Depuis la trêve, les Brûleurs de Loups n’ont pas perdu. Ils ont enchaîné quatre succès contre Briançon (7-2), Mulhouse (6-2), Bordeaux (6-5) et plus récemment à Anglet (3-2) mardi. Une période qui peut sembler faste mais qui a été agitée dans le vestiaire grenoblois. Mécontent de l’indiscipline de son équipe, Edo Terglav a tapé du point sur la table en sanctionnant les joueurs coupables de pénalités liées à des contestations d’arbitrage. Après Manavian et Valier contre Bordeaux, c’est Fleury et Rohat qui en ont fait les frais mardi contre Anglet. Mais pour la réception de Rouen, le coach grenoblois a choisi d’aligner tous ses joueurs disponibles, seul Maxime Legault manquant toujours à l’appel. Vainqueurs aux tirs au but du premier affrontement face aux Dragons à l’île Lacroix (4-3), les Brûleurs de Loups reçoivent une équipe rouennaise en difficulté cette saison. Seulement quatrièmes au classement, les Rouennais n’ont pas la régularité des années précédentes. Battus à Mulhouse (4-1), ils ont réagi en battant successivement Anglet (7-0) puis Gap (3-2). Ce remake de la finale de la saison dernière permettra de situer un peu mieux l’état de forme des deux équipes.

Après une longue interruption du jeu suite au remplacement d’un plexiglas défectueux, les débats peuvent reprendre. La coupure profite à Grenoble puisque sur une très belle action en zone offensive, Fabre place une accélération qui lui permet de se présenter face à Pintaric. Ce dernier repousse mais Fabre parvient à récupérer son propre rebond pour servir Fleury en retrait qui feinte le tir pour coucher Pintaric et mettre le palet dans la cage vide (2-0, 11’06). Ce but permet à Grenoble de faire le break et de prendre l’ascendant dans cette rencontre. La réaction normande tarde à venir et à l’inverse c’est le troisième but grenoblois qui aurait pu être marqué sur un tir en deux temps de Joël Champagne qui voit le palet longer la ligne de but sans rentrer.


Rouen tente plus offensivement que lors de la première période mais se fait souvent surprendre par des contre-attaques grenobloises à l’image de celle de Rohat qui laisse en retrait à Fleury dont le tir est détourné difficilement par Pintaric. Les Brûleurs de Loups arrivent par moment à maintenir le palet dans la zone offensive en faisant circuler le palet. Sur l’une de ces phases de domination, un lancer de McEachen est dévié au passage par Tartari qui prend Pintaric à contre-pied (4-0, 26’59). Les Brûleurs de Loups s’échappent au tableau d’affichage et continuent de maintenir la pression sur une équipe rouennaise curieusement apathique ce soir. Thinel essaie de montrer l’exemple avec une belle passe contrôlée par Lampérier. Mais sur chaque attaque, les Grenoblois sont dangereux et arrivent facilement à mettre en difficulté la défense rouennaise : Valier laisse le palet en retrait pour Sacha Treille qui manque de peu sa reprise en bonne position face à la cage.

Les Rouennais essaient de porter le danger en zone offensive avec Thinel et Lampérier. Mais sur une bonne action en zone offensive d’Aleardi, Treille se fait accrocher par Bastien Maïa. Le power-play grenoblois est vite installé, Aleardi rate de peu le doublé en manquant sa reprise à bout portant. Puis c’est Bisaillon qui tente sa chance sur un lancer lointain bloqué par Pintaric. C’est finalement Damien Fleury qui fait la différence en récupérant le palet en entrée de zone. Il accélère, se fait contrer par Roy mais parvient à rabattre le palet avec le gant dans sa crosse pour déjouer Pintaric d’une feinte à bout portant (5-1, 38’29). Un petit bijou qui efface la « boulette » d’Horak et permet à Grenoble de rentrer au vestiaire avec une avance confortable de 4 buts.

