Grenoble – Amiens (Ligue Magnus 2019, demi-finale, match 2)

Les Brûleurs de Loups se font peur

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Larges vainqueurs de la première manche hier soir (7-1), les Brûleurs de Loups visent la passe de deux ce soir avant que la série ne prenne le chemin de la Picardie. Apparus fatigués hier, les Gothiques devront se reprendre s’ils veulent éviter de revenir bredouilles de leur déplacement en Isère. Mais coup dur pour eux, leur portier titulaire Henri-Corentin Buysse, blessé en début de match hier soir, ne sera pas de retour devant la cage amiénoise ce soir. C’est donc Lucas Savoye qui officie de nouveau comme dernier rempart.

À peine le coup d’envoi donné, Lucas Savoye se fait pénaliser pour un retard de jeu. Pas le meilleur moyen de commencer le match pour le portier remplaçant amiénois qui place son équipe en difficulté. D’entrée, les Brûleurs de Loups peuvent donc installer leur power-play dans la zone offensive avec une bonne circulation de palet du premier bloc notamment avec Champagne et Bisaillon à la manœuvre. Malgré une bonne possession du palet grenobloise, la défense amiénoise parvient à se dégager et à repousser le danger pendant deux minutes. De retour à cinq contre cinq, les deux équipes s’observent pendant une longue période pendant laquelle les prises de risque sont limitées.

Moins pressants qu’hier, les Brûleurs de Loups se contentent de maîtriser le palet en zone neutre alors que les Gothiques essaient de tenter leur chance à l’image de Halley qui voit son tir bloqué par Horak. Mais sur une belle entrée de zone, Maxime Legault protège son palet, revient dans l’axe de la cage et trouve l’ouverture sur un lancer du poignet précis au milieu du trafic (1-0, 06’39). Ce but lance idéalement les Isérois qui ont une chance de conforter leur avance après une pénalité contre Kévin Da Costa. Mais la supériorité numérique grenobloise sera de courte durée puisque Manavian se fait sanctionner à son tour pour un cinglage.

Les deux équipes évoluent donc à quatre contre quatre, toujours sous l’emprise grenobloise. Pendant une courte période à cinq contre quatre, les Gothiques mettent une bonne pression dans la zone offensive, poussant Horak à se montrer vigilant. De retour à égalité numérique, les Brûleurs de Loups se montrent dangereux sur un lancer lointain de Manavian, détourné par Savoye. En voulant dégager le palet, Romand se le fait subtiliser par Leclerc qui lance à la cage sans surprendre Savoye. Sur l’action, Halley est pénalisé pour un cinglage. Bien présent en zone offensive, le power-play grenoblois manque de réalisme et le box play amiénois s’en sort une nouvelle fois.

Cela redonne de l’énergie aux Gothiques qui retrouvent l’initiative à cinq contre cinq. Sur une action en solo, Matima parvient à se frayer un chemin jusqu’à la cage malgré l’opposition de Manavian mais il est accroché par Fleury sur l’action. Vingt secondes plus tard, le power-play amiénois bonifie cet avantage numérique sur un lancer de Belisle légèrement dévié au passage par Romand (1-1, 17’54). Tout est à refaire pour les Brûleurs de Loups qui obtiennent une pénalité de Poudrier dans la dernière minute du tiers.

En supériorité numérique pour commencer la deuxième période, Grenoble n’arrive pas vraiment à s’installer et une nouvelle fois les Gothiques tuent une pénalité. À cinq contre cinq, la rencontre s’installe sur un faux rythme avec les deux équipes bien en place défensivement qui ne laissent pas beaucoup d’opportunité. Tommy Giroux parvient même à alerter Horak qui repousse difficilement le palet du plastron.

Les Gothiques prennent confiance et s’accaparent petit à petit la possession de la rondelle. Trop imprécis, les Grenoblois perdent rapidement le palet et n’arrivent pas à inquiéter Savoye. Ce temps faible grenoblois se traduit par une pénalité de Tartari. Les Gothiques combinent bien sur le power-play avec Edwards tout près de reprendre victorieusement le palet en embuscade près du poteau. Halley manque le cadre en très bonne position. Finalement sur un lancer de Halley repoussé par Horak, Matima est présent au rebond pour pousser le palet au fond des filets (1-2, 28’29).

