Gap – Amiens (Ligue Magnus, 16e journée)

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Ce soir Gap accueille l’AFFICHE de cette 16e Journée de Ligue Magnus. Il s’agit en effet des deux équipes les plus performantes du moment sur les cinq derniers matchs. Toutes deux ont accumulés 13 points sur 15 possibles.

À domicile, Gap n’est par contre que 9e mais surfe sur une série de trois victoires consécutives sur sa glace. Rouen, Chamonix et Nice ont été défaits. Le système monté par Éric Blais commence à prendre forme et peut s’appuyer sur la meilleure défense du championnat (28 buts en 15 matchs) ainsi que le plus petit nombre de tirs concédés (333). Pour couronner le tout, Sebastian Ylönen se pose comme le meilleur gardien actuellement avec 93,2% d’arrêts.

En face, l’adversaire est très solide, dauphin du championnat, et se présente comme un sérieux client ! Le test vaudra de l’or pour déterminer les capacités maximales du moment des Rapaces. Les Gothiques présentent un écueil redoutable avec la 2e performance en voyage derrière Grenoble. Les Picards sont « fatals » avec 4 victoires sur les 5 derniers déplacements dont les 3 points pris sur le glaçon de Rouen, Anglet et Grenoble.

Le portier international Henri-Corentin Buysse est toujours en forme avec 91% d’arrêts. Son back-up Lucas Savoye tient lui aussi sa place dans le groupe depuis 3 saisons mais n’a joué pour le moment qu’une seule rencontre. En défense, il faut d’abord souligner l’effort sur l’effectif très français avec le capitaine Romain Bault, Thomas Roussel (490 matchs en LM), Axel Prissaint mais aussi le junior gapençais Yohann Coulaud parti intégrer l’organisation de formation amiénoise. Le rideau défensif est renforcé par les Canadiens Louis Belisle et l’ex-Gapençais Dan Gibb qui, lui, apporte de la taille et du poids. Enfin, le Finlandais Kai Lehtinen conclut cet alignement. Formé à Espoo, il a la particularité de présenter des fiches assez « propres » donc relevant son niveau qualitatif sur la glace.

Le point fort des amiénois repose sur une offensive, pour le moment, de très grande qualité et efficacité (premier jeu de puissance de la ligue avec 26%). Amiens a inscrit 21 de ses 53 buts en powerplay. Cet équipe n’envoie pas le plus de shoots (441) mais place son efficacité en tête de la ligue (53 buts soit 12% sur les tirs produits). Les trois plus gros dangers reposent en ce moment sur Philippe Halley (23 points), actuel meilleur compteur avec Alex Aleardi (Grenoble) et Rolands Vigners (Mulhouse). Il faudra aussi surveiller le canadien Tommy Giroux (22 points) et enfin le solide et géant Jérémie Romand (9 buts), 2e meilleur buteur avec Phillipe Halley et derrière Rolands Vigners (10 buts). Le groupe compte aussi sur trois universitaires nord-américains et des joueurs issus du centre de formation local (Bruche et Matima). Ensuite le club donne du temps de glace aux jeunes récupérés du centre de formation du HC74 (Plagnat et Suire). Enfin, le Rémois Florian Sabatier, qui a établi son record personnel en ligue Magnus à Nice (36 points), ne sera pas disponible ce soir.

Arrivée de dernière minute, le club a signé le Canadien Francis Drolet, aligné pour la première fois ce soir. Cet infatigable joueur a enchaîné le titre de champion de D1 avec Briançon (55 points en 38 matchs) et ensuite embrayé sur le championnat australien. Il est allé jusqu’aux demi-finales avec les Newcastle Northstars et a terminé 4e meilleur compteur (55 points en 29 matchs). Amiens est paré pour imposer sa force offensive et tenter de perforer le verrou gapençais. L’affiche s’annonce passionnante.

