Balade suédoise

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Privés de Jakub Lauko depuis le match d’ouverture, les Tchèques ont perdu Jan Jeník lors du dernier match de poule. Deux attaquants d’élite en moins, mais un gardien de plus avec le retour de Lukáš Dostál, rétabli de douleurs d’estomac. Il le faudra face à la Suède, que les Tchèques n’ont plus battue au Mondial junior depuis 2002 à Halifax… soit dix défaites de rang.

La Suède reste évidemment favorite avec son effectif peuplé de joueurs draftés au premier tour en NHL, même si les 8600 spectateurs sont tous dévoués au pays organisateur. L’ambiance est électrique à Ostrava !

Les joueurs sont au diapason et mettent beaucoup d’intensité dans le début de match, pressant les Suédois dans un échec avant poussé. Malgré cette énergie et le soutien de la foule, les Tchèques subissent en possession. Ils misent sur les contres, et lorsque Teplý démarre un deux-contre-un, il faut un bel arrêt du gardien suédois Hugo Alnefelt pour maintenir le 0-0.

La prudence défensive locale gêne les Scandinaves, qui ne parviennent pas à approcher du but adverse. Il faut attendre huit minutes pour qu’un retenir de Martin Haš leur permette de s’installer durablement en zone offensive. Déjà auteurs de huit buts en supériorité dans le tournoi, les Suédois ont là une chance en or. Les tirs ne passent pas, bloqués. Mais un palet propulsé par Šik en dehors de l’air de jeu libère de l’espace avec un 5 contre 3 pendant 28 secondes. Sandin assène des tirs de loin et un rebond pris dans le slot frôle le poteau. Höglander, Fagemo, David Gustafsson essaient, sans réussite face à un Dostál vigilant. Holtz n’a pas plus de réussite…

À peine les Tchèques à cinq, Jan Šír commet un cinglage. Cette fois-ci, Höglander ouvre le score en s’emparant d’un rebond d’un tir de Fagemo dans le slot (1-0).

Lorsque Fagemo est puni pour cinglage, les Tchèques pensent bien revenir au score immédiatement. Malheureusement, les rêves du public sont douchés sur un but de Hugo Gustafsson en infériorité : Dostál joue mal un palet derrière son but, et l’attaquant suédois vole le disque pour une cage vide (2-0).

Après ce premier tiers solidement maîtrisé, la Suède reprend son rythme de croisière dès la reprise. Il faut moins d’une minute à Höglander pour porter la marque à 3-0. Planté entre les cercles, il reprend de volée une passe en retrait de Sandin depuis le coin.

Les minutes suivantes démontrent la supériorité du favori, qui continue à confisquer le palet et tourner en zone offensive, sans concéder le moindre espace aux Tchèques. Les rares tirs sont excentrés et bien contrôlés par Alnefelt.

Il faut attendre la mi-période pour voir quelques banderilles un peu plus dangereuses sur l’arrière-garde suédoise, notamment de la ligne Teplý. À six minutes de la pause, Alnefelt réussit son plus bel arrêt. Il parvient à étirer la jambière et sauve sur la ligne, même percuté par Plášek qui lui retombe dessus, avec Teplý dans l’enclave.

Ces efforts n’aboutissent pas et le deuxième tiers se termine sur un petit événement : le premier tiers sans aucune pénalité de tout le tournoi ! Les Tchèques ont bien fini le tiers et fait jeu égal, mais le gouffre à combler ne se réduit pas.

Les Tchèques manquent la réduction du score à la sortie du vestiaire. Alors qu’ils sont en train de défendre une pénalité de Plášek, Pytlík devance Söderström à la bleue et part en échappée. Alnefelt gagne son un-contre-un… En face, Dostál résiste aux assauts suédois. La pénalité est tuée.

Berggren profite d’un changement de ligne hasardeux des Tchèques pour s’échapper à son tour. Il est accroché et les officiels accordent un tir de pénalité. Les règles IIHF autorisent n’importe quel joueur à le tirer. Le défenseur Victor Söderström s’avance et trompe Dostál (4-0). Pour la petite histoire, le dernier tir de pénalité réussi par un Suédois ? Kristian Huselius en 1996.

La Suède se promène, à l’image des prodiges Holtz et Raymond, lequel slalome dans la défense comme dans du beurre et provoque une pénalité de Martin Haš. Le jeu de puissance ne met que treize secondes à exploiter l’offrance, par David Gustafsson, sur un jeu en triangle d’école (5-0). C’est le dixième but en supériorité de la Suède en cinq matchs.

