Amiens – Grenoble (Ligue Magnus, 5e journée)

"Une victoire chanceuse" (Edo Terglav)

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Amiens recevait ce vendredi l’impressionnant leader de la Ligue Magnus, Grenoble. Après des débuts compliqués, notamment à domicile, c’était l’occasion idéale pour les hommes de Mario Richer d’envoyer un message à la ligue : « Venir jouer à Amiens ne sera jamais facile ». En effet, les Samariens devaient retrouver le chemin de la victoire à domicile, où ils n’avaient plus gagné depuis un match de play-off contre Lyon, la saison dernière. D’autant que la victoire aux tirs au but, mardi face à Mulhouse, ne fut pas des plus rassurantes, avec notamment un deuxième tiers chaotique des Picards. La meilleure façon de retrouver confiance serait donc de faire un gros match à domicile, contre le leader, afin d’avoir le premier « match référence » de la saison.

Le jeu de supériorité des leaders se mettait rapidement en place suite à une pénalité de Mario Trabucco, après seulement deux minutes de jeu. Le palet circulait très bien, mais le jeu d’infériorité amiénois faisait très bien le travail. Les Brûleurs de Loups avaient la possession de palet, et il fallait attendre la sixième minute pour voir le premier shoot à la cage des Gothiques, pris par Thomas Suire.

Montant en puissance dans ce tiers, les Amiénois s’offraient de plus en plus d’occasions dangereuses, à l’image d’un très beau mouvement en zone offensive entre Romand et Poudrier, où ce dernier recevait une passe du « géant barbu » dans le slot, mais ne parvenait pas à tromper Horak.

C’est d’ailleurs ce deuxième trio amiénois qui posait le plus de problèmes à la défense grenobloise, et qui parvenait à ouvrir le score. Ondrej Smach, à la ligne bleue, voyait Romand faire écran devant la cage, et lançait. L’attaquant picard déviait le palet et trompait Horak qui n’avait jamais vu le palet partir (1-0, 10’33).

L’avance amiénoise était de courte durée. Teddy Da Costa entrait en zone et servait Kara qui lançait instantanément. Son lancer était repoussé mais pas capté par Buysse, et Da Costa recevait une passe de Tartari en entrée de zone. Pas attaqué, celui-ci avait tout le temps d’ajuster, en se servant des défenseurs comme écran, pour égaliser (1-1, 14’16).

Les hommes de Mario Richer entamaient le deuxième tiers très fort, une nouvelle fois par l’intermédiaire du deuxième trio, pourtant privé de Poudrier sorti sur blessure. On retrouvait le vrai visage, la « véritable ADN » des Gothiques, très solides défensivement et qui se projetaient très vite en attaque.

Les Samariens avaient l’opportunité de retrouver leur avance tout d’abord à quatre contre trois, puis à cinq contre quatre, mais le jeu de supériorité n’est pas en réussite depuis le début de saison. S’ensuivait un très gros temps fort amiénois, avec une grosse domination en zone offensive, mais les attaquants n’y arrivaient pas. Le réalisme manquait, et même lorsque la différence était faite, il y avait un retour in-extremis de la défense, comme lorsque Thillet recevait le palet devant la cage vide, mais se voyait privé de but par un plongeon défensif.

Les Brûleurs de Loups avaient bien un regain d’énergie en fin de deuxième tiers, profitant notamment de la pénalité de Holden Anderson, mais le bloc Gothique était très solide. Les Isérois n’arrivaient pas à trouver des lignes de tirs dangereuses, et lorsqu’ils y arrivaient, leurs tentatives étaient stoppées par des parties du corps des joueurs picards.

La montée en puissance dans le match des locaux se confirmait dans le troisième tiers. Horak retardait tout d’abord l’échéance d’un superbe arrêt sur West, qui récupérait le rebond de Matima qui avait tenté un tir excentré. Puis, la maladresse de Trabucco, qui, servi par Thillet en situation de deux contre un, ratait le palet, offrait du sursis aux hommes de Edo Terglav. Cependant, le deuxième but amiénois arrivait enfin : après une énorme jeu de supériorité, marqué par de nombreuses tentatives, Trabucco lançait de la ligne bleue dans le trafic et inscrivait le deuxième but des Gothiques (2-1, 49’41).

Une avance de très courte durée, car avec une armada offensive telle que celle des Grenoblois, la moindre occasion est transformée. En supériorité numérique, Bisaillon lançait de la ligne bleue, et Buysse renvoyait sa tentative de la botte, directement sur Damien Fleury, qui n’avait plus qu’à pousser la rondelle au fond des filets (2-2, 50’39).

La réponse picarde ne se faisait pas attendre. Largement dominateur dans ce tiers (avec notamment 14 tirs à 7), Smach puis West obligeaient Horak à se déployer pour garder son équipe à flots. Halley récupérait ensuite un palet contre la bande suite à un énorme travail, passait à Edwards derrière la cage qui servait Giroux devant la cage. Le canadien, lui aussi en manque de réussite depuis le début de saison, voyait sa tentative stoppée une nouvelle fois par le gardien grenoblois.

