Power Bruins

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St. Louis accueille son premier match de finale de coupe Stanley depuis le 5 mai 1970. La ville bouillonne, au rythme de « Gloria », la chanson devenue hymne de l’équipe. La détermination est sans faille, mais il faudra faire sans Oskar Sundqvist, suspendu pour sa mise en échec trop haute sur Matt Grzelcyk.

Le défenseur des Bruins est donc absent et remplacé par John Moore. Du côté des Blues, Robby Fabbri reste en troisième ligne, le rookie Robert Thomas étant toujours indisponible. Zach Sanford entre dans l’alignement pour son premier match en playoffs.

Boston assomme le match

Inutile de préciser : ces deux équipes ne s’apprécient guère. Blais charge Backes dès la première minute, puis DeBrusk tente de faire de même sur Pietrangelo mais touche le genou. Les officiels le sanctionnent immédiatement de deux minutes. Les Blues attaquent la cage dans ce jeu de puissance, lorsque Maroon sort de la ligne de fond suite à une passe d’O’Reilly. Le deuxième groupe entre en scène, et Perron s’avance au cercle avec un tir du revers dangereux. L’avantage numérique se termine avec un quatrième tir, signé Tarasenko au cercle gauche.

Les locaux effectuent un bon travail défensif pour bloquer les incursions adverses, et Boston ne compte aucun tir cadré après six minutes. Le premier met le feu, lorsque Krug allume de la bleue et que Binnington doit s’étendre pour bloquer le rebond. Pastrňák et Bergeron enchaînent peu après.

Le jeu s’ouvre, et Tarasenko, servi par O’Reilly, se crée à son tour une chance forte au cercle droit. En face, Chara, de loin, n’a pas plus de réussite. Les arrêts de jeu sont rares et le rythme ne faiblit pas, au contraire.

La plus belle occasion du match arrive après dix minutes. Binnington sort un grand écart spectaculaire, de la gauche vers la droite, pour bloquer une volée de Pastrňák, seul sur le côté, sur une diagonale de Marchand.

Cette action symbolise bien le temps fort de Boston, qui parvient à créer des séquences de longue durée en zone offensive. Sur l’une d’elles, Perron se rend coupable d’une obstruction. Vingt secondes plus tard, Bergeron dévie un tir de Krug et ouvre le score (0-1). C’est le septième match de suite avec un but en supériorité numérique pour Boston. Les joueurs de Bruce Cassidy ont totalement inversé le match et mènent désormais 10-6 au tir, dix tirs lancés en quelques minutes à peine.

L’intensité physique monte d’un cran, les Blues cherchant à reprendre le contrôle du palet. Les mises en échec leur permettent de faire reculer leur adversaire et Maroon parvient à lancer de l’aile droite. Sur l’action, Clifton est sanctionné de deux minutes ainsi que Barbashev. Le 4-contre-4 ne donne strictement rien.

Boston double la mise en fin de tiers sur un contre rondement mené. Coyle récupère dans le coin défensif et remonte le palet en dépit des efforts de Blais. L’ancien du Wild écarte sur Heinen, qui passe à Johansson à gauche, lequel renverse vers Coyle à droite. Esseulé, ce dernier marque son huitième but des playoffs en hauteur, son tir prenant de vitesse Binnington (0-2).

Pire pour les locaux, Kuraly fait mouche à sept secondes de la sirène, d’un tir masqué par Pietrangelo après une récupération de Nordström dans les pieds d’Edmundson. Trois buts sur les quatre derniers tirs : Boston a fait preuve d’une efficacité diabolique… Les Blues contestent pour hors-jeu mais n’obtiennent pas gain de cause, les officiels estimant que Edmundson a remis en jeu Nordström (0-3). But, et supériorité pour Boston pour ce challenge manqué…

Le tiers s’achève sur ce 3-0, avec un public groggy : après un bon départ (5-0 au tir en six minutes), les Blues se sont complètement écroulés.

