Amiens – Anglet (Ligue Magnus, 20e journée)

Amiens poursuit sa belle série

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Après une victoire leur assurant la troisième place dimanche au terme d’un match disputé contre les Ducs d’Angers, les Gothiques retrouvaient l’Hormadi d’Anglet au Coliséum. Si la forme actuelle est très bonne pour les Amiénois, les deux nouvelles recrues annoncées la veille ramènent Amiens au rang de sérieux challenger. Louis-Mathieu Belisle, ancien Niçois, meilleur défenseur en supériorité la saison passée remplace le « flop » Giffen Nyren. Mais la surprise est l’arrivée de l’international Français Bastien Maïa, qui revient en France pour se relancer après quasiment six ans à l’étranger. Si l’arrivée de ce dernier était surprenante, c’est que l’on n’attendait pas un départ de Dimitri Thillet, qui retourne à Gap après une vingtaine de matches où il n’aura pas convaincu.

Louis-Mathieu Belisle, toujours pas arrivé, n’était pas présent sur la glace, mais Bastien Maïa était bel bien habillé après seulement dix minutes de glace la veille. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le néo-gothique, pourtant né à Rouen, ne tardait pas à se faire apprécier du public amiénois.  Après seulement quarante-huit secondes de jeu et sur sa première présence, le nouveau numéro 18 distillait une superbe passe décisive à Joey West qui devait s’y reprendre à deux fois pour tromper Léo Bertein (1-0, 0’48).  Les Gothiques étaient très bien rentrés dans leur match, mais la première offensive angloye s’avérait fatale : Thomas Decock attaquait la cage à toute vitesse et lançait, et Loïk Poudrier reprenait le palet du revers pour égaliser (1-1, 2’47). Les locaux reprenaient alors le jeu à leur avantage et produisait un hockey qu’ils n’avaient plus produit depuis longtemps : un jeu simple mais propre et très agréable à suivre.

Philippe Halley, l’homme en forme du moment, après un triplé face à Lyon, redonnait l’avantage aux siens dans son style si caractéristique. Le Québécois récupérait la rondelle dans l’enclave, lançait en rotation, récupérait son rebond et trouvait un trou de souris, inscrivant ainsi son septième but en cinq rencontres (2-1, 6’46).

Ce premier tiers très abouti était riche en occasion pour les Samariens, et Bastien Maïa faisait l’étalage de tout son talent. Un seul hic : un but tardait à arriver, et on sentait que s’ils ne faisaient pas le break rapidement, les hommes de Mario Richer allaient « s’embourber » dans un match compliqué.  Les picards se faisaient même une grosse frayeur en fin de tiers alors que Neyens ratait une cage grande ouverte sur un rebond hasardeux laissé par Henri-Corentin Buysse.

Comme on s’y attendait, le second tiers était moins fringuant et les Gothiques s’empalaient sur une défense solide et un Léo Bertein en grande forme. Si les premières occasions étaient basques, par l’intermédiaire de Gauthier, qui comme Decock dans le premier tiers partait directement à la cage pour lancer, puis en supériorité lorsque Buysse était sauvé par sa barre transversale après une déviation de Olsson sur un lancer à la bleue de Jalbert, les occasions étaient majoritairement picardes.

Giroux récupérait le palet en zone neutre et effectuait un une-deux avec Halley, puis lançait. Son shoot était repoussé mais Anderson avait suivi et tentait sa chance, mais sans succès et la défense angloye se dégageait. Puis Maïa trouvait Edwards qui redonnait dans l’enclave pour West qui tentait une déviation mais Bertein était une fois de plus impérial.

Le coup de massue arrivait à mi-tiers, tandis qu’une fois de plus, Decock attaquait la cage dans ce style si direct imposé par Anglet depuis le début du match. Le palet traînait derrière la cage et Poudrier l’envoyait au fond des filets d’un wrap-around très intelligent (2-2, 35’58). Si cette égalisation les avait affectés, les Gothiques ne le montraient pas et repartaient directement à l’attaque. Maïa, encore lui, servait Edwards idéalement placé. Ce dernier ne s’attendait pas à recevoir un si bon palet et ratait la cage vide. Guillemain ne faisait pas mieux. Enfin, après une grosse pression en zone offensive, Matima servait Poudrier devant la cage d’une passe appuyée que ce dernier essayait de dévier, mais sa tentative n’était pas cadrée.

L’ultime période n’était pas dominée par l’une ou l’autre des équipes et on sentait que la rencontre pouvait basculer à la première erreur. Bertein et sa mitaine sauvaient les siens lorsque Giroux et Romand se présentaient à deux contre un. Cependant, après une pénalité qui semblait généreuse à vitesse réelle, les Amiénois reprenaient l’avantage après seulement huit secondes de supériorité. Narbonne trouvait Giroux d’une passe très appuyée que celui-ci se contentait de toucher de la crosse et le portier angloy ne pouvait rien faire. (3-2, 52’07)

Rudy Matima aggravait le score quelques minutes plus tard après une attaque éclair. Le numéro 12 trouvait la lucarne intérieure après une feinte magistrale qui avait emportée Bertein de l’autre côté (4-2, 56’04). L’Hormadi tentait de revenir à 6 contre 4 puis à 6 contre 5 mais les Amiénois tenaient bon et s’offraient leur dixième succès en onze rencontres toutes compétitions confondues.

