Amiens – Grenoble (Ligue Magnus, 30e journée)

Amiens en patron.

211

Moins d’une semaine après la victoire face au leader, Rouen, et deux jours après une victoire au forceps à Nice, les Gothiques commençaient l’année au Coliséum avec un gros morceau : le dauphin, Grenoble. Toujours privé de Trabucco et Halley, Mario Richer remontait Léo Guillemain d’un cran, qu’il alignait avec Joey West et Spencer Edwards. Les Brûleurs de Loups restaient quant à eux sur deux victoires à l’arrachée, contre Bordeaux et Lyon, d’un tout petit but.

Le match partait sur les chapeaux de roues. Pas de round d’observation, et le palet allait d’une zone à l’autre. Les Gothiques avaient tout d’abord le contrôle du palet, mais Grenoble reprenait peu à peu la maîtrise de la rondelle, sans pour autant réussir à se créer des occasions dangereuses. Les Isérois ne semblaient pas inspirés, et le danger ne survenait que par des actions individuelles de McEachen ou Leclerc, mais à chaque fois la défensive amiénoise intervenait.

Paradoxalement, ce n’est pas l’équipe avec la plus grosse armada offensive qui produisait la meilleure qualité de jeu, et qui ouvrait le score. Servi dans la course par Giroux, Romand manquait quelque peu son contrôle en entrée de zone, mais cela lui permettait de garder son avance sur son vis-à-vis. Tout en patience, il feintait le shoot pour coucher Horak et lançait dans les filets déserts pour concrétiser un début de match tout en maîtrise (1-0, 7’49).

Lorsque Axel Prissaint était pénalisé après avoir retenu un joueur grenoblois, on se disait que le salut des hommes de Edo Terglav pouvait venir de la supériorité, où les Isérois excellent. L’ancien Amiénois, Joël Champagne, donnait des sueurs au Coliséum après que son lancer ras de glace, d’abord détourné par Buysse, passait au ras du poteau dans le trafic. Mais si le jeu d’infériorité picard se dégageait, et tuait la pénalité, cela ne faisait que repousser l’échéance.

Sur l’une des seules entrées en zone en contrôle des Brûleurs de loups, un superbe une-deux entre Fleury et Tartari faisait mouche. Fleury était retrouvé par son coéquipier plein axe, et il n’en fallait pas plus au sniper français pour trouver la lucarne de Buysse, qui ne pouvait rien faire face à la précision de ce lancer (1-1, 15’44).

Mais les Gothiques dégageaient une sérénité et une maîtrise dans cette rencontre, et cela se concrétisait sur la glace. Les hommes de Mario Richer se battaient sur chaque palet et cela contrastait avec la suffisance grenobloise. Couplé avec un froid réalisme, Romand redonnait une longueur d’avance aux siens juste avant de rentrer aux vestiaires. Sur l’aile, le géant barbu trouvait Plouffe lancé de l’autre côté. Celui-ci voyait Narbonne devant la cage, et tentait une « passe-tir » afin que le capitaine amiénois dévie la rondelle entre les bottes de Horak. Ce dernier faisait un arrêt de la botte, mais Romand avait suivi, et comme un symbole, s’offrait un doublé en catapultant ce rebond au fond des filets (2-1, 18’53).

Le début de second tiers n’était pas différent du premier. Grenoble ne semblait pas se révolter et n’arrivait pas à élever son niveau de jeu. Bruche, déjà buteur face à Nice, aurait même pu surprendre Horak, lorsque son lancer dévié rebondissait sur la balustrade et terminait sur course sur le dos du gardien isérois. Le score en restait là pour l’instant, et les Grenoblois continuaient de se heurter à des Amiénois bien regroupés en défense, et n’arrivaient pas à créer de décalage.

La frustration commençait à se faire ressentir du coté des hommes d’Edo Terglav, qui perdaient la mainmise sur le palet. D’autant que les Picards partaient rapidement en contre-attaque, comme lorsque Poudrier, après une belle pression à trois sur le porteur du palet, récupérait et lançait Giroux et Romand à deux contre un. L’ancien de Trois-Rivières attendait que McEachen se jette et son lancer croisé trompait Horak pour la troisième fois de la soirée (3-1, 34’56).

Le premier bloc picard, déjà auteur d’un match exceptionnel jusque là, ne s’arrêtait pas en si bon chemin. Moins de deux minutes après le troisième but, Champagne allait s’asseoir en prison et les Gothiques avaient une opportunité de supériorité. Narbonne lançait de la bleue, et le palet, repoussé par Horak, traînait dans le slot. Giroux l’avait vu, et propulsait la rondelle dans les filets laissés déserts (4-1, 37’26).

Edo Terglav tentait de sonner la révolte des siens en sortant Horak et faisant rentrer Bonvalot entre les poteaux. D’autant que ses joueurs commençaient la période en supériorité numérique. Celui ci tournait bien, et Buysse devait se déployer pour stopper deux occasions dangereuses.

Mais une fois de plus, le manque de réaction de ses joueurs était flagrant, et les Isérois semblaient impuissants. Euphoriques, les Picards continuaient d’attaquer, et profitaient des errements défensifs des Brûleurs de Loups. Déjà auteur de trois assistances, Poudrier déviait une passe de Giroux et trompait Bonvalot après une belle présence en zone offensive (5-1, 47’08).

