Présentation du 1er tour dans l’ouest

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Faisons le tour des forces en présence pour cette première ronde des séries dans l’Est. Nous utiliserons pour cela les pronostics du simulateur Normandy et nos rédacteurs humains donneront également leurs avis sur les face-à-face. 

 

Nashville – Colorado

Le vrai affrontement inégal de ce premier tour pour beaucoup et le plus déséquilibré aussi selon Normandy qui donne Nashville vainqueur à 59%. Nul besoin de plonger dans les stats pour voir que les Predators sont plus talentueux, plus profonds, mieux organisés que leur adversaire. L’Avalanche qui a, elle, arraché sa qualification samedi soir après avoir terminé tout en bas de la ligue il y a un an. Un renouveau ? Moins qu’on ne le pense car les indicateurs de possession et buts anticipés font toujours partie des moins bons de la ligue. Non, Colorado s’est surtout appuyée cette saison sur une réussite conjuguée des tireurs et d’un duo de gardiens enfin potable dans les cages. Une équipe en surrégime tirée tout entière par Nathan MacKinnon qui pouvait aussi compter sur une supériorité numérique efficace. Mais l’on sait que la chance n’est pas un facteur décisif au printemps et l’affrontement reste disproportionné.

Nashville a largement obtenu plus de tirs et de buts anticipés offensifs que les Avs. Défensivement, Colorado ne faisait pas un si vilain travail, tentant de protéger au maximum les abords de sa cage. Mais le comble est que Nashville est une équipe de périphérie, ce qui est un défaut en soi, mais devait de toute façon s’attendre à faire face à des Avs retranchés et opportunistes. Nashville qui devra tout de même faire attention à l’indiscipline. Les Preds ont le 29e différentiel de pénalités de la ligue, alors que Colorado était positif cette saison. La troupe de MacKinnon peut ainsi espérer profiter de sa supériorité pour envisager un début de possible miracle.

L’avis de Nicolas Leborgne : Sur le papier, il s’agit d’une des oppositions les plus déséquilibrées. Le retournement de situation de l’Avalanche, qui passe des profondeurs du classement à la 8e place en un an, paraît presque trop beau pour être vrai. Même si Nathan MacKinnon est en mission, la puissance de feu des Predators – gardien et défense au top – ne devrait pas avoir trop de problèmes. Nashville en 5

L’avis de Germain Fanchtein : Nashville va confirmer son statut de prétendant en se débarrassant, assez facilement, du Colorado en 5 matchs. En route vers la gloire ?

 

Winnipeg – Minnesota

L’autre affiche de la division Centrale possède également un favori légitime alors que les Jets figurent parmi les prétendants à la coupe. Les travers structurels ont été corrigés et le talent coule à flot. À l’inverse, Minnesota patine un peu dans ses ambitions. Le Wild est assez bon pour se qualifier sans trop frémir, mais la marche est haute pour envisager la suite, surtout dans cette division.

On aurait du mal à le croire comme ça, mais l’assise du jeu des Jets repose sur la défense, prédilection du coach Paul Maurice qui laisse ensuite ses jeunes et talentueux attaquants faire le reste. Cela passe par une bonne maitrise des risques et quelques joueurs clés pour la possession comme Mathieu Perreault. Les trois premières lignes des Jets sont peut-être les plus dangereuses de la ligue, surtout avec l’arrivée de Paul Stastny en complément de luxe. Winnipeg qui compte également sur le 5e power play de la NHL, avec l’artilleur Patrik Laine en haut de son cercle.

L’opposition attaque-défense risque d’être réelle, car Bruce Boudreau offrira, comme toujours, une équipe de Minnesota très repliée défensivement pour n’offrir aucune brèche à l’adversaire. Si le Wild était 17e pour les tirs tentés contre, personne n’a accordé moins de buts anticipés cette saison, comme l’année dernière d’ailleurs. Une forteresse qualitative derrière laquelle Devan Dubnyk devra être à son meilleur pour espérer causer la surprise. Il faudra tout de même faire sans Ryan Suter et ses 30 minutes par match, et peut-être sans Jared Spurgeon, incertain pour le match 1. On ne se le cache pas, ça fait beaucoup. Normandy donne Winnipeg à 57%.

L’avis de Nicolas Leborgne : Là encore, l’opposition est moins équilibrée que l’on ne peut le penser. Les Jets affichent un visage de champion, entre la saison record de Hellebuyck et une variété offensive rare. De plus, le Wild est privé de Ryan Suter, son taulier des lignes arrières. Ce sont presque trente minutes par match à se répartir… Si l’expérience est du côté du Wild, il est peu probable que cela suffise dans le bouillon chaudron de Winnipeg. Winnipeg en 5.

L’avis de Germain Fanchtein : Les Jets vont passer ce tour grâce à leur profondeur. Minnesota va s’ennuyer de Suter.

 

Las Vegas – Los Angeles

Quelle saison pour Vegas. Une fois que la planète hockey a accepté que les Knights iraient en séries pour leur première année d’expérience, l’interrogation suivante a été : tiendront-ils le choc en playoffs ? Réponse imminente. En face se dressent l’ex puissance des Kings, remodelée en outsider cette saison mais qui conserve ses cadres des grands jours.

