Munich – Yunost Minsk (CHL, huitième de finale retour)

99

L’EHC Red Bull Munich est sur sa trajectoire prévue : en play off de la CHL. Munich n’est pas une ville de hockey à proprement parler et pas une forteresse historique du hockey allemand. Les bastions traditionnels de la montagne bavaroise (Füssen, Reissersee, Bad Tölz et Rosenheim) ont maintenant disparu de l’élite du hockey et laissé leur place à la capitale du Land de Bavière.

La ville de Munich, dans ce concept économique puissant de la DEL, a conquis plusieurs titres de champion d’Allemagne. Plusieurs clubs aux dénominations différentes, à chaque fois synonymes de crise financière et d’implosion (Hedos en 1994 et Barons en 2000), n’ont jamais réussi à maintenir une stabilité et une longévité d’existence.

Le club est reparti de zéro en 2004 et a gravi les échelons. C’est alors que Red Bull a investi dans le club en 2012, sans jeter l’argent par les fenêtres. Dès le départ, le sponsor autrichien a demandé une gestion professionnelle et saine pour continuer l’aventure. Depuis, l’équipe a remporté trois titres consécutifs en DEL sous la conduite du très performant Don Jackson, et atteint la finale de la CHL. Rares sont les clubs allemands à avoir atteint une finale « officielle » européenne ; Munich en fait partie au même titre que Füssen (1966), Düsseldorf (1992) et Cologne (1996).

Munich semble patiner dans le bon sens avec un partenariat Red Bull qui va entamer sa 9e saison. Le programme s’élargit sur le terrain du hockey mineur avec un système de détection et de formation de haut niveau qui permet de développer les jeunes joueurs allemands au sein d’un centre de formation ultramoderne.

À ce jour, Munich devrait, une nouvelle fois, porter haut les couleurs du hockey allemand en CHL avec une équipe partiellement renouvelée mais avec des prospects de très haute qualité. Le club bavarois pourra encore compter sur un duo exceptionnel de gardiens. Le célèbre Danny aus den Birken s’est blessé à la jambe juste avant le match et doit être opéré vendredi. Sa jeune doublure Kevin Reich est titularisée en catastrophe mais son bilan est rassurant : il a remporté ses sept titularisations en championnat et avait ouvert sa campagne CHL par un blanchissage contre Banska Bystrica avant de connaître deux défaites à l’extérieur.

La défense se range derrière le grand Konrad Abeltshauser (195 cm et 100 kg). Le Canadien Keith Aulie n’est pas mal non plus (198 cm et 103 kg) mais apporte un patinage rapide en plus de son physique dévastateur. De l’arrière viendra de la création, transmission de palets et des tirs à la bleue avec les Canadiens Andrew Bodnarchuk et Blake Parlett (lui arrive de Kunlun, KHL) complétés par Daryl Boyle et l’international Yannick Seidenberg. En cours de saison, le club a encore renforcé le dispositif avec l’Américain Bobby Sanguinetti.

Dans les lignes offensives, la qualité est à tous les étages avec les gâchettes canadiennes Mark Voakes (48 points) et Trevor Parkes (37 points). Les joueurs du pays sont présents avec Max’ Kastner (30 points), le rapide et habile Frank Mauer (37 points), l’agressif et travailleur Patrick Hager (30 points) et l’international Yasin Ehliz (25 points). Les recrutements sont à la hauteur de l’enjeu avec beaucoup d’expérience et des stats toujours au top de la compétition. Phillip Gogulla est de ceux-là, la légende en remplace une autre (le retraité « Michi » Wolf, 800 matchs de DEL et 251 sélections).

Le Canadien Derek Roy arrive de Linköping (42 points), a participé au tournoi olympique de Corée et pose dans son palmarès ses 787 parties de NHL (Buffalo, Dallas, St Louis, Nashville et Edmonton). Pour compléter, c’est Chris Bourque (le fils de la légende Ray Bourque) qui arrive d’AHL – Bridgeport – avec 52 points, mais aussi son expérience de 930 parties dans cette ligue et ses 864 points placés. Enfin, la jeunesse est présente avec le jeune défenseur Lukas Zitterbart (formé à Landshut) et l’attraction avec l’attaquant John-Jason Peterka, pur produit de la Red Bull Akademie. Il a déjà inscrit 6 points en championnat et 3 points en CHL.

