Suède – Russie (Mondial junior 2020, demi-finale)

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La Suède, qui a gagné toutes ses rencontres en phase de poules comme depuis 13 ans (!), arrive maintenant dans sa phase critique, elle qui n’a été médaillée qu’une fois dans les cinq dernières années. Elle a été impressionnante jusqu’ici avec des défenseurs très solides et des attaquants efficaces, mais n’a pas encore été poussée dans ses retranchements. Son adversaire en demi-finale, la Russie, n’a pas eu de match facile jusqu’ici parce qu’elle était dans un groupe beaucoup plus relevé.

Les Suédois remportent les deux premières mises au jeu. La seconde, par Gustafsson en zone offensive, sert Rasmus Sandin à la ligne bleue. Evgeni Askarov, dont le point faible sous la mitaine avait été révélé au premier match, la baisse cette fois un petit peu… et voit le lancer de Sandin passer au-dessus de son gant (1-0). Un cinglage d’Holtz sur la main de Misyul en zone neutre gâche ce début de match idéal des jaunes. La Russie perd encore l’engagement et met du temps à revenir en zone offensive. Elle y est gênée dans les bandes par une défense suédoise agressive… mais Ivan Morozov finit par recevoir dans le cercle droit un palet en retrait de Podkolzin. Son tir fuse alors entre les bottes du gardien Hugo Alnefelt (1-1).

Faisant face à une mise en échec de Denisenko devant le banc russe, Nils Hoglander lève le coude vers la tête du joueur russe (geste qu’il avait déjà commis avec Rögle il y a trois mois en SHL) : le meilleur marqueur du tournoi se fait alors expulser du match dès la cinquième minute de jeu ! En plus, la Suède doit faire face pendant cinq minutes pleines à un jeu de puissance russe pleinement retrohvé depuis le quart de finale. Le tarif de ces cinq minutes est d’un but : après un tir axial de Nikita Alexandrov, Aleksandr Khovanov est tout seul à droite pour prendre le rebond. Et il aurait très bien pu être de deux buts car Alnefelt signe un arrêt décisif sur un tir de Morozov à bout portant. La Suède s’en sort donc presque bien.

La Suède essaie de reprendre le contrôle du palet dès qu’elle revient à 5 contre 5, mais l’occasion majeure suivante est encore russe avec un tir à mi-distance de Marchenko. Peu après, Hugo Alnefelt sort au-devantL’ailier des Eagles du Cap-Breton tire alors en angle fermé alors que le malheureux gardien n’a pas eu le temps de se replacer.

Mais ce match a trop de rebondissements pour en rester là. Romanov donne une charge avec la crosse dans le dos d’Oberg et la Suède joue pour la première fois en avantage numérique. Elle lance au but et récupère les palets sur les rebonds jusqu’à ce que Samuel Fagemo batte Askarov à mi-hauteur côté plaque (2-3). Askarov rate ecore un arrêt de la mitaine, le palet glisse entre ses jambes… et le défenseur Zhuravklyov le sauve in extremis sur la ligne !

La Russie se procure un 2 contre 1. La crosse du défenseur touche mais n’arrête pas la passe de Sokolov pour Denisenko, qui se présente seul devant la cage mais voit sa crosse cinglée par un net coup de crosse de Lundkvist : une pénalité « utile » pour une fois. La Suède défend jusqu’à la sirène qui met fin à un premier tiers haletant pour les spectateurs… et horrible pour les gardiens !

Au début du deuxième tiers, Hugo Alnefelt pare du gant un rebond de Voronkov pendant le restant de la pénalité. Le capitaine russe Grigori Denisenko qui part en prison, mais l’infériorité est renversée par un surnombre suédois (Sandin monte sur la glace mais personne ne sort car ses collègues se percutent) et Altenfelt doit multiplier les arrêts-réflexes, en particulier du bras droit face à Denisenko. On revient à 5 contre 5 et Aleksandr Romanov confirme, par un magnifique retour défensif, qu’il est vraiment un espoir de tout premier plan au poste d’arrière.

La Russie subit le jeu à égalité de joueurs, et se montre aussi indisciplinée. Khovanov lève le coude au visage d’Albin Eriksson devant le banc suédois et prend 2’+10′. Ramsus Sandin marque pour la seconde fois dans la lucarne du côté mitaine d’Askarov, qui a toutefois la vue nettement bouchée (3-3). Un « faire trébucher » sanctionne une charge avec la hanche de Broberg sur un joueur qui n’a plus le palet, sans conséquence. Denisenko dribble Sandin qui l’accroche et part en prison pour la première fois du tournoi : Alsenfelt signe alors un réflexe fantastique pour parer avec la crosse un tir de Morozov, décalé en cage ouverte par le maître passeur Pavel Podkolzin. Un arrêt tellement incroyable que les arbitres consultent longtemps la vidéo pour le vérifier – ou le contempler !

Les Suédois s’installent de manière répétée à 5 contre 5 au début du troisième tiers-temps. Norlinder cherche la déviation de Berggren, que Sorkin fait trébucher. L’avantage numérique est converti en 21 secondes : un lancer de la bleue de Nils Lundkvist dans le trafic passe encore du côté de la mitaine d’Askarov, à mi-hauteur (4-3). Un but fatal à l’espoir déjà déchu, substitué par Amir Miftakhov.

La Russie n’a pourtant pas abandonné. Elle retrouve plus de dynamisme dans son patinage. Une belle mise en échec d’Aleksandr Romanov en défense ouvre la voie à une transition rapide : Egor Sokolov échange le palet avec Khovanov et trouve un trou derrière Alsenfelt (4-4). Le score passe même près de basculer complètement de nouveau quand Marchenko prend son propre rebond : son tir est détourné par le bras d’Alsenfelt et le palet retombe juste du mauvais côté du poteau. La Russie a repris le dessus, tient la zone neutre et ne concède plus de tirs pendant huit minutes. Miftakhov, froid au possible, est solide sur sa seule intervention.

