farabee
5-4 à 63’51 : Boqvist assisté de Elvenes

 

Suède 

Attaquants :
Lucas Elvenes (+3) – David Gustafsson (+2) – Samuel Fagemo (+2)
Rickard Hugg (A, +1) – Pontus Holmberg (+1) – Emil Bemström (+1)
Jacob Olofsson (+1) – Isac Lundeström (A, 2′) – Fabian Zetterlund
Filip Hållander (-1) – Oskar Bäck (-1) – Filip Sveningsson
Johan Södergran

Défenseurs :
Erik Brännström (C) – Filip Westerlund (+2, 4′)
Rasmus Sandin – Adam Boqvist (+2)
Adam Ginning – Nils Lundkvist (-1)
Philip Broberg (+1)

Gardien :
Samuel Ersson

Remplaçant : Olle Eriksson Ek (G). En réserve : Adam Åhman (G).

États-Unis

Attaquants :
Noah Cates (-2) – Evan Barratt (-2) – Tyler Madden (-2)
Joel Farabee – Josh Norris (A, +1, 2′) – Jason Robertson (+2)
Logan Coeckerill (-1) – Ryan Poehling (+1) – Oliver Wahlstrom (+1)
Jack Drury (-1) – Alexander Chmelevski (-1) – Jay O’Brien (-1)

Défenseurs :
Quinn Hughes (A) – Mikey Anderson (C, -2)
Dylan Samberg (2′) – Phil Kemp
Mattias Samuelsson (-2) – K’Andre Miller (-2)
Jack St. Ivany

Gardien :
Kyle Keyser [sorti de 57’34 » à 59’23 » et de 59’27 » à 59’36 »].

Remplaçant : Cayden Primeau (G). En réserve : Spencer Knight (G), Jack Hughes (A).

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