Onzièmes il y a peu, les Gothiques sont dorénavant troisièmes (avec deux matchs d’avance), avant d’affronter Strasbourg samedi au Coliséum. Louis Belisle devrait prendre part à cette rencontre et apporter de la technique à la défense amiénoise.

Réactions d’après match :

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Il faut donner du crédit à Anglet, ils ont travaillé très fort. Quand tu commences avec un but rapide, ça donne espoir de pouvoir remporter le match, et puis on a pensé que ça pouvait être facile. Quand tu viens de remporter plusieurs matches de suite, tu penses que l’autre équipe va donner les points, mais il faut que tu travailles. Il n’y a aucun match facile et c’est ce que l’on a vu. Il a fallu revenir très fort en deuxième et en troisième. Sur la première période, même si on menait 2-1, on a donné plus de chances de compter que contre Lyon. À partir de la mi-match, on a eu des bons lancers, mais on ne voilait pas le gardien, on ne prenait pas les rebonds, et on donnait la vie facile au gardien. S’il voit les palets, il a des chances de les arrêter.
La confiance est là. On sait qu’on peut revenir, et on l’a montré encore ce soir, après l’avoir démontré à Angers il y a deux jours. Ce sont deux matches où l’on a su aller chercher la victoire à la toute fin. »

Olivier Dimet (entraineur d’Anglet) : « Ce soir, on a montré un beau visage de l’Hormadi. C’est vrai qu’il y a de la déception parce qu’on a poussé à Amiens dans ses retranchements et ça ne s’est pas joué à grand chose, à une pénalité qui est un peu discutable à mon goût, mais ça c’est mon point de vue. Le match se joue sur des détails, et ce détail est important puisqu’ils prennent l’avantage sur cette pénalité. Je suis fier des gars ce soir, on a montré un bon état d’esprit par rapport aux derniers matches où l’on n’était pas satisfait du rendu. Il y a encore un écart avec les équipes du haut du tableau, mais si on maintient cet état d’esprit et ce travail pendant soixante minutes, je pense que l’on va retrouver la victoire assez rapidement. En tout cas, je l’espère.
Je suis satisfait de la copie rendue, mais il y a la défaite au bout, et on ne peut pas se satisfaire d’une défaite. Au niveau de l’état d’esprit et du jeu fourni, il faut que l’on continue comme ça sur les prochains matches. Cela fait cinq matches de suite où l’on perd et il faut que l’on casse cette spirale négative pour repartir de l’avant.
Sur les derniers matches, il manquait beaucoup d’envie et d’efficacité. On est en panne devant la cage adverses. Ce soir, le retour de Loïk Poudrier nous fait du bien puisqu’il marque deux buts. On va continuer à travailler là-dessus, mais il faut que l’on soit capable de mettre des buts pour marquer des matches. C’est ce qu’il nous a manqué sur les matches précédents, contre Amiens on a trouvé deux fois le chemin des filets, j’espère que ça va continuer comme ça, et il faudra être plus efficace en powerplay, même s’il y a eu de bonnes choses. »

Amiens – Anglet 4-2 (2-1, 0-1, 2-0)
Mardi  27 novembre 2018 à 20h au Coliséum. 2400 spectateurs.
Arbitrage de M. Savice Fabre assisté de MM. Charles-Édouard Salmon et Joffrey Yssembourg
Pénalités : Amiens 8′ (0′, 4′, 4′) ; Anglet 8′ (4′, 0′, 4′)
Tirs : Amiens 31 (11, 14, 6) ; Anglet 23 (8, 7, 8)

Évolution du score :
1-0 à 0’48 : West assisté de Maïa et Edwards
1-1 à 2’47 : Poudrier assité de Decock et Maso
2-1 à 6’46 : Halley
2-2 à 25’58 : Poudrier assisté de Decock
3-3 à 52’07 : Giroux assisté de Narbonne et Trabucco [sup. num]
4-2 à 56’04 : Matima assisté de Bault et Buysse

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Jérémie Romand
Bastien Maïa – Joey West (A) – Spencer Edwards
Pierre-Maxime Poudrier – Mario Valery-Trabucco – Rudy Matima
Thomas Suire – Félix Plouffe  – Baptiste Bruche

Défenseurs :
Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C)
Holden Anderson – Axel Prissaint
Romain Bault – Léo Guillemain

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Anglet

Attaquants :
Thomas Decock (C) – Lionel Tarantino  – Loïk Poudrier
Alexander Olsson – Sébastien Gauthier (A) – Florent Neyens
Luc Olivier Blain – Robin Lamboley – Nicolas Arrossamena
Victor Ranger –  Alejandro Burgos – Chase Phelps

Défenseurs :
Dominic Jalbert – Riku Silvennoinen
Kevin Maso – Mathieu Pons
Dave Grenier – Joona Kunnas

Gardien :
Léo Bertein

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