Suisse – Russie (Mondial junior 2020, quart de finale)

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Les Russes ont terminé en troisième position du « groupe de la mort », et ils doivent donc se déplacer pour le quart de finale dans le deuxième site de compétition, la ville sidérurgique de Trinec, dont les cheminées d’usine ne les dépayseront pas tant que ça par rapport à ce qu’ils peuvent connaître au pays dans de semblables cités ouvrières. Ils restent favoris face à la Suisse, mais celle-ci, en battant les champions du monde finlandais pour s’emparer de la deuxième place de poule, a démontré qu’il ne faudrait pas la négliger.

Après son entrée ratée à ce niveau de compétition, le jeune talent Yaroslav Askarov a finalement récupéré la place de titulaire dans les cages russes. Et il signe un arrêt absolument déterminant après sept minutes de jeu, un excellent réflexe face à une reprise du capitaine suisse Tim Berni seul face à lui. Une ouverture du score helvétique aurait sûrement changé le cours du match. Pour autant, les autres occasions de la première période sont toutes russes. Mais la Nati est bien en place, très compacte en zone neutre, et tient le score juste à la pause.

Dès le début du deuxième tiers-temps, la Suisse est pénalisée pour un surnombre. Grigori Denisenko lance à la cage en voyant que Dmitri Voronkov est parfaitement placé pour conclure face au gardien Luca Hollenstein. La Suisse ne profite pas ensuite de son propre jeu de puissance, mais elle égalise peu après sur une mise au jeu en zone offensive : un but venu de nulle part, où Gaëtan Jobin arrive à s’emparer du palet dans l’enclave, à se faufiler entre les défenseurs russes Galenyuk et Pylenkov puis à prendre son propre rebond. Tout redevient donc possible à 1-1.

La Suisse joue alors à fond sa carte maîtresse en patinant à fond. Cela lui permet de gêner les constructions russes et de se procurer quelques contre-attaques. Mais elle finit peut-être aussi par ne plus pouvoir tenir ce rythme. Il suffit d’un repli défensif défaillant et le Russes sont surnuméraires à 4 contre 2. Se sentant sans doute en minorité, le défenseur Janis Moser laisse Aleksandr Khovanov lui passer devant et se placer au second poteau, où il reprend un caviar de Grigori Denisenko (1-2). Ce duo Denisenko-Khovanov avait été appelé à plus d’intensité par leur coach Valeri Bragin après le dernier match de poule contre l’Allemagne. Il a répondu aujourd’hui en étant présent dans tous les buts.

Depuis l’entraînement d’hier, le staff russe avait tenté d’intervertir les positions de Denisenko et Khovanov car leurs tirs sur réception ne fonctionnaient pas jusqu’ici. Mais quand les Suisses enchaînent deux pénalités en fin de période (accrocher de Schmid et crosse haute de Verboon deux secondes après la fin de la prison précédente), les deux hommes retrouvent leur place logique : le droitier Denisenko dans le cercle gauche (à la Ovechkin), et le gaucher Khovanov à droite. Ils participent tous deux à une magnifique combinaison en losange, d’un cercle à l’autre en passant par Zamula à la ligne bleue, permettant à Khovanov de trouver Voronkov une fois de plus seul devant la cage.

Avec deux buts d’avance, la Russie était plus tranquille. Elle s’est juste inquiétée quand les arbitres se sont concertés en début de troisième période après un cinglage de Podkolzin, comme s’ils évaluaient une possible expulsion définitive. Ils n’ont finalement infligé que deux minutes de pénalité, qui se sont transformées en quatre minutes d’infériorité après une rudesse de Kruglov. Les hommes de Bragin ont passé ce moment difficile et sont donc les premiers à valider leur billet pour les demi-finales. Une qualification somme toute logique : c’est une équipe techniquement plus talentueuse que les Suisses, qui sait passer les deux lignes bleues en contrôle du palet et dispose de belles combinaisons.

Désignés joueurs du match : Luca Hollenstein pour la Suisse et Yaroslav Askarov pour la Russie.