Offensivement, Vegas a été plus dangereux que L.A cette saison, et défensivement les hommes de Gerard Gallant ont également accordé moins de buts anticipés. La défense hermétique des années Daryl Sutter n’existe plus à Los Angeles et Jonathan Quick a dû sortir l’une des deux meilleures années de sa carrière pour emmener son équipe en playoffs. Une équipe parmi les plus pénalisées aussi, au 28e rang de la ligue. Et si L.A a tenu le choc en infériorité, c’est encore grâce à Quick, alors que l’équipe venait au 16e rang pour le nombre de chances accordées dans cette situation.

Los Angeles pourra s’appuyer sur le trio Kopitar, Carter et Doughty mais la profondeur pose problème. Outre les nombreux rookies, la direction a ajouté des pièces plutôt mal taillées pour contrer la vitesse des Knights. Los Angeles espère-t-elle imposer un défi physique ? Ce n’est plus vraiment au goût du jour. Côté Vegas, l’interrogation viendra aussi de la profondeur et de l’opposition stratégique. En séries, les Knights feront davantage face aux meilleurs trios adverses, alors que les équipes coupent leurs bancs. Comment réagiront les lignes de Karlsson et Perron à une opposition de longue haleine contre Kopitar ? Gerard Gallant cherchera-t-il à profiter de l’avantage de la glace pour aligner Jonathan Marchessault et Reilly Smith lorsque Doughty n’y est pas ? Ce serait dans son intérêt. Bref, c’est sans doute la série qui provoque le plus de questions, mais Normandy donne Vegas à 53%.

L’avis de Nicolas Leborgne : Tout le monde s’est trompé sur les Golden Knights, bien meilleurs qu’attendu. La franchise d’expansion s’offre le titre de la Pacifique du premier coup et a séduit par son style de jeu, compétitif, rapide et efficace. Les joueurs ne viennent pas de nulle part : ils comptent tous plus ou moins de l’expérience en playoffs, à commencer par Fleury et ses trois coupes Stanley. Les Kings ne seront cependant pas faciles à jouer, car eux aussi comptent sur une partie de l’effectif victorieux deux fois du trophée suprême. Malgré tout, Los Angeles ne dispose réellement que d’un tiers de son effectif de très haut vol. Le manque de profondeur devrait finir par peser. Vegas en 6.

L’avis de Germain Fanchtein : Les Knights et les Kings vont se livrer une bataille de tranchées. L.A. est mieux armé pour ce type d’affrontement.

 

Anaheim – San Jose

La série la plus indécise de ce premier tour pour Normandy, qui tranche Anaheim à 51%. Au-delà de l’opposition des deux rivaux historiques, l’affrontement comporte son lot d’inconnus entre deux équipes malmenées par les blessures et qui ne se présenteront pas sous leur meilleur jour.

Sur le papier, San Jose est la meilleure équipe. Ils sont plus dangereux offensivement et accordent moins de chances défensivement. Leurs unités spéciales sont les meilleures de la ligue avec 63% des buts inscrits alors que Anaheim est 30e pour le différentiel de pénalités. Ou comment tendre le bâton pour se faire battre.

Seulement voilà, San Jose est toujours sans Joe Thornton. Les Sharks ont gagné sans lui cette saison mais son expérience et sa présence en supériorité, justement, manqueront cruellement. Nul ne sait quand il sera de retour ni dans quel état. Très bonne acquisition de la trade deadline, son duo avec Pavelski a très bien fonctionné, Evander Kane est lui aussi amoché. À quel point ? Côté Anaheim, il faudra faire sans Fowler, mais il reste quand même Lindholm, Manson et Montour.

Les Ducks ont aussi une belle profondeur en attaque, avec trois lignes qui fonctionnent bien et le magicien Ryan Getzlaf à la baguette. Kesler est sérieusement amoché aussi mais Adam Henrique s’est révélé précieux. Les Ducks comptent surtout sur l’un des meilleurs gardiens de la ligue en John Gibson. Incertain pour le début de la série, il est annoncé partant. S’il fallait, Ryan Miller a réalisé une bonne saison en soutien. Autre élément majeur, Anaheim aura l’avantage de la glace et pourra donc choisir ses confrontations, y compris dans un éventuel match 7 qui semble déjà évident. Donnons enfin aux Ducks l’avantage d’un style de jeu qui pourrait « finir » des Sharks émoussés, s’ils ne tombent pas dans l’indiscipline. Des Sharks qui ont la mauvaise habitude de tirer de loin et pourraient se frustrer face à un bloc adverse compact. Il faut bien se mouiller et je suis Normandy sur ce coup-là mais c’est la série la plus indécise dans mon esprit.

L’avis de Nicolas Leborgne : Les Sharks, privés de Joe Thornton, ont gaspillé leur avance au classement et l’avantage de la glace au premier tour. Une équipe inconstante, capable de jouer brillamment contre les meilleurs et de passer à travers. Bref, ils s’adaptent à leur adversaire et sont capables de jouer à peu près n’importe comment : rapide, physique ou patient. Cela devrait les aider contre leur voisin. Les Ducks, dont les soucis de santé tout au long de l’année ont pesé, risque d’être privés de Gibson et Fowler, un handicap certain. Surtout, leur indiscipline chronique risque de tomber très mal face aux équipes spéciales des Sharks, qui figurent parmi les meilleurs PP de la ligue – avec le meilleur PK. San Jose en 7.

L’avis de Germain Fanchtein : Anaheim a mis du temps à se trouver, en partie dû aux blessures, mais va se faire un malin plaisir à éliminer le rival. Les Sharks pouvaient espérer mieux mais la muraille Gibson sera trop compliquée à percer.