Les Grenoblois, menés au score pour la première fois, doivent se réveiller après un début de deuxième tiers très difficile. Mais ce sont les Gothiques qui se montrent les plus entreprenants à l’image de Plouffe qui se présente quasiment tout seul devant la cage avant de buter sur Horak. La machine grenobloise a du mal à se relancer, il faut attendre un lancer de Manavian entre les jambes de Savoye pour voir enfin un tir cadré grenoblois dans ce tiers. Suite à un télescopage entre Treille et Suire, l’attaquant grenoblois est pénalisé. Très efficace jusque-là, le power play amiénois est encore tout près de marquer sur un tir de Poudrier en deux temps, repoussé une première fois par Horak avant que le cadre ne se dérobe.

Une première friction intervient devant la cage amiénoise. Sur l’engagement qui suit, Latendresse est sanctionné sur l’engagement pour un retard de jeu, ce qui permet à Amiens d’évoluer en double supériorité numérique pendant une minute. À cinq contre trois, les Gothiques sont tout de suite en action. Belisle lance avec Romand présent au rebond. Mais Horak réalise un arrêt miracle pour ne pas concéder un nouveau but. Grenoble fait ensuite le travail pour repousser les assauts amiénois jusqu’au retour à cinq contre cinq. Une belle résistance qui remet les Grenoblois dans le droit chemin. Ils enchaînent avec un tir du revers de Fleury bien bloqué par Savoye. À côté de leurs patins dans ce tiers largement dominé par Amiens, les Isérois peuvent s’estimer heureux de n’accuser un retard que d’un but à la pause.

En tête au début de la troisième période, les Gothiques sont dans une situation confortable. Horak doit se montrer vigilant d’entrée sur un palet remonté par la première ligne amiénoise. Animés de meilleures intentions, les Brûleurs de Loups semblent décidés à reprendre la possession du palet alors que les Amiénois attendent dans leur zone défensive. Un peu trop car ils laissent trop d’espace à Kyle Hardy. Son puissant lancer transperce la défense amiénoise et finit en lucarne après avoir été légèrement dévié au passage par Kearney (2-2, 43’09).

Ce but relance tout le suspense dans la rencontre entre les deux équipes qui peuvent se jeter à corps perdus dans la bataille. Les Brûleurs de Loups continuent de pousser mais Giroux fait passer le frisson dans le camp grenoblois, rappelant que les Gothiques sont toujours dangereux. Les minutes continuent de défiler alors que le suspense monte entre les deux équipes qui n’arrivent pas à se départager. Et suite à un engagement en zone offensive gagné par Champagne, Bisaillon arme son puissant lancer plein axe et fusille Savoye qui voit le palet passer au-dessus de sa jambière (3-2, 50’17).

Revenus de loin, les Brûleurs de Loups ont repris les commandes du match et cette fois ils comptent bien ne plus les laisser. Ils continuent de pousser avec un double lancer de Hardy puis Champagne mais Savoye parvient à repousser de la jambière. Amiens tente à son tour avec Guillemain qui frappe deux fois à la porte de Horak. Sur la contre-attaque, Rohat pousse le palet en avant pour Fleury mais ce dernier ne parvient pas à conclure.

Dans les dernières minutes, les Brûleurs de Loups monopolisent le palet en zone offensive, repoussant les Gothiques dans leur zone. Horak doit se montrer présent de nouveau sur un bon lancer de Kévin Da Costa sur le côté. Mario Richer demande finalement son temps mort et fait sortir son gardien pour créer un surnombre dans la dernière minute. Horak réalise alors deux arrêts clés et permet à son équipe de conserver son maigre avantage jusqu’au bout.

