Brest – Neuilly-sur-Marne (Division 1, 2e journée)

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Les Albatros ne décollent pas.

Premier match de la saison au Rïnkla Stadium ce soir entre deux équipes qui ont manqué leur reprise en Division 1 la semaine passée. Battus par un but fatal dans les ultimes minutes, Albatros et Bisons ont pour objectif de réagir afin d’engranger leurs premiers points. Ces deux formations comptent parmi les meilleures et les plus régulières du championnat ces dernières saisons. Leurs affrontements sont toujours une affiche prometteuse où l’avantage de jouer à domicile se fait souvent ressentir sur le résultat final. Neuilly parvient à s’imposer face à Brest en Seine-Saint-Denis mais n’a pas remporté de rencontre au Rïnkla Stadium depuis la finale en 2011.

L’intersaison a marqué la fin d’une ère en Bretagne, celle de Sylvain Codère, et le début d’une autre. Le vétéran Nicolas Favarin est désormais aux commandes de l’équipe brestoise dans une position, rare de nos jours, d’entraîneur-joueur. Pour le recrutement, un chemin différent de son prédécesseur a été choisi. Plus de trace de joueurs canadiens dans l’effectif. Une première depuis la saison 2007-2008 ! Un seul Nord-Américain (Alex Corvi) figure dans l’alignement.

Les réseaux du nouveau coach sont visiblement axés davantage vers l’Europe de l’Est avec l’arrivée d’un contingent de cinq Slovaques. Ces derniers ne sont déjà plus que quatre après le départ, la veille de ce match, de l’ancien joueur du HOGLY Edmund Piačka. Le noyau de Français a été conservé (les frères Avenel, Gréverend, Motreff, Thos, Bernier) auxquels se sont joints quelques tricolores notamment le jeune défenseur Oscar Conil (formé à Villard-de-Lans comme Favarin).

Au final l’alignement ne compte que six joueurs étrangers. Les temps changent, Brest compte dorénavant moins de joueurs étrangers qu’une équipe comme Mont-Blanc ! À vrai dire seule l’équipe de Caen en a moins avec cinq joueurs non-JFL.

Le changement principal se trouve dans les ambitions affichées par le club. Il n’est plus question d’objectif de titre et de montée (même si elle paraissait peu réalisable) mais d’une « simple » qualification en play-off. Un changement radical de discours voire inédit à ce niveau. Brest n’a en effet jamais fait moins bien qu’une qualification en demi-finale en Division 1. On peut même dire que, hormis en Super 16 et lors du dernier passage en Ligue Magnus, Brest a toujours eu pour ambition de jouer le haut de tableau. Mais le club n’a peut-être plus les moyens de ses ambitions et entame un virage raisonnable face à une Ligue Magnus difficilement accessible depuis le passage à un calendrier de quatre-quatre matchs.

Frank Spinozzi a lui aussi remanié en partie son équipe et a d’ailleurs vu les Bretons faire leur marché chez lui. Pas moins de trois joueurs ont troqué les couleurs nocéennes pour celles de Brest en la personne de Quentin Jacquier, Edgars Dikis et Dominik Gabaj. Les déboires du club de Lyon créent même une situation un peu plus cocasse puisque Quentin Berthon et Jules Breton, coéquipiers il y a encore quelques jours, se retrouvent adversaires ce soir. Ils ont respectivement signé cette semaine avec Brest et Neuilly.

Sur un ton plus léger mais un peu nostalgique tout de même, c’est aussi la fin de l’ère Dinger. La mascotte faisait partie des éléments nouveaux apportés par Sébastien Oprandi. Elle avait à sa façon contribué à redynamiser le club en assurant le spectacle sur la glace et dans les tribunes. Sa cote de popularité n’était plus à démentir, notamment auprès du jeune public. Elle est remplacée par Alby au costume moins encombrant mais dont le regard perçant risque de faire peur à plus d’un enfant !

Fraîchement revenus au complet après une pénalité précoce (1’01’’) tranquillement tuée, les Bisons cueillent à froid leurs adversaires et ouvrent la marque par Saliji. Le Slovaque est le premier sur un mauvais rebond laissé par Surek (0-1 à 3’25’’). Les débats sont équilibrés mais il n’y a pas d’occasions franches jusqu’à la prison écopée par Valier (15’14’’). Brest égalise en supériorité en profitant des espaces créés par la chute d’un Nocéen. La palette du capitaine Jonathan Avenel est à la réception devant le demi-cercle de Sopko de la passe millimétrée de son frère Graham (1-1 à 16’11’’). Une égalisation qui anime la fin de tiers mais la marque est inchangée.

Tout juste débarqué dans la cité du Ponant, Quentin Berthon donne ses premiers coups de patins dans le tiers intermédiaire. Neuilly s’affirme néanmoins dans cette période en concrétisant sa seule supériorité numérique par Janneteau en embuscade devant un Surek à nouveau auteur d’un rebond coupable (1-2 à 25’06’’). À sa décharge, ce dernier avait néanmoins retardé l’échéance peu avant face à Fiddler et Saliji (24’27’’).

