Brest – Cergy-Pontoise (Division 1, 18e journée)

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Le choc

Affiche de gala ce soir à Brest devant 1102 spectateurs (meilleure affluence de la saison) où les Albatros, deuxièmes et meilleure attaque du championnat, reçoivent le leader Cergy-Pontoise qui possède la meilleure défense de Division 1. L’occasion pour Brest de récupérer la première place après l’avoir occupé en début de championnat. Un seul point les sépare des Jokers.

C’est néanmoins avec un effectif amoindri que les Bretons abordent la rencontre. Le départ pour la Slovénie de Miha Pesjak a été confirmé cette semaine. À cela s’ajoute le « mystère » Taylor Makin dont le départ semble acté dans la presse quotidienne régionale sans pour autant qu’un communiqué officiel du club ne l’ait annoncé.

En plus de ces défections, le club doit se priver des services de Gatis Sprukts et Baptiste Bruyas qui sont blessés. Cela impacte fortement leur défense et provoque le retour inattendu de David Hennebert. Le « retraité » depuis 2015 avait repris la compétition cette saison avec l’équipe-réserve en Division 3 mais il ne s’attendait sans doute pas à devoir donner un coup de main à l’équipe fanion.

Les Jokers voient revenir le gardien Lino Chimenti dans l’effectif mais il n’est pas aligné et laisse sa place à Pierre Pawelek pour un troisième match consécutif. Les habitués du Rïnkla Stadium reconnaissent à l’échauffement pas moins de trois anciens Brestois : Bastien Lardière, Antonin Marcelle et Alexandre Lubin.

Le match s’amorce avec très peu de temps mort. Cergy démontre sa solidité défensive en ne laissant que très peu de place dès que les Brestois tente de se porter en zone offensive. Les lignes arrières valdoisiennes ne sont pas les plus hermétiques du championnat pour rien. La quasi-totalité du jeu se passe dans la zone défensive locale où dans la zone neutre. La domination de Cergy est sans doute accentuée par le style de jeu brestois bien différent de celui pratiqué habituellement.

Avec un effectif restreint, les Albatros jouent clairement la prudence en ne prenant aucun risque et en laissant l’adversaire faire le jeu. La domination adverse est importante mais cela semble accepté dans le plan de match brestois avec l’objectif de profiter de la moindre erreur des Jokers pour les piéger en contre. Et d’erreurs il n’y en a pour ainsi dire que très peu dans la solide formation de Cergy.

Avec deux lignes de défenseurs et David Hennebert qui monte de temps à autre pour faire souffler, les attaquants sont plus que jamais concentrés à défendre prioritairement. C’est donc une équipe bretonne entièrement voûtée devant Alexis Neau qui subit les assauts réguliers de Cergy-Pontoise. Pris à froid contre Neuilly-sur-Marne il y a une semaine, l’ancien gardien d’Angers est intransigeant cette fois. Il s’illustre particulièrement sur la première infériorité du match (pénalité du revenant Hennebert à 9’33’’) en déboutant Bureau-Blais par deux fois dont un arrêt magistral de la crosse (10’46’’).

C’est d’ailleurs sur cette infériorité que Brest se procure sa plus grosse occasion grâce à Justin Bernier qui chipe le palet à Robertson et part en contre frapper à la porte de Pierre Pawelek (11’30’’). Ce sera le seul arrêt qu’il aura à effectuer dans cette période. En effet, focalisés sur leur défense, les Albatros sont bien timides offensivement, même sur les temps forts à capitaliser. Une faute sanctionnée de Dylan Hood sur Nicolas Favarin (16’19’’) donne lieu à un jeu de puissance insipide où les entrées en zone offensive sont compliquées. Trop conservateur avec le palet, les Brestois patientent trop et n’adressent aucun tir sur la cage de Pawelek.