Puis, le réalisme froid du leader frappait une seconde fois. À 1’18 de la fin du match, Kearney entrait en zone, et servait Guillaume Leclerc dans l’axe qui trompait HCB. On se disait alors que malgré leur très gros match, les Gothiques allaient subir une troisième défaite à domicile.

Mais c’était sans compter sur les ressources mentales de cette équipes. En cage vide, et à quinze secondes du buzzer, Giroux égalisait et offrait au moins un point aux siens après un très gros cafouillage et un « but de raccroc ». Cependant, l’euphorie était de courte durée : après seulement trois minutes de jeu dans la prolongation, Magovac envoyait un très gros tir frappé dans la lucarne de Buysse et offrait la victoire aux Brûleurs de Loups.

Une défaite rageante pour Amiens, et une victoire tout en réalisme pour Grenoble, qui n’a pas laissé échapper beaucoup de points jusque là. Un début de saison où les progrès dans le jeu ne se ressentent pas dans les résultats pour les hommes de Mario Richer, et avec un déplacement compliqué à Bordeaux qui arrive, avant de recevoir Gap au Coliséum.

Réactions d’après match : 
Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « On a travaillé très fort, jusqu’à la fin. Pour une fois, on enlève le gardien mais on arrive à aller chercher le but. On a eu plus de lancers et de chances de compter. Ça finit par un but. L’effort collectif était là. C’est sûr qu’il y a des choses à améliorer, mais on ne peut pas être déçu de l’effort. On avance tranquillement, un point à la fois, on peut juste s’améliorer. Ce soir, on a encore fait des erreurs. Sur le premier but, on leur donne le puck dans l’enclave au lieu de la placer dans le coin. On fait encore trop de revirements, le management de la rondelle n’est pas à son mieux. Il faut continuer d’améliorer ça. »

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’était un match difficile pour nous. On savait qu’Amiens, depuis le début de saison, jouait bien mais n’arrivait pas à jouer pleinement pendant soixante minutes. C’est une équipe qui travaillait très fort, joue simple, et nous, on a perdu beaucoup de duels dans les deux côtés de la patinoire. Je pense que c’est une victoire un peu chanceuse, parce qu’Amiens a joué beaucoup mieux que nous, patinait plus. La seule chose positive pour moi, c’est cette victoire. Au début de saison, tout allait bien, on marque beaucoup de buts. En tant que coach, c’est bien, mais il faut aussi s’habituer à jouer des matches comme ça, serrés, contre une équipe qui travaille fort et c’était le cas aujourd’hui. Mais quand on perdait 2-1, mes joueurs ont montré beaucoup de caractère, sont revenus dans le match et marquent le troisième but en fin de match. Après Amiens égalise mais méritait de mener au score avant. En prolongation, ça peut aller des deux côtés, et on a peut-être été un peu plus chanceux. »

 

Amiens – Grenoble 3-4 après prolongation (1-1, 0-0, 2-2, 0-1)
Vendredi 28 septembre 2018, au Coliséum. 2 212 spectateurs.
Arbitrage de MM. Nicolas Crégut et Benjamin Gremion assistés de MM. Jérémie Douchy et Clément Goncalves
Pénalités : Amiens 8′ (2′, 4′, 2′) ; Grenoble 8′ (2′, 4′, 2′)
Tirs : Amiens 37 (9, 13, 14, 1) ; Grenoble 29 (12, 8 7, 2)

Évolution du score :
1-0 à 10’33 : Romand assisté de Smach et Trabucco
1-1 à 14’16 : Da Costa assisté de Tartari
2-1 à 49’41 : Trabucco assisté de Smach et Thillet
2-2 à 50’39 : Fleury assisté de Bisallon et Latendresse [sup. num.]
2-3 à 58’42 : Leclerc assisté de Kearney et Magovac
3-3 à 59’44 : Giroux assisté de Halley et Smach [cage vide]
3-4 à 62’56 : Magovac assisté de Latendresse et Bisaillon

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Spencer Edwards (+1)
Jérémie Romand (+1) – Mario Valery-Trabucco (+2, 2′) – Pierre-Maxime Poudrier (+1) puis Baptiste Bruche
Rudy Matima – Joey West (A, -1) – Dimitri Thillet
Thomas Suire – Félix Plouffe – Kévin Da Costa (A, -2)

Défenseurs :
Ondrej Smach (+3) – Jonathan Narbonne (C) (+2)
Giffen Nyren (-1) – Léo Guillemain (-1, 2′)
Axel Prissaint (-1) – Holden Anderson (-1, 4′)

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Grenoble

Attaquants :
Olivier Latendresse (-1) – Joël Champagne (C, -1) – Damien Fleury (-2, 2′)
Teddy Da Costa (+1) – Dylan Fabre (+1) – Vincent Kara
Denny Kearney (+1, 2′) – Sebastien Rohat – Guillaume Leclerc (+1)
Mathias Arnaud – Julien Baylacq (-1, 2′)

Défenseurs :
Aleksandar Magovac (+2) – Sébastien Bisallon (+1)
Christophe Tartari (-1) – Connor Hardowa (-1)
Dominik Kramar (-1) – Lucien Onno (-1)

Gardien :
Lukas Horak

 

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