Les Blues réagissent

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Après la correction reçue devant son public au match 3, St. Louis doit réagir. Vince Dunn, qui avait manqué six matchs après avoir été touché par un palet au visage contre les Sharks, revient en défense, et le suspendu du match 3, Oskar Sundqvist, reprend sa place dans l’alignement.

St. Louis part fort

Le duo prend le départ parfait. Après quarante-trois secondes, Rask sort un tir de Dunn dévié par Sanford, mais O’Reilly devance Krug, prend le rebond et trompe le gardien en tour de cage (1-0).

De quoi s’assurer un public survolté, déjà gonflé par l’intervention de Brett Hull après l’hymne… Lorsque Sundqvist met en échec Pastrňák, l’intensité monte d’un cran dans les tribunes.

Agressifs sur le porteur du palet, et portés par une quatrième ligne en feu, les Blues insistent. Une récupération en entrée de zone permet à Sanford de chercher Gunnarsson, qui lance de loin un tir dévié. Rask parvient à bloquer la tentative. Puis, Tarasenko renverse vers Schenn suite à une interception dans la neutre et le Finlandais contrôle encore.

La pression continue, avec encore Sundqvist vers Barbashev, dont le tir roule le long du poteau. Les locaux appuient physiquement, gagnent leurs duels. Boston ne compte que peu d’occasions – un lancer de Krug dévié après sept minutes, sur une mise au jeu gagnée, force à peine Binnington à un déplacement difficile.

Le gardien doit intervenir de manière autoritaire lorsque Parayko subit une mise en échec et perd un palet derrière sa cage. Acciari reçoit alors le palet près du but mais Binnington a suivi. Une action qui montre qu’à la mi-match les visiteurs ont repris leurs esprits.

Quelques minutes plus tard, l’évolution du jeu se traduit au tableau d’affichage. Une mise en échec sur Heinen en entrée de zone élimine en réalité deux Blues, et Chara profite de l’espace pour déborder sur l’aile gauche. Il lance vers le but, où Charlie Coyle traîne et dévie légèrement avant de contourner la botte de Binnington et bonifier le rebond (1-1).

St. Louis ne s’en laisse pas compter. Une entrée en zone envoie en Schenn sur le côté gauche pendant un changement de ligne des Blues. L’attaquant fixe trois joueurs et remise le palet dans l’axe où déboulent les entrants : Schwartz laisse filer, et Pietrangelo, en deuxième rideau, lance à la cage. Rask laisse un rebond et Tarasenko convertit l’occasion dans l’enclave (2-1).

Derrière, St. Louis maîtrise le jeu, continue d’appuyer physiquement – Barbashev sur Carlo, 24e mise en échec à 16 – et limite les erreurs : pas d’indiscipline dans ce tiers, ce qui avait coûté si cher au match 3. L’engagement des défenseurs du Missouri, portés vers l’avant et qui apportent leur soutien à l’attaque, a également beaucoup joué dans ce très bon départ.

Les Bruins s’accrochent

Boston tente de revenir dès la reprise. Un lancer de Marchand de l’aile, dévié par Pastrňák, retombe entre les jambières de Binnington, pas très sûr de son coup sur cet arrêt. Le Tchèque dévie ensuite un tir de Carlo juste devant le rookie, puis Moore allume de la bleue, sur la botte du gardien. Les Blues ne comptent aucun tir dans les premières minutes et lorsque Schenn tente le premier, la crosse de Chara dévie le disque directement dans son visage. Le géant slovaque de Boston, en sang, doit rentrer au vestiaire : il ne reviendra pas.

Sur l’engagement, un palet qui traîne revient sur Dunn au cercle droit : la volée percute la barre. Après six minutes, le jeu s’est rééquilibré. Dans un duel, Charlie Coyle est sanctionné d’une crosse haute, offrant le premier jeu de puissance du match. St. Louis se montre incapable de s’installer durablement et les Bruins reviennent au complet.

Un palet dégagé au dessus du plexiglas par Parayko inverse l’avantage. Mais O’Reilly déborde sur l’aile gauche, lance au but et attaque la cage : le rebond roule doucement à quelques centimètres du poteau ! Le jeu de puissance ultra efficace de Boston s’installe après cette frayeur. Il n’y a cependant pas d’occasion franche. À la toute fin, McAvoy au cercle droit voit son tir repoussé par le poteau opposé.

Le rythme augmente encore et les Blues partent à l’assaut. O’Reilly, Tarasenko, Dunn deux fois sollicitent Rask et le palet reste en zone pour une présence longue durée, qui asphyxie les Bruins. Maroon, sorti du fond, trouve encore le Finlandais sur sa route. À l’issue de cet énorme temps fort, Clifton est puni pour une charge haute sur Tarasenko après une présence de presque trois minutes (!) pour l’arrière.

Le jeu de puissance des Blues commet alors une erreur. Marchand monte le palet, gagne du temps, pivote et trouve Bergeron qui lance au but. Le rebond est juteux pour Carlo, qui égalise avec son premier but en carrière en playoffs, en infériorité (2-2).

L’avantage numérique demeure et Pietrangelo sonne la charge avec un tir que Rask peine à contrôler, puis un autre du cercle droit. Tarasenko suit en tête de cercle et le rebond est dégagé sous le nez de Schwarz par Carlo alors que la pénalité se termine.

St. Louis domine nettement ce tiers mais la défense des Bruins, toujours privée de Chara, se sacrifie et multiplie les tirs bloqués. Krug lance même la dernière banderille de la période : 2-2 après quarante minutes.

Gloria !

Zdeno Chara revient au jeu, avec un masque intégral afin de protéger son visage meurtri. Le capitaine slovaque reste cependant sur le banc pour débuter.