Hardy est un peu trop insistant sur Maïa le long de la bande mais le power-play rouennais est moins rodé ce soir et Grenoble parvient à tuer assez facilement la pénalité. De retour à cinq, les champions de France se contentent essentiellement de gérer leur avance au tableau d’affichage alors que les Dragons semblent avoir renoncé vu l’ampleur du score. Gaëtan Richard doit réaliser tout de même un premier arrêt délicat face à Joël Champagne, bien décalé par Kearney. Il remet ça en sortant une belle mitaine en extension face à Vincent Kara sur un nouveau contre grenoblois. Le jeu se rééquilibre dans les dernières minutes sans que le score n’évolue…

À l’inverse, les Rouennais ont été en dessous de tout sur ce match, étant souvent en retard sur le repli défensif et ne mettant pas l’intensité exigée sur ce type de match. À l’image de Pintaric, pas dans un grand soir et qui a laissé sa place en cours de match, ils ont rendu une pâle copie qui n’est conforme à leur standing. De quoi les replonger dans les doutes émis depuis le début de saison ? Rouen en tout cas reste décroché à la quatrième place et devra rebondir dans une semaine à Nice. Avant cela, Grenoble cherchera à enchaîner avec une sixième victoire consécutive du côté de Gap dimanche.
Désignés meilleurs joueurs du match : Damien Fleury (Grenoble) et Bastien Maïa (Rouen)
(Photos de Philippe Crouzet)
Commentaires d’après-match :
Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’était un bon match de hockey, avec tout ce dont on a parlé depuis une semaine, les choses auxquelles il faut faire attention. Le hockey c’est un sport de momentum. Quand tu donnes le momentum à l’équipe, c’est là que tu retournes dans le match, tu peux marquer un ou deux buts. On n’a pas vu ça les quatre derniers matchs où on avait trop donné ou pris de mauvaises pénalités… Aujourd’hui au contraire on était discipliné, un peu plus patient, on ne forçait pas trop les choses. C’est ça qu’on demande aux joueurs de faire. C’était un bon match de tout le monde. Je suis bien content pour les gars. Une saison de hockey c’est comme ça, il y a des hauts et des bas. Il y a beaucoup de joueurs ici qui peuvent jouer. Pour moi c’est important que je mette la meilleure équipe sur la glace. Avec ce qu’on a fait depuis une semaine, je pense que le message était passé. Et ça va être comme ça maintenant jusqu’à la fin de l’année, c’est à eux maintenant d’avoir leur place dans l’équipe. Et quand on joue comme il faut, que tout le monde est là, on performe. Ça fait plaisir de le voir sur la glace. Tout le monde a joué le jeu, tout le monde était présent, on voit beaucoup d’émotion. On voit le nombre de shoots qu’on a bloqués, c’est notre identité, c’est nous. Après il y aura des matchs où on sera moins bien, on joue trois matchs par semaine depuis le début de saison. Le rythme est intense, il faut qu’on garde les petites choses, qu’on soit constant. C’est un match référence côté discipline. On se concentrait sur nous, on jouait simple, on bougeait bien le puck, on allait à la cage quand c’était le moment. Quatre blocs qui faisaient la même chose… On a beaucoup travaillé sur le power-play depuis deux trois semaines. On cherchait les cinq joueurs sur la glace qui allaient faire du jeu. Trois buts sur trois occasions, c’est très rassurant et ça donne beaucoup de confiance pour les joueurs aussi. »