Le but du break intervient après une période où les Albatros semblaient refaire surface mais où ils n’ont pas su capitaliser leurs temps forts notamment sur une pénalité de Giorgi (28’57’’). Suite à un duel perdu en zone neutre par Jonathan Avenel, Neuilly entre en nombre en zone offensive. Maxence Auvitu, après un tour de cage, effectue une remise astucieuse devant le but repris d’une belle pichenette par Dordet qui marque en hauteur (1-3 à 32’18’’).

Pas avares d’efforts, les Bretons reviennent à une longueur promptement sur un lancer mi-hauteur de Graham Avenel côté bouclier. Après un moment de flottement et de discussions, le corps arbitral finit par accorder le but (2-3 à 33’53’’).

Les Albatros restent néanmoins derrière au score au buzzer, et de manière plutôt logique car ils n’ont globalement pas été assez tranchants. Les choses ne s’améliorent pas pour eux dans l’ultime tiers où le chrono défile avec un jeu qui s’étiole. La supériorité obtenue par un retenir la crosse de Radek Mika (46’40’’) se heurte au box-play visiteur à l’image de Dordet qui n’hésite pas à aller challenger pour bloquer les lancers (47’).

Le coup est parfait pour les Bisons qui reprennent le large juste après avoir tué cette pénalité. La manière est un peu gaguesque puisque c’est un Brestois qui marque presque contre son camp en contrant un palet et en tombant près du but, gênant ainsi Surek dans ses mouvements et laissant un boulevard à Dubé qui n’a plus qu’à pousser la rondelle (2-4 à 48’44’’).

La fin de match est marquée par des frictions. Dordet se rend coupable d’un coupage qui blesse Valecko. Dimitri Motreff n’hésite pas à venir à la rescousse de son coéquipier et s’en prend au Nocéen. À l’issue de la bagarre, les deux joueurs écopent tous les deux d’une pénalité de 25 minutes avec un bonus de deux minutes au visiteur pour son coupage (51’42’’). À nouveau, les Albatros ne profitent absolument pas de cet avantage numérique avec un seul lancer adressé sur la cage de Sopko.

Les carottes semblent cuites après la pénalité pour coup de genou sifflée à l’encontre de Graham Avenel (56’13’’). Brest tue néanmoins la prison et s’offre un ultime sursaut sur une action chaude qui échoue sur le poteau de Sopko (58’35’’). Mais le score en reste là.

Les Bisons empochent leur première victoire à Brest depuis huit ans et c’est mérité. Les Albatros, visiblement encore en rodage, n’ont pas été assez tranchants notamment sur les temps forts que représentent les avantages numériques. Au vu de l’effectif actuel, il est clair que les Albatros ne peuvent plus s’appuyer sur des individualités telles un Kivimäki ou Joanette pour faire la différence. C’est pourquoi il est impératif d’avoir un collectif réglé au millimètre pour espérer faire quelque chose dans ce championnat homogène. Mais l’équipe se cherche encore. Il faudra pourtant réagir vite car un déplacement périlleux s’annonce à Cholet pour la troisième journée.

Joueurs du match : Graham Avenel (Brest), Joe Dubé (Neuilly-sur-Marne).

 

Brest – Neuilly-sur-Marne 2-4 (1-1, 1-2, 0-1)
Samedi 21 septembre 2019 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 701 spectateurs.
Arbitrage de Marie-Tjana Picavet assisté de Jérémy Metais et Tom Leonard.
Pénalités : Brest 35′ (4’, 2’, 4’+25’), Neuilly-sur-Marne 44′ (6’, 2’, 11’+25’).
Tirs : Brest 11 (6, 4, 1), Neuilly-sur-Marne 19 (7, 9, 3).

Évolution du score :
0-1 à 03’25’’ : Saliji assisté de Dubé et Safar
1-1 à 16’11’’ : J. Avenel assisté de G. Avenel et Favarin (sup. num)
1-2 à 25’06’’ : Janneteau assisté de Safar (sup. num)
1-3 à 32’18’’ : Dordet assisté de Auvitu
2-3 à 33’53’’ : G. Avenel assisté de Balaz
2-4 à 48’44’’ : Dubé
 

Brest
Attaquants :
Dominik Gabaj – Quentin Jacquier – Jonathan Avenel (C)
Marcel Balaz – Graham Avenel – Dimitri Motreff
Alex Corvi – Nathan Bernier – Anthony Laurent puis Quentin Berthon à 20’

Défenseurs :
Edgars Dikis – Gaëtan Cannizzo
Aurélien Gréverend (A) – Tomas Valecko
Oscar Conil – Nicolas Favarin (A)

Gardien :
Martin Surek (sorti à 58’35’’)

Remplaçants : Julien Gaubert (G), Serge Toukmatchev, Johann Bayrou. Absent : Nicolas Thos (blessé).

Neuilly-sur-Marne
Attaquants :
Valere Vrielynck – Brody Silk – Jérémie Janneteau
Joe Dubé – Maxence Auvitu – Samir Saliji
Todd Fiddler – Leyland Plaire – [alternance Vrielynck /Janneteau]
Maxime Dordet – Benoît Valier – Rayan Belharfi

Défenseurs : (rotation à sept)
Jules Breton – Jan Safar
Radek Mika – Cam Marks
Zac Tierney – Thomas Giorgi
Martin Ropert

Gardien :
Ramon Sopko

Remplaçant : Rodolphe Brunetti (G). Absents : Clément Lallemand, Romain Neil.

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