Gap – Rouen (Ligue Magnus 2019, demi-finale, match 4)

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Le match 3 a été conclu dans la frustration face à des Dragons sachant taper là où ça fait mal et au bon moment. L’expérience et la puissance ont payé. Mais… il y a un mais ! Gap sait rendre coup pour coup et a démontré pouvoir faire déjouer les meilleurs. Les Rapaces ont su jouer dans l’intensité et provoquer la faute. Les Dragons n’ont pas su garder leurs nerfs et ont payé cher toutes les pénalités concédées. Les locaux n’ont donc plus rien à perdre pour ce match 4 et le bilan sera soit un effondrement final soit un grand coup d’orgueil pour continuer l’aventure des play-offs.

La partie part au sprint à une vitesse incroyable ! Les jaunes sont décidés à frapper fort avec un patinage ultra rapide. Les Dragons ne sont pas venus pour rigoler et ont décidé d’en finir avec ces Rapaces un peu trop résistants à leur goût. Florian Chakiachvili met les choses au point en vingt-cinq secondes de jeu (0’25 : 0-1). Mais Norbert Abramov, pour donner suite à un jeu de pression devant les buts de Pintaric, reprend un rebond et répond du tac au tac (0’51 : 1-1).

Le duel part sur de très bonnes bases et introduit un match qui devrait être magique ! Cette égalisation tend les esprits car personne ne veut lâcher. Guttig place un palet sur Cooke et le danger est nettoyé par la défense gapençaise (3’45). Sur la première pénalité, Aleardi s’énerve et pousse rageusement Kris Kontos. Il y a toujours de l’électricité dans l’air. Les Rouennais imposent un jeu ultra-physique à la limite de la légalité et décident de jouer avec les nerfs des bleus. Gap commence à répondre aux agressions et, sur une nouvelle pénalité, Nicolas Deschamps reprend l’avantage sur un dérapage devant la cage tout en plaçant un revers incroyable (10’25 : 1-2).

Rouen est intenable et tient en respect les Rapaces sur les mises au jeu. Gap est tout simplement privé de palet à l’engagement. Les tirs partent de tous les côtés et les bleus se couchent sur tous les tirs… C’est Fort Alamo. Il est impossible pour les Rapaces de construire la moindre attaque en zone offensive car les Dragons remportent tous les duels dans la bande. Il n’y a qu’une seule équipe sur la glace. Le tiers se termine sur cette impression d’impuissance pour les locaux, qui seront encore en infériorité pour le début de deuxième période. Cependant l’arbitrage n’a lui aussi sifflé que du côté gapençais, sur des actions qui ne méritaient pas tant de sévérité dans un match très physique mais correct.

En deuxième période, Gap se présente encore pour combattre. Brown décoche un puissant tir dans les bottes de Pintaric (20’22). Caron répond avec un tir qui transperce le trafic mais est dévié du bouclier (20’56). Les Gapençais ont prouvé qu’ils étaient solides en infériorité. Au retour au complet, une rude bataille s’engage pour la conquête de la rondelle. Au moment où l’on sent Gap revenir dans la partie, Ritz envoie un tir, ras glace, qui fait mouche (21’51 : 1-3).

La pression rouennaise ne desserre pas son étreinte pour gagner des palets. Gap obtient son premier jeu de puissance et Elvijs Biezais envoie un « one-timer » (25’08). Gap insiste et après plusieurs lancers successifs sur Pintaric, Thillet place un tir à travers une forêt de joueurs (26’17 : 2-3). Ce but a pour conséquence de relancer les Gapençais, appuyés par un public qui pousse à l’égalisation. Les forces en présence s’équilibrent mais il manque tout de même du trafic pour déstabiliser le portier rouennais. Le fait d’insister a pour conclusion que Rouen dévisse et commence à perdre ses nerfs en concédant deux nouvelles pénalités, et même un surnombre qui place les Dragons en double infériorité. Le tiers se termine dans la confusion et Gap reprendra en supériorité le troisième jeu.

