Brest – Caen (Division 1, 20e journée)

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Les Albatros passent la sixième

On n’arrête plus les Albatros ! Mercredi face au Mont-Blanc, ils ont enchainé un cinquième succès consécutif. Les Bretons ont engrangé autant de points lors de cette séquence que lors des quatorze premières journées de championnat !

L’équipe qui se déplace ce soir au Rïnkla Stadium, Caen, est certes actuellement sur le podium (troisième) mais la dynamique a quelque peu ralenti du côté de la Normandie après un début de saison canon. Les voiles des Drakkars sont moins gonflées ces derniers temps avec deux défaites en autant de matchs en l’espace de quatre jours.

Le point fort de Caen est bien connu. Avec l’extraterrestre Ronan Quemener dans les cages, il n’est pas étonnant que les Normands soient de loin la meilleure défense du championnat avec trente-deux buts encaissés seulement en dix-neuf journées. Le revers de la médaille est qu’ils en sont dans le même temps la pire attaque avec quarante-huit réalisations.

Sorti sur blessure durant le match contre Mont-Blanc, Martin Surek n’est pas aligné ce soir. C’est donc Julien Gaubert qui assure l’intérim dans les cages brestoises.

Sans grande surprise, le début de match est beaucoup plus fermé que la semaine passée face à Tours. Caen propose comme souvent un jeu orienté vers la défense et la contre-attaque. Cette tactique fait presque mouche dès la cinquième minute avec Loup Benoit qui échoue en solitaire sur Gaubert qui effectue un premier gros arrêt (4’35’’).

Le jeu est également plus rugueux et physique que la semaine passée. Brest en fait l’amère expérience et perd rapidement son chef d’orchestre Jesse Juntheikki sur une charge contre la bande d’Emmanuel Alvarez (7’35’’). Ce dernier est logiquement sanctionné d’un 2’+10’. Marcel Balaz touche d’une déviation les montants de Quemener sur le jeu de puissance (8’45’’). Alex Corvi remplace Juntheikki, ce qui lui permet d’obtenir plus de temps de jeu. En effet l’Américain semblait destiné à n’évoluer qu’en infériorité numérique après le retour de Henrich Ruckay dans l’effectif après plusieurs matchs loupés suite à une entorse.

Avec vingt-deux minutes de pénalités distribuées dans ce tiers initial, les deux équipes ont tour à tour l’occasion d’évoluer en supériorité numérique mais sans résultat. La faute à un duel de gardiens de haut niveau. Ainsi Quemener stoppe Ruckay d’un déplacement rapide sur un 2 contre 1 (11’56’’). Gaubert répond par un excellent arrêt d’une glissade latérale pour fermer la porte à Joni Lavonen qui avait une cage ouverte un court instant (17’54’’).

L’effectif brestois a trouvé un bel équilibre ces derniers temps. L’un des principaux changements récents est le repositionnement du capitaine Jonathan Avenel à l’arrière qui est un franc succès. Il le démontre un peu plus en fin de période en effectuant une défense avec la crosse mais sans faute sur Igor Halas en pleine course. Le Slovaque pensait faire faux bond dans le dos de la défense brestoise mais perd finalement le contrôle du palet par l’intervention du capitaine brestois (18’30’’). Efficace et sans fioriture.

Jesse Juntheikki est de retour au coup d’envoi de la deuxième période mais ce test est non concluant car Corvi le remplace à nouveau dès la présence suivante. Le jeu change un peu avec Brest notamment qui joue essentiellement sur des passes longues pour passer le moins de temps possible en zone neutre. Caen pour sa part continue d’essayer d’engluer profondément l’adversaire en zone défensive pour se projeter rapidement en contre-attaque.

Dominés aux tirs dans les premières vingt minutes (16 tirs à 7), les Drakkars sont plus conquérants dans le tiers médian. Toutes voiles dehors, le tempo s’accélère à partir de la vingt-cinquième minute et les Albatros ont du mal à suivre. Ils s’en remettent à un Gaubert imperturbable qui laisse très peu de rebonds. Il annihile ainsi un jeu de passes rapides à trois initié par Halas, poursuivi par Prosvic et conclu par un tir de Devin (26’43’’).

Davantage porté en attaque, Caen se retrouve pris à son propre piège en libérant des espaces derrière. Ils se font contrer par Justin Bernier. En situation de deux contre un, le Canadien tente de centrer pour son comparse Jacquier. Le palet est contré par une jambe caennaise. Avec de la réussite, le disque revient sur Bernier qui n’a plus qu’à pousser la rondelle dans un but rendu ouvert suite au déplacement latéral anticipé par Quemener sur la passe initiale du Canadien (1-0 à 30’16’’).

