Bilan KHL 2022 (II) : la légende intacte, le violeur et le gros poisson

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Dans cette seconde partie du bilan de KHL, nous nous intéressons aux clubs qui ont été éliminés au premier tour des play-offs… ou qui ont choisi de ne pas y participer dans le cas complexe des Jokerit Helsinki que nous vous expliquons ici.

 

Ak Bars Kazan (9e) : encore plus frustré

carte kazan kampferAk Bars avait été frustré de l’élimination au septième match contre l’Avangard de Bob Hartley il y a un an et avait identifié comme boucs émissaires Dawes et Da Costa. Mais sans eux, Kazan a eu un powerplay indigne d’une grande équipe : 22e sur 24 en saison régulière avec 14,4% d’efficacité, un pourcentage tombé ensuite à 8,7% en play-offs. Seulement quatrièmes de la Conférence Est, les Tatars se sont retrouvés dès le premier tour face à ce même Avangard et ont été éliminés en six rencontres.

L’entraîneur Dmitri Kvartalnov se plaignait de son effectif au début de la saison, et ses vœux de renforts ont été exaucés. Il a eu 6 étrangers (pour 5 places) comme il le voulait, tous avec plus de 100 matches NHL à leur actif. Mais leur impact a été très faible. Longtemps critiqué, Jordan Weal a connu une soirée de rêve en novembre. Après un but au premier match puis 17 rencontres sans trouver le chemin des filets, il a réussi quatre buts en un match (5-4 contre l’Avtomobilist), dont le but décisif à vingt secondes de la fin. Mais dès le lendemain, il est retombé dans l’inefficacité…

Le seul étranger satisfaisant a été Steven Kampfer. C’est d’ailleurs en déplaçant ce défenseur offensif américain en attaque – où il n’avait pas joué depuis sept ans – qu’Ak Bars est remonté de 0-3 à 2-3 dans la série contre l’Avangard : Kampfer a mis une assist et un but sur les deux buts gagnants en prolongation. Il retournera en NHL et a signé à Détroit la saison prochaine. La meilleure recrue absolue aura été Dmitri Kagarlitsky, qui s’est imposé en meilleur marqueur de l’équipe après un temps d’adaptation habituel chez lui.

L’option de prolongation de contrat de Kvartalnov n’a pas été activée. Le coach qui avait introduit le pressing tout terrain avec le patinage intensif en KHL a vu le reste de la ligue copier son modèle. Aujourd’hui, c’est lui qui semble ne plus avoir d’imagination. Même le recrutement en décembre d’un assistant-coach nord-américain (Mike Pelino) – alors que Kvartalnov a toujours aimé s’entourer de ses adjoints de confiance – n’a pas changé la situation. Kazan redémarrera donc avec autre coach, Oleg Znarok, un fort caractère pas forcément si différent de son prédécesseur.

 

Jokerit Helsinki (10e) : la légende réussit à ne pas être un paria

carte jokerit frimanJamais les Jokerit n’avaient tutoyé de si près que cette saison les clubs les plus puissants du hockey russe. L’équipe finlandaise était dans un mouchoir en saison régulière avec le SKA et le CSKA. Auraient-ils eu pour autant le « droit » de gagner les play-offs ? Beaucoup de Finlandais en doutaient, surtout depuis que le club avait vendu les droits de Mikko Lehtonen (rentré d’un camp NHL à Columbus) au SKA Saint-Pétersbourg en octobre contre compensation financière. Les Jokerit venaient de battre cette équipe pour s’installer en tête de la Conférence Ouest et récolter enfin des articles de presse positifs, et ils renforçaient ainsi un concurrent direct. « L’équipe-ferme fait ce que disent les patrons », résumait de manière lapidaire un journaliste, puisque ce sont des oligarques liés au SKA qui financent les Jokerit.

Un des secrets de la compétitivité des Jokerit, c’était qu’ils étaient de loin la meilleure équipe de la ligue en infériorité numérique (88,5%). Ce n’est donc pas un hasard si les spécialistes de ce secteur (les défenseurs Niklas Friman et Petteri Lindbohm, les attaquants Marko Anttila et Hannes Björninen) ont tenu un rôle-clé dans la médaille d’or olympique de la Finlande. Au total, dix joueurs ont participé aux JO, pour six pays différents.

