Présentation du Mondial Junior 2019

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Groupe A

Flag of Canada.svgCette année, le Canada a choisi Tim Hunter au poste d’entraîneur. Ancien « enforcer » vainqueur de la coupe Stanley 1989 avec Calgary, le coach des Moose Jaw Warriors a choisi un effectif mélangeant vitesse et agressivité. Son objectif ? Aligner l’équipe la plus rapide du tournoi.
La défense du titre ne sera pas chose aisée, même à domicile, et même si seul Robert Thomas est resté en NHL, offrant donc un panel complet. Seul Maxime Comtois affiche l’expérience du Mondial junior : aucun autre joueur n’a soulevé le trophée l’an dernier. Parmi les joueurs phares, pléthore de premiers choix de draft, dont Cody Glass (VGK) et Owen Tippett (FLO), qui accompagneront sans doute Comtois (ANA) en première ligne. Jared Anderson-Dolan (LAK) et Alex Formenton (OTT) affichent eux aussi quelques matchs d’expérience NHL. On suivra Morgan Frost (PHI), Nick Suzuki (MTL) ou encore Joseph Veleno (DET), mais surtout Alexis Lafrénière, éligible pour la draft 2020, sans doute la plus belle pépite issue de la ligue junior du Québec, né en 2001.
La défense s’appuiera sur Evan Bouchard, entrevu à Edmonton en NHL cette saison, Noah Dobson (NYI), Josh Brook (MTL) ou encore Ty Smith (NJ), un arrière très offensif. Michael DiPietro (VAN) sera le gardien titulaire.
L’essentiel de cet effectif avait remporté le « junior showcase » à Kamloops au mois d’août, et a signé deux victoires convaincantes en préparation du Mondial : 5-3 contre la Suisse, 6-1 contre la Slovaquie, avant de perdre 5-2 contre la Finlande dimanche.

République TchèqueQuatrièmes l’an passé, les Tchèques sont entraînés par l’ancien joueur des Sabres de Buffalo Vaclav Varada. Leur préparation fut poussive : derniers, sans aucune victoire, de l’Euro Hockey en août, ils se sont repris en novembre en battant la Suède 5-1, finissant troisièmes. Des Tchèques qui ont pu sabrer le champagne lorsqu’ils ont reçu le renfort de leurs trois meilleurs attaquants : Filip Zadina (DET), Martin Kaut (COL) et Martin Necas (CAR) ont été libérés par leurs équipes NHL respectives, eux qui jouent déjà en ligue américaine. Ce trio s’était déjà parfaitement entendu lors de l’édition 2018. Necas y avait terminé meilleur marqueur avec 11 pts. Portés par cette première ligne, les Tchèques pourront-ils bousculer les favoris ? Seul Filip Chytil (NYR) est retenu en NHL. On suivra dans l’effectif Jakub Lauko (BOS) et surtout le gardien Jakub Skarek (NYI), dont la performance sera décisive – sous peine d’être menacé par Lukas Dostal (ANA). L’objectif est clair : ramener la première médaille depuis le bronze de 2005.

Flag of Russia.svgLa Russie de Valery Bragin a remporté la première manche de l’Euro Hockey Tour au mois d’août, et fini deuxième de la seconde manche en novembre. De bon augure, un an après un Mondial junior poussif. À Buffalo, les Russes n’avaient fini que troisièmes de leur poule, et avaient quitté le tournoi dès les quarts de finale sans jamais donner l’impression d’être dans le coup. Après sept années consécutives sur le podium, commencer une nouvelle série reste nécessaire. Seuls deux joueurs sont de retour : l’attaquant Klim Kostin (STL) et le défenseur Dmitri Samoroukov (EDM), qui connaissent bien les patinoires nord-américaines, forts de leurs quelques apparitions en AHL. Kostin prendra sans doute les commandes de la première ligne, accompagné de Grigori Denisenko (FLO) et Vitali Kravtsov (NYR), neuvième choix de la dernière draft. Kravtsov avait signé 11 pts en 16 matchs de playoffs KHL l’an dernier… Malheureusement pour les Russes, Andrei Svechnikov (CAR) n’a pas été libéré par les Hurricanes. La grande question reste la faiblesse du poste de centre, ainsi que du poste de gardien, talon d’achille de l’équipe 2018. On suivra avec attention l’ailier Vitali Podkolzin, auteur de 8 pts en 6 matchs lors du World Junior A Challenge qui s’est terminé le 16 décembre. Il figure dans le top-10 de toutes les listes en vue de la draft NHL 2019. En préparation, la Russie a perdu 4-2 contre la Suède, 3-2 contre les Etats-Unis, avant de battre la Suisse 4-1.

