Strasbourg – Chamonix (Ligue Magnus, 27e journée)

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Statistiquement parlant, Daniel Bourdages n’aimait pas trop les rencontres de fin d’année (ni même de début d’ailleurs), car son club y a très fréquemment connu de gros trous d’air, essentiellement à cause de blessures et autres virus affaiblissant quantitativement son effectif, et donc son classement. Il serait donc bon que cette saison soit l’exception qui confirme la règle puisque l’Étoile Noire connaît depuis quelques matchs un net regain de forme, après des débuts timides, quoique prévisibles. En témoigne cette dixième place au classement, certes, tout juste devant le voisin mulhousien, et le néophyte angloy, mais cette progression confirme une meilleure compétitivité de l’effectif bas-rhinois.

Face à lui va évoluer l’escouade chamoniarde. Actuellement qualifiés pour les play-offs, les Pionniers sont, pour le moment, auteurs d’une bonne saison, en tout cas avec un meilleur parcours que la saison dernière.

Pour la rencontre, les alignements sont quasi-complets, il ne manque que Radek Deyl – suspendu – du côté alsacien (dont l’absence risque d’être préjudiciable au niveau de l’assise défensive)… ainsi que son entraîneur Daniel Bourdages, exceptionnellement absent pour raisons personnelles, pour cette rencontre et la suivante.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le début de cette partie ne plaide pas en faveur des locaux. Non pas que Chamonix joue à un train d’enfer. Certes, les Haut-Savoyards poussent très haut, mais c’est surtout Strasbourg qui paraît très emprunté pour sortir de sa zone, par manque de solutions. L’Étoile Noire connaît d’ailleurs une première frayeur lors d’une grosse bourde devant Tomas Hiadlovsky, heureusement sans conséquences (2’17), mais elle traduit le retard que les Alsaciens ont sur chaque action. Le même Hiadlovsky doit sortir un gros arrêt de près (4’49) avant de s’incliner dans les secondes qui suivent par le nouvel essai de la bleue de Maks Selan (0-1 à 4’53).

Curieusement, les locaux ne vont pas avoir le temps de douter puisqu’après une nouvelle difficulté à sortir de sa zone, Miha Logar remonte tout le glaçon et, décentré, lance de façon culottée sur la gauche de Richard Sabol. Le portier chamoniard n’a pas assez bouché son angle (on le verra, ce ne sera pas la seule fois du match) et offre aux Bas-Rhinois l’occasion de se refaire une santé (1-1 à 5’49).

Toutefois, malgré ce coup de semonce, ce sont bien les visiteurs qui mènent les débats, de façon méthodique, par un harcèlement toujours haut placé et qui gêne considérablement leurs hôtes, contraints de pallier illicitement leurs retards. C’est d’ailleurs sur l’une de leurs supériorités que Perry D’Arrisso trouve le poteau (19’58). Strasbourg rentre donc aux vestiaires sur une égalité on ne peut plus heureuse, au vu de la prestation offerte.

Rapidement, ils vont infirmer cette mauvaise impression puisque lors d’un cafouillis devant Sabol, c’est le capitaine, Michal Duras, qui exploite le palet, mal bloqué par le gardien visiteur (2-1 à 21’53). De quoi requinquer ses troupes, qui vont se jeter plus hardiment dans la bataille. Le tiers sera donc nettement plus ouvert des deux côtés, quand bien même les troupes de Heikki Leime continuent de pousser vers Hiadlovsky, comme sur ce moment chaud en infériorité alsacienne (31’33). Globalement, sa défense tient plus sereinement le coup, aidée quelques fois par la chance, comme sur cet essai de Fabien Kazarine qui rate une cage grande ouverte sur la gauche du portier strasbourgeois (34’27). L’Étoile Noire n’est pas en reste, au niveau des infortunes, puisque Duras, bien lancé, trouve le poteau (37’15). C’est le petit stratège Mitch Zion qui conclut cependant le tiers, lorsque qu’il prolonge un centre de Danny Potvin dans un petit trou de souris offert sur sa gauche par Sabol (3-1 à 39’01).

Après cette période nettement plus concentrée, les locaux tentent de remettre le couvert, notamment sur ce bout portant d’Hugo Sarlin (45’54), mais Cham’ tient bon et reste dangereux sur des essais de Max Leroux ou de D’Arrisso. Leur pressing, toujours haut placé, gêne les locaux dont la lucidité commence à s’émousser, comme lors de ce cinglage de Zion, en réponse à un énième accrochage de la troupe savoyarde à son encontre. L’issue de ce geste n’est pas anodine puisque dès lors en supériorité, Benjamin Lagarde, lumineusement décalé, en profite pour conclure une belle combinaison (52’27).