L’autre moitié de l’équipe s’entraînait en effectif réduit pendant la très longue trêve olympique de six semaines en attendant le début des play-offs. Jusqu’au jour où le manager Jari Kurri a réuni ces joueurs pour leur annoncer que la saison était finie et qu’ils étaient libres : les Jokerit se retiraient de la saison KHL en raison du déclenchement de la guerre en Ukraine. Un Kurri silencieux et indisponible auprès de la presse, lui qui avait tout misé sur le projet KHL très critiqué en Finlande. Un projet qui dépend entièrement des capitaux russes.

Le nom et le logo des Jokerit appartiennent toujours à l’association, qui gère le hockey mineur. Plusieurs entrepreneurs appelèrent spontanément Kim Borgström, le président du club, pour dire qu’ils étaient prêts à apporter leur soutien à un retour en Liiga finlandaise, réclamé depuis longtemps par la majorité des supporters. Cela signifiait-il que les Jokerit allaient couper les ponts avec l’actuelle structure professionnelle, et avec Kurri ? Borgström précisait « ne voir rien de négatif à propos de Jari ». Kurri est encore suffisamment une légende du hockey finlandais pour que son image ne soit pas trop compromise de l’aventure KHL. Un autre que lui serait sans doute devenu un paria.

En coulisses, Kurri s’activait à racheter les 40% restants pour devenir l’unique propriétaire de l’équipe professionnelle. Après deux mois d’attente, il s’exprimait enfin dans un communiqué fin avril : « Durant notre période en KHL, nous avons systématiquement travaillé à développer le hockey finlandais. Notre but a été de construire les meilleures conditions possibles de développement des joueurs et entraîneurs. En même temps, on peut franchement constater que des problèmes liés à des sujets extérieurs au hockey ont affecté la réputation du club. Nous ferons de notre mieux pour restaurer la confiance des gens envers les Jokerit. » En distinguant les aspects sportifs des « autres », c’était déjà un mea culpa, d’autant que le communiqué promettait que la société serait à l’avenir une structure transparente, responsable et pérenne (tout ce qu’elle n’était pas en KHL).

Les Jokerit devront prendre un an avant de se réorganiser avec pour objectif de s’inscrire en Liiga en 2023/24 (seules les équipes de jeunes joueront en 2022/23). Le problème est la Hartwall Arena, qui ne porte plus ce nom (retrait du sponsor) et qui est inutilisable. Les oligarques Rotenberg et Timchenko la possèdent en effet l’entreprise à 44%… mais possèdent 93,9% des droits de vote. L’autre légende locale Teemu Selänne voudrait la racheter avec un groupe d’investisseurs, mais payer des oligarques russes sous sanctions relève du casse-tête juridique. La part de Gennadi Timchenko (22,5%) est en effet saisie par la justice.

 

Severstal Cherepovets (11e) : la belle surprise

carte severstal vovchenkoLe Severstal Cherepovets a clairement le meilleur rapport qualité/prix de KHL. Avec une équipe au plancher salarial, il a réussi à être compétitif face à des adversaires au budget deux fois supérieur. Une partie du secret réside dans la qualité de sa formation. Daniil Vovchenko, qui n’a jamais quitté sa ville natale, a réussi sa meilleure saison : large meilleur marqueur de l’équipe, l’ailier de 25 ans a même été appelé avec la Sbornaïa lors du tournoi à domicile de décembre à Moscou, où la sélection garde un certain prestige (parfois galvaudé le reste du temps).

Les joueurs locaux ne font pas tout. Le Severstal a formé un collectif performant et discipliné – le moins pénalisé de KHL – avec les étrangers les moins chers de la ligue, mais aussi des profils inattendus. Meilleur joueur de VHL la saison passée, Kirill Pilipenko avait la réputation d’être trop passif défensivement et dans les duels pour le niveau supérieur. Son aisance technique avec le palet avait tapé depuis longtemps dans l’œil d’Andrei Razin, qui l’a fait venir à mi-saison. Il s’est intégré à merveille au dispositif de cet entraîneur réputé très exigeant et a mis 14 buts et 8 assists en 32 matches, play-offs inclus.