Munich est décidé à imposer sa puissance et sa qualité mais la fraîcheur en fin de saison peut avoir son importance quand 12 joueurs sur 27 ont dépassé l’âge de 30 ans. Mais pour le moment Munich caracole en tête du championnat et a terminé premier de son groupe en CHL. Au match aller, les Bavarois se sont imposés sur la glace du Yunost Minsk (2-3).

Le Yunost propose une belle équipe avec un groupe assez stable qui joue ensemble depuis plusieurs années. Le gardien Brikun surfe largement au-delà des 90%. En défense on peut souligner l’expérience d’Andreï Antonov (260 matchs de KHL). À l’offensive le danger peut provenir des internationaux Sergeï Drozd, Aleksandr Kulakov (37 points en 2019), Stanislav Lopachuk (67 points et n°1 en nombre d’assistances en saison régulière), mais aussi Andreï Stepanov, mis à disposition par le Dinamo Minsk (KHL) pour cette compétition.

Le match commence dans une ambiance surchauffée pour l’entrée de l’équipe locale et Munich installe le jeu à l’avant. Chris Bourque envoie un palet aérien que Frank Mauer se ramène avec l’aide du gant sans pouvoir le rabattre vers le but (3’09). La réponse est immédiate et vient d’Antonov qui lance de la bleue offensive un tir direct (3’51). La partie est bien équilibrée mais gagne encore en vitesse. Les deux équipes ajustent le repli défensif, jouent sérieusement et patinent fort. Par la suite, Munich stationne en zone offensive avec sa puissance collective et Daubner effectue une belle reprise du revers (12’09). Dans cette deuxième partie de tiers, Minsk subit et est acculé dans sa zone. Sur le premier jeu de puissance, les Bavarois mitraillent la cage de Brikun. Sur ce jeu de supériorité, Trevor Parkes effectue le tour de cage et laisse le palet que Kastner pousse dans le chantier devant la cage. Le palet passe sous le gardien mais la vidéo ne permet pas de valider le but (16’58). En fin de période, Minsk n’arrive pas à évacuer le danger et Stepanov envoie Bodnarchuk valser dans le banc des joueurs.

La deuxième ronde démarre en ultra vitesse et sur une nouvelle phase de supériorité allemande. Les Biélorusses s’adaptent et patinent vite pour sortir la rondelle de leur zone. Même Kevin Reich, devant les buts de Munich, rate sa relance qui profite à Yegor Mazhuga qui en profite pour shooter. Par la suite c’est Sergeï Drozd qui envoi le palet. Minsk parvient à forcer et pousse Sanguinetti à la faute pour une charge à la tête. Sur le power-play à suivre, le Yunost organise une offensive à trois et Andreï Antonov conclut d’un tir. Même au retour au complet, Minsk continue sur une phase positive avec beaucoup de technique pour contrôler les pucks. Seule ouverture pour le Red Bull avec Parkes qui fonce vers la zone offensive mais Yevgeni Nogachyov revient pour gêner la conclusion de l’action. Il fait faute et Trevor Parkes obtient le penalty mais il ne conclut pas en envoyant le puck directement sur la crosse de Brikun. Chris Bourque pénalise son équipe avec un cinglage mais Andrew Bodnarchuk intercepte la rondelle face à Denis Tsyganov et trompe le portier biélorusse (35’56 : 1-0).

Minsk a subi un rude coup mais se remobilise avec une qualité de contrôle de puck et d’efficacité de passes. Malheureusement pour les Biélorusses, ils ne trouvent pas la solution. Passé ce moment d’infériorité, les Munichois déploient leur puissance et Parkes subit même une violente crosse au visage. La double supériorité numérique se prolonge pour le troisième tiers.

Pour la dernière période, Munich cherche la solution idéale et s’emploie à multiplier les passes mais sans produire de tirs suffisants. Minsk est encore dans la partie, et place son forecheck très haut pour bloquer le développement du jeu des Allemands. La punition arrive une nouvelle fois pendant les unités spéciales mais cette fois en infériorité. Sanguinetti place un tir à travers le trafic et Ehliz masque le portier (46’16 : 2-0).

Yegor Gainetdinov subit un énorme bouchon de la part de Keith Aulie qui est expulsé en même temps que Mitsevich. À partir de cet instant, la partie bascule dans un affrontement physique qui ne va plus cesser. Kulakov vient provoquer Peterka devant son propre gardien, s’ensuit une brassée générale. La pénalité est lourde de conséquence car Chris Bourque, bien décalé, nettoie la cage totalement vide (49’21 : 3-0). Lopachuk envoie un cinglage qui précipite le but suivant. Peterka qui reproduit le même but en décalage que le précédent (54’02 : 4-0).

