Les Blues égalisent

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Les Bruins ne sont plus qu’à trois victoires du sacre et restent sur huit victoires de suite. Pas question de laisser les Blues reprendre l’avantage de la glace au cours de ce match 2. La formation du Massachussets compte bien remporter sa septième coupe Stanley, et semble inarrêtable dans ces phases finales.

Le deuxième meilleur bilan de la NHL en saison régulière s’appuie sur son homme en forme : Tuukka Rask, le gardien finlandais, favori du trophée Conn Smythe. Au match 1, ce sont les hommes de l’ombre qui ont brillé, avec un but du défenseur rookie Connor Clifton et du quatrième ligne Sean Kuraly.

Du côté des Blues, il va falloir trouver la faille dans la défensive adverse, qui sait verrouiller la zone neutre et casser la vitesse adverse. Après avoir mené 2-0 dans le premier match de la série, la franchise du Missouri devra se montrer plus décisive. La pression repose sur les épaules du gardien rookie Jordan Binnington. Le jeune ailier Robert Thomas est forfait pour cette rencontre, même si le staff refuse d’y voir la conséquence d’une charge sévère infligée par Torey Krug.

Alors que Bill Belichick, coach des Patriots (NFL), agite le drapeau des Bruins avant le coup d’envoi et chauffe l’ambiance, les deux équipes montent sur la glace pour une rencontre qui s’annonce rugueuse.

Un premier tiers animé

Le match débute par un série de duels disputés. La première chance survient sur un échec-avant efficace de Barbashev. Il récupère un palet envoyé au fond et sert Maroon lancé, mais le natif de St. Louis ne parvient pas à reprendre avec suffisamment de puissance.

Les Blues tentent de s’imposer physiquement et d’exploiter leur avantage de taille et de poids, multipliant les contacts dans les bandes. Il y a de la vitesse, aussi : Blais accélère et déborde Krug, attaque la cage. Rask s’impose et le Québécois le percute. Les officiels signalent la première pénalité, contre St. Louis.

La sanction ne tarde pas. Dans la neutre, Sundqvist ne parvient pas à envoyer le palet au fond et les Bruins relancent. Leur changement de ligne perturbe le marquage des Blues. Jake DeBrusk accélère à gauche, attire deux joueurs et sert en retrait Charlie Coyle, tout seul plein axe, pour une reprise entre les jambes du gardien (1-0).

Les visiteurs cherchent alors à reprendre le contrôle. Une percée de Maroon permet à Schenn de lancer un tir dangereux, mais Rask ferme son poteau. Cela lance un temps fort en zone offensive qui finit par payer de manière curieuse. L’énorme travail de Maroon devant la cage masque Rask, et un tir de l’aile de Robert Bortuzzo trouve sur son chemin le genou de Grzelcyk. Le palet est dévié en hauteur et surprend le gardien finlandais (1-1). Deuxième but dans ces play-offs pour le défenseur Bortuzzo, pas vraiment réputé pour son offensive.

Sur l’engagement, la quatrième ligne de Bruins sape le moral adverse en reprenant l’avantage. Perron perd un palet en entrée de zone et les Bruins récupèrent. Kuraly, au fond, attire deux adversaires et sert en retrait Nordström, esseulé dans l’enclave. Ce dernier contrôle du patin et, tout en patience, dépose le palet derrière Binnington du revers (2-1).

L’élan des hommes de Berube semble brisé, tant Boston maîtrise le palet. Mais une contre-attaque change tout. McAvoy s’infiltre derrière la cage de Binnington mais perd le palet face à Schenn, et le disque remonte vers la bleue. Tarasenko récupère à droite. Marchand tente de le bloquer, et, ce faisant, expose l’aile opposée. Le Russe renverse vers Schwartz qui démarre en deux-contre-un. Ce dernier tire sur Rask, qui sauve mais Tarasenko récupère. Il feinte le gardien et Chara bloque, avant de réussir à prendre le rebond du revers au dessus de la botte (2-2).