En 2021, le Severstal avait déjà récolté des compliments pour sa résistance au premier tour des play-offs face au Dynamo Moscou, vainqueur en cinq parties. Mais cette année, les hommes de Razin ont carrément poussé les bleu et blanc à un septième match. Malheureusement, le centre finlandais Joonas Nättinen y a déclaré forfait après l’échauffement, ressentant des vertiges après une commotion datant du match précédent. Au pied levé, le Severstal a dû réorganiser son powerplay, qui n’a pas profité des nombreuses occasions. Il a aussi été obligé de jouer ce match décisif avec deux juniors au centre. Le temps de jeu et les responsabilités devenaient un peu larges pour les jeunes épaules de Nikita Guslistov, junior formé au club, peu talentueux mais très travailleur, qui avait déjà tenu un rôle important tout au long de la saison en masquant le gardien adverse ou en prenant des mises au jeu décisives en zone défensive pendant les fins de rencontre.

 

Lokomotiv Yaroslavl (12e) : il a raté le train de la modernité

carte lokomotiv boucherLe Lokomotiv était au début du siècle le club de hockey le plus « moderne ». Il avait été champion de Russie en étant le premier à embaucher un entraîneur étranger (Vladimír Vůjtek), le premier aussi à professionnaliser sa gestion et à diversifier ses ressources. Vingt ans plus tard, ce même club a une image datée, pas adaptée aux réseaux sociaux, où la qualité de ses vidéos laisse à désirer.

Toutes les décisions ont toujours été prises par le président Yuri Yakovlev, dont le directeur général Yuri Lukin n’est qu’un éternel sous-fifre. Alors que les autres clubs ont structuré leur organigramme, Yakovlev décide seul. Son dada ? Appuyer sur le siège éjectable de l’entraîneur, comme un obsessionnel compulsif. Tout le monde le sait. Andrei Skabelka paraissait déjà avoir perdu sa sérénité avant de se faire virer au bout de seulement 9 matches de championnat, remplacé par Igor Nikitin (et son adjoint spécialiste de la défense Dmitri Yushkevich). Au printemps dernier, Skabelka avait vu son équipe éliminée au septième match par le CSKA lors du deuxième tour. Cette année, Yaroslavl a perdu dès le premier tour contre ce même CSKA, et en se faisant balayer en quatre manches. Tout ça pour ça.

Le quatrième et dernier match de play-offs, le Lokomotiv l’a joué sans le moindre étranger. Ce n’est pas parce qu’ils avaient fui la Russie en guerre. Le meilleur marqueur Reid Boucher avait été renvoyé parce qu’on avait appris qu’il avait – il y a plusieurs années – plaidé coupable de viol (avec chantage répété pour forcer sa victime toujours plus loin) sur la fille de 12 ans de la famille d’accueil où il était hébergé quand il faisait partie à 17 ans du programme de développement national des États-Unis (notons que l’Avangard n’a pas hésité à le réembaucher pour la saison prochaine malgré cette affaire). Les trois autres Nord-Américains avaient tout simplement perdu leur place : le gardien Eddie Pasquale – qui était pourtant un des titulaires les plus stables de KHL – et les jokers inutiles Brandon Kozun et Brandon Gormley.

Le seul renfort arrivé en cours de saison qui ait donné satisfaction, c’est Artyom Anisimov, rentré chez lui après quatorze ans en NHL. Il reste au moins ça à Yaroslavl : les joueurs qui y ont été formés constituent un socle important de l’effectif, à l’instar de Rushan Rafikov qui forme encore une paire défensive très solide avec Aleksei Marchenko. Si la KHL se fermait aux étrangers, cela ferait les affaires du Loko. Mais ce n’est pas la voie qui a été prise.

 

Dinamo Minsk (13e) : des promesses sans perspectives

carte minsk lindholmLe Dinamo Minsk a connu un très bon début de saison pendant deux mois, avant d’avoir le vestiaire atteint par le Covid dans les derniers jours d’octobre, puis de subir des blessés. Le bilan peut paraître assez ordinaire puisque le représentant du Bélarus n’a été que le huitième et dernier qualifié de la Conférence Ouest. Mais remettons-là dans le contexte. Les play-offs deux ans de suite, Minsk pas connu ça qu’une fois depuis entrée en KHL (en 2011 et 2012).