Les Brûleurs de Loups se sont fait peur ce soir dans une rencontre nettement moins bien maîtrisée que celle de la veille. Ils ont même perdu pied dans la deuxième période, subissant les assauts amiénois et se montrant particulièrement apathiques, loin de délivrer l’intensité attendue dans un match de play-offs. Avec en point d’orgue un PK qui encaisse deux buts, loin de ses standards habituels. Heureusement pour eux, le coup de mou ne fut que passager et en troisième période, on a retrouvé le Grenoble sûr de lui et dominateur entrevu la veille. Grâce à deux gros lancers des compères Hardy et Bisaillon, Grenoble repassait devant en l’espace de sept minutes. Encore une fois, l’offensive sauve les Grenoblois ce soir car le danger peut venir de partout et à tout moment dans cette équipe. Il faudra cependant plus de sérieux pour aborder les deux matchs qui se profilent mardi et mercredi en Picardie. En attendant, Grenoble a « fait le job » en remportant ses deux matchs à domicile pour lancer idéalement la série.

En déroute hier, les Gothiques ont su réagir avec panache ce soir pour faire douter l’équipe grenobloise l’espace d’un tiers-temps. Insuffisant pour ramener un succès mais déterminant pour semer le doute dans l’esprit des Grenoblois qui se sentaient un peu intouchables jusque-là. La grosse satisfaction amiénoise vient des unités spéciales qui ont fonctionné dans les deux sens ce soir : grosse efficacité offensive avec deux buts marqués alors que Grenoble était tenu en échec avec un 0/4 en power-play. Une piste intéressante pour essayer de faire mieux lors du match 3 au Coliséum. Cette fois les Gothiques seront dos au mur sous peine de laisser Grenoble s’envoler dans la série…

Désignés joueurs du match : Kyle Hardy (Grenoble) et Jérémie Romand (Amiens)

(Photos Emmanuel Giraudeaux)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On s’attendait à un autre Amiens aujourd’hui et c’était le cas. Ils ne sont pas en demi-finales pour rien, c’est une équipe où tout le monde joue de la même façon, qui met le palet vite en avant, ils travaillent très très fort. On a bien commencé le match sur le momentum d’hier et après on a senti que les choses allaient un peu moins bien : un peu de frustration, quelques pénalités et le très bon power-play d’Amiens. Ils sont allés chercher leur temps fort en power-play et ils marquent deux buts de la même façon que toute l’année. On a mis ça derrière rapidement, en troisième période on s’est dit qu’il fallait tout donner. Il faut s’ajuster un peu et ça a fonctionné, je suis fier de l’équipe parce qu’elle a montré beaucoup de caractère. On a toujours eu beaucoup de difficulté de démarrer les séries par le passé à la maison. Là ça fait 2-0 après deux matchs, c’est l’avantage de la glace, on aime bien jouer chez nous, devant notre public. C’est bien d’aller à Amiens avec une avance de deux matchs mais on sait que c’est une patinoire difficile à jouer avec un bon public et on sait que le troisième match sera plus difficile que celui d’aujourd’hui. En deuxième période, quand on a pris le deuxième but, on a forcé les choses toutes seules. Amiens est une équipe bien organisée défensivement, on a eu quatre lancers, tu ne peux pas marquer beaucoup avec quatre lancers… En troisième période, il fallait rester calmes, structurés et attendre que notre moment vienne. On a patiné un peu plus, on a été plus agressif en zone offensive à cinq et ça a tourné pour nous. »

Kyle Hardy (défenseur de Grenoble) : « Ça a pris un peu de caractère à la fin, je pense qu’Amiens était la meilleure équipe sur la glace ce soir mais on a eu la chance que Lukas était très fort ce soir et on a fait le job. Le but fait du bien, on faisait l’effort, ça ne voulait pas venir mais dans le troisième on est venu avec un peu plus d’énergie. Le deuxième tiers était à oublier, il fallait rester positif, rester ensemble. Amiens, c’est une bonne équipe. On savait que les deux matchs ici étaient très importants, le public nous a aidés au troisième tiers, ils étaient très présents comme septième joueur. On va se concentrer sur le match de mardi. »