Le jeu, lui, débute prudemment. Une percée de Schwartz coûte deux minutes à Heinen pour un faire trébucher dans la neutre. Avec 34/36 sur les onze derniers matchs, le jeu en infériorité de Boston s’est montré solide jusque là. O’Reilly et Tarasenko combinent près du but afin de briser cette défense, sans réussite, et Boston revient au complet, non sans une ultime chance : volée de Pietrangelo, rebond de Schenn contrôlé par Rask en deux temps.

Les Blues complètent leurs mises en échec, gênant la relance adverse jusqu’à une action de McAvoy, qui met le feu dans l’enclave de Binnington. Puis, Marchand lance Coyle dans l’axe, et l’ex-joueur du Wild décroche deux minutes pour un accrochage de Bouwmeester dans le coin.

Le redoutable jeu de puissance des visiteurs s’installe, mais a du mal à échapper à Pietrangelo, omniprésent en défense. Le palet est dégagé plusieurs fois, et aucun tir ne parvient sur Binnington.

Les duels s’intensifient, avec des accrochages, des mises en échec appuyées : un chaos à peine contrôlé ! À mi-tiers, Dunn parvient enfin à trouver le cadre – mitaine de Rask – mettant fin à une séquence folle avec Sundqvist, Nordström et Pietrangelo.

Le capitaine des Blues est l’homme du match. Sur un revirement dans la neutre, les Blues exploitent le changement de ligne adverse. Pietrangelo déborde à droite et décide d’expédie un tir lourd sur Rask. Le rebond tombe sur O’Reilly, qui parvient à le reprendre mi-hauteur (3-2).

Le temps fort continue et Maroon initie un 2-contre-1 avec Blais. Cette fois, Rask ne relâche pas le disque. Les Blues maîtrisent leur match, leur impact physique handicapant Boston. Les joueurs de Cassidy ont beau posséder plus la rondelle, ils n’obtiennent que peu de chances et, lorsque cela passe le rideau défensif, Binnington ne tremble pas, à l’image d’un tir de DeBrusk à six minutes du terme.

Rask ne tremble pas non plus sur un slap plein axe de Parayko, sans écran et sans rebond. 11-4 aux tirs en faveur des Blues dans ce tiers à quelques encablures de la fin… Lorsque Rask sort pour un attaquant à deux minutes de la fin, la quatrième ligne provoque une perte de palet et Schenn met fin au suspense cage vide (4-2).

Les Blues réussissent le match parfait. Un but rapide pour se mettre en confiance, un impact des défenseurs vers l’avant. Une domination physique et au tir… L’apport des nouveaux arrivants – Dunn, Sanford, Sundqvist – se sera aussi révélé décisif. Les Bruins, privés de Chara depuis le début du deuxième tiers (le capitaine, en tenue et sur le banc, n’est pas monté sur la glace au troisième) n’ont jamais trouvé la clé dans une défense compact et attentive.

La série bascule à Boston, au meilleur des trois matchs…

St. Louis Blues – Boston Bruins 4-2 (2-1, 0-1, 2-0)
Série à égalité 2-2.
Lundi 3 juin 2019, 19h. Enterprise Center de St. Louis. 18805 spectateurs.
Arbitrage de Chris Rooney et Gord Dwyer assistés de Derek Amell et Scott Cherrey
Pénalités : St. Louis 6′ (0′, 2′, 4′), Boston 8′ (0′, 4′, 4′)
Tirs : St. Louis 38 (13, 12, 13), Boston 23 (9, 10, 4)

Récapitulatif du score
1-0 à 00’43 : O’Reilly assisté de Sanford et Dunn
1-1 à 13’14 : Coyle assisté de Chara
2-1 à 15’30 : Tarasenko assisté de Pietrangelo et Schenn
2-2 à 34’19 : Carlo assisté de Bergeron et Marchand (inf. num.)
3-2 à 50’38 : O’Reilly assisté de Pietrangelo et Gunnarsson
4-2 à 58’31 : Schenn (cage vide)

St. Louis Blues

Attaquants :
Jaden Schwartz (+1) – Brayden Schenn (+1) – Vladimir Tarasenko (A, -1)
Zach Sanford (+2) – Ryan O’Reilly (+2) – David Perron (+2)
Samuel Blais – Tyler Bozak (-1) – Patrick Maroon (-1)
Oskar Sundqvist – Ivan Barbashev – Alexander Steen (A)

Défenseurs :
Carl Gunnarsson (+2) – Alex Pietrangelo (C, +3)
Jay Bouwmeester (4′) – Colton Parayko (2′)
Joel Edmundson – Vince Dunn

Gardien : Jordan Binnington
Remplaçant : Jake Allen

Blessé : Robert Thomas (A, poignet). Réservistes notables : Chris Thorburn (A), Michael Del Zotto (D), Robby Fabbri (A), Robert Bortuzzo (D)

Boston Bruins

Attaquants :
Brad Marchand – Patrice Bergeron (A) – David Pastrňák (-1)
Jake DeBrusk – David Krejčí (A) – David Backes
Marcus Johansson (-1) – Charlie Coyle (2′, -2) – Danton Heinen (2′, -1)
Joakim Nordström (-1) – Sean Kuraly (-1) – Noel Acciari (-1)

Défenseurs :
Zdeno Chara – Charlie McAvoy
Torey Krug (2′, -3) – Brandon Carlo
John Moore (+1) – Connor Clifton (2′, -2)

Gardien : Tuukka Rask
Remplaçant : Jaroslav Halák

Blessés : Chris Wagner (A, bras), Kevin Miller D, bas du corps), Urho Vaakanainen (D, commotion), Matt Grzelcyk (D, tête). Réservistes notables : Lee Stempniak (A), Steven Kampfer (D)

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