Commentaires d’après-match

Valeri Bragin (entraîneur de la Russie) : « Nous travaillons ensemble avec [l’entraîneur-adjoint Igor] Larionov sur les avantages numériques. Nous avions vu que ce serait plus efficace de revenir aux positions initiales de Denisenko et Khovanov et que l’autre schéma ne fonctionnait pas. Notre supériorité numérique n’est pas mauvaise, c’est juste qu’il faut tirer ou passer au bon moment. Le premier but est venu d’un lancer et sur le second, Voronkov se démarque bien au poteau opposé. Le plus important, c’est que nous avons joué calmement, en mode travail. Nous avons bien travaillé en infériorité. Il y a toujours des pénalités inutiles, les joueurs eux-mêmes en parlent entre eux. Les émotions débordent. Je pense qu’Askarov restera titulaire, oui. »

Thierry Paterlini (entraîneur de la Suisse) : « Nous avons eu des occasions et le jeu est resté équilibré jusqu’à la mi-match. À 1-1, j’ai eu pendant un court moment le sentiment que le match pouvait basculer de notre côté. Mais nous avons pris le deuxième but en contre-attaque parce que nous avons joué trop profondément en zone offensive et que nous n’avons pas pu revenir. Ensuite, nous avons pris trop de pénalités et elles nous ont coûté beaucoup d’énergie. L’équipe russe est très forte. Les Finlandais étaient probablement un peu plus rapides, mais les Russes sont puissants, ils ont un bon powerplay et un excellent gardien. »

 

Suisse – Russie 1-3 (0-0, 1-3, 0-0)
Jeudi 2 janvier 2020 à la Werk Arena de Trinec. 3158 spectateurs.
Arbitrage de Michael Campbell (CAN) et Lassi Heikkinen (FIN) assistés de Vit Lederer (TCH) et Tobias Nordlander (SUE).
Pénalités : Suisse 14′ (2′, 6′, 6′), Russie 10′ (2′, 4′, 4′).
Tirs : Suisse 15 (3, 7, 5), Russie 36 (10, 15, 11).

Évolution du score :
0-1 à 21’12 : Voronkov assisté de Denisenko et Aleksandrov (sup. num.)
1-1 à 27’08 : Jobin assisté de Salzgeber
1-2 à 34’07 : Khovanov assisté de Denisenko
1-3 à 38’13 : Voronkov assisté de Khovanov et Zamula (sup. num.)

Suisse (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Gian-Marco Wetter (4′) – Sandro Schmid (2′) – Fabian Berri
Gilian Kohler – Valentin Nussbaumer (-1) – Matthew Verboon (2′)
Kyen Sopa – Joel Salzgeber (+1) – Jeremi Gerber
Gaétan Jobin – Stéphane Patry – Simon Knak
Julian Mettler [1 présence]

Défenseurs :
Tim Berni (C, 2′) – David Aebischer
Bastian Guggenheim (2′) – Janis Moser (A)
Rocco Pezzullo – Nico Gross (A)

Gardien :
Luca Hollenstein [sorti de 56’48 à 58’13]

Remplaçant : Stéphane Charlin (G). En réserve : Mika Henauer (blessé), Akira Schmid (G).

Russie

Attaquants :
Grigori Denisenko (C, 2′) – Aleksandr Khovanov – Egor Sokolov
Pavel Dorofeyev – Ivan Morozov (2′) – Nikita Alexandrov
Kirill Marchenko – Dmitri Voronkov – Vasily Podkolzin (A, 2′)
Nikita Rtishchev – Maksim Sorkin – Ilya Kruglov (2′)

Défenseurs :
Aleksandr Romanov (A) – Danila Galenyuk (-1)
Daniil Pylenkov – Yegor Zamula (+1, 2′)
Danil Mysul – Danila Zhuravlyov

Gardien :
Yaroslav Askarov

Remplaçants : Amir Miftakhov (G), Anton Malyshev (D), Maksim Groshev (A). Réserviste : Daniil Isayev (G).

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