S’il était trompé rapidement après son entrée en jeu, Bonvalot faisait deux beaux arrêts, tout d’abord du gant après un lancer de Plouffe en supériorité, puis sur Edwards, servi par West. En toute fin de match, une légère déconcentration amiénoise se payait. Arnaud profitait d’un très mauvais changement de ligne pour se présenter devant Buysse. Profitant d’un écran de Magovac, il trompait Buysse et réduisait l’écart (5-2, 58’42).

Moins d’une semaine après avoir battu Rouen, les Gothiques remettaient ça en s’offrant le scalp du dauphin, Grenoble. Outre ces résultats, c’est surtout la manière qui impressionne : c’était à se demander quelle équipe empilait les CVs. Les joueurs de Mario Richer, pourtant privés de leurs deux meilleurs centres, et de West pendant une bonne partie du premier tiers, respirent la confiance et montrent qu’ils sont capables de battre n’importe qui. Avec cette victoire, ils assoient plus que jamais leur troisième place et leur statut d’outsider cette saison.

Réactions d’après match :

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Malgré l’absence de nos deux piliers au centre (ndlr : Halley et Trabucco), les joueurs ont bien répondu alors qu’ils avaient un rôle plus important que d’habitude. On a été très bons offensivement et on a limité les lancers de Grenoble. Il faut absolument que tout le monde contribue sur ce point. Il y a un engagement total de tous les joueurs, c’est ce qu’il fallait pour battre Grenoble.
On a gagné, l’adversaire était Grenoble, mais on doit penser à qui on va battre au prochain match. Maintenant, battre les deux premiers de la ligue, ça donne du crédit aux joueurs, c’est leur victoire.
Pour gagner, c’est le collectif qui fait en sorte que tu puisses remporter la victoire. Je demande toujours aux joueurs de travailler, d’être acharnés. Ils l’ont bien fait, un joueur n’a pas fait la différence. C’est une victoire d’équipe. Ils ont eu des moments forts mais on a quand même joué et on a su garder des lancers lointains pour aider notre gardien.
C’est une certitude. Quand tu gagnes, c’est toujours plus facile, la confiance s’installe. À l’inverse, le doute peut rapidement s’installer quand tu perds. Aujourd’hui, le doute est quand même loin. Il faut continuer là-dessus.
Il (West) a pris un coup dans les parties. Je n’avais plus qu’un centre à disposition. En tant que coach, il a fallu trouver des solutions dans le vestiaire. On a donc fait jouer Guillemain sur la ligne d’attaque.
Un joueur comme Plouffe a été critiqué en début de saison, là on voit son efficacité sur le quatrième trio pour faire le travail. C’est un joueur très important pour nous. L’analyse est la même pour Poudrier, qui joue d’habitude à l’aile et qui est décalé au centre depuis plusieurs matches. C’est important d’avoir des joueurs polyvalents, on voit leur importance quand on a des blessures comme en ce moment. On a un avantage sur d’autres équipes sur ce point. »

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « Ce match est décevant. On savait qu’on venait chez une équipe qui joue très bien, on voulait montrer un tout autre visage. Amiens a joué en équipe, ils ont travaillé fort. De notre côté, on s’est reposé sur notre talent, ça n’a pas marché. On a joué un hockey trop facile, on voulait marquer de beaux buts. Amiens défendait bien son but et on n’a pas réussi à trouver suffisamment le fond des filets.
Sur le troisième but d’Amiens, on joue bien en zone offensive puis il y a un turn over qui amène un but rapide. Il y a eu beaucoup trop de situations de la sorte pendant le match. Il faut se remettre en question, ça arrive peut-être au bon moment. Si on veut entrevoir le succès cette année, il faut monter le jeu d’un cran et se montrer plus intense et avec plus de vitesse. On doit vouloir se faire mal comme une équipe d’Amiens
. »

Amiens – Grenoble 5-2 (2-1, 2-0, 2-1)
Vendredi 4 janvier 2019 à 20h00 au Coliséum. 3000 spectateurs.
Arbitrage de MM. Alexandre Hauchard et Adrien Ernecq assistés de MM. Clément Goncalves et Jérémy Métais.
Pénalités : Amiens 8′ (2′, 2′, 4′) ; Grenoble 6′ (0′, 4′, 2′).
Tirs : Amiens 24 (11, 6, 7) ; Grenoble 29 (13, 8, 8)

Évolution du score :
1-0 à 07’49 : Romand assisté de Giroux et Poudrier
1-1 à 15’44 : Fleury assisté de Tartari
2-1 à 18’53 : Romand assisté de Narbonne et Plouffe
3-1 à 34’56 : Giroux assisté de Poudrier et Romand
4-1 à 37’26 : Giroux assisté de Poudrier et Romand (sup.num.)
5-1 à 46’08 : Poudrier assisté de Giroux et Belisle
5-2 à 58’42 : Arnaud assisté de Magovac et Kramar

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Pierre-Maxime Poudrier – Jérémie Romand
Bastien Maïa – Kévin Da Costa (A) – Rudy Matima
Léo Guillemain – Joey West (A) – Spencer Edwards
Baptiste Bruche – Félix Plouffe – Thomas Suire

Défenseurs :
Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C)
Axel Prissaint – Holden Anderson
Romain Bault – Louis Belisle

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne – Guillaume Leclerc
Damiens Fleury – Sébastien Rohat – Christophe Tartari
Teddy Da Costa – Julien Baylacq – Vincent Kara
Dylan Fabre – Olivier Latendresse – Mathias Arnaud

Défenseurs :
Aleksandar Magovac – Antonin Manavian
Dominik Kramar – Sébastien Bisaillon
Connor Hardowa – Patrick McEachen

Gardien :
Lukas Horak puis Antoine Bonvalot

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