La partie démarre en vitesse. Mickevics déborde mais voit son tir percuter la mitaine de Buysse. Le palet continue sa course hors cadre (0’19). Il y a beaucoup d’intensité, et Gap fait un excellent départ. En deux passes, Jekimovs reprend la rondelle devant la cage, mais il est gêné et le puck percute la base du poteau (3’30). La première pénalité est sifflée contre Lehtinen. Mickevics reprend en one timer avec énormément de puissance, mais la mitaine de Buysse est rudement solide (5’32). Gagnon s’essaie ensuite et son tir oblige Buysse à un arrêt en deux temps. Même si les Rapaces échouent dans ce power-play, ils continuent à maintenir le jeu à l’avant.

La partie est orientée dans le même sens et Gap s’échine à remonter les palets pour tenter de se faire une place dans le slot. Par contre, devant leur gardien, les défenseurs amiénois ne lâchent rien et ne laissent aucun espace. Dans l’autre direction du jeu, Amiens éprouve des difficultés et ne peut que shooter que de loin. Gap est bien place mais les Gothiques obtiennent malgré tout une pénalité en leur faveur avec une crosse haute de Pascal. Ils prouvent qu’ils ont bien le meilleur jeu de puissance. Bélisle, de la bleue, envoie à la cage et Romand dévie devant Ylönen, tout près des poteaux. La deuxième occasion est la bonne, le tir à mi-distance de Halley traverse le portier gapencais (12’34 : 1-0).

Le match a basculé et c’est maintenant Amiens qui impose son rythme en « squattant » la zone offensive. Les Gothiques terminent fort et s’installent définitivement à l’avant. Gap s’accroche et éprouve les pires difficultés pour sortir proprement de sa zone. Les duels sont gagnés par les blancs qui privent les bleus de palets. En fin de tiers, Ylönen évacue le palet le long de la bande mais Belisle est le plus prompt à le récupérer et c’est Romand qui conclut d’un tir sur le gardien (18’51).

Gap a bien commencé, mais Amiens a démontré une terrible efficacité et a donné du physique avec beaucoup de patinage pour s’imposer sur la glace.

Dés le coup d’envoi du deuxième tiers, Correia part directement pour effectuer un tour de cage et replacer le palet sur Buysse (20’15). Amiens reprend son pressing très haut et provoque l’erreur. Une mauvaise passe gapençaise en sortie de zone se transforme en caviar. Yohan Coulaud reçoit la passe adverse, plein axe, et fusille Ylönen (22’48 : 0-2)

Les Gapençais ne sont pas abattus pour autant et continuent leur travail insatiable pour revenir au score. Melisko, seul, tir dans les bottes de Buysse lors d’une supériorité. Les Gothiques jouent avec le feu en concédant une nouvelle pénalité pour un cinglage de Plagnat, mais leur jeu en infériorité, rudement efficace, permet d’annihiler le jeu gapençais. Même dans le slot, il n’y aucun espace libre. Le jeu défensif repousse les attaquants au loin et ne concède que des lancers éloignés et pas forcément cadrés pour minimiser le danger. Le pouvoir de nuisance des blancs est en fonctionnement intégral, Buysse faisant le reste pour bloquer et dévier les shoots.

Dans le jeu, Amiens est en avance sur les courses au palet. Chaque équipe contre et se projette rapidement vers l’avant et malgré tout, Gap parvient à contenir les assauts et Ylönen est très solide pour bloquer le peu de shoots à subir. Amiens se contente donc, de priver de puck les gapençais sur les conquêtes. Panique en fin de période avec le pressing haut qui perturbe la relance gapençaise. Le palet revient dans les palettes amiénoises. La zone défensive des bleus est cernée et il faut que Gutierrez se couche à terre pour bloquer une chaude situation (39’11). Gap s’en sort et obtient le droit de jouer une nouvelle supériorité après une faute de Bélisle.

