Les sélectionneurs étrangers sont souvent très critiqués en Norvège, à la limite de la détestation. L’entraîneur suédois Tobias Johansson a fini par jeter l’éponge et le public attendait monts et merveilles de son remplacement par un staff 100% national. L’effet n’a pas été magique en novembre avec une deuxième place au tournoi d’Épinal derrière la France. Le tournoi triangulaire en Slovaquie est une vraie épreuve de vérité, face à deux participants aux JO.
La Norvège avait souvent volé en éclats face aux Slovaques… et ce fut encore le cas mercredi du point de vue défensif (7-4). Mais les lignes arrières ont été particulièrement affaiblies avec trois substitutions sur sept joueurs ! Gabriel Koch s’est blessé avec son club, Sverre Rønningen est tombé malade et le titulaire indiscutable Mattias Nørstebø a déclaré forfait à son tour. C’est une excuse, mais elle n’est pas totale. Le joueur qui a paru le plus dépassé par la vitesse de jeu, Adrian Saxrud Danielsen, était sur la liste dès le départ. La profondeur défensive reste l’éternel point faible des Norvégiens. Et c’est encore plus criant quand le meilleur défenseur du premier match Johannes Johannesen est absent pour le second…
L’attaque donne en général plus de satisfactions, et la Norvège espère donc la voir productive face à la Lettonie. Elle y croit au début, le talentueux Emilio Pettersen brille encore par épisodes. Néanmoins, sa ligne a moins d’impact sans Håvard Salsten, lui aussi absent du second match. Les Scandinaves sont peu dangereux même pendant les pénalités de Jaks et d’Ozoliņš à cause de leurs déchets techniques, ce qui est un premier motif d’inquiétude. Ils survivent toutefois à une infériorité quand Granath fait faute sur Dzierkals.
La Norvège a plus le contrôle du palet au deuxième tiers, et pourtant la Lettonie finit par ouvrir le score un peu contre le cours du jeu. Sur le tir à bout portant de Deniss Smirnovs, la vidéo démontre que le palet a franchi la ligne sous la botte du gardien Matthias Arnkværn (0-1). Une échauffourée en fin de tiers laisse cependant les Baltes à quatre avec une pénalité de plus infligée à Roberts Bukarts.
Au retour sur la glace, Martins Dzierkals accroche un adversaire et laisse la Lettonie à 3 contre 5, mais elle résiste ainsi pendant 53 secondes. L’impuissance norvégienne devient manifeste. Au contre, Rihards Melnalksnis se montre le plus agile pour marquer dans une mêlée devant le but. Même le vétéran controversé Roberts Bukarts – qui n’a trouvé un club que la semaine dernière en Autriche avec les Pioneers du Voralberg – y va de son but sur une déviation. Le score enfle sur le tard car une pénalité pour rudesse de Jacob Berglund à deux minutes de la fin permet au défenseur Kristaps Zile d’inscrire le 4-0 depuis la ligne bleue en powerplay.
La finale du tournoi opposera sans surprise la Lettonie à la Slovaquie, un test sûrement décisif pour la sélection finale olympique. La fédération lettone a laissé cette fois au repos son capitaine Kaspars Daugaviņš, qu’elle a aidé à retrouver un club de plus haut niveau à l’étranger (Krefeld en DEL2 au lieu de Mogo), mais l’absence d’Oskars Batņa indique en revanche qu’il est menacé au poste de centre.
Commentaires d’après-match :
Harijs Vītoliņš (entraîneur de la Lettonie) : « Le départ a été difficile, nous avons perdu beaucoup de duels, mais nous avons accéléré le rythme et nous nous sommes créé de bonnes occasions en fin de match. J’ai beaucoup aimé le jeu en infériorité. Il ne faut pas en prendre, mais pendant les quatre pénalités, on a fait un très bon travail. Il y a des joueurs de différentes ligues, d’autres qui n’ont pas de pratique de match. Prendre le rythme et ressentir le jeu, ça prend du temps. Il y aura un adversaire solide demain [la Slovaquie] et ils ne nous laisseront pas jouer comme ça. »

Norvège – Lettonie 0-4 (0-0, 0-1, 0-3)
Jeudi 11 décembre 2025 à 18h00 à Banská Bystrica. 133 spectateurs.
Arbitres : Marek Žák et Michal Kocúr assistés de Martin Hercog et Matúš Stanzel (SVK).
Pénalités : Norvège 10’ (2’, 4’, 4’) ; Lettonie 12’ (4’, 6’, 2’).
Tirs : Norvège 18 (6, 7, 5) ; Lettonie 35 (10, 12, 13).
Évolution du score :
0-1 à 34’26” : Sùirnovs assisté d’Indrašis et Krastenbergs
0-2 à 46’40” : Melnalksnis assisté de Cjunskis et Komuls
0-3 à 57’43” : Ro. Bukarts assisté de J. Jaks
0-4 à 58’56” : Zīle assisté de Dzierkals (sup. num.)
Lettonie
Attaquants :
Renārs Krastenbergs (+1) – Deniss Smirnovs (+1) – Miks Indrašis (+1)
Rihards Bukarts – Rudolfs Polcs – Mārtiņš Dzierkals (2’)
Roberts Bukarts (C, +1, 4’) – Karlis Ozoliņš (+1, 2’) – Patriks Zabusovs (+1, 2’)
Oskars Lapinskis (+1) – Rihards Melnalksnis (+1) – Roberts Cjunskis (+1)
Défenseurs :
Kristaps Zīle (A, +2) – Jānis Jaks (A, +2, 2’)
Kristofers Bindulis – Artūrs Andžāns
Roberts Mamčics – Markluss Komuls (+1)
Sandis Smons (+1) – Nauris Sējējs
Gardien :
Ēriks Vītols
Remplaçant : Jānis Voris (G). En réserve : Ivars Punnenovs (G).
Norvège
Attaquants :
Andreas Martinsen (C, -1) – Eskild Bakke Olsen (-1) – Jacob Berglund (A, -1, 2’)
Emilio Pettersen – Thomas Berg Paulsen – Thomas Valkvæ Olsen (2’)
Martion Rønnild – Martin Johnsen (2’) – Philip Granath (2’)
Patrick Elvsveen (-2) – Petter Vesterheim (-2) – Samuel Solem (-2)
Défenseurs :
Emil Wassenden (-1) – Max Krogdahl (A, -1, 2’)
Christian Kåsastul (-1) – Sander Vold Engebråten (-2)
Adrian Saxrud Danielsen – Kristian Østby (-1)
Gardien :
Mathias Arnkværn
Remplaçant : Tobias Normann (G). Absents : Johannes Johannesen (D), Håvard Østrem Salsten (A).










































