Conférence de presse d’Antoine Roussel à Wasquehal

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Le programme de la NHL Player’s Association intitulé « Goals and Dreams » a vu le jour en 1999 aux fins de venir en aide aux plus jeunes désireux de découvrir la discipline mais ne pouvant, pour des raisons financières, s’équiper de façon optimale. Ce dispositif a permis à l’association des joueurs de venir en aide à environ 80 000 enfants dans une trentaine de pays, pour un montant de plus de 24 millions de dollars. Ainsi de nombreux joueurs traversent notamment l’Amérique du Nord chaque année pour échanger avec les organisations bénéficiaires et distribuer le matériel. À titre d’exemple, Sidney Crosby avait en 2011 parrainé une initiative du genre à Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse, auprès de dix organisations récipiendaires de 87 (!) équipements.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la démarche des Lions de Wasquehal, aidés en cela de Luc Tardif et d’Antoine Roussel, de retour sur ses terres natales pour une après-midi tenue ce mardi 27 août au Stadium Lille Métropole, à travers une conférence de presse, introduite par Damien Catry. Le Président du club remercie ses partenaires, notamment la Métropole Européenne de Lille, qui met à disposition les salons du Stadium, à l’heure où la patinoire Serge-Charles fait l’objet de travaux d’aménagement par la même intercommunalité.

La présence d’Antoine Roussel dans le Nord

Antoine Roussel : « Cela fait plusieurs années que je suis impliqué avec les Lions, je suis le parrain de l’équipe. Durant cinq ans il a fallu trouver le timing pour mettre les choses en place. Un gros travail a été fait par Damien [Catry], Luc [Tardif], la Fédération et les Lions pour monter le projet. C’est excitant d’être ici et d’aider le hockey français, mon objectif est de redonner. La NHLPA est le syndicat des joueurs, son programme Goals and Dreams permet aux joueurs qui n’en ont pas les moyens de connaître le sport, l’équipement n’étant pas donné. Les valeurs véhiculées sont incroyables, dans cette optique je suis ici pour le don d’équipements. »

Luc Tardif : « Je suis le trésorier de la fédération internationale, qui a beaucoup de contacts avec la NHL, notamment pour les Jeux Olympiques. J’ai pris connaissance de ce programme et on s’est vu le 20 décembre à l’occasion d’un match des Canucks. J’ai demandé si on pouvait monter cela tous ensemble, j’ai contacté Damien, on s’est organisé pour renseigner le dossier conséquent, qui plus est en anglais, et aujourd’hui on arrive avec 25 équipements. On a fixé cette journée pour les remettre, aider des secteurs défavorisés et des jeunes pour qu’ils voient si le sport leur plaît. Cela rejoint les objectifs de la FFHG pour diminuer les coûts lors des premiers pas. »

Damien Catry : « Il y a 300 licenciés à Wasquehal, environ 20% sont en école de glace. Tous les ans cela tourne, avec une montée dans les catégories. On voit des enfants avec des équipements de roller, ou une partie seulement car cela coûte cher. Or, un maximum de gamins doit accéder au jeu. On prête l’équipement pendant une saison complète, puis on peut le confier à un autre jeune la saison suivante. Sur deux ou trois saisons, environ 75 enfants auront bénéficié d’un équipement complet. »

Antoine Roussel : « Pierre-Édouard l’avait fait pour Las Vegas. Je n’ai jamais joué à Wasquehal mais cela ne m’a pas arrêté. Ma famille est impliquée dans le club, notamment mes cousines, et ma grand-mère décédée cette année est enterrée devant la patinoire [NDLR : où elle suivait assidûment les rencontres des Lions]. C’était important de le faire. Le timing est parfait. J’ai commencé à Deuil-la-Barre, connu Nantes et Rouen, mais si on peut sortir un gars du Nord, on ne peut pas sortir le Nord d’un gars. J’ai encore des attaches ici. »

Les débuts de hockeyeur

Antoine Roussel : « C’est une bonne histoire qui m’a marqué jeune. La première fois que j’ai vu une patinoire, j’ai dit à ma mère que c’est cela que je voulais faire. Elle a cru que je souhaitais pratiquer le patinage artistique, mais je lui ai précisé que non ! C’est pourquoi je veux donner leur chance aux jeunes. »