La dépense d’énergie a été énorme pour seulement conquérir le palet. Le rideau défensif amiénois n’a laissé que peu d’espace et a repoussé les Rapaces à envoyer le palet à la cage en dehors du slot. Le dispositif associé à la vitesse de jeu assombrit les espoirs gapençais dans ce match.

Gap termine la pénalité en début de troisième période mais sans porter de réel danger. C’est au retour au complet que Melisko trouve la barre (42’40). Côté amiénois, Belisle, sur un jeu de puissance, envoie un palet sur Ylönen sur une reprise tendue (45’16). La partie semble immuable et les minutes passent sans que le compteur ne semble vouloir évoluer. Gap sent l’urgence du temps qui passe et accentue sa pression en zone offensive. À force de ténacité, les Rapaces se rapprochent de la cage adverse, multiplient les conquêtes et les tirs. Amiens s’accroche et bloque les tirs. Dans une forêt de crosses et de patins, les Gapençais conservent le puck et Guertin parvient à s’arracher et à se décaler pour remettre la rondelle dans la cage (46’18 : 1-2).

Gap a poussé et provoqué sa chance. Maintenant le vent a tourné et les Rapaces redoublent d’intensité pour revenir dans la partie. Sur une situation de quatre contre quatre, les bleus redoublent d’efforts et augmentent leur pressing. Amiens répond physiquement pour repousser les assauts. Mais après une mise au jeu en zone offensive, Melisko s’infiltre et trouve l’espace pour placer la rondelle dans les filets (49’21 : 2-2)

Gap amplifie son jeu tout en vitesse mais le contre est emmené rapidement par Suire et transmet à Francis Drolet qui bat Ylönen (50’49 : 2-3).

Gap ne désarme pas, force son jeu, provoque la faute. Mais sur les deux supériorités consécutives, le jeu a des ratés et Guertin rate une occasion devant la cage. Amiens est solide et parvient à tenir le choc. Henri-Corentin Buysse est mis en difficulté avec des lâchés de palets. Mais Gap s’épuise, il n’empêche que les Gapençais s’arrachent pour tenter l’égalisation. Eric Blais prend son temps mort et sort le gardien. Les bleus donnent tout mais il n’y a plus d’essence dans le moteur ! Gap aura tout tenté !

Ce fut un match de très haute intensité et Amiens a prouvé sa valeur. Les Rapaces ont affronté l’une des meilleures équipes de ce championnat, capable de dextérité et impressionnante sur son jeu en intensité et de d’impact. L’alchimie entre les jeunes et les étrangers expérimentés fonctionne à merveille. Ameins a impressionné ce soir. Mais les Gapençais n’ont pas à rougir car ils ont tout donné et réussi à revenir dans la partie. Mais à ce niveau, aucune erreur n’est envisageable et l’efficacité doit être à son maximum.

Ce test face à ce bloc nordiste permet de voir des jours meilleurs pour les Gapençais. Il faudra compter sur Gap pour les places d’accessit aux play-offs. La trêve internationale est la bienvenue pour reposer le groupe.

Meilleurs joueurs : Henri-Corentin Buysse (Amiens) et Mathieu Guertin (Gap)

Réactions d’après match :

Éric Blais (entraîneur de Gap) : « Il a manqué un peu de précision dans les tirs, de présence devant la cage. On a fait notre match, il ne faut pas oublier qu’Amiens est l’équipe qui peut, je pense, aller au bout cette année. (…) C’est une grosse cylindrée du championnat, ils jouent de fort belle façon, ils jouent simple mais c’est efficace. Tu ne peux rien leur concéder. (…) Je suis très content de la réaction de mon équipe au début du troisième tiers, on a fait ce qu’il fallait pour recoller au score. Même en sortant le gardien, on a tenu deux minutes sans prendre de but. (…) On a fait preuve de beaucoup de caractère mais on a encore des choses à bosser, je le répète. (…) J’ai trouvé des petits points où il faut améliorer notre jeu et c’est ce à quoi on va s’atteler dès le retour de la trêve. (…) on est en progrès et puis la confiance ne sera pas affectée avec cette défaite-là. »