Julien Baylacq (attaquant de Grenoble) : « C’est vrai que depuis le début de saison, on cherchait un match avec une intensité pendant soixante minutes, on avait du mal à le trouver. Et je pense que ce soir, malgré le troisième tiers qui a été un peu moins bien si on fait la fine bouche, on fait vraiment un bon match dans l’ensemble. Au troisième tiers, on s’est plus concentré à bloquer la défense mais dans l’ensemble c’est vraiment une bonne performance d’équipe. Si j’avais un peu plus de mains, on aurait fini avec un peu plus de buts sur la glace, mais sur notre ligne le coach nous fait confiance tant qu’on joue de la bonne manière. Ce soir on a prouvé qu’on était capable de faire ça avec le but de Christophe et toutes les occasions qu’on a pu se créer. On n’a pas donné trop de chances à Rouen, c’est sûr que c’est une bonne satisfaction pour nous trois. Mais les quatre lignes ont fait le job et c’est plaisant de jouer dans une équipe comme ça avec quatre grosses lignes qui peuvent amener chacune leur pierre à l’édifice. Ça fait très longtemps qu’on a des lacunes que ce soit que sur l’infériorité ou le power-play, on n’en marquait pas énormément sur nos avantages numériques et on en prenait beaucoup par rapport aux saisons d’avant où c’était une de nos forces. Cette année, même si on ne les jouait pas si mal, on en prenait trop. Ne pas prendre de but face à Rouen en infériorité et en marquer trois en supériorité, c’est de bon augure parce que c’est beaucoup de travail et ça paie ce soir. On a eu beaucoup de remises en question ces derniers temps sur notre façon de jouer, notre implication, qu’elle soit physique ou tactique. Et quand on joue de cette manière-là, on sait que peu d’équipes peuvent nous résister et c’est à nous de le montrer. »
Patrick McEachen (défenseur de Grenoble) : « C’est sûr qu’il y a eu un déclic, surtout en avantage numérique. On était dans le mal, pendant trois matchs on n’avait pas marqué du coup ce soir on a changé les deux unités, et apparemment ça a marché puisqu’on était à trois pour trois. Et deux de mes trois passes, c’était des passes simples et ce sont les autres qui ont mis des bons buts. Donc j’ai profité de leurs bons shoots ce soir. Même si on est sur une série de matchs gagnés, quatre ou cinq depuis la trêve, on n’était pas à notre meilleur niveau sauf contre Bordeaux. Mais ce soir c’était notre meilleur match du début à la fin, les quatre blocs, les six défenseurs, même Lukas malgré sa petite passe. C’était vraiment un très bon effort et il n’y a que du positif qu’on peut prendre de ce match. Ça donne un petit avantage psychologiquement mais plutôt pour les matchs qui arrivent plutôt que pour les play-offs… Il y a encore vingt matchs à jouer donc on ne pense même pas à ça. Mais c’est sûr que ce soir on voulait un message à la Ligue pour montrer qu’on est l’équipe la plus forte. »
Grenoble – Rouen 6-1 (3-0, 2-1, 1-0)
Vendredi 22 novembre 2019 à 20h à Pôle Sud. 3845 spectateurs.
Arbitrage de Julien Peyre et Alexandre Hauchart assistés de Nicolas Constantineau et Guillaume Gielly.
Pénalités : Grenoble 4’ (2’, 0’, 2’), Rouen 6’ (2’, 2’, 2’).
Tirs : Grenoble 35 (16, 12, 7), Rouen 22 (9, 7, 6).
Évolution du score :
1-0 à 03’34 : Treille assisté de Hardy et Sauvé
2-0 à 11’06 : Fleury assisté de Fabre et Bisaillon
3-0 à 19’51 : Aleardi assisté de Hardy et McEachen (sup. num.)
4-0 à 26’59 : Tartari assisté de McEachen et Sauvé
4-1 à 34’25 : Maïa
5-1 à 38’29 : Fleury assisté de Champagne et Bisaillon (sup. num.)
6-1 à 42’28 : Hardy assisté de Aleardi et McEachen (sup. num.)
Grenoble
Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Adel Koudri
Sacha Treille – Peter Valier – Alex Aleardi
Dylan Fabre – Damien Fleury (A) (2’) – Sébastien Rohat
Julien Baylacq – Christophe Tartari (A) – Vincent Kara
Défenseurs :
Kyle Hardy (2’) – Sébastien Bisaillon
Yann Sauvé – Patrick McEachen
Teddy Trabichet – Antonin Manavian
Gardien :
Lukáš Horák
Remplaçant : Sébastien Raibon (G). Absents : Maxime Legault (genou), Aurélien Dair.
Rouen
Attaquants :
Nicolas Deschamps – Anthony Guttig (A) – Bastien Maia (2’)
Joël Caron – Nicolas Ritz – Quentin Tomasino
Loïc Lampérier (A) – Maurin Bouvet – Marc-André Thinel
Joris Bedin – Juha Koivisto – Vincent Nesa
Défenseurs :
Kévin Dusseau (2’) – Chad Langlais
Pierre Crinon – Atte Mäkinen (2’)
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Gardien :
Matija Pintaric puis Gaëtan Richard à 42’28’









































