Amiens – Gap (Ligue Magnus, match avancé de la 32e journée)

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Trois jours après la qualification en demi-finale, synonyme de final four à Bercy en février, les Gothiques retrouvaient le Coliséum pour affronter le Gap de Luciano Basile. L’occasion de poursuivre la fête en s’imposant face à un concurrent direct. D’autant que la motivation semblait être décuplée, car les joueurs avaient envie de « laver l’affront » du dernier match contre Gap à domicile, où la prestation des hommes de Mario Richer n’avait pas été à la hauteur des espérances de ce dernier.

Cette période de la saison est aux antipodes du début de saison amiénois : une équipe au complet, en confiance et qui enchaîne les bons résultats. Mais les Rapaces ne sont jamais faciles à battre, d’autant que les deux équipes jouent un hockey très similaire : un jeu en vitesse, en impact et en intensité. On s’attendait donc à une rencontre acharnée, et l’on n’a pas été déçu.

Si les Rapaces semblaient mieux rentrer dans la rencontre que les Gothiques, ce sont ces derniers qui frappaient en premier. Sur la première offensive construite, Belisle combinait avec Romand qui servait Halley sans contrôle dans le cercle opposé. Le Québécois, à l’image de son but contre Anglet, reprenait en one-timer et trouvait la lucarne de Jordon Cooke, et les locaux menaient déjà (1-0, 1’36). Les joueurs amiénois respiraient la confiance et leur jeu s’en ressentait : le jeu était fluide et les occasions se multipliaient.

Cependant, les Rapaces réagissaient et il fallait un énorme arrêt de Henri-Corentin Buysse pour conserver cette avance. On pensait qu’un but avait été inscrit sur le rebond, mais la cage avait bougé, et le but était logiquement refusé. Les hommes de Luciano Basile reprenaient peu à peu le jeu à leur compte, et Philippe Halley était obligé de dégager la rondelle, mais celle-ci se dirigeait directement dans les tribunes. Le jeu de supériorité gapençais se mettait alors en place, mais les Gothiques étaient très bien organisés. Revenus à cinq contre cinq, les Alpins auraient pu égaliser par l’intermédiaire de Gutierrez mais Buysse s’interposait encore une fois.

C’était alors au tour du jeu de supériorité amiénois, auteur de quatre buts sur sept tentatives contre Anglet, de se mettre à l’œuvre après une pénalité écopée par Maurin Bouvet. Avec Belisle à la baguette, l’avantage numérique Amiénois est transformé. Encore une fois à l’initiative de l’action, il servait Trabucco, qui avait vu Halley bien placé. Celui-ci voyait son lancer repoussé par Cooke, et reprenait son rebond mais le gardien gapençais stoppait une seconde fois sa tentative.

Les hommes de Luciano Basile entamaient très fort le second tiers et mettaient bien plus d’impact dans les contacts que lors du premier tiers. Gibb, servi par Vondracek, lançait à ras de glace et Buysse devait s’étendre pour stopper le palet de la botte. Cette période était décousue et l’on ressentait l’approche tactique importante des deux coaches. En effet, les deux équipes se créaient des occasions, mais finalement peu d’entre elles s’avéraient être dangereuses.

Les Gothiques auraient pu se mettre à l’abri suite à une superbe passe de Romand qui lançait Halley en échappée. Celui-ci tentait de dribbler Cooke et lançait du revers mais le gardien, bien que couché, ne se laissait pas battre facilement. Un gros temps fort gapençais intervenait ensuite et l’on sentait venir une égalisation, qui finissait par arriver. Comme un symbole, c’est Thillet, servi par Gibb, qui trompait son ancien coéquipier pour permettre aux siens d’égaliser dans cette rencontre très serrée (1-1, 38’14).

Comme en début de match, les Gothiques frappaient d’entrée de troisième tiers, et de bien belle façon. Matima servait Trabucco et allait faire écran devant Cooke. Le canadien se servait de cet écran et envoyait un lancer en pleine lucarne et le gardien gapençais ne pouvait rien faire. (2-1, 41’54). Un peu meilleurs dans le maniement du palet que lors du tiers précédent, les Amiénois se heurtaient cependant à un bloc défensif compact qui partait vite en contre-attaque. La vitesse d’exécution des Alpins forçait Halley à commettre faute pour la troisième fois de la soirée, ce qui est assez rare pour être signalé.