L’équipe de France

Antoine Roussel : « Un gros travail a été réalisé ces 15-20 dernières années. La génération de Cristobal Huet a permis un envol, avec plusieurs années où l’on s’est accroché à l’élite. Les résultats sont venus avec le quart de finale, c’est pourquoi je ne pense pas que cela sera compliqué de remonter. Le niveau s’améliore, des projets de patinoire émergent, c’est une question de temps. »

Luc Tardif : « Hormis le désagrément de la descente, on est capable avec tous nos moyens de faire des grandes choses. Il ne faut toutefois pas oublier que le couperet est parfois passé près, et la D1A est un tournoi costaud. On a beaucoup de jeunes jouant au haut niveau à l’étranger, qui ne font pas que de la configuration, et évoluent sur le power play notamment. Avant il ne s’agissait souvent que de joueurs en fin de carrière ; un travail de fond a été fait. La Ligue Magnus passée à 44 matchs et le championnat junior permettent d’augmenter le niveau. Alexandre Texier donne envie aux jeunes de croire en leurs possibilités de jouer au plus haut niveau. Je remercie Antoine pour sa présence, malgré un agenda difficile car il repart demain au Canada. Il continue à faire carrière au plus haut niveau et reste disponible. Les vrais champions sont accessibles, généreux et n’oublient pas d’où ils viennent. [Au sujet de la présence des NHLers aux JO] On travaille pour que les joueurs soient disponibles, il y a des ouvertures mais rien de sûr. Nous serons fixés le 15 décembre. »

L’état de forme

Antoine Roussel : « J’ai été opéré le 28 mars. L’opération a été succès. J’ai encore quelques douleurs, mais je fais pour le mieux à l’entraînement. La durée de convalescence est de 6 à 9 mois, mais si j’attends un mois de plus le risque de rechute diminuerait de 30%. Je retourne avec les Canucks car ils gèrent mon retour sur la glace. J’ai repatiné la semaine dernière pour la première fois et cela ressemblait à une séance publique du dimanche matin ! »

L’arrivée à Vancouver

Antoine Roussel : « Ce fut un changement de ville, d’équipe et pour la famille, mais pas au niveau du hockey. Cela a pris du temps pour m’adapter à ma nouvelle équipe, après 20 matchs je me suis bien senti. J’ai une bonne relation avec le coach et le staff, je suis plus leader qu’à Dallas. Par rapport aux Stars, la philosophie des supporters est différente. Ils sont plus spectateurs à Dallas, le public étant plus familial et content quel que soit le résultat. À Vancouver, les partisans sont assis et font ressentir une plus grande pression. L’objectif est de se retrouver en play-offs, grâce à l’ajout de joueurs épatants comme Boeser ou Pettersson, et montrer qu’on peut le faire quand cela compte. Le Directeur Général a fait plusieurs acquisitions, on a pris de bons éléments. La formule semble optimale pour trouver le succès, à travers un mix important entre jeunes et joueurs plus expérimentés. Le début de saison sera important.

J’ai une réputation de joueur robuste, qui m’a permis de me faire ma place, mais je suis plus touche-à-tout aujourd’hui, ce qui m’a permis de m’imposer en début de saison. 2011 [année où Antoine fut retranché au camp d’entraînement des Canucks] est une année spéciale, je retourne là on l’a m’a donné une chance de performer. J’étais tombé en amour de la ville et je savais que l’on allait s’y plaire. »

Initiée sur une note humoristique (le Président de la FFHG, en retard car il s’était rendu par erreur au proche Stade Pierre-Mauroy, s’est excusé en rappelant que son patronyme est « Tardif »), la conférence se conclut également par le sourire : répondant à la question d’un photographe de La Voix du Nord sur la possibilité de le voir un jour évoluer sur ses terres natales, Antoine Roussel invite Madame le Maire de Lille à construire une patinoire d’ampleur nationale. L’ailier gauche des Canucks enchaîne par une longue séance d’autographes auprès des jeunes et moins jeunes, certains ayant parcouru de longues distances pour être présents. Disponible et souriant, Antoine Roussel a ensuite procédé aux côtés de Monsieur Eric Skyronka, vice-président de la Métropole Européenne de Lille en charge du Sport, de Luc Tardif et de Damien Catry, à la remise officielle des équipements aux Lionceaux. Avant de retraverser l’Atlantique les bagages complétés par deux maillots des Lions floqués aux noms de ses enfants Raphaëlle et Théodore.

Photographies de Philippe Dusart

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