Le regard des Bleus : Damien Fleury (3/5)

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Troisième volet de nos cinq interviews de joueurs de l’équipe de France : le 13 mai dernier, le capitaine Damien Fleury répondait aux questions de Brice Voirin et d’Hockey Archives, au lendemain des premiers matchs du Championnat du monde contre le Danemark et contre les États-Unis.

Retrouvez les épisodes précédents : Anthony Rech | Thomas Thiry

Photo Michel Bourdier

Comment as-tu débuté le hockey ?

J’étais jeune d’après ce qu’on m’a dit. J’ai regardé un match à deux ans et demi, et apparemment j’étais à fond. Mes parents ont vu que j’aimais ça et que j’étais à fond dedans, du coup ils ont contacté le club de Caen. J’ai essayé et j’ai jamais arrêté.

Quelle est ta préparation à l’intersaison ?

Pendant l’intersaison chacun se prépare différemment, cela dépend dans quel club tu signes. À l’étranger tu as rendez-vous trois semaines à un mois après la fin de la saison. On s’entraîne tous ensemble. Pour ma part, je rentrais chez moi à Caen et je me préparais avec mon propre préparateur physique tout l’été. Je partais en club pour le début de la saison. Pendant la saison chaque club a un préparateur physique, c’est de plus en plus professionnel. On a un programme en fonction des matchs, chacun à un programme différent tout au long de l’année.

J’ai eu la chance de jouer dans différentes ligues. Quand je suis allé en Russie, c’était vraiment à l’ancienne. Je me souviens, on se levait le matin, avant le petit déjeuner, on avait rendez-vous et on allait courir. On rentrait à l’hôtel pour un déjeuner. Puis, patinoire et entraînement pendant 1h30 à 1h45 puis salle de musculation. On enchaînait avec un repas, et un autre entraînement. On allait ensuite courir cinq kilomètres. C’était l’armée. C’était une expérience, c’était pas évident tous les jours.

Je me suis vraiment développé quand je suis arrivé en Suède, des entraînements intensifs mais vraiment ciblés. C’était différent de ce que j’avais connu. Quand un joueur allait un peu moins bien, il avait son programme personnalisé. En Russie, c’était pour tout le monde pareil. En France, on est plus proche de la Suède que de la Russie.

À Grenoble on a la chance d’avoir un bon préparateur physique et on en profite. Il est à l’écoute des joueurs. Dès qu’on a un pépin physique il adapte notre programme. Ça c’est vraiment bien oui.

On parle de plus en plus de l’importance de la nutrition. Certaines équipes ont même des nutritionnistes dédiés, des programmes personnalisés. Et de ton côté ?

Non, pas de régime particulier. Je fais attention à ce que je mange et avec l’expérience je sais ce que je peux manger et ce que je dois éviter.

Par exemple, un jour de match : viande blanche et pâtes, et la veille également. Les autres jours, je fais comme je veux en restant raisonnable.

Depuis l’étranger, arrivais-tu à suivre le hockey français ?

J’ai toujours suivi le hockey français, le club de Grenoble c’est vraiment mon club de cœur. Je suis heureux d’être retourné là-bas. En plus j’ai pas mal de potes qui jouent en France donc forcément je les suis.

Le hockey moderne donne de plus en plus d’importance à de nouveaux outils. Vidéo, stats avancées… Qu’en penses-tu ?

Oui, c’est développé en Russie et en Suède mais en France aussi. Nous avons beaucoup travaillé au niveau des stats, c’est vrai que ça aide beaucoup. Quand tu as une stat sur un gardien et que tu sais qu’il prend 40% de ses buts entre les jambes par exemple. Tu le sais avant le match donc quand tu arrives devant lui tu le sais et ça joue sur ton jeu.

Avant un match, as-tu une routine particulière ou des superstitions ?

Oh oui. Ça dépend de chaque joueur. En ce qui me concerne, c’est toujours faire ma sieste à la même heure et la terminer à la même heure. Ça dépend si on est à la maison ou à l’extérieur mais j’ai mes routines de collation, de faire mon massage à telle heure avant le match. On a tous nos superstitions.

Et un grigri avant de rentrer sur la glace ?

Oui j’en ai plus d’un ! Par exemple, avant le match contre le Danemark, j’ai pété les plombs parce que j’ai perdu mon marqueur fétiche. C’est vraiment dans la tête.

Avant un match, quelle musique écoutes-tu ?

En direction de la patinoire : I hope ; Whatever it takes. Très souvent les mêmes.

Le hockey féminin se développe bien en France, est-ce que tu suis un peu ?

C’est bien ce qu’elles font, d’être en élite c’est top. On parle de plus en plus d’elles et c’est bien parce qu’elles le méritent. Nous on galère avec 3 journalistes, ça fait mal au cœur. Mais je ne sais pas si le fait qu’elles soient en élite aide le hockey français sur le plan médiatique malheureusement.

 

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