Rouen parvient à tenir pour tuer toutes les infériorités dans ce début de troisième période. Mais par deux fois Thillet pousse à la porte des buts et parvient à faire passer la rondelle dans ce magma de joueurs (41’07 : 3-3). Vincent Melin fait encore plus fort. Il parvient à placer un palet sous la barre dans un angle très fermé et le public explose de joie (48’48 : 3-4).

Les Rapaces sont survoltés et jouent à grande vitesse un hockey champagne mais laisse quelques espaces derrière un peu dangereux. Rouen se ressaisit et reconquiert des pucks dans les bandes. Le jeu va à 100 à l’heure. La partie bascule en faveur des jaunes qui poussent et imposent une multitudes d’attaques avec Miklik (50’03), Bedin (52’35)… Les combats pour la conquête de pucks sont intenses, la conservation est fébrile pour les bleus mais Jordon Cooke est impérial ! Il ne relâche aucun palet sur les nombreux shoots et est solide sur ses appuis. À quatre minutes du terme, l’arbitre siffle un retard de jeu contre le gardien par suite d’une cage désoclée. C’est la bronca dans la patinoire ! Rouen joue le tout pour le tout, sort son gardien mais ne parvient pas à trouver l’ouverture. Gap a réussi son pari de remporter une manche contre les terribles Rouennais.

Rouen a été l’équipe la plus forte et intense sur la glace, mais Gap a su encore une fois faire déjouer les grandissimes favoris par sa vivacité, son moral à toute épreuve et un gardien extraterrestre ce soir. Cooke a tout simplement bloqué 44 tirs. Rouen a posé les bases d’un jeu de champion mais a de nouveau péché par excès de rudesse qui lui coûte, cette fois, le match.

Gap a remporté le droit de rejouer à l’Île Lacroix, mais attention, Rouen sera revanchard et impitoyable sur sa glace pour en finir dans cette série.

Élus meilleurs joueurs : Joël Caron pour Rouen et Dimitri Thillet pour Gap.

 

Gap – Rouen 4-3 (1-2, 1-1, 2-0)
Mercredi 20 mars 2019 à 20h30 – Alp’arena. 1873 spectateurs.
Arbitres : Pierre Dehaen et Adrien Ernecq assisté de Nicolas Constantineau et Guillaume Gielly.
Pénalités : Gap 22′ (8′, 10′, 4′) ; Rouen 14′ (0′, 12′, 2′).
Tirs : Gap 27 (7, 14, 6) ; Rouen 47 (22, 11, 14).

Évolution du score :
0-1 à 00’25 : Chakiachvili assisté de Ritz et Lampérier
1-1 à 00’51 : Abramov assisté de Thillet et Guttierez
1-2 à 10’25 : Deschamps assisté de Langlais et Thinel (sup. num.)
1-3 à 21’51 : Ritz assisté de Lamperier et Guttig
2-3 à 26’17 : Thillet assisté d’Abramov (sup. num.)
3-3 à 41’07 : Thillet assisté de Gutierrez et Abramov
3-4 à 48’48 : Melin assisté de Jekimovs et Kontos
 

Gap

Attaquants :
Elvijs Biezais – Jeff Brown (C) – Maurin Bouvet
Norbert Abramov – Romain Gutierrez (A) – Dimitri Thillet
Paul Schmitt – Roman Vondracek – Paul Joubert
Roberts Jekimovs – Kristoff Kontos – Adam Kambeitz

Défenseurs
Dan Gibb – Raphaël Faure
Matt Nelson – Vincent Melin
Parker Reno – Pierre Crinon

Gardien
Jordon Cooke

Remplaçants : Jimmy Darier (G), Quentin Mahier, Téo Sarliève. Absents : Robin Colomban (genou), Samuel Labrecque (jambe).

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel
Nicolas Deschamps – Joël Caron – Alexander Aleardi
Joris Bedin – Juha Koivisto – Vincent Nesa
Fabien Colotti – Anthony Guttig (A) – Michel Miklik

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur – Atte Mäkinen
Chad Langlais – Kevin Dusseau

Gardien :
Matija Pintaric [sorti à 58’30]

Remplaçants : Quentin Papillon (G), Enzo Cantagallo, Julien Msumbu.

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