Amiens – Angers (Ligue Magnus, 40e journée)

Amiens n'est plus sur le podium !

216

La coupe de France approche à grand pas, et cela semble travailler les esprits des joueurs amiénois. Troisièmes pendant une bonne partie du championnat, ils sont quatrièmes à l’heure d’accueillir les Ducs d’Angers pour un duel déterminant pour la troisième place. La faute à un mois de janvier très compliqué, avec une impuissance devant le but assez récurrente cette saison pour les hommes de Mario Richer. Les Angevins ont continué quant à eux sur leur remontée fantastique, jusqu’à prendre la troisième place aux Picards, grâce à la différence particulière (deux victoires angevines pour une victoire amiénoise). On comprenait rapidement pourquoi ces deux équipes se tiennent à si peu de points au classement. Angers mettait rapidement la pression mais Amiens répondait aussi vite. Guillemain, servi par Halley, avait la première grosse opportunité mais son lancer était trop sur Hardy. On assistait à un début de premier tiers rythmé, équilibré, mais avec très peu d’erreur de la part des deux équipes.

La première erreur était amiénoise, lorsque Buysse « partait à la pêche » et laissait sa cage vide. Il n’arrivait pas à se saisir du palet et il fallait que Romand se jette devant les filets pour empêcher les visiteurs d’ouvrir le score. Mais on remarquait rapidement que les cadres amiénois, comme Halley, Bélisle ou même West, semblaient ne pas être rentrés dans ce match et commençaient à accumuler les erreurs.

Les hommes de Mario Richer terminaient cependant bien le premier tiers en acculant les Angevins dans leur zone défensive, mais une fois de plus l’incapacité de marquer faisait défaut.

Cela se manifestait une fois de plus d’entrée de second tiers, après que Romand eût récupéré la rondelle en fond de glace. Il trouvait Halley excentré sur la ligne de but, et bien que l’angle n’était pas très ouvert, son lancer était une fois de plus sur Hardy, qui réalisait tout de même un match solide.

Les symptômes des rencontres précédentes recommençaient à transparaître, même si les Gothiques faisaient un bien meilleur match que contre Mulhouse. Cependant, les approximations finissaient par se payer : Trabucco ratait son dégagement et Campbell récupérait en zone neutre. Il transmettait à Farnier qui envoyait un lancer croisé à mi-hauteur, et Buysse ne pouvait rien faire (0-1, 26’10).

Les Ducs ne se montraient pas forcément plus dangereux que les Gothiques, mais ils étaient plus incisifs et avaient su tirer profit des erreurs picardes. D’autant que le jeu de supériorité amiénois, en rade depuis un moment, ne montrait pas de signe d’amélioration. Les hommes de Brennan Sonne tuaient deux infériorités et faisaient le dos rond pendant cinq grosses minutes amiénoises.

Après l’enchaînement de matches, et l’absence de certains joueurs, les Angevins accusaient un contrecoup physique, tandis que les Amiénois, au repos pendant une semaine, montaient peu à peu en puissance. Mais encore une fois, et malgré les seize lancers à la cage dans le second tiers, les Gothiques n’arrivaient pas à trouver le fond des filets, la faute à une maladresse dans le dernier et l’avant-dernier geste, mais aussi à Hardy qui offrait une grosse prestation.

Les Samariens commençaient même le troisième tiers en supériorité, mais le coup de massue arrivait après seulement cinquante secondes de jeu. À peine revenus au complet, les Angevins profitaient d’une énorme déconcentration des Amiénois. Bouchard débordait et patinait vers la cage, et profitait qu’il n’était pas attaqué pour servir Farnier qui arrivait à toute vitesse. Ce dernier n’avait plus qu’à pousser la rondelle dans les filets pour s’offrir un doublé et mettre les siens à l’abri d’un retour des locaux (0-2, 40’52).

Les Ducs se contentaient alors de gérer leur avance et agissaient en contre. Servi par Bouchard, Campbell aurait pu encore aggraver le score mais Buysse réalisait un superbe arrêt du gant alors que le palet se dirigeait dans sa lucarne.

Les hommes de Mario Richer poussaient, et l’espoir était permis quand à douze minutes du terme, Giroux reprenait un palet – qui arrivait de derrière la cage de Hardy – sans réfléchir pour réduire l’écart (1-2, 47’24). Enfin les Amiénois se libéraient, arrêtaient de trop réfléchir, et cela se voyait sur la glace. Mais si le momentum était du côté des locaux, les faits de jeu, eux, étaient contre eux. Garrido était pénalisé pour une charge qui semblait pourtant correcte, et il n’en fallait pas plus aux Angevins.

Les Ducs faisaient tourner et lançaient de la ligne bleue. Le jeu d’infériorité amiénois n’arrivait pas à dégager la rondelle qui traînait dans l’enclave, et Maxime Lacroix ne se faisait pas prier pour redonner deux longueurs d’avance aux siens (1-3, 54’19).

La fin de match était houleuse, et Amiens bénéficiait d’un jeu de supériorité avec quatre minutes à jouer. L’occasion rêvée pour revenir dans le match et espérer accrocher une prolongation. La première minute trente du jeu de supériorité était poussive, mais Romand, étonnamment seul dans l’enclave, était servi par Maïa après une belle bataille dans le coin. Le Français reprenait sans contrôle et surprenait Hardy qui ne pouvait rien faire à bout portant (2-3, 57’43).

Pénalisés pour un retard de jeu en toute fin de tiers, les Gothiques devaient jouer à quatre contre cinq et voyaient leurs espoirs de prolongation s’éloigner. Mario Richer tentait le tout pour le tout en faisant sortir Buysse mais le match en restait là.