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Gap est une très bonne équipe qui patine beaucoup avec beaucoup d’intensité, comme les dernières années. Nos deux équipes se ressemblent, elles sont bâties sur l’intensité et pour nous c’est encore le cas cette année (…) Les deux équipes ont profité des erreurs, il n’y a pas une équipe qui est parfaite. Et c’est l’équipe qui réussit à marquer plus de buts sur les erreurs de l’adversaire qui l’emporte. C’est aussi simple que ça ! Il faut t’en créer le moins possible pour donner le moins de chance à l’adversaire. (…) On a une équipe jeune comme le p’tit Coulaud, un p’tit gars de Gap qui a marqué son but. C’est une belle chose. Ce soir j’ai décidé de mettre nos trois jeunes ensemble en sachant qu’ici à Gap, normalement il y a une ligne de trois jeunes aussi. Je voulais les faire jouer l’une contre l’autre. Ça n’a pas été le cas tout le long du match mais comme on a des équipes avec des alignements qui se ressemblent avec beaucoup de jeunes, c’est ce que je voulais (…) On peut s’améliorer au niveau du système. Il y a beaucoup de choses à améliorer. Depuis le début de saison il y a beaucoup de blessures, ça continue, donc les trios changent constamment, c’est difficile. (…) On compose avec ça et les gars répondent bien ».

Gap – Amiens 2-3 (0-1, 0-1, 2-1)
Vendredi 1er novembre 2019 à 20h30 – Alp’arena. 2467 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli et Marie-Tjana Picavet assistés de Gwilherm Margry et Joris Barcelo.
Pénalités : Gap 18′ (2’, 2’, 4’+10’) ; Amiens 12′ (2’, 4’, 6’).
Tirs : Gap 29 (9, 6, 14) ; Amiens 20 (8, 8, 4).
Mises au jeu : Gap 30 (10, 8 , 12) ; Amiens 18 (7, 4, 7).

Évolution du score
0-1 à 12’34 : Halley assisté de Giroux et Verrier (sup. num.)
0-2 à 22’48 : Coulaud assisté de Bruche et Bélisle
1-2 à 46’18 : Guertin assisté de Correia et Mickevics
2-2 à 49’21 : Melisko assisté de Gagnon et Correia
2-3 à 50’49 : Drolet assisté de Suire et Matima
 

Gap

Attaquants :
Arturs Mickevics – Romain Gutierrez (C) – Julien Correia
Roberts Jekimovs – Fabien Colotti – Dimitri Thillet (A)
Paul Schmitt – Roman Vondracek – Romain Chapuis
Paul Joubert – Mathieu Guertin

Défenseurs :
Matthieu Gagnon – Raphaël Faure (A)
Alexandre Pascal – Charles Schmitt
Jakub Melisko – Arnaud Faure
Étienne Boutet

Gardien :
Sebastian Ylönen

Remplaçant : Jimmy Darier (G). Absents : Fabien Bourgeois (blessure au bras), Jesse Juntheikki (choix du staff), Victor Ranger.

Amiens

Attaquants :
Jérémie Romand – Philippe Halley – Tommy Giroux
Cain Fransson – Jérôme Verrier – Michael Babcock
Rudy Matima – Francis Drolet – Thomas Suire
Baptiste Bruche – Antonin Plagnat – Axel Prissaint

Défenseurs :
Romain Bault (C) – Thomas Roussel (A)
Dan Gibb – Kai Lehtinen
Louis Bélisle – Yohan Coulaud

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Remplaçant : Lucas Savoye (G). Absents : Spencer Edwards (bas du corps, retour 2020), Joey West (œil, retour 2020), Florian Sabatier.

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