Douze tirs à un en faveur des Jokers à l’issue du premier tiers, la soirée s’annonce longue pour Brest si cette dynamique se poursuit. Réduit à quatre à l’amorce de la période médiane par une faute de Braden Pears sanctionnée d’un 2’+10’ (20’51’’), Cergy n’en demeure pas moins dangereux. James Robinson s’offre même un contre en infériorité et tape le poteau. L’attaquant canadien un peu roublard joue l’intox en levant les bras. L’arbitre en chef Julien Peyre ne prend pas et n’accorde qu’une mise en jeu (21’43’’).

Les symptômes brestois en supériorité numérique sont les mêmes qu’au premier tiers : trop de grigris en zone neutre avec le palet, ce qui ralentit l’entrée de zone et ne permet guère au jeu de puissance de s’installer. Cergy s’en tire sans mal mais Brest se montre un peu plus offensivement qu’en début de match.

La domination reste néanmoins lourdement en faveur des Jokers qui se procurent la plupart des occasions et campent en zone offensive en donnant parfois l’impression d’être en supériorité numérique. Mais Cergy-Pontoise bute sur un Alexis Neau imperturbable qui multiplie les arrêts propres sans rebond notamment sur un contre de Ben Greiner (25’07’’). Parfois son placement suffit à faire un bel arrêt. C’est le cas sur une déviation de Lubin qui termine dans sa mitaine alors qu’il n’a pas vu partir le tir (32’32’’). Il est également bien aidé par ses joueurs de champ qui bloquent plusieurs lancers.

En confiance par un gardien chaud, les Albatros se sentent de plus en plus pousser des ailes et vont régulièrement tenter de provoquer des revirements en zone neutre. Cela manque de peu de fonctionner sur un deux contre un détourné à bout portant par Pawelek (33’40’’). Même les défenseurs Nicolas Favarin et Aurélien Gréverend y vont de leurs montées de palet. Ils sont au four et au moulin avec un temps de jeu pourtant démentiel.

Malgré ce bec des Albatros qui commencent à poindre, Cergy-Pontoise a toujours l’emprise de la rencontre et compte bien prendre enfin les devants. La pénalité de Perron-Fontaine pour accrocher (37’58’’) en est l’occasion.

La encore, Brest fait preuve d’une rigueur défensive extrême à l’image de David Hennebert. Le vétéran a très peu joué dans cette période mais est envoyé au charbon en infériorité numérique. Il n’a pas froid aux yeux et n’a pas perdu ses bonnes habitudes en n’hésitant pas à faire rempart avec son corps pour contrer les lancers frappés adverses (38’40’’). Cela faisait déjà l’admiration de son entraîneur de l’époque, Sébastien Oprandi, notamment en finale de Division 1 en 2013.

La réussite est encore avec Brest puisque Cergy tape deux fois le poteau dans la dernière minute sur un tir du capitaine Olczyk (39’05’’) puis par un lancer dévié de Robertson (39’40’’).

Les panglossiens parmi le public brestois diront que leurs protégés ont multiplié par cinq leur nombre de tirs dans cette période et que le score est toujours à égalité. Les réalistes sont plus nuancés. En effet, pendant ce même temps, Cergy a tiré quatorze fois sur la muraille Neau. Et si ce dernier finit par craquer, il serait bien difficile de revenir à la marque tant les Albatros ne se sont montrés que sporadiquement en attaque.

Olczyk obtient un bon tir dès la première minute d’un troisième tiers que l’on pense repartit sur les mêmes bases. Le capitaine a bénéficié d’un palet peu orthodoxe qui a lobé Cannizzo (40’55’’). Le ciel tombe donc sur la tête du leader lorsqu’un contre brestois rapidement mené aboutit à un jeu « à toi à moi » entre Kivimäki et Perron-Fontaine. Ce dernier le parachève en fusillant Pawelek dans l’axe par un lancer frappé à la réception du centre du Finlandais (1-0 à 41’06’’).

Un moment de relâchement de la défensive, jusque là impériale, de Cergy-Pontoise se paie cash. Et ce n’est pas fini puisque, dans son euphorie du premier but, Brest manque de doubler son avance de justesse. Visiblement décontenancée, la défense des Jokers oublie Kivimäki en zone neutre. Le Finlandais, libre de tout marquage, est à la réception d’une relance défensive qui le met sur orbite. Mais Pawelek gagne ce duel (41’30’’).

