L’Avalanche au bout du suspense

Source : AP Photo/Joe Mahoney
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Après avoir connu la pire saison de son histoire, le Colorado est de retour en séries. Ils ont arraché la qualification aux Blues, lors de leur dernier match contre contre St. Louis ! La tâche s’annonce très relevée, mais personne ne les voyait encore jouer à ce moment de l’année au début de la saison. Donc sait-on jamais…

 

Les gardiens font la différence

C’est une des choses qui a fait défaut à l’équipe la saison passée. La blessure de Varlamov n’avait pas aidé. Toute la pression s’était retrouvée sur les épaules de Calvin Pickard. Il a fait de son mieux en prenant en compte les circonstances. Le retour en santé – ou presque – du numéro un, et l’arrivée de Jonathan Bernier ont changé la donne. À vrai dire, c’est surtout leurs habilités à arrêter les tirs dangereux soir après soir. Être capable de le faire sur une courte durée est une chose, s’inscrire dans la durée en est une autre. Bernier a connu une séquence de 9 victoires consécutives en maintenant un pourcentage d’arrêts de 95,5% et une moyenne de buts de 1,53. C’est la bonne pioche de la saison morte. Le cerbère russe, quant à lui, a bien fait mais ses blessures sont venues le gêner. La chance, ou la malchance plutôt, s’est acharnée et après un contact avec Tomas Jurco, les docteurs de l’équipe ont décidé qu’il ne reviendrait pas au jeu cette saison.

Source : Données via Corsica

Le graphique illustre bien le changement opéré devant le filet. Les « barres » ne rendent pas justice pour les pourcentages d’arrêts. La moyenne de la ligue à forces égales est d’environ 77%. Cette saison le groupe de gardiens à fournit un excellent 84,7%. Le contraste avec l’an passé est impressionnant : ils n’affichaient qu’un maigre 68%.

Un vieil adage dit que ton meilleur joueur en désavantage numérique doit être ton gardien. En faisant face au même nombre de lancers de qualité, le taux d’efficacité des hommes masqués est passé de 76% à 87%. Ils ont clairement aidé l’équipe dans ce chapitre. En chiffres : 76,6% (8e pire) la saison dernière, à 83,3% (4e meilleur) cette année.

 

Nathan MacKinnon aussi

Source : HockeyViz

Il fait partie des sérieux candidats au trophée du joueur le plus utile à son équipe. La saison régulière qu’il vient de conclure est imprimée à jamais dans l’histoire de l’Avalanche. Pourquoi ? Parce qu’il compte 12 buts gagnants. C’est bon pour le 1er rang égalité avec Brayden Point. Ils sont seulement les 4e et 5e joueurs à l’accomplir aux cours des dix dernières saisons. Aussi parce qu’il a égalé la marque de la franchise de 67 points inscrits à domicile. C’est un certain Joe Sakic qui l’a établi en 2001-02. En plus, on peut ajouter être juste le 2e membre de l’organisation à marquer 30 buts en une saison depuis 11 ans. Le dernier était Matt Duchene. Si on s’attarde sur sa production à proprement parler : il fait partie des meilleurs ! Il se classe 3e ex-aequo – avec Claude Giroux – pour le nombre de points à forces égales. Ils en comptabilisent 58. Le capitaine des Flyers l’a fait en 82 parties, MacKinnon 74. Seuls Kucherov (61pts en 80 matchs) et McDavid (76pts en 82 matchs) font mieux.

Source : @DimFilipovic

Concernant les points primaires (première aide & but), il est encore sur le podium. Deuxième à égalité numérique (47) et aussi au total avec 77. On peut voir sur le tableau son importance pour son équipe en termes de contribution. Une fois de plus, il n’y a que Connor McDavid qui a été capable de faire mieux que lui. Il a aidé le Colorado à marquer 77 de leur 255 buts cette saison. C’est un peu plus d’un tiers.

Avec MacKinnon dans l’alignement, l’équipe a compté 3.27 buts par match et a maintenu une efficacité de 20,3% en avantage numérique. Sans lui, la moyenne de buts chute à 1,65 et l’attaque massive dégringole au dernier rang avec une réussite de 7,7%.

Il fait également produire ses partenaires de trio. Sa ligne (Landeskog-MacKinnon-Rantanen) compte le plus de tentatives de lancers non-bloqués (cadrés ou ratés) à travers toute la LNH. Ils sont deuxièmes pour le PDO et sixièmes pour le différentiel de buts. Cette productivité va peut-être lui coûter le trophée Hart, a contrario de Taylor Hall qui compte une avance de 41 points sur son coéquipier le plus proche.

 

En rafale

  • L’échange de Matt Duchene a créé un précédent à travers le circuit Bettman. Le retour sur investissement a été très bon. Les autres DG veulent recevoir l’équivalent s’ils transigent un joueur de sa trempe avec un encore des années à leur contrat. Coup de chapeau à Joe Sakic qui a su se montrer patient et inventif. Toutes les équipes y ont trouvé leur compte. Dans un monde où les transactions « hockey » se font de plus en plus rares, c’est un véritable tour de force réalisé par la direction de l’Avalanche.
  • Tyson Barrie vient de connaître la meilleure saison de sa carrière sur le point de vue offensif. Le tout en seulement 68 joutes.
  • Les pertes combinées pour le reste de la saison d’Erik Johnson et de Semyon Varlamov vont fortement compliquer la tâche du Colorado en séries.
  • Duncan Siemens, 1er choix (11e au total) en 2011, a enfin disputé ses premiers matchs en LNH. Il n’y a que 3 joueurs repêchés en 1re ronde cette année-là qui comptent moins de parties jouées que lui. Mieux vaut tard que jamais !
  • L’Avalanche a utilisé 11 recrues cette saison. C’est autant que les Bruins et seulement un de moins qu’Ottawa qui mène la Ligue à ce chapitre.