Les pénalités pour jeu dur s’enchaînent et Minsk perd totalement les pédales et son jeu. Le Yunost n’est plus dans le match. Justin Schütz s’avance tout en vitesse et place le puck dans la cage alors que Brikun est occupé à la charger tête la première ! Cela crée une nouvelle bagarre générale (54’41 : 5-0). Apparemment, Brikun pensait que Schütz avait fait faute sur Gaynetdinov (tombé tout seul à sa ligne bleue). Le gardien qui a perdu ses nerfs sort et est remplacé par Shelepnyov. Et c’est le jeune Zitterbart qui reproduit pour la troisième fois le décalage et la reprise en cage vide (55’32 : 6-0).

Munich termine la partie par de nouveaux tirs mais le match est déjà terminé tant les Biélorusses n’y sont plus. Le Yunost a démontré de belles qualités de patinage et de technique. Mais le char d’assaut Red Bull a percuté son adversaire et coulé par les fautes. Sur le terrain physique, le Yunost ne pouvait qu’être perdant. Malgré tout le hockey biélorusse démontre un niveau européen excellent qui lui permet d’accéder aux séries finales de CHL chaque année. Pour les quarts de finale, Munich rencontrera les Suédois de Djurgården.

 

Munich – Minsk 6-0 (0-0, 1-0, 5-0)
Mercredi 20 novembre 2019 à 20h00 à l’Olympia Eisstadion. 4120 spectateurs.
Arbitres : Marc Wiegand et Daniel Stricker (SUI) assisté d’Andreas Hofer et Tobias Schwenk (ALL).
Pénalités : Munich 37′ (0′, 6′, 6′+5+20′) ; Minsk 82′ (12′, 8′, 62′).
Tirs : Munich 33 ; Minsk 20.

Évolution du score :
1-0 à 35’56 : Bodnarchuk (inf. num.)
2-0 à 46’16 : Sanguinetti assisté de Voakes (sup. num.)
3-0 à 49’21 : Bourque assisté de Parkes et Peterka (sup. num.)
4-0 à 54’02 : Peterka assisté de Bourque et Abeltshauser (sup. num.)
5-0 à 54’41 : Schütz
6-0 à 55’32 : Zitterbart assisté de Voakes et Bodnarchuk (sup. num.)

Munich

Attaquants :
Philip Gogulla – Patrick Hager – Yasin Ehliz
Mads Christensen – Mark Voakes (+1) – Trevor Parkes
Chris Bourque (2′) – Max Kastner (+1) – Frank Mauer (+1, 2′)
John-Jason Peterka – Max Daubner (+1, 2′) – Justin Schütz (+1)

Défenseurs :
Keith Aulie (5’+20′) – Daryl Boyle (+1, 2′)
Konrad Abeltshauser – Robert Sanguinetti (4′)
Blake Parlett (+2) – Andrew Bodnarchuk (+1)
Luca Zitterbart – Emil Quass

Gardien :
Kevin Reich

Remplaçant : Daniel Fießinger (G). Absents : Danny Aus Den Birken (blessé), Jason Jaffray (opéré de la hanche), Derek Roy (opéré de l’épaule), Yannic Seidenberg.

Minsk

Attaquants :
Dmitri Kolgotin (-1, 2′) – Maksim Maltsev (-1) – Denis Tsyganov (-1)
Andreï Stepanov (-1) – Sergeï Drozd (2′) – Stanislav Lopachuk (2′)
Maxim Parfeveyets – Aleksandr Kulakov (8′) – Vsevolod Kashkar
Yegor Gainetdinov (-1, 2’+5’+20′) – Kirill Brikun (-1, 4′) – Dmitri Zhelnerovski (-1)

Défenseurs :
Yevgeny Nogachyov (-1) – Andreï Antonov
Artyom Lesnikov – Nikita Mitskevitch (5’+20′)
Vadim Shyochin (2′) – Yegor Mazhuga (-1)
Andreï Gerashenko (-1) – Nikita Tarlestsky

Gardien :
Igor Brikun puis à 54’41 Yan Shelepnyov

Absents : Pavel Kazakevich, Artemi Chernikov.

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! Accepter En savoir plus

commodo sem, leo justo leo. diam pulvinar eget quis neque. sit