SuisseLe coach de la Suisse Christian Wohlwend avait fait les gros titres l’an dernier avec sa franchise déconcertante lors du match contre le Canada. Cette fois, l’excuse de la jeunesse et de l’inexpérience ne passera plus, puisque pas moins de treize joueurs ont vécu le Mondial 2018. Parmi eux, Akira Schmid (NJ), propulsé gardien numéro 1 en dépit d’un début de saison de bourlingueur – Lethbridge en WHL, Corpus Christi en NAHL puis Omaha en USHL. Mieux, le défenseur Tobias Geisser (WSH) joue déjà en ligue américaine. Les stars offensives seront Philip Kurashev (CHI), Jeremi Gerber (2019) et Valentin Nussbaumer (2019). Il va sans dire que la star de cette génération, Nico Hischier, ne participera pas, trop occupé à jouer en première ligne dans le New Jersey… La Suisse n’a remporté une médaille qu’une seule fois, le bronze, en 1998. Clairement, le duel contre le Danemark sera crucial en vue du maintien. En préparation, les Suisses ont perdu 5-3 contre le Canada, battu le Kazakhstan 4-1, avant de s’incliner 4-1 dimanche face à la Russie.

Flag of Denmark.svgOlaf Eller et le Danemark sont un peu tombés dans le groupe de la mort. Le coach danois aura fort à faire, un an après avoir terrassé la Biélorussie dans le duel pour la relégation. Ses joueurs avaient alors renversé des situations bien mal engagées grâce aux exploits de Joachim Blitchfield, qui n’est plus éligible. Il faudra donc trouver de nouvelles armes. Le gardien Mads Sogaard (2019), qui joue à Medicine Hat en WHL, était le troisième gardien l’an dernier et jouera le rôle du dernier rempart. Par chance, le meilleur marqueur de l’édition 2018, Jonas Rondbjerg (VGK), auteur de sept points en six matchs, est toujours là. Son entente avec Malte Setkov sera importante. Une victoire contre la Suisse pourrait peut-être envoyer le pays en quarts, comme en 2017. Ce n’est toutefois pas l’objectif direct : les Danois ont perdu 7-0 contre la Finlande en préparation, avant de mieux résister contre la Suède (défaite 3-1).

 

Groupe B

USAMédaillés de bronze à domicile après une demi-finale épique perdue contre la Suède, les États-Unis visent bien plus haut cette année et font figure de sérieux prétendant au titre. L’entraîneur Mike Hastings n’a pas réservé beaucoup de surprises dans son alignement, d’autant que Brady Tkachuk (OTT) reste en NHL. Sur le podium trois années consécutives, les joueurs à la bannière étoilée alignent une équipe rapide, créative, avec une solide profondeur de banc à tous les postes. Cinq joueurs sont de retour : les défenseurs Quinn Hughes (VAN), Dylan Samberg (WPG) et le capitaine Michael Anderson (LAK) – qui succède à son frère Joey dans ce rôle – et les attaquants Josh Norris (OTT) et Ryan Poehling (MTL). Quinn Hughes est surtout rejoint par son frère Jack, grand favori pour le titre honorifique de n°1 de la draft 2019. La superstar des U17 et U18 jouera pour la première fois à ce niveau, et s’annonce très attendu. Parmi ses compères d’attaque, Oliver Wahlstrom (NYI), auteur d’une saison misérable à Boston College, cherchera à rebondir – il a déjà marqué deux fois en préparation. Ce pur sniper avait manqué l’immanquable en finale du Mondial U18 au printemps, manquant une cage ouverte à la dernière seconde. Il lui faudra plus de précision cette fois… Au rayon des curiosités, on trouve pas moins de quatre espoirs des Flyers de Philadelphie – Noah Cates, Joel Farabee, Jay O’Brien en attaque, et la surprise en défense, Jack St. Ivany. Le poste de gardien est bien pourvu avec Cayden Primeau (MTL) et le grand espoir 2019 Spencer Knight. Victorieux des Russes et des Tchèques en préparation, les Américains arrivent en pleine confiance.

