Le regard des Bleus : Anthony Rech (1/5)

Photo Michel Bourdier
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Premier volet d’une série de cinq interviews de joueurs de l’équipe de France : le 13 mai dernier, Anthony Rech répondait aux questions d’Hockey Archives, au lendemain des premiers matchs du Championnat du monde contre le Danemark et contre les États-Unis.

De ses débuts à Saint-Gervais à sa saison en Allemagne, retour sur la vie quotidienne d’un hockeyeur de haut niveau et sur son regard sur l’évolution du hockey français.

Photo Michel Bourdier

Les débuts
AR : J’ai commencé grâce à mon père et mon frère, qui y jouaient du côté de Chamonix, Saint-Gervais. J’y allais petit, j’ai essayé et ça m’a plu. J’ai continué là-bas jusqu’à mes douze ans. Faire du hockey était naturel. À treize ans, mes parents m’ont demandé si c’était du sérieux, ce que je voulais faire. J’ai décidé de quitter ce qui n’était pas encore le HC74 pour aller à Rouen, qui était l’un des rares clubs, si ce n’est le seul, avec un centre de formation. C’était beaucoup de sacrifices de partir si loin, mais je ne le regrette pas.

Quel était ton modèle, de quel joueur tu t’inspires ?
J’aimais beaucoup la génération d’Alain Beaule, Laurent Gras à Chamonix, Fabrice Lhenry aussi même si c’est un gardien.

Tu as des superstitions, des routines ?
Plus trop depuis la naissance de mon fils il y a deux ans. Je suis plus relaxé et j’arrive à plus vite tourner la page sur le bon comme sur le mauvais.

Quelle préparation physique ?
Tout le temps la même chose, avec entraînement le matin à partir de 9h, jusqu’à 15h puis vie de famille. Je travaille le maximum de choses le matin, sur et hors glace.

On lit beaucoup d’articles sur la nutrition pour le sport de haut niveau. Qu’en penses-tu ?
Au club, nous pouvons faire appel à un nutritionniste pour l’aide à la performance. Généralement, ce sont des choses basiques, gérer aussi le temps de repos. Il faut prendre soin de son corps, c’est un outil de travail.

Photo Michel Bourdier

Et à l’intersaison ?
Nous travaillons les points faibles, qu’il faut réussir à quantifier afin de progresser. Mais il faut aussi travailler ses points forts, donc chaque entraînement est vraiment personnel. En France, il y a très peu de structures d’entraînement, contrairement à d’autres pays. Il y a le Kheops à Rouen, avec Gaétan Brouillard qui est en relation avec l’équipe. Nous mettons en place des choses spécifiques afin de bien préparer les tests de début de saison. Ce n’est jamais facile car il y a toujours de petites blessures, donc il faut faire attention. En plus, avec le Mondial en mai et la reprise début août, cela fait une préparation assez courte. Il faut souvent être prêt dès le mois d’août, qui sert aussi à finir la préparation. Mais il faut absolument être prêt car à l’étranger, il faut gagner sa place.

Quels conseils tu donnerais, quelle transmission tu ferais à un jeune joueur ?
Avoir une attitude de professionnel. Il ne faut pas attendre que le préparateur physique te dise de faire les choses. Savoir ce qui te mets en forme pour les matchs et être prêt pour y aller soi-même. Il faut travailler, se donner à fond. Bien faire la préparation sur et hors glace, bien récupérer, avec du stretching. Vouloir gagner, aussi, c’est une mentalité que tous les autres pays ont, ils détestent la défaite. En France, on est plutôt pessimistes, on cherche des excuses et c’est quelque chose que l’on doit changer.

Et la vie moderne, les réseaux sociaux… ?
La vidéo, c’est bien pour nous, j’en fais beaucoup en club. Des séquences sur les présences, ça aide à se préparer après un match. C’est personnel et ça aide à progresser. On voit le travail à faire. Les stats avancées… On ne joue jamais en comptant les turnovers par exemple ! On se sert des erreurs, oui, mais je préfère l’émotion. Mais c’est une aide pour les coachs, pour les staffs. il faut vivre avec son temps.

Les réseaux, il faut faire la part des choses. Chacun a le droit d’avoir son avis. J’aimerais que tout le monde se regroupe derrière l’équipe nationale. On peut avoir son avis bien sûr, mais j’ai l’impression que le public supporte moins l’équipe nationale que son club. On l’a vu avec Damien Fleury et le pénalty contre le Danemark, c’était fou… Avec tout ce qu’il a fait pour l’équipe de France, le niveau qu’il a… Il pourrait jouer en KHL, les gens ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de l’avoir en Magnus, car il est loin d’être en fin de carrière. La moindre défaite, le moindre écart de l’équipe, ça peut être violent.

La différence entre la France et l’Allemagne sur la préparation ?
Où j’étais (Schwenningen), c’était moins bien que certains clubs de Magnus, alors qu’ils avaient plus de moyens. C’était très bien pour moi pour progresser, ils m’ont donné la chance. Il y a beaucoup d’argent, mais des trucs étonnants. Pour mon nouveau club (Wolfsburg), je me suis beaucoup renseigné avant de faire mon choix. Pour la préparation physique, je fais appel à l’équipe de France, je prends des conseils.

Normalement, en Allemagne c’est plus structuré, ils ont par exemple un entraîneur des gardiens tout le temps, ce que les clubs français n’ont pas, ou alors à temps partiel. On fait avec les moyens qu’on a. Le développement passera par certaines évolutions. Peut-être des patinoires privées, comme en Allemagne ? La télé ? Le public ne retient pas le positif, on aime se plaindre.

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