Brest – Caen (Division 1, 22e journée)

237

En play-off

C’est avec un effectif très diminué (treize joueurs de champ seulement) que les Albatros ont ramené mardi dernier un précieux point du chaudron Michel Raffoux. De quoi garder d’une courte tête la place de leader qu’ils détiennent pour un point devant Cergy-Pontoise. Un point c’est également ce qu’il manque aux Bretons pour décrocher leur place en play-off.

Une situation qu’envient sans doute les Caennais puisque quatre points seulement les séparent de la neuvième place dans une Division 1 très serrée. Mais la dynamique est positive pour les hommes de Luc Chauvel : trois succès consécutifs et autant de buts encaissés au total lors de ces rencontres. Les Drakkars sont tout simplement la meilleure défense du championnat avec Cergy-Pontoise (48 buts encaissés). Les Brestois doivent donc être affûtés pour percer un Quentin Papillon en grande forme et ainsi assumer leur statut de meilleure offensive du championnat.

La barre des mille spectateurs est franchie pour un troisième samedi consécutif au Rïnkla Stadium malgré la concurrence d’une grosse affiche de handball féminin le même jour dans la cité du Ponant. Les supporters constatent avec joie le retour de Baptiste Bruyas et Gatis Sprukts mais la paire finlandaise Kiivimäki-Piispanen manque à l’appel. Dimitri Motreff et Nathan Bernier en profitent pour grimper sur le troisième bloc offensif et gagner davantage de temps de jeu.

Les Drakkars se montrent entreprenants pour débuter la rencontre. Alexandre Palis obtient une pénalité d’un Graham Avenel venu prêter main forte à Aurélien Gréverend pris de vitesse face au déboulé du Caennais (4’40’’). Brest gère sans gros soucis cette première infériorité.

Le leader donne une leçon d’efficacité à son adversaire après la faute signalée de Jaroslav Prosvic (7’18’’). La supériorité dure dix-huit secondes puisque Justin Bernier voit son lancer dans l’axe repoussé par Quentin Papillon mais repris immédiatement par son capitaine Jonathan Avenel (1-0 à 7’36’’).

Malgré un rythme de sénateur, Brest continue de montrer son réalisme grâce à Jonathan Joanette en renard dans le slot qui dévie un centre de Sprukts pour le 2-0 (11’55’’). Le Canadien a pourtant le droit à un « traitement de faveur » tout au long de la soirée avec un marquage à la culotte et de multiples provocations adverses auxquelles il répond parfois (pénalité à son encontre à 13’28’’).

Mais là encore les Bretons, en infériorité numérique, ne laissent que des miettes à l’adversaire. Carmine Guerriero montre sa satisfaction en claquant sa crosse sur la glace après un gros lancer bloqué par Nicolas Thos (14’).

Quelques tensions émaillent la fin de tiers autour du but de Papillon notamment entre Thos et Alvarez qui vont se calmer sur le banc des pénalités (17’45’’). Les Albatros emportent la période en ayant marqué sur deux des trois tirs dont ils sont crédités par les statistiques.

La pause n’est pas salvatrice pour Caen puisque sur un errement défensif de leur part, un palet dangereux est mal dégagé devant Papillon et permet à Trevor Petersen de marquer tranquillement (3-0 à 20’56’’). C’est ensuite Justin Bernier, omniprésent, qui reprend un nouveau gros rebond laissé par le gardien caennais (4-0 à 23’18’’).

Le capitaine normand, Pierre-Antoine « Pitch » Devin, est par la suite pris par la patrouille pour un faire trébucher (26’50’’). La situation est délicate pour les visiteurs puisque Brest installe son jeu de puissance immédiatement. Loin de son banc, le bloc d’infériorité caennais ne parvient pas à dégager le palet pour laisser place à des joueurs plus frais. Enzo Cantagallo donne de sa personne en contrant un tir douloureux avec l’aine et en demeurant debout sur la glace malgré une souffrance apparente. Malgré ces efforts pour défendre coûte que coûte la cage de Papillon, la fatigue finit par se fait sentir et Petersen en profite en solo pour marquer d’un tir croisé (5-0 à 28’32’’).

L’écart à la marque est déjà conséquent et Luc Chauvel ne peut que constater la terrible efficacité de son adversaire. Il peut néanmoins se satisfaire de la détermination de ses joueurs qui ne faiblit pas malgré une messe quasiment dite. Mais le réalisme devant la cage fait toujours défaut y compris en supériorité numérique (retard de jeu brestois sanctionné à 33’08’’) où les Drakkars se cassent les rames sur Guerriero. Lorsque ce n’est pas le gardien brestois, c’est au tour de Justin Bernier de faire tourner en bourrique l’adversaire en étant au four et au moulin au pressing, permettant aux locaux de gagner un temps précieux.