St. Louis accentue sa puissance physique avec une série de mises en échec très appuyées. Et même trop appuyées : Sundqvist écrase Grzelcyk contre la bande et le défenseur, en mauvaise position pour recevoir la charge, s’écroule et reste au sol. Il doit être aidé pour rentrer au vestiaire, et le joueur des Blues est sanctionné de deux minutes. La défense résiste grâce à une pression intense sur le porteur du palet et rentre au vestiaire sur ce score de 2-2.

St. Louis appuie

Boston ne reprend qu’avec cinq défenseurs, Grzelcyk étant dirigé vers l’hôpital pour des examens. St. Louis tente d’exploiter cette situation et débute avec quelques présences longue durée en zone offensive afin d’épuiser les arrières des Bruins. Pietrangelo, Maroon puis Schwarz, lancent les premières banderilles vers la cage de Rask. Un nouveau tir de la bleue de Pietrangelo est repoussé, et, alors qu’Edmundson cherche un rebond, il est renversé par Clifton. Le défenseur de Boston concède deux minutes pour obstruction.

Le jeu de puissance de St. Louis se crée une bonne chance par Schenn au cercle gauche, puis une de Blais, qui ne cadre pas. Après sept minutes, Boston ne compte aucun tir dans ce tiers-temps, et subit la pression physique adverse – les Blues comptent le double de mises en échec. Le premier tir revient à Heinen du revers, et Binnington, son ancien coéquipier en AHL, gagne son duel.

L’intensité augmente encore : Bouwmeester met Backes au sol sur une charge régulière, et le vétéran réplique peu après sur Blais. À la mi-match, Boston parvient enfin à menacer Binnington avec un tir de McAvoy et un rebond dangereux.

Le jeu reste en majorité dans la zone défensive des Bruins. Steen voit son tir percuter la barre, mais, sur le contre de Boston, Edmundson fait trébucher DeBrusk et interrompt ce temps fort. Actifs avec leurs crosses, les joueurs des Blues se dégagent bien et empêchent les Bruins de s’installer durablement. La supériorité ne donne rien.

L’inversion des rôles ne tarde pas. Bozak reçoit la crosse de Clifton au visage et le défenseur des Bruins sort pour quatre minutes à cause d’une coupure. La pression monte, avec des essais de Tarasenko, Parayko, Maroon. Nordström sacrifie sa cheville pour bloquer un tir. Sur une attaque de Steen, Schwarz entre en collision avec le gardien et sort deux minutes à son tour, ouvrant un quatre-contre-quatre de 1’43, puis quelques secondes de jeu de puissance juste avant la fin du tiers. Un lancer de Clifton dans la mitaine de Binnington termine ce tiers-temps animé. Pas de but marqué, et une domination assez nette de St. Louis.

Boston recule

Le troisième tiers débute de la même manière. St. Louis vole un palet en entrée de zone et Schenn, servi en retrait, teste Rask. Les duels sont de plus en plus accrochés, et chaque contact puissant.

Les Blues insistent sur la cage de Rask, qui s’impose de près devant Schenn comme sur des tirs de loin de Pietrangelo ou de l’aile de Bouwmeester, et le rebond de Maroon. Auparavant, Tarasenko, dans l’axe, et Schwartz au cercle avaient eux aussi tenté leur chance.

Après cette dizaine de tirs, Acciari initie une rare offensive des Bruins, et Schenn se rend coupable d’un cinglage. Boston essaie de saisir sa chance. DeBrusk puis Krug et Coyle menacent Binnington, mais St. Louis revient au complet sans dommage.

Il reste une poignée de minutes et la partie reste indécise. Rask sauve du bras devant Maroon, puis, à 2’33 de la fin, Backes surprend la défense derrière la cage. Il trouve Bergeron dans l’enclave et il faut un Binnington concentré pour sauver les Blues. Quelques secondes plus tard, une séquence confuse dans la zone des Bruins aboutit à un tir puissant de Gunnarsson qui percute le montant de Rask !

Marchand puis Pastrňák dans l’axe répliquent dans la dernière minute côté Boston, Bozak côté Blues, mais rien n’y fait : prolongation !