Il reste cinq minutes, et la frustration tchèque est à son comble. Klikorka prend cinq minutes et une méconduite de match pour un cinglage sur l’avant-bras de Lucas Raymond, qui doit recevoir les attentions du soigneur sur le banc.

C’est un public debout, chantant à plein poumons, qui encourage son équipe en défense pour toute la fin de match. Les Suédois ne marqueront pas, et se qualifient sans aucune difficulté, 5-0.

Les demi-finales sont donc connues : Suède-Russie et Canada-Finlande. Les habitués sont au rendez-vous… Les Tchèques n’ont pas vraiment existé dans ce match, privés de leurs deux meilleurs atouts offensifs. Mais quel public !

Désignés joueurs du match : Jaromír Pytlík (République Tchèque) et Hugo Alnefelt (Suède)

Trois meilleurs joueurs tchèques du tournoi selon leur entraîneur : Šimon Kubíček, Libor Zábranský, Michal Teplý.

Commentaires d’après-match

Václav Varaďa (entraîneur de la République Tchèque) : « Nous étions nerveux au premier tiers, des pénalités inutiles nous ont remis en difficulté, même si nous avons bien défendu. Nous avons tenu, le tournant est probablement le deuxième but offert sur notre powerplay, où Lukáš Dostál perd le palet. J’ai vécu deux championnats du monde où nous sommes tombés en quart de finale. Contre les Suédois, vous avez vu, malgré l’énorme effort de notre équipe, la qualité des joueurs adverses. Si nous voulons les battre, nous ne pouvons pas faire des fautes stupides. En infériorité, les joueurs ont touché le fond et n’avaient plus la force d’avancer. Dans leur carrière, il est très important que les gars ne fassent plus de telles fautes, autrement ils ne pourront pas prendre place dans le hockey adulte. C’est certainement différent d’entraîner une équipe aussi mature, comme les Russes, les Américains ou les Suédois. Nous n’avons pas des joueurs aussi avancés en République Tchèque. »

Suède – République Tchèque 5-0 (2-0, 1-0, 2-0)
Jeudi 2 janvier 2020 à 20h00 à l’Ostravar Arena (TCH). 8693 spectateurs.
Arbitrage de Mark Lawrence (CAN) et Sergey Morozov (RUS) assistés de Chad Huseby (CAN) et Nikita Shalagin (RUS).
Pénalités : Suède 2′ (2′, 0′, 0′), République Tchèque 35′ (6′, 0′, 4’+5’+20′).
Tirs : Suède 37 (16, 11, 10), République Tchèque 23 (8, 11, 4).

Évolution du score :
1-0 à 13’08 : Höglander assisté de Fagemo et Sandin (sup. num.)
2-0 à 15’09 : H. Gustafsson
3-0 à 20’45 : Höglander assisté de Sandin et Fagemo
4-0 à 44’04 : Söderström (tir de pénalité)
5-0 à 50’44 : D. Gutafsson assisté de Höglander et Lundkvist (sup. num.)

Suède

Attaquants :
Samuel Fagemo (2′) – David Gustafsson (A) – Nils Höglander (+1)
Nikola Pasic – Oskar Back (+2) – Jonatan Berggren (+1)
Alexander Holtz – Karl Henriksson – Lucas Raymond
Hugo Gustafsson (+1) – Linus Öberg – Linus Nassen
Albin Eriksson

Défenseurs :
Victor Söderström (+1) – Rasmus Sandin (A, +1)
Adam Ginning (C) – Nils Lundkvist
Tobias Björnfot (+1) – Philip Broberg (+1)
Mattias Norlinder

Gardien :
Hugo Alnefelt

Remplaçant : Jesper Eliasson (G). Réserviste : Erik Portillo (G).

République Tchèque

Attaquants
Jan Myšák (-1) – Jan Šír (2′, -2) – Michal Teplý (-2)
Vojtech Strondala – Jaromír Pytlík (-1) – Karel Plášek (2′, -1)
Matěj Blümel (A) – Petr Čajka (A) – Adam Raška
Matěj Pekař – Ondřej Pavel – Otakar Šik (2′)

Défenseurs
Karel Klikorka (5’+20′, -1) – Libor Zábranský (C, -1)
Radek Kučeřík – Šimon Kubíček (-1)
Tomáš Dajčar – Martin Haš (4′)

Gardien :
Lukáš Dostál

Remplaçant : Lukáš Pařík (G). Absents : Nick Malík (G), Jakub Lauko (A, genou), Jan Jeník (A, genou).

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