Cette faute s’avérait fatale pour les coéquipiers de Halley. Biezais, servi par Kontos, mettait Buysse en difficulté avec un shoot compliqué, mais le gardien picard était chanceux et le score en restait là. Il ne faisait que repousser l’échéance, car un autre ancien Gothique, Maurin Bouvet, servi dans l’enclave par Jekimovs, tentait sa chance et reprenait son rebond pour égaliser avec moins de six minutes à jouer. (2-2, 53’34). Le match se tendait, et les charges se durcissaient, et l’atmosphère devenait électrique. Gutierrez et Edwards en venaient même aux mains après un brassage devant le gardien, et l’animosité montait encore d’un cran.  Les deux équipes en restaient là, et l’on se dirigeait vers une prolongation.

Cette prolongation démarrait très fort. Sur l’engagement, Biezais prenait la défense de vitesse et partait en échappée, et Buysse stoppait sa tentative du bouclier. Un arrêt déterminant car moins d’une minute trente plus tard, West et Poudrier partaient en deux contre un. Le premier fixait le gardien et servait le deuxième qui n’avait qu’à pousser la rondelle dans le filet désert, et offrait la victoire aux siens après un match très intense (3-2, 62’21).

Une victoire importante face à un adversaire direct, après un match avec une « une intensité de play-off ». Une très bonne semaine sur le plan sportif pour les hommes de Mario Richer qui, après s’être qualifiés en demi-finale de la coupe de France, iront à Bercy pour la première fois de leur histoire (les Gothiques ont déjà connu une finale mais celle-ci se déroulait alors à Marseille). Mais en cette période de fête, l’heure n’est pas au repos. En effet, les Samariens se déplacent dimanche à Chamonix, et auront encore 3 matchs (Strasbourg, Angers, et Rouen) avant la fin de l’année 2018, et devront rester concentrer pour amasser le plus de points possibles.

Réactions d’après match :

Mario Richer (entraineur d’Amiens) : « C’est une belle victoire, c’était un match de playoffs. Il y avait de l’intensité des deux côtés, avec deux équipes qui se nourrissent d’échec-avant. Le puck bougeait rapidement d’une zone à l’autre, il y avait beaucoup de mises en échec. C’était un combat, on en voit rarement, et c’est bien. Ce sont deux systèmes qui se ressemblent beaucoup, avec deux équipes très intenses. C’est difficile de jouer contre eux ! On est bâti à la façon de Gap, donc on joue un peu comme eux, et c’est la façon de faire lorsque tu as un budget un peu restreint en France pour pouvoir réussir. Gap l’a fait, et ils ont deux championnats dans les cinq dernières années. Ils ont prouvé qu’avec des joueurs moins payés mais qui ont de l’intensité et qui veulent mouiller le maillot, tu peux arriver à un certain succès. »

Amiens – Gap 3-2 après prolongation (1-0, 0-1, 1-1, 1-0)
Vendredi 21 décembre 2018, au Coliséum. 2350 spectateurs
Arbitrage de MM. Savice Fabre et Julien Peyre assistés de MM. Clément Goncalves et Charles-Édouard Salmon
Pénalités : Amiens 20′ (2′, 2′, 16′, 0′) ; Gap 22′ (2′, 4′, 16′, 0′)
Tirs : Amiens 40 (9, 13, 14, 4) ; Gap 24 (2, 12, 9, 1)

Évolution du score :
1-0 à 01’36 : Halley assisté de Romand et Belisle
1-1 à 38’14 : Thillet assisté de Gibb
2-1 à 41’54 : Trabucco assisté de Matima
2-2 à 53’34 : Bouvet assisté de Jekimovs et Biezais [sup.num]
3-2 à 62’21 : Poudrier assisté de West et Belisle

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Jérémie Romand
Bastien Maïa– Joey West (A) – Spencer Edwards
Pierre-Maxime Poudrier – Mario Valery-Trabucco – Rudy Matima
Thomas Suire – Félix Plouffe – Kévin Da Costa (A)

Défenseurs :
Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C)
Holden Anderson – Louis Belisle
Romain Bault – Axel Prissaint
Léo Guillemain

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Gap

Attaquants :
Norbert Abramov – Elvijs Biezais – Maurin Bouvet
Dimitri Thillet – Jeffrey Brown – Kristoff Kontos
Romain Gutierrez – Adam Kambeitz – Roman Vondracek
Paul Schmitt – Robin Colomban – Roberts Jekimovs

Défenseurs :
Pierre Crinon – Parker Reno
Vincent Melin – Dan Gibb
Matt Nelson – Samuel Labrecque

Gardien :
Jordon Cooke

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