Les Gothiques laissent donc passer l’un des matchs les plus importants de la fin de saison et perdent leur troisième place au profit d’Angevins plus tranchants. Un trou d’air qui a coûté six défaites sur les sept derniers matches, la faute peut être à une déconcentration en vue du final four, dans deux semaines. Il faudra trouver les ajustements nécessaires pendant la trêve avant la double confrontation contre Strasbourg, la première le mardi  12 en Alsace, la seconde, le samedi 16, à Bercy.

Réactions d’après match :

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « On revient de l’arrière, on a l’occasion de revenir à 2-2, la rondelle est au fond, il y a une belle mise en échec de notre joueur, à l’épaule. Finalement, il y a une punition, on reste à 1-2 et Angers met le troisième derrière. Cela change beaucoup de choses dans ce match. Pour le reste, l’intensité était là, on a eu davantage de chances de compter que notre adversaire. Ce qui est satisfaisant, c’est qu’on n’a pas arrêté de travailler à 2-0 pour Angers.
On a tout fait pour revenir au score, on était revenu à 2-2 mais l’arbitre a décidé qu’il n’y avait pas but. C’est dommage pour l’équipe, qui a travaillé très fort, de perdre sur une décision de l’arbitre. C’était un beau match de play-off qui aurait pu se terminer en match nul et ainsi aller en overtime pour déterminer le vainqueur. On est proche au classement, ce sont deux bonnes équipes.
Il faut donner du crédit à Hardy,  je pense qu’il a fait un très bon match. C’est le gardien de l’équipe nationale, il a prouvé son niveau. On a travaillé très fort pour avoir de bons lancers mais il a fait un très gros match. On a eu le droit à un match entre deux bons gardiens. Après, il est vrai que notre taux de réussite n’est pas très élevé avec 44 lancers.
Rien est écrit, comme je le dis depuis le début. Une saison, c’est quarante-quatre matches et on fera le point à la fin. On travaille avant tout pour s’améliorer et être intense tout au long du match. C’était mieux ce soir sur ce point. On ne fait pas de calcul, on ne sait pas qui va finir troisième, quatrième, cinquième, sixième, septième ou encore huitième. On se pose trop de questions et il y a certaines choses qu’on ne contrôle pas. »

Brennan Sonne (entraîneur d’Angers) : « Ça fait du bien de gagner dans cette patinoire. Avant un match contre Amiens, on sait que ça va être la guerre ! On en a parlé avant le match, il fallait bloquer les tirs, se faire mal pour dégager les palets, mettre mais aussi prendre des charges. C’est une vraie guerre parce qu’ils jouent de la bonne façon, en jouant dur. Je suis vraiment content, parce que venir à Amiens et prendre trois points, ça donne forcément le sourire.
Je suppose que gagner trois fois contre Amiens, c’est un bon signe pour mon équipe. Je regardais les statistiques entre les deux équipes avant le match, tout était très proches. Les occasions, les buts, les contres… C’était une série très proche. Il faut avoir parfois un peu de chance et quelques rebonds pour remporter trois matches dans une série aussi proche.
On prend un jour à la fois, et on reparlera de la saison quand elle sera terminée, le plus tard possible, je l’espère ! Après la trêve on jouera Bordeaux, ça ne sera pas simple. Les joueurs auront quelques jours pour qu’ils n’aient pas à m’écouter ou regarder de la vidéo, ça leur fera du bien. Après Bordeaux, on aura une autre coupure. C’est bien pour les joueurs de pouvoir récupérer. Ça les fatigue un peu d’avoir des meetings et de la vidéo tous les jours, donc je pense qu’ils étaient plus impatients que moi pour cette trêve ! »

Amiens – Angers 2-3 (0-0, 0-1, 2-2)
Dimanche 3 février 2019, 16h00 au Coliséum. 2800 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Jérémy Rauline assistés de Clément Goncalves et Thomas Caillot
Pénalités : Amiens 4′ (0′, 0′, 4′) ; Angers 6′ (0′, 4′, 2′)
Tirs : Amiens 42 (12, 16, 14) ; Angers 33 (10, 10, 13)

Évolution du score :
0-1 à 26’10 : Farnier asssisté de Campbell
0-2 à 40’52 : Farnier assisté de Bouchard et Campbell
1-2 à 47’27 : Giroux assisté de Bélisle et Halley
1-3 à 54’19 : Lacroix assisté de Bouchard et Coulombe [sup. num]
2-3 à 57’43 : Romand assisté de Maïa et West [sup. num.]

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Jérémie Romand
Spencer Edwards – Joey West – Rudy Matima
Pierre-Maxime Poudrier – Mario Trabucco – Bastien Maïa
Clément Garrido – Félix Plouffe – Thomas Suire

Défenseurs :
Jonathan Narbonne – Ondrej Smach
Léo Guillemain – Holden Anderson
Romain Bault – Louis Bélisle
Axel Prissaint

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Angers

Attaquants :
Maxime Lacroix- Clément Masson – Robin Gaborit
Cody Campbell – Loïc Farnier – Danick Bouchard
Matt Carter – Julien Aubert – Christopher Lawrence
Gauthier Gibert – Marius Serer

Défenseurs :
Gary Leveque – Kévin Igier
Patrick Coulombe – Arnaud Faure
Mathieu Gagnon – Marc-André Levesque

Gardien :
Florian Hardy

Les commentaires sont fermés.

On vous envoie quelques cookies, c'est juste pour suivre notre audience, vous pouvez refuser de les recevoir si vous le voulez ! AccepterEn savoir plus

elit. Aenean vel, commodo nunc ut