La première ligne de Boston domine

La reprise n’est pas plus favorable à St. Louis. Moins d’une minute de jeu, et le palet circule vite. Krug reçoit le disque à la bleue, le dirige vers Pastrňák devant la cage. Le Tchèque, tout en technique, fixe Binnington et le trompe du revers au dessus de la botte (0-4). Le jeu de puissance et la première ligne (2 buts) font la différence dans ce match.

Boston contrôle, sort le palet avec confiance et verrouille l’accès à son but. St. Louis essaie, avec notamment un lancer de Maroon hors cadre, mais, après sept minutes, ne compte aucun tir cadré. Les Bruins restent les plus dangereux, notamment le trio Marchand-Bergeron-Pastrňák, intenable.

Lors d’une attaque de Schenn, McAvoy subit une mise en échec et réplique par un cinglage. Il sort, pendant que Chara et Maroon se frottent. Les deux hommes sont eux aussi punis, laissant Boston à quatre pendant deux minutes. Le jeu de puissance offre l’occasion à Rask de briller : il sauve un tir de Bozak, mais n’a rien d’autre à faire, Schwartz manquant le cadre deux fois. Le jeu revient alors à cinq contre cinq.

Désespérés, les Blues donnent tout et finissent par être récompensés. La quatrième ligne tient le palet en zone d’attaque, gagne des duels. Sanford, pour son premier match de playoffs en carrière, parvient à récupérer au fond, et sert Barbashev dans l’enclave, dont le tir croisé parvient enfin à tromper Rask (1-4).

Malheureusement pour les locaux, les vieux démons ne sont jamais loin. Parayko touche Marchand d’une crosse haute et le jeu de puissance de Boston revient. Marchand tient le palet à la bleue et piège la défense d’une passe dans le dos, ouvrant le chemin à Krug. Le défenseur a du champ au cercle droit et son tir, dévié par la crosse de Bouwmeester, échappe à Binnington (1-5).

Le gardien rookie est donc chassé pour la première fois de sa carrière et Jake Allen fait sa première apparition.

Les Blues conservent le contrôle du palet sans parvenir à obtenir des occasions franches. Sanford et Steen combinent pour un rare tir, puis, O’Reilly trouve le poteau à une minute de la pause, d’un lancer du cercle gauche pendant un changement de ligne de Boston. Les Bruins mènent 5-1 après deux tiers contre une équipe frustrée, et maîtrisent leur sujet avec aisance.

Jeu d’impuissance

L’animosité ne faiblit pas au début du troisième tiers et St. Louis se retrouve rapidement en supériorité à quatre contre trois, après des punitions contre Clifton et Perron, puis et Carlo. La défense des Bruins reste intraitable et limite les chances adverses. Un seul tir lors de cet avantage, maigre récolte.

La ligne la plus dangereuse des locaux reste… leur quatrième. Steen, Sanford et Barbashev combinent à nouveau et Rask repousse un tir de l’enclave. Puis, Gunnarsson cherche à apporter le surnombre et Chara est sanctionné pour un mauvais geste sur le Suédois. Six secondes plus tard, la volée de Parayko est déviée par la cuisse de Carlo au fond des filets (2-5).

L’indiscipline touche Boston, encore puni. DeBrusk sorti, les Blues peinent à s’installer et ne décochent qu’un seul tir.

Les minutes défilent avec une formation du Massachusetts qui ne souffre guère. À cinq minutes du terme, Craig Berube choisit de sortir son gardien pour un attaquant supplémentaire. Rask ne tremble pas sur un tir d’O’Reilly. Malgré cet élan, les Blues concèdent un but cage vide à 1’48 de la fin par Acciari, après un travail défensif de Nordström.

Frustré, Pietrangelo concède deux minutes pour cinglage et un une-deux Krug-Johansson se termine par une volée gagnante du Suédois (2-7). Quatre buts sur quatre supériorités en cinq tirs pour les Bruins, qui remportent sans trembler un instant ce match 3.

