Les Blues manquent leur chance

317

St. Louis est décidément prêt à faire la fête : un journal local a même brièvement publié sur son site Internet un message de remerciements à ses abonnés en provenance du propriétaire Tom Stillman, pour célébrer le titre… Message rapidement retiré, mais à l’heure des réseaux sociaux, il a eu le temps de bien circuler.

Les Blues devront toutefois se méfier d’une équipe revancharde : la coupe Stanley a beau être dans les murs, elle est loin d’être acquise. Les milliers de fans sur Market Place attendent cela depuis cinquante ans et l’atmosphère est électrique. Dans la patinoire, c’est pire : le billet le moins cher se vendait 2019 dollars (2500 de moyenne) soit le deuxième événement sportif le plus cher de l’histoire du sport américain, plus cher que quatre des derniers Superbowls ! Charles Green, le chanteur de l’hymne national victime de maladie, entonne alors pour la dernière fois le « Star Spangled Banner », après une vingtaine d’années de présence.

Boston a très mal digéré l’oubli arbitral du faire trébucher sur le but gagnant au match 5. Bruce Cassidy revient à six défenseurs seulement, et aligne en attaque Karson Kuhlman en deuxième ligne, pour sa première apparition en finale. L’ailier n’a pas joué depuis le 30 avril et devra vite plonger dans le bain.

Du côté des Blues, Ryan O’Reilly et Zach Sanford sont en feu. Ce dernier n’avait pas commencé la finale mais son jeu sur les quatre derniers matchs s’est révélé crucial. O’Reilly pour sa part compte sept points sur les quatre derniers matchs. On retrouve dans l’alignement Robert Thomas, le talentueux attaquant de 19 ans, de retour après quelques matchs d’absence, à la place d’Ivan Barbashev, suspendu. Le gardien débutant Jordan Binnington a brillé aux matchs 6 et 7 dans ces playoffs (4 victoires, 94% d’arrêts) et arrive en pleine confiance.

Le jeu de puissance, encore décisif

Boston remporte la première mise au jeu et lance sa première incursion offensive. Noel Acciari tente un revers qui file juste à côté. De l’autre côté, un échec-avant intense de Maroon permet de récupérer un palet dans le coin. Bozak récupère et attaque la cage, forçant Rask à un premier arrêt.

Après moins de trois minutes, Kuraly concède deux minutes après avoir envoyé le palet au-dessus du plexiglas. L’excellent jeu en infériorité de Boston (94,7% de réussite sur les douze derniers matchs) repousse le jeu vers la périphérie. Un tir de la bleue met le feu dans l’enclave et Rask repousse Schwarz et Schenn à bout portant. Les Bruins survivent, mais sont menés 5-1 aux tirs.

Les Blues insistent avec un échec-avant agressif, enchaînant les mises en échec. Les présences sont de plus en plus longues dans la zone de Boston, qui parvient à éviter un barrage de tirs malgré tout.

Le temps fort s’achève sur une charge dans le dos de Brayden Schenn sur Joachim Nordström, qui lui vaut deux minutes. En infériorité, Ryan O’Reilly vole un palet et s’échappe, mais en perd le contrôle au moment de tirer. Le vétéran commet ensuite une erreur en dégageant du revers au-dessus du plexiglas, laissant son camp 58 secondes à trois contre cinq. Premier tournant du match…

Binnington sauve devant Krug mais le palet reste en zone. Brad Marchand le reçoit au cercle droit et sa volée se révèle trop rapide pour le gardien (0-1).

La peste des Bruins est un porte-bonheur : son équipe a remporté 24 matchs de playoffs sur 25 lorsqu’il marque… Il reste alors plus d’une minute de pénalité à tuer, ce que la défense parvient finalement à faire.

Boston a repris confiance avec ce but. Krejčí et DeBrusk combinent sur une mise au jeu et il faut la mitaine de Binnington pour tenir le score.