Russes et Suédois partent en prolongation, comme lors de leurs deux précédentes confrontations dans les Mondiaux juniors. Les défenseurs Rasmus Sandin et Nils Lundkvist contrôlent bien le jeu et servent de très belles passes depuis la ligne bleue. Mais ce même Sandin – qui a participé à tous les buts de son équipe – est isolé après un changement de lignes et se fait déposer en un contre un par l’accélération diagonale d’Egor Morozov, qui peut venir marquer le but gagnant à mi-hauteur (4-5).

La Suède, une fois de plus, est éliminée quand ça compte vraiment après un premier tour parfait. Elle a concédé bien trop de pénalités en début de match, dont l’expulsion de son meilleur joueur. On a bien cru qu’elle s’en remettrait, et elle a effectivement repris l’avantage, mais les forces abandonnées au passage ont sans doute manqué après l’égalisation russe quand elle n’a pu été en mesure de maintenir son jeu de possession.

La Russie se qualifie dans un match qui aura beaucoup refroidi les attentes autour de Yaroslav Askarov : porté au pinacle après sa prestation au tournoi Hlinka en août, le gardien de 17 ans est redescendu sur terre tout aussi vite. La remise en question liée à sa sortie au premier match du tournoi a peut-être laissé des traces. Sa mitaine paraissait trembler quand il attendait les tirs, comme s’il n’était plus du tout confiant dans son positionnement. Il n’est pas prêt à effacer psychologiquement les mauvais buts encaissés, ce que son vis-à-vis plus calme Alsenfelt a mieux fait. Rongé par le doute, il devenait plus facile à perturber par le trafic. Mais il est notoire que les gardiens se développent lentement, et on en a peut-être trop demandé à un gardien si jeune. Amir Miftakhov, le gardien de Kazan, a moins fait parler de lui mais paraît bien plus sûr à 19 ans et demi. C’est probablement lui qui devra emmener vers l’or cette équipe russe dotée d’individualités redoutables.

Désignés joueurs du match : Rasmus Sandin pour la Suède et Egor Sokolov pour la Russie.

Trois meilleurs joueurs suédois du tournoi selon leur entraîneur : Rasmus Sandin, David Gustafsson et  Samuel Fagemo.

Trois meilleurs joueurs russes du tournoi selon leur entraîneur : Egor Zamula, Dmitri Voronkov et Grigori Denisenko.

Suède – Russie 4-5 après prolongation (2-3, 1-0, 1-1, 0-1)
Samedi 4 janvier 2020 à 15h00 à l’Ostravar Arena. 8693 spectateurs.
Arbitrage de Fraser Lawrence (CAN) et Kristian Vikman (FIN) assistés de Markus Hägerström (FIN) et Chad Huseby (CAN).
Pénalités : Suède 35′ (4’+5’+20′, 6′, 0′, 0′), Russie 18′ (2′, 4’+10′, 2′, 0′).
Tirs : Suède 25 (7, 11, 5, 2), Russie 44 (16, 16, 9, 3).

Évolution du score :
1-0 à 00’16 : Sandin assisté de Gustafsson
1-1 à 03’04 : Morozov assisté de Podkolzin et Dorofeev (sup. num.)
1-2 à 05’40 : Khovanov assisté d’Aleksandrov et Denisenko
1-3 à 12’05 : Sokolov
2-3 à 14’54 : Fagemo assisté de Lundkvist et Sandin (sup. num.)
3-3 à 31’02 : Sandin assisté de Fagemo et Nassen (sup. num.)
4-3 à 44’25 : Lundkvist assisté de Sandin et Nassen (sup. num.)
4-4 à 48’35 : Sokolov assisté de Khovanov
4-5 à 63’24 : Morozov assisté de Podkolzin et Voronkov

Suède (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Samuel Fagemo (-1) – David Gustafsson (A) – Nils Höglander (+1, 5’+20′)
Nikola Pasic – Oskar Back (-1) – Jonatan Berggren (-1)
Lucas Raymond (-1) – Karl Henriksson (-1) – Alexander Holtz (2′)
Linus Nassen – Linus Öberg – Hugo Gustafsson (-1)
Albin Eriksson

Défenseurs :
Rasmus Sandin (A, 2′) – Victor Söderström (+1)
Adam Ginning (C) – Nils Lundkvist (-2, 2′)
Tobias Björnfot – Philip Broberg (-1, 2′)
Mattias Norlinder

Gardien :
Hugo Alnefelt

Remplaçant : Jesper Eliasson (G). Réserviste : Erik Portillo (G).

Russie

Attaquants :
Grigori Denisenko (C, +2) – Aleksandr Khovanov (+2, 2’+10′) – Egor Sokolov (+2)
Pavel Dorofeyev – Ivan Morozov (+1) – Nikita Alexandrov
Kirill Marchenko (-1) – Dmitri Voronkov (-1) – Vasily Podkolzin (A, 2′)
Nikita Rtishchev – Maksim Sorkin – Ilya Kruglov (2′)
Maksim Groshev

Défenseurs :
Aleksandr Romanov (A, 2′) – Danila Galenyuk (-1)
Daniil Pylenkov (+1) – Yegor Zamula (+1)
Danil Mysul (+1) – Danila Zhuravlyov (+1)

Gardien :
Yaroslav Askarov puis Amir Miftakhov à 44’25

Remplaçant : Anton Malyshev (D). Réserviste : Daniil Isayev (G).

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