Une première pour les Blues

Il faut remonter à 2016 pour voir un match de la finale de coupe Stanley aller en prolongation. St. Louis met le feu d’entrée, avec Blais, O’Reilly, Blais encore, Bozak… Les présences durent, épuisent la défense. Les Blues étouffent leur adversaire.

Alors que Acciari est puni, St. Louis appuie sur la pénalité différée. Le palet tourne, et finit sur la crosse de Gunnarsson à la bleue : le Suédois, qui avait frappé le poteau en fin de match, marque le premier but de sa carrière en playoffs, exploitant l’écran de Pietrangelo (2-3).

C’est la première victoire des Blues en finale de la coupe Stanley – ils avaient été balayés lors de leurs trois finales dans les années soixante.

Une victoire qui leur redonne l’avantage de la glace. Le public du Missouri n’a plus connu la finale depuis cinquante ans : l’ambiance s’annonce électrique !

St. Louis a su jouer avec son point fort : la puissance physique. Avec cinquante mises en échec dans le match, les Blues ont pilonné leur adversaire qui, réduit à cinq défenseurs, a peiné à sortir de sa zone. Il aura fallu de la patience, et la contribution de sources inattendues – Bortuzzo, Gunnarsson. Ce dernier avait promis un but à son entraîneur Craig Berubé lors d’une discussion, avant le début de la prolongation, aux… toilettes. Il faut croire que les urinoirs inspirent !

Boston Bruins – St. Louis Blues 2-3 après prolongation (2-2, 0-0, 0-0, 0-1)
Mercredi 29 mai 2019, 19h. TD Garden de Boston. 17565 spectateurs.
Arbitrage de Chris Rooney et Gord Dwyer assistés de Derek Amell et Scott Cherrey.
Pénalités : Boston 6′ (0′, 6′, 0′), St. Louis 10′ (4′, 4′, 2′)
Tirs : Boston 23 (8, 6, 9, 0), St. Louis 37 (10, 14, 9, 4)

Récapitulatif du score
1-0 à 04’44 : Coyle assisté de DeBrusk et Pastrňák (sup. num.)
1-1 à 09’37 : Bortuzzo assisté de Bozak et Gunnarsson
2-1 à 10’17 : Nordström assisté de Kuraly
2-2 à 14’55 : Taransenko assisté de Schwartz
2-3 à 63’51 : Gunnarsson assisté de O’Reilly et Sundqvist

Boston Bruins

Attaquants :
Brad Marchand (-1) – Patrice Bergeron (A, -1) – David Pastrňák (-1)
Jake DeBrusk – David Krejčí (A) – David Backes
Marcus Johansson (-2) – Charlie Coyle (-2) – Danton Heinen (-2)
Joakim Nordström (+1) – Sean Kuraly (+1) – Noel Acciari (+1)

Défenseurs :
Zdeno Chara (C, -1) – Charlie McAvoy (-1)
Torey Krug – Brandon Carlo
Matt Grzelcyk (-1) – Connor Clifton (6′, -1)

Gardien : Tuukka Rask
Remplaçant : Jaroslav Halák

Blessés : Chris Wagner (A, bras), Kevin Miller D, bas du corps), Urho Vaakanainen (D, commotion)
Réservistes notables : Lee Stempniak (A), John Moore (D), Steven Kampfer (D)

St. Louis Blues

Attaquants :
Jaden Schwarz (2′, +1) – Brayden Schenn (2′, +1) – Vladimir Tarasenko (A, +1)
Samuel Blais (2′) – Ryan O’Reilly – David Perron (-1)
Robby Fabbri – Tyler Bozak (+1) – Patrick Maroon (+1)
Ivan Barbashev (+1) – Oskar Sundqvist (2′, +1) – Alexander Steen (A, +1)

Défenseurs :
Joel Edmundson (2′, -1) – Alex Pietrangelo (C, +1)
Jay Bouwmeester (+1) – Colton Parayko
Carl Gunnarsson (+2) – Robert Bortuzzo (+1)

Gardien : Jordan Binnington
Remplaçant : Jake Allen

Blessé : Robert Thomas (A, poignet), Vince Dunn (D, haut du corps)
Réservistes notables : Chris Thorburn (A), Zach Sanford (A), Michael Del Zotto (D)

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