Les Blues finissent par retrouver du rythme. Bozak échange avec Maroon, qui reprend juste à côté. Puis, une longue passe de Bouwmeester permet à O’Reilly de contrôler à droite et placer en retrait Perron pour une volée stoppée par le gardien. La pression monte, avec O’Reilly et Sanford qui chassent le palet en zone offensive. Perron et Chara bataillent devant la cage et le capitaine des Bruins est puni de deux minutes.

Parayko débute par un tir puissant dans l’axe après un féroce duel dans le coin. Les dernières secondes du tiers ne changent pas le score : Boston résiste et tient un avantage de 1-0. Le jeu de puissance efficace de Boston a pris le dessus sur celui des Blues.

Un tiers fermé

Dès la reprise, Tarasenko chauffe la mitaine de Rask d’un tir masqué. Puis, Maroon reçoit une passe de Thomas dans l’enclave qu’il ne parvient pas à reprendre correctement. De l’autre côté, une passe longue distance de McAvoy lance Heinen en un-contre-un. Pietrangelo sauve le coup en levant la crosse de l’ailier des Bruins juste avant qu’il ne décoche son tir.

Les joueurs de Bruce Cassidy verrouillent bien la partie et ne concèdent pas grand chose dans ce deuxième tiers. Mais à mi-période, Marchand embarque la jambe de Pietrangelo : pénalité logique, et troisième supériorité pour St. Louis.

Maroon déborde à gauche et trouve Parayko devant la cage. La déviation file hors cadre. Dunn expédie un tir puissant au centre, que Rask repousse sur le côté. Pietrangelo reprend du revers sur le poteau, et le Finlandais parvient on ne sait comment à repousser la tentative qui avait rebondi sur son dos – avec l’aide de McAvoy. Tarasenko, avec déviation de Perron, puis O’Reilly de près : rien ne passe.

Quelques minutes plus tard, les officiels punissent McAvoy pour une faute sur Tarasenko, qui avait profité d’un revirement en entrée de zone. La défense brille encore et Boston revient au complet.

Après ces quelques minutes sur le reculoir, Boston manque de peu de doubler la mise. Binnington se montre agile sur une tentative de DeBrusk, pour le premier tir subi depuis dix minutes. Krug, avec Krejčí à l’affût du rebond, teste lui aussi le gardien. Un ultime tir de Pastrňák sur un rebond clôture le tiers : domination stérile des Blues, et Boston s’accroche à son maigre avantage.

Les Bruins gâchent la fête

St. Louis cherche à revenir d’entrée mais peine à construire. Pire, un palet revient sur Carlo au point d’appui et le tir du défenseur flotte, rebondit et piège Binnington (0-2). De quoi scier les jambes des joueurs locaux, et éteindre complètement le public.

Bien placés défensivement, les Bruins détruisent le jeu adverse. Le palet ne sort guère des bandes, où ils épuisent leur adversaire en les forçant à des duels intenses. Les tirs se font rares.

À mi-période, Boston tue la partie. Le rookie Karson Kuhlman, décalé par Krejčí, lance en tête de cercle et son tir termine sa course sous l’angle de la transversale, pour le premier but de sa carrière en playoffs (0-3). C’est le 21e joueur à marquer pour Boston dans ces phases finales.

Sonnés, les Blues tentent tout de même de revenir. Le capitaine Pietrangelo donne l’exemple avec un tir de l’aile. Le palet revient vers O’Reilly, qui contrôle un disque bondissant et reprend : Rask repousse de la jambière en grand écart. Quelques secondes plus tard, la sirène retentit et les officiels vérifient la vidéo : le palet a franchi la ligne de justesse (1-3). Huit minutes à jouer et rien n’est joué.

Binnington tient le score sur un tir d’Acciari en deux-contre-un, consécutif à un changement de ligne trop lent des Blues. Ces derniers reprennent le contrôle du jeu et poussent, avec un nouveau tir de Parayko dévié, que Rask maîtrise encore.

À force de se découvrir, les joueurs du Missouri craquent. Pietrangelo et Dunn perdent des duels au fond. Kuraly récupère, sert Marchand devant le but qui décale Pastrňák. Le Tchèque fixe Binnington et creuse l’écart (1-4).