La fin de période est marquée par de nouvelles tensions entre Joanette et Carminatti dans le dos des arbitres. L’attaquant brestois finit à terre suite, semble-t-il, à un coup de crosse dans le ventre de son adversaire. Le geste n’est pas sanctionné (38’33’’).

La physionomie de la dernière période d’un match déjà plié voit Caen tenter de sauver l’honneur face à des Brestois qui ont baissé de régime et gèrent leur avance. Luc Chauvel donne du temps de jeu à sa quatrième ligne offensive et c’est une bonne idée puisque les ailiers Ferey (42’), et Labanowicz (46’ et 53’) se procurent de bonnes opportunités mais buttent sur un Guerriero intransigeant.

Le vent dans les voiles caennaises souffle de plus en plus fort et le cerbère local est de plus en plus sollicité. Il ferme l’angle tout d’abord suite à un débordement de Benjamin Bérard (48’) puis repousse la tentative de Ménard qui menait un deux contre un (48’40’’). Les Normands sont enfin récompensés de leurs efforts par Alexandre Palis qui contourne Guerriero avant de loger la rondelle dans le haut du but (5-1 à 49’16’’). Une troisième réalisation en autant de rencontres pour l’attaquant caennais.

Ce sera la seule réalisation dans un tiers pourtant dominé quinze tirs à trois par Caen. Les hommes de Luc Chauvel encaissent leur plus lourde défaite de la saison et rétrogradent de deux places au classement puisque Tours et Marseille ont gagné dans le même temps.

Brest valide sa qualification en play-off et reprend trois points d’avance sur Cergy-Pontoise qui s’est incliné après prolongation à Dunkerque. Le coach Sylvain Codère doit être satisfait de l’efficacité redoutable de son équipe devant le but ce soir. Avec cinq buts inscrits en dix-sept tentatives, les Bretons ont fait preuve d’un grand réalisme en exploitant efficacement les erreurs défensives adverses.

Saluons le match de Justin Bernier, auteur de sa meilleure prestation de la saison, logiquement élu homme du match côté brestois. Le portier Carmine Guerriero aurait pu également prétendre aux honneurs une semaine après son jeu blanc face à Marseille. C’est globalement une belle victoire d’équipe méritée face à un adversaire qui a eu le mérite de ne pas baisser les bras malgré un jour sans défensivement.

Joueurs du match : Justin Bernier (Brest), Jaroslav Prosvic (Caen).

 

Brest – Caen 5-1 (2-0, 3-0, 0-1)
Samedi 02 février 2019 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 1088 spectateurs.
Arbitrage de Marie-Tjana Picavet assisté de Thomas Honore et Jérémy Metais
Pénalités : Brest 10′ (6’, 2’, 2’), Caen 20′ (6’, 2’, 2’+10’).
Tirs : Brest 17 (3, 11, 3), Caen 33 (10, 8, 15)

Évolution du score :
1-0 à 07’36’’ : J. Avenel assisté de Joanette et Sprukts (sup. num)
2-0 à 10’54’’ : Joanette assisté de Sprukts et Thos
3-0 à 20’56’’ : Petersen assisté de J. Bernier et Cannizzo
4-0 à 23’18’’ : J. Bernier assisté de Bruyas et Perron-Fontaine
5-0 à 28’32’’ : Petersen (sup. num)
5-1 à 49’16’’ : Palis assisté de Cerkovnik et Benoit

Brest

Attaquants :
Trevor Petersen – Graham Avenel – Justin Bernier
Nicolas Thos – Jonathan Joanette – Gatis Sprukts
Nathan Bernier – Jonathan Avenel (C) – Dimitri Motreff

Défenseurs : (rotation à cinq)
Gaëtan Cannizzo – Nicolas Favarin
Aurélien Gréverend (A) – Alexandre Perron-Fontaine (A)
Baptiste Bruyas

Gardien :
Carmine Guerriero

Remplaçants : Alexis Neau (G), Jan Krivohlavek, David Hennebert, Maël Letort. Absents : Markus Piispanen, Samuli Kivimäki.

Caen

Attaquants :
Phil Bushbacher – Jaroslav Prosvic – Eric Aurard
Pierre-Antoine Devin (C) – André Ménard (A) – Benjamin Berard
Yoann Robert – Loup Benoit – Alexandre Palis
Quentin Labanowicz – Théophile Miquelot – Alexandre Ferey (ligne utilisée à partir de la fin du T2)

Défenseurs :
Timur Rasulov – Thomas Carminatti
Gašper Cerkovnik – Enzo Cantagallo
Emmanuel Alvarez – Igor Zubov
Thomas Dubourg (joue au dernier tiers)

Gardien :
Quentin Papillon

Remplaçant : Mathis Gente (G). Absents : Julien Msumbu, Rémi Colotti, Joshua Davenel, Joran Reynaud.

Les commentaires sont fermés.

Phasellus ut in suscipit venenatis sem, elit. mattis sit