Dans un autre contexte politique, cette saison aurait donc été qualifiée de très prometteuse, car elle a mis en lumière de jeunes talents biélorusses. Au poste de gardien, éternel point faible, le pays tient enfin son grand espoir : à 20 ans, Aleksei Kolosov a concurrencé avec des performances équivalents Patrik Rybár, pourtant très bon avec la Slovaquie aux Jeux olympiques. Pour sa deuxième saison senior depuis son retour des États-Unis où il a passé son adolescence, le centre Ilya Usov a marqué 26 points et fait preuve d’un bel engagement physique même si encore faible aux mises au jeu.

Mais, maintenant qu’il n’y a plus de championnat du monde à préparer, quel intérêt d’avoir un club de base de l’équipe nationale ? Faut-il changer de stratégie ? Laisser le club chercher son propre succès puisqu’il peut recruter autant d’étrangers qu’il veut au contraire des clubs russes ? Encore faut-il que ces imports veuillent rester. Les six Suédois ne seront plus là alors qu’ils constituaient le cœur de l’effectif. Et avec quel budget engager ces renforts ? Il paraît menacé par les sanctions contre l’économie biélorusse et sa principale entreprise, le fabricant d’engrais Belaruskali.

 

Sibir Novosibirsk (14e) : une saison en trois phases

carte sibir shoreLe Sibir Novosibirsk a complètement raté son début de championnat, avec seulement 5 victoires sur les 19 premières rencontres. Le 22 octobre 2021 a alors constitué le véritable tournant de la saison. Tout d’abord, le club s’est séparé de sa recrue estivale Anton Wedin en lui versant l’indemnité compensatrice : le Suédois démontrait bien ses qualités attendues de patinage dynamique, mais il avait tout bonnement perdu son efficacité (2 points en 14 parties) qu’il ne retrouverait qu’en signant ensuite au Dynamo Moscou. Le soir même face à Minsk, le Sibir était mené 0-2… mais reprenait l’avantage dès la première période, au lieu de baisser la tête au premier but encaissé comme lors des rencontres précédentes.

C’était le déclic. Reprenant soudain confiance, les Sibériens enchaînaient 14 victoires sur les 17 rencontres suivantes et se positionnaient en sixième position de la Conférence Est, leur classement final. Leur entraîneur Andrei Martemyanov, qui était aussi critiqué que Wedin par les supporters et pensait risquer son poste, a gardé la confiance de sa direction juste assez longtemps pour retourner la situation. C’est sûr, son style de jeu est un des moins spectaculaires de KHL, mais les résultats sont efficaces. Le Sibir a la 20e attaque de la ligue (sur 24), mais la 3e meilleure défense !

Néanmoins, Martemyanov garde des regrets parce que son équipe n’a pas donné le meilleur d’elle-même au moment le plus important, les play-offs. Il est vrai que les clés de voûte défensives, le gardien champion olympique Harri Säteri et son compatriote Jyrki Jokipakka, avaient fait leurs adieux, comme presque tous les Finlandais après l’invasion russe de l’Ukraine. Même l’Américain Nick Shore, minoritaire parmi ses compatriotes, avait suivi les recommandations des autorités de son pays et quitté la Russie, ce qui privait l’équipe de son premier centre et meilleur marqueur. Mais l’excuse d’avoir perdu 3 des 5 étrangers ne suffisait pas contre un adversaire qui les avait tous perdus (le Salavat Yulaev Ufa). La « mentalité de vainqueur » revenue à l’automne n’a pas imprégné le vestiaire de manière si durable.

 

Neftekhimik Nijnekamsk (15e) : entraîneur formateur pour ville de hockey

carte neftekhimik klokNijnekamsk est une vraie ville de hockey, et les joueurs formés au Neftekhimik essaiment avec succès. C’est la deuxième, après Moscou, à avoir reçu la visite la même année de la Coupe Stanley – amenée par le défenseur Mikhaïl Sergachev de Tampa Bay – et de la Coupe Gagarine – amenée par Nail Yakupov et Damir Sharipzyanov champions avec l’Avangard. La deuxième et la dernière, puisque la NHL a annoncé que sa Coupe ne se rendrait plus sur le territoire russe…

Ce club formateur tient à avoir au moins la moitié de ses joueurs issus de son école. C’est pourquoi il avait cherché un entraîneur capable de travailler avec des jeunes et de les amener au niveau senior. Il l’avait trouvé au niveau inférieur, en VHL, avec Oleg Leontiev, qui avait obtenu de beaux résultats au Gornyak Uchaly avec un effectif de 21 ans de moyenne d’âge. Leontiev a toujours professé un hockey offensif, qui cherche à accélérer les transitions vers la zone offensive puis à s’y installer.