FinlandeChampion du monde U18, la Finlande a payé un lourd tribut à la NHL : ils sont privés de Miro Heiskanen (DAL) et de Kristian Vesalainen (WPG). Ce dernier a décliné la sélection : ballotté entre AHL et NHL, il vient tout juste de rentrer au pays pour la fin de saison et souhaitait s’épargner un nouveau voyage… Les bonnes nouvelles sont venues de la défense : Henri Jokiharju (CHI) et Urho Vaakanainen (BOS) – pour son troisième mondial – ont finalement été libérés par leurs formations NHL. En attaque, Eeli Tolvanen a lui aussi été libéré par Nashville, après avoir alterné entre la grande ligue et l’AHL. Il rejoint sur la première ligne Rasmus Kupari (LAK) et Aleksi Heponiemi (FLO). Derrière eux, Sampo Ranta (COL) et le capitaine Aarne Talvitie (NJ) ne sont pas dénués d’atouts. Le grand espoir 2019, Kaapo Kakko, est très attendu, tout comme Anton Lundell, éligible en 2020. La Finlande n’a pas brillé offensivement ces deux dernières saisons et devra donc enfin régler la mire. Ce fut le leitmotiv depuis le début de saison : 7-0 infligé au Danemark, 5-2 contre le Canada dimanche. Après le solide Euro Hockey Challenge de novembre (5-3 contre la Russie, 4-0 contre la Suède, 7-2 contre les Tchèques), c’est plutôt de bon augure.

SuèdeFinaliste 2018, la Suède de Tomas Monten avait alors remporté sa première médaille après trois années de disette. On s’attend à une équipe rapide dans le jeu de transition, même privée de son défenseur vedette Rasmus Dahlin, en pleine bourre avec les Sabres de Buffalo, et de Michael Rasmussen (DET). La défense reste le gros point fort. Adam Boqvist (CHI), le capitaine Erik Brännström (VGK), Rasmus Sandin (TOR) et Nils Lundkvist (NYR) constituent l’un des quatuors les plus impressionnants des dix pays participants. Philip Broberg, né en 2001, sera là, profitant de la blessure de Timothe Liljegren (CGY). Idéal pour protéger Olle Eriksson Ek (ANA) dans les cages. Offensivement, les atouts paraissent moins flamboyants que les années précédentes, mais il y a peut-être plus d’équilibre. Isac Lundeström (ANA) sera la tête d’affiche, avec Lucas Elvenes, Fabian Zetterlund (NJ) et Filip Hallander (PIT). Dans tous les cas, un groupe d’attaquants très responsable dans sa propre zone : on ne s’attend pas à ce que la Suède craque beaucoup en défense. Pourtant, la préparation a été poussive : après une deuxième place à l’Euro Hockey Tour au mois d’août – battus par la Russie aux tirs au but -, la Suède a fini bonne dernière de la deuxième manche en novembre, sans aucune victoire. En préparation, les jeunes Suédois ont battu la Russie 4-2 et le Danemark 3-1.

SlovaquieLa Slovaquie d’Ernest Bokros avait failli surprendre la Suède en quarts de finale l’an dernier défaite 3-2). Cette fois encore, le but est de battre le promu, le Kazakhstan, afin de sécuriser le maintien, et de jouer si possible les troubles fêtes. Pour cela, le gardien Juraj Sklenar devrait débuter, même si le prometteur Samuek Hlavaj, né en 2001, pourrait surprendre. La défense dispose d’atouts intéressants, notamment Martin Fehervary (WSH), qui dispute son troisième mondial junior. À ses côtés, aucun autre arrière n’a été drafté : Michal Ivan joue en ligue du Québec et Adam Ziak en junior finlandais. L’attaque compte quelques têtes d’affiches rompues aux glaces nord-américaines. Patrik Hrehorcak à Rouyn-Noranda en ligue du Québec, Andrej Kukuca à Seattle en WHL, Martin Pospisil (CGY) à Sioux City en USHL, Adam Ruzicka (CGY) à Sarnia en OHL, Maxim Cajkovic à St. John en LHJMQ. Ce dernier a mené la Slovaquie au Mondial U18 au printemps, finissant co-meilleur marqueur du tournoi. Milos Roman (CGY) sera le régional de l’étape, lui qui évolue aux Vancouver Giants en WHL. En préparation, les Slovaques n’ont cédé qu’aux tirs au but contre les Tchèques (2-1) avant de couler contre le Canada (6-1).

Petit poucet du tournoi, le Kazakhstan semble promis à faire l’ascenseur. L’équipe n’a pas connu l’élite U20 depuis 2009. La plupart de l’effectif a connu la montée l’an dernier, notamment Artur Gatiyatov, meilleur marqueur du Mondial de D1A, ou Sayan Daniyar. Bien peu d’équipes se sont maintenues ces dernières années : la Norvège, la Lettonie et la Biélorussie n’ont fait qu’un court passage avant de retomber. Parmi les joueurs à suivre, Valeri Orekhov compte 24 matchs avec le Barys Astana en KHL, pour six points, après une saison de 36 matchs l’an dernier. C’est le seul joueur non-russe à avoir disputé autant de matchs si jeune en KHL. Ses six points cette année constituent l’un des meilleurs bilans de tous les temps pour cet âge. La préparation fut timide : une victoire 5-2 contre une équipe locale puis une défaite 4-1 contre la Suisse.

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