Pas d’autre choix que de sortir le gardien pour un attaquant, ce que Craig Berube décide à quatre minutes de la fin. Chara, de son camp, achève les espoirs cage vide deux minutes plus tard (1-5).

Boston a encore fini fort : dans ces playoffs, les Bruins ont marqué 33 buts contre 19 encaissés au troisième tiers. Cette expérience a clairement fait la différence ce soir, dans une rencontre parfaitement maîtrisée. Un but en supériorité, le point fort de l’équipe, au premier tiers, a été suivi d’un travail défensif remarquable, relayé par un gardien au sommet de son art.

St. Louis a-t-il laissé passer sa chance ? Trop de nervosité à domicile ? La coupe Stanley sera décernée dans le Massachussets, où les joueurs de Craig Berubé ont gagné deux matchs sur trois. Rien n’est joué… même s’ils ont subi une douche froide. Ce sera le premier match 7 en finale de coupe Stanley depuis 2011 : Boston avait alors battu Vancouver aux matchs 6 et 7…

St. Louis Blues – Boston Bruins 1-5 (0-1, 0-0, 1-4)
Série à égalité 3-3.
Dimanche 9 juin 2019, 19h. Enterprise Center de St. Louis. 18890 spectateurs.
Arbitrage de Chris Rooney et Gord Dwyer assistés de Derek Amell et Scott Cherrey.
Pénalités : St. Louis 20′ (4′, 0′, 16′), Boston 10′ (4′, 4′, 2′)
Tirs : St. Louis 29 (9, 10, 10), Boston 32 (12, 8, 12)

Récapitulatif du score
0-1 à 08’40 : Marchand assisté de Pastrňák et Krug (doucle sup. num.)
0-2 à 42’31 : Carlo assisté de DeBrusk
0-3 à 50’15 : Kuhlman assisté de Krejčí
1-3 à 52’01 : O’Reilly assisté de Pietrangelo et Perron
1-4 à 54’06 : Pastrňák assisté de Marchand et Kuraly
1-5 à 57’41 : Chara (cage vide)

St. Louis Blues

Attaquants :
Jaden Schwartz (-1) – Brayden Schenn (2′, -1) – Vladimir Tarasenko (A, -2)
Zach Sanford – Ryan O’Reilly (2′, +1) – David Perron
Samuel Blais (4′, -1) – Tyler Bozak (-2) – Patrick Maroon (-2)
Oskar Sundqvist (-1) – Robert Thomas (-2) – Alexander Steen (A)

Défenseurs :
Carl Gunnarsson (+1) – Alex Pietrangelo (C, -3)
Jay Bouwmeester – Colton Parayko
Robert Bortuzzo (2’+10′) – Vince Dunn (-3)

Gardien : Jordan Binnington
Remplaçant : Jake Allen

Réservistes notables : Chris Thorburn (A), Michael Del Zotto (D), Robby Fabbri (A), Joel Edmundson (D), Ivan Barbashev (A, suspendu)

Boston Bruins

Attaquants :
Brad Marchand (2′, +1) – Patrice Bergeron (A, -1) – David Pastrňák
Jake DeBrusk (+2) – David Krejčí (A, +2) – Karson Kuhlman (+2)
Marcus Johansson – Charlie Coyle (+2) – Danton Heinen
Joakim Nordström – Sean Kuraly (2′, +1) – Noel Acciari

Défenseurs :
Zdeno Chara (C, 2′, +1) – Charlie McAvoy (2′)
Torey Krug (+2) – Brandon Carlo (+3)
John Moore – Connor Clifton (2′)

Gardien : Tuukka Rask
Remplaçant : Jaroslav Halák

Blessés : Chris Wagner (A, bras), Kevin Miller D, bas du corps), Urho Vaakanainen (D, commotion), Matt Grzelcyk (D, commotion). Réservistes notables : Lee Stempniak (A), Steven Kampfer (D), David Backes (A)

Les commentaires sont fermés.

Donec commodo venenatis, odio consequat. pulvinar eleifend