Dans le jeu sans palet, Leontiev est très attentif aux tirs bloqués, et le management a décidé avec lui d’affecter les bonus contractuels sur cet indicateur : 25% des primes des attaquants dépendent du nombre tirs bloqués (contre 50% pour les points marqués et 25% pour le +/-), et ce pourcentage s’élève même à 50% pour les défenseurs. Résultat : Kirill Vorobyov et Lukáš Klok ont fini 4e et 5e de KHL au nombre de tirs bloqués (101 et 100). Si Vorobyov est assez limité avec le palet, Klok est un arrière complet. Le duo Lukáš Klok – Ronald Knot a été le meilleur pour la Tchéquie aux Jeux olympiques, et c’est le mérite de Leontiev de les avoir amenés à Nijnekamsk car c’est lui qui les avait repérés en regardant beaucoup de vidéos. Klok et Knot n’ont coûté à eux deux que 45 millions de roubles, soit tout juste l’augmentation annuelle du plancher salarial, auquel se tient le Neftekhimik.

Le duo Klok-Knot a donné satisfaction, mais les autres étrangers un peu moins. L’attaquant slovaque Libor Hudáček, qui s’était blessé à la jambe gauche lors de sa pige à Lausanne, avait commencé la pré-saison plus tard que ses collègues, fin juillet, et n’a jamais rattrapé leur forme et leur rythme. Essayé sur trois lignes différentes, il a été libéré fin septembre sans avoir marqué le moindre but (alors qu’il menait les compteurs de Nijnekamsk la saison dernière). Quant au discret gardien numéro 3 de la Finlande, Frans Tuohimaa, qui a remporté les deux médailles d’or internationales 2022 sans jouer, il avait été embauché pour être le clair numéro 1 en club. Mais ses performances décevantes ont convaincu le Neftekhimik de recruter en novembre Aleksandr Sudnitsin, qui peinait à faire redémarrer sa carrière après une blessure il y a deux ans.

 

Barys Nur-Sultan (16e) : gros poisson dans une petite mare ?

carte barys mikhailisLe représentant du Kazakhstan sera bientôt la seule équipe « fréquentable » de KHL en Europe. Le pays ne mène pas de guerre, mais il a réprimé violemment une insurrection populaire en janvier (avec le soutien russe). Le Kazakhstan avait alors déclaré l’état d’urgence, ce qui n’a pas empêché la KHL d’y organiser normalement un match alors que c’est impossible selon son règlement. L’argument était que les manifestations avaient lieu dans les villes historiques du sud du pays, pas dans la nouvelle capitale artificielle Nur-Sultan (ce qui n’empêchait pas que les transports publics et internet y étaient coupés).

Les soubresauts politiques n’ont pas affecté le Barys car ils sont arrivés au moment où la saison régulière était interrompue. Ce qui explique la saison plus faible du Barys, c’est surtout que tous les Nord-Américains ont été très peu performants. Mais un joueur a concentré les critiques : le défenseur naturalisé Darren Dietz avait à la fois le salaire le plus élevé de KHL (on évoque 100 millions de roubles, soit 1,2 million d’euros) et le plus mauvais ratio +/- de la ligue (-18). Le capitaine a finalement été échangé au CSKA… où il est devenu champion avec moins de points marqués mais un ratio positif.

Par contraste, Nikita Mikhailis était le joueur le plus « rentable » de KHL : cinquième marqueur de la ligue avec 44 points, il ne touchait qu’un salaire de 25 millions car aucune autre équipe ne lui avait fait d’offre il y a deux ans. Meilleur joueur actuel formé au Kazakhstan, Mikhailis était considéré comme trop attaché à un club dont son père était l’entraîneur. Mais après l’excellent Mondial 2021, il est devenu convoité. Départ en NHL ? Offre mirobolante du CSKA ? Tout le monde s’attendait à son départ… et il a finalement re-signé au Barys. Assurément une bonne nouvelle pour le club dont il restera un joueur-symbole, même si certains au pays déplorent son manque d’ambition. En tout cas, il ne restera pas près de son père : après une seconde saison pas au niveau de la première, Yuri Mikhailis n’a finalement pas été reconduit car le Barys a rappelé son prédécesseur Andrei Skabelka.

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