Le temps fort breton se poursuit avec une pénalité de Arthur Cuzin (41’53’’) mais les choses se calment puisque le jeu de puissance est encore timide en tirs. Les équipes s’échangent ensuite deux énormes occasions. Les Jokers loupent une cage ouverte (44’) tandis que Gréverend, en position inhabituelle seul face au but sur une passe de Kivimäki, échoue sur la jambière du cerbère adverse (45’).

Les choses s’emballent donc et le duo L.Cuzin-Lubin se rappelle au bon souvenir de Neau qui repousse (46’40’’). Cependant la timide éclaircie entrevue pour Brest dans le deuxième tiers se confirme de plus en plus. Sans pour autant devenir laxiste en défense, Brest parvient à s’installer durablement en zone offensive et font pencher petit à petit la domination de leur côté.

Les Albatros utilisent également au mieux toute la largeur de la glace. Cergy a en effet beaucoup de mal à trouver la parade lorsque les Bretons basculent le jeu à l’opposé par des transmissions précises pour un joueur souvent posté dans le dos de la défense.

Sanctionné pour un surnombre (48’47’’), les hommes de Jonathan Paredes continuent de gêner l’installation du jeu de puissance adverse. Alors qu’on se dirige vers une nouvelle pénalité tuée sans trop d’encombre, le palet est gardé in-extremis en zone d’attaque sans franchir la ligne bleue. Kivimäki prend un tir qui est dévié sur le poteau par Joanette en embuscade. Le disque revient sur la palette du Canadien qui le pousse dans le but dans le dos de Pawelek (2-0 à 50’32’’). Le banc de Cergy-Pontoise est furieux et réclame l’annulation du but pour hors-jeu mais la réalisation est validée.

Les Jokers n’ont plus le choix que de se retrousser les manches et repartir à l’attaque. L’espoir renait lorsque Sébastien Guillon gagne son duel face à Gréverend dans l’enclave et s’empare du contrôle de la rondelle. L’attaquant français temporise bien et force Neau à se coucher avant de le contourner pour la réduction du score (2-1 à 53’41’’).

Ce match est plus que jamais palpitant avec ce retour des joueurs du Val d’Oise. Dans la minute suivante Trevor Petersen est pénalisé pour un accrocher sur Alex Botten (54’25’’). Cergy-Pontoise effectue un pressing intense sur la cage de Neau. Sur un énorme cafouillage les joueurs s’empilent devant le but, les Brestois se couchant devant leur ligne de but tandis que les Cergyssois cherchent à pousser le palet qui est en fait dissimulé par Dimitri Motreff. Julien Peyre accorde un lancer de pénalité aux Jokers. Dylan Hood effectue la tentative mais s’embarque à droite et loupe son occasion (54’57’’).

La cage de Neau continue d’être assiégée après la reprise du jeu mais sa défense tient bon. La pénalité touche à sa fin et Brest ne craque pas. Pawelek déserte sa cage (58’35’’) mais cela ne joue pas en faveur de Cergy-Pontoise. Sur un palet envoyé au fond en zone offensive brestoise, Justin Bernier est le premier sur le disque et annule le dégagement interdit. Avec un adversaire à sa poursuite, il parvient à remettre la rondelle devant la cage pour Aurélien Gréverend qui ne laisse pas passer l’occasion et parachève la victoire des siens (3-1 à 59’13’’).

Brest retrouve la place de leader après une semaine de reprise rondement menée. Quatrièmes au début de l’année 2019, les joueurs de la cité du Ponant ont réussi en sept jours l’exploit de battre successivement dans le temps réglementaire les trois équipes qui étaient devant eux au classement. Un carton plein remarquable dans une Division 1 homogène où enchaîner deux victoires n’est pas une sinécure.