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « On a joué un meilleur match qu’hier, on a bien appliqué le système, malheureusement on a perdu. L’avantage numérique était profitable pour nous, mieux qu’hier, ce sont des choses qu’on améliore et qu’on va essayer d’améliorer tout au long de la série aussi. On est capable de jouer ce match-là, on fait une erreur sur le deuxième but, au lieu de sortir le palet par la balustrade, on essaie de sortir par le centre. On a des jeunes joueurs, de leur côté ils ont beaucoup de joueurs d’expérience. Ce sont des petits détails qui font la différence. On voit que Grenoble est une grosse équipe… On a bien joué défensivement, on n’a pas donné beaucoup d’occasions. Il faut qu’ils viennent nous battre chez nous maintenant, ça va être une belle atmosphère, les gens vont remplir le Coliséum, ça va être bien pour nous. On joue un match à la fois depuis le début de la saison, c’est la même chose en série. Il ne faut pas se projeter trop dans le futur, il faut vivre au moment présent. »

Jérémie Romand (attaquant d’Amiens) : « Dans n’importe quelle situation où on est devant et on finit par perdre, on est rarement content. On s’est prouvé à nous même qu’on était capable de rivaliser avec Grenoble, c’est à nous de travailler encore plus fort pour aller chercher le premier des deux matchs, dès mardi à Amiens. On espère une patinoire remplie pour nous pousser encore un peu plus. Ce soir, on n’est pas passé loin du match parfait, on a eu un excellent gardien dans la cage. On va travailler encore plus fort pour réussir quelques chose mardi. C’est notre équipe depuis deux ans, on ne lâche jamais, quoi qu’il arrive au match d’avant, il est passé. On était déçus de notre match d’hier, on ne s’est pas présenté en équipe comme on l’a fait ce soir. Il y avait beaucoup de sacrifices, beaucoup de trafic devant leur cage, ils ont eu un très bon gardien eux aussi, ça a été un très bon match mais ce n’est pas passé pour nous. »

 

Grenoble – Amiens 3-2 (1-1, 0-1, 2-0)
Samedi 16 mars 2019 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3492 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Nicolas Cregut assistés de Guillaume Gielly et Gabriel Pointel.
Pénalités : Grenoble 12’ (4’, 6’, 2’), Amiens 8’ (8’, 0’, 0’).
Tirs : Grenoble 30 (15, 4, 11), Amiens 32 (8, 15, 9).

Évolution du score :
1-0 à 06’39’ : Legault assisté de Latendresse et McEachen
1-1 à 17’54’ : Romand assisté de Belisle et Giroux (sup. num.)
1-2 à 28’29’ : Matima assisté de Romand et Halley (sup. num.)
2-2 à 43’09’ : Kearney assisté de Hardy et Leclerc
3-2 à 50’17’ : Bisaillon assisté de Champagne et Kearney
 

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Guillaume Leclerc
Sacha Treille (2’) – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A, 2’)
Christophe Tartari (A, 2’) – Olivier Latendresse (2’) – Maxime Legault
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Vincent Kara ou Mathias Arnaud

Défenseurs :
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Patrick McEachen – Antonin Manavian (4’)
Dominik Kramar – Connor Hardowa
Teddy Trabichet

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Boštjan Goličič (poignet), Aleksandar Magovac, Lucien Onno, Dylan Fabre.

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley (2’) – Jérémie Romand
Rudy Matima – Mario Trabucco – Pierre-Maxime Poudrier (2’)
Spencer Edwards – Joey West (A) – Bastien Maia
Kévin Da Costa (2’) – Félix Plouffe – Thomas Suire

Défenseurs :
Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C)
Louis Belisle – Yohan Coulaud
Romain Bault – Léo Guillemain
Axel Prissaint

Gardien :
Lucas Savoye (2’) [sorti de 58’48’ à 60’00’]

Remplaçant : Baptiste Bruche. Absents : Holden Anderson (suspendu), Henri-Correntin Buysse (blessé).

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