La première ligne de Boston s’est réveillée et a pris le contrôle de la partie, grâce à un jeu de puissance impressionnant, qui tourne à 35,9% d’efficacité dans les playoffs – le plus haut total depuis 1981.

Bergeron signe son 100e point en playoffs, Krug s’offre un match à quatre points, ce qu’aucun défenseur n’a réussi en vingt-cinq ans (et seulement huit joueurs avant lui).

Les Bruins, dominants, ont repoussé l’échec-avant des Blues en jouant plus vite, en limitant les espaces lorsque St. Louis envoyait au fond, bref, en anticipant parfaitement le plan de match adverse. Il faudra à Craig Berubé et ses joueurs une nouvelle tactique et un Binnington revanchard pour éviter la catastrophe à domicile lors du match 4…

St. Louis Blues – Boston Bruins 7-2 (0-3, 1-2, 1-2)
Samedi 1er juin 2019, 19h. Enterprise Center de St. Louis. 18789 spectateurs.
Arbitrage de Steve Kozari et Kelly Sutherland assistés de Greg Devorski et Pierre Racicot.
Pénalités : St. Louis 12′ (6′, 4′, 4′), Boston 16′ (4′, 4′, 8′)
Tirs : St. Louis 29 (8, 10, 11), Boston 24 (12, 8, 4)

Récapitulatif du score
0-1 à 10’47 : Bergeron assisté de Krug et DeBrusk (sup. num.)
0-2 à 17’40 : Coyle assisté de Johansson et Heinen
0-3 à 19’50 : Kuraly assisté de Nordström
0-4 à 20’41 : Pastrňák assisyé de Krug et Bergeron (sup. num.)
1-4 à 31’05 : Barbashev assisté de Sanford et Steen
1-5 à 32’12 : Krug assisté de Marchand et Bergeron (sup. num.)
2-5 à 45’24 : Parayko assisté de O’Reilly et Bozak (sup. num.)
2-6 à 58’12 : Acciari assisté de Nordström et Coyle (cage vide)
2-7 à 58’35 : Johansson assisé de Krug et Clifton (sup. num.)

St. Louis Blues

Attaquants :
Jaden Schwarz – Brayden Schenn – Vladimir Tarasenko (A)
Samuel Blais (-2) – Ryan O’Reilly (-1) – David Perron (4′, -1)
Robby Fabbri (-1) – Tyler Bozak (-2) – Patrick Maroon (2′, -2)
Zach Sanford (+1) – Ivan Barbashev (2′) – Alexander Steen (A)

Défenseurs :
Carl Gunnarsson – Alex Pietrangelo (C, 2′, -1)
Jay Bouwmeester (-1) – Colton Parayko (2′)
Joel Edmundson (-1) – Robert Bortuzzo

Gardien : Jordan Binnington puis Jake Allen à 32’12

Blessés : Robert Thomas (A, poignet), Vince Dunn (D, haut du corps). Réservistes notables : Chris Thorburn (A), Michael Del Zotto (D), Oskar Sundqvist (A, suspendu 1 match)

Boston Bruins

Attaquants :
Brad Marchand (-1) – Patrice Bergeron (A) – David Pastrňák
Jake DeBrusk (4′) – David Krejčí (A) – David Backes
Marcus Johansson (+1) – Charlie Coyle (+1) – Danton Heinen
Joakim Nordström (+2) – Sean Kuraly (+1) – Noel Acciari (+2)

Défenseurs :
Zdeno Chara (4′, +2) – Charlie McAvoy (2′, -1)
Torey Krug – Brandon Carlo (2′, +2)
John Moore – Connor Clifton (4′, +1)

Gardien : Tuukka Rask
Remplaçant : Jaroslav Halák

Blessés : Chris Wagner (A, bras), Kevin Miller D, bas du corps), Urho Vaakanainen (D, commotion), Mat Grzelcyk (D, tête). Réservistes notables : Lee Stempniak (A), Steven Kampfer (D)

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