Pour venir à bout d’une grosse équipe de Cergy-Pontoise, les Albatros ont dû faire preuve d’une solidarité défensive à toute épreuve, rendue encore plus indispensable suite aux absences évoquées en début d’article. Porté par un gardien Alexis Neau en grande forme, deux lignes arrières au four et au moulin aidées par David Hennebert (symboliquement élu homme du match) et des attaquants travaillant dans les deux sens de la patinoire, Brest a su faire le dos rond pendant les deux tiers du match avant de piéger l’adversaire. La dernière période a été mieux gérée avec un avantage aux tirs (neuf à sept) inespéré compte tenu de la physionomie des deux premiers tiers.

Cergy-Pontoise perd donc sa place de leader à l’issue d’un relâchement coupable au début de la dernière période. Pourtant largement dominateurs pendant quarante minutes, les Jokers ont buté sur un excellent Neau avant de se faire piéger. Bénéficiant d’une plus grande profondeur de banc, ils n’ont pas su en tirer profit face à un adversaire qui lui a su puiser dans ses ressources pour compenser un effectif amoindri.

C’est à se demander si la physionomie des deux premiers tiers-temps n’a pas joué un vilain tour à Cergy-Pontoise en laissant penser que Brest finirait pas craquer et en incitant indirectement les Jokers à se reposer un peu trop sur leurs lauriers. Ceci s’est traduit lors de la dernière période par une défense moins appliquée, laissant davantage d’espaces à l’adversaire qui a su en tirer profit.

Avec deux points pris en trois matchs, leur avance au classement a fondu mais Cergy-Pontoise reste dans le haut de tableau. La réception la semaine prochaine de Neuilly-sur-Marne est l’occasion de se remettre sur de bons rails.

Joueurs du match : David Hennebert (Brest), Dylan Hood (Cergy-Pontoise).


Brest – Cergy-Pontoise 3-1 (0-0, 0-0, 3-1)
Samedi 12 janvier 2019 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 1102 spectateurs.
Arbitrage de Julien Peyre assisté de Maxime Laboulais et Jérémy Metais.
Pénalités : Brest 8′ (4’, 2’, 2’), Cergy-Pontoise 18′ (2’, 2’+10, 4’).
Tirs : Brest 15 (1, 5, 9), Cergy-Pontoise 33 (12, 14, 7)

Évolution du score :
1-0 à 41’06’’ : Perron-Fontaine assisté de Kivimäki et Piispanen
2-0 à 50’32’’ : Joanette assisté de Kivimäki et Piispanen (sup. num.)
2-1 à 53’41’’ : S. Guillon assisté de Lubin et L. Cuzin
3-1 à 59’13’’ : Gréverend assisté de J. Bernier et G. Avenel (cage vide)

Brest

Attaquants :
Trevor Petersen – Graham Avenel – Justin Bernier
Jonathan Joanette – Markus Piispanen – Samuli Kivimäki
Nicolas Thos – Jan Krivohlavek – Jonathan Avenel (C)
Nathan Bernier – [alternance de joueurs] – Dimitri Motreff

Défenseurs :
Gaëtan Cannizzo – Nicolas Favarin
Aurélien Gréverend (A) – Alexandre Perron-Fontaine (A)
David Hennebert (quelques présences)

Gardien :
Alexis Neau

Remplaçants : Carmine Guerriero (G) Maxime Foulon. Absents : Baptiste Bruyas, Gatis Sprukts.

Cergy-Pontoise

Attaquants :
Tommy Olczyk (C) – Dylan Hood – Ben Greiner
James Robinson – Alex Botten – Kevin Irwin
Alexandre Lubin – Léo Cuzin – Sébastien Guillon
Noé Gersanois – Bastien Lardière – Tristan Lemaire

Défenseurs :
Braden Pears – Toni Kluuskeri
Sean Robertson – Philippe Bureau-Blais
Mathieu Buttin – William Guillon
Arthur Cuzin (A) (rotation avec Buttin et W. Guillon)

Gardien :
Pierre Pawelek (sorti de 58’35’’ à 59’13’’ et de 59’45’’ à 60’)

Remplaçants : Lino Chimienti (G), Antonin Marcelle. Absent : Pierre Joseph.

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