Le coup est encore jouable pour Strasbourg, à condition de rester concentré sur le placement et le palet. C’est pourtant sur un palet relancé, mal contrôlé par Scott Prier, qu’Erik Higby récupère et sert Lagarde qui s’en va fusiller, après une double feinte sur Zion puis Hiadlovsky bien délaissé (3-3 à 55’00). La fin du tiers est sous tension pour les locaux qui s’arc-boutent sur leur égalité, et sont encore bien mis à mal, notamment sur cette essai à mi-distance de Kazarine, mais l’ancien Amiénois envoie au-dessus (59’05).

Nous voilà maintenant en prolongations à 3 contre 3. Autant dire que les locaux, considérablement émoussés par leur partie, ne l’abordent pas de façon conquérante et se font même rapidement peur lors de leur première (et nouvelle mauvaise) relance, mais Chamonix n’exploite pas. Ce sont pourtant les Pionniers qui font le jeu et concrétisent rapidement la partie sur cette remontée de Kazarine, prolongée puis conclue par une feinte de Mathieu Briand (4-3 à 62’08).

Une nouvelle fois, l’équipe chamoniarde a montré qu’elle ne réussissait pas à Strasbourg. Concentration, méthode, patience, les hommes de Heikki Leime n’ont pas forcément produit une domination écrasante, ils ont même eu énormément de difficultés à contenir la rébellion médiane des Alsaciens. Au final, leur victoire n’est pas imméritée puisque c’est avant tout leur constance qui est récompensée ce soir.

Dans sa lutte pour le maintien, on dira que Strasbourg a perdu deux points ce soir, notamment si on prend en compte le deuxième tiers, celui qu’ils ont abordé de la façon la plus déterminée et concentrée.

C’est d’autant plus frustrant qu’il n’a pas manqué grand chose pour tenir le score, juste un peu de concentration notamment, en fin de partie. En considérant la physionomie du match, qu’ils ont plutôt subi, le point restant est donc un moindre mal. Il faudra cependant être plus fermes, dimanche, contre Anglet.

 

Strasbourg – Chamonix 3-4 après prolongation (1-1, 2-0, 0-2, 0-1)
Vendredi 28 décembre 2018 à 18h à la patinoire de l’Iceberg. Environ 800 spectateurs.
Pénalités : Strasbourg 16′ (6′, 6′, 4′, 0′) ; Chamonix 10′ (2′, 6′, 2′, 0′).
Tirs : Strasbourg 21 (4, 11, 6, 0) ; Chamonix 41 (11, 14, 14, 2).

Évolution du score :
0-1 à 04’53 : Selan (sup. num.)
1-1 à 05’49 : Logar assisté de Duras et Chausserie-Laprée
2-1 à 21’53 : Duras assisté de Chabert et Havlicek
3-1 à 39’01 : Zion assisté de Potvin et Zadrazil
3-2 à 52’27 : Lagarde assisté de Higby et Andersen (sup. num.)
3-3 à 55’00 : Lagarde assisté de Higby
3-4 à 62’08 : Briand assisté de Kazarine

Strasbourg

Attaquants :
Loïc Chabert – Ondrej Havlicek – Michal Duras (C)
Danny Potvin – Paul Michael Zion – Dylan Denomme
Romain Chapuis – Dominik Fujerik – Julien Burgert (A)
Hugo Sarlin – Samuel Rousseau – Anthony Goncalves

Défenseurs :
Scott Prier – Colin Morillon
Miha Logar – Aurélien Chausserie-Laprée
Maxime Delplanque – Vojtech Zadrazil

Gardien :
Tomas Hiadlovsky

Remplaçants : Adrien Vazzaz (G), Aurélien Vinals, Julien Fritz-Dreysse. Absent : Radek Deyl (suspendu).

Chamonix

Attaquants :
Cody Freeman – Erik Higby – Benjamin Lagarde [Leroux de 20′ à 40′]
Henric Andersen – Scott Jacklin (A) – Perry D’Arrisso
Fabien Kazarine – Mathieu Briand – Quentin Fauchon
Loïc Coulaud – Maxence Leroux [Lagarde de 20′ à 40′] – Julien Laplace puis Adrien Glévéau à 40′

Défenseurs :
Vojtech Kloz – Geoff Fortman
Maks Selan – Colin Sullivan
Numa Besson (C) – Clément Mermoux

Gardien :
Richard Sabol

Remplaçants : Lucas Mugnier (G), Jérémie Penz.

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