Un coup dur pour les Normands car il intervient au cœur d’un gros temps fort de leur part où leurs adversaires semblaient débordés. C’est d’ailleurs toujours le cas peu après puisque Gréverend est sanctionné pour retenir après avoir été totalement dépassé par la vitesse d’Eric Aurard (33’37’’).

Caen s’avère globalement décevant en jeu de puissance avec souvent peu de tirs. Il y a un net mieux en revanche sur la supériorité obtenue en toute fin de tiers (37’43’’) mais Gaubert continue son festival et détourne du bouclier une tentative d’Halas (38’15’’) avant de stopper de manière magistrale en papillon et toujours sans rebond une reprise en pleine course à bout portant de Ménard (38’41’’).

Au vu de la physionomie du tiers, le deuxième but brestois est un véritable coup de poignard. Alors que Caen pousse toujours en supériorité, le disque sort de la zone d’attaque et ricoche de manière involontaire sur un arbitre. Ni Colotti ni son coéquipier ne récupèrent la rondelle libre. Plein d’opportunisme, Berthon profite de cette mésentente et met le turbo vers le but de Quemener qu’il parvient à tromper malgré le retour défensif normand (2-0 à 39’42’’).

Avec pourtant une domination de douze tirs contre quatre, le tiers a tourné au cauchemar pour les joueurs du Calvados. Psychologiquement, les deux buts encaissés au cœur de temps forts, et juste avant la pause pour le deuxième, font très mal et laissent des traces.

Source : Gilles Renaud

Cela se ressent au début du troisième tiers. Auteurs des deux premiers buts, Bernier et Berthon s’illustrent derrière la cage de Quemener en s’imposant avec autorité sur la défense adverse. En possession du palet ils le remettent en retrait pour Jacquier. Le centre brestois marque d’une frappe pas spécialement puissante mais bien placée (3-0 à 43’36’’).

L’intensité baisse un peu ensuite avec les locaux qui laissent logiquement venir l’adversaire et cherchent à gagner du temps. Les duels sont essentiellement remportés par eux face à des Drakkars qui ne jouent pas avec l’énergie du désespoir qui devrait pourtant les animer pour tenter de revenir au score.

Dominant dans ce match, le bloc Berthon-Jacquier-Bernier s’offre un quatrième but. C’est au Canadien que revient l’honneur de signer un doublé d’un lancer frappé sur réception qui termine sa course en lucarne (4-0 à 52’54’’).

Maigre consolation pour les Caennais, ils privent Gaubert d’un blanchissage qui n’aurait pas été immérité sur un palet bien bloqué par Cerkovnik à la bleue sur une sortie de zone par un Brestois. Le défenseur slovène trouve Aurard qui marque d’un beau tir dans la toile d’araignée gauche de Gaubert (4-1 à 53’14’’).

Ce but redonne espoir aux Drakkars qui repassent la marche avant. D’autant plus que Brest écope d’une pénalité évitable pour surnombre (55’10’’). Caen peut en profiter pour revenir dans le match mais s’offre une frayeur sur un tir de Thos en infériorité bien stoppé par la mitaine de Quemener (55’30’’).

La tentative visiteuse d’un retour au score échoue. La faute encore au boxplay brestois bien en place et à Gaubert toujours solide malgré le but récemment encaissé. Quemener ne peut pas quitter sa cage dans les deux dernières minutes du temps réglementaire à cause d’une prison de Ferey qui permet à Brest de rester en zone d’attaque pour préserver le score.

Sixième victoire consécutive brestoise et troisième défaite consécutive caennaise. Les deux équipes sont désormais séparées par deux points. Caen conserve sa place sur le podium mais voit le duo Cergy-Pontoise/Neuilly-sur-Marne, victorieux ce soir, s’éloigner. Et surtout une meute de poursuivants reviennent sur eux.

La rencontre du soir bascule au deuxième tiers où les Normands ont encaissé deux buts malchanceux alors qu’ils dominaient. Ironiquement, c’est justement lorsqu’ils sont sortis de leur coquille défensive, marque de fabrique du jeu caennais, qu’ils se sont rendus plus vulnérables aux contres brestois. L’inefficacité en jeu de puissance est également un problème à souligner.

Il faut dire qu’en face des Drakkars, il y avait une formation bien en place et qui a su faire preuve d’opportunisme. Brest a pu compter sur une ligne offensive Berthon-Jacquier-Bernier nouvellement formée et très efficace puisqu’elle a inscrit l’intégralité des buts de son équipe. Le bon travail en infériorité compense une indiscipline qui reste néanmoins à améliorer et sur laquelle Nicolas Favarin ne manquera pas de rappeler à la vigilance sans doute.

Enfin et surtout il faut souligner la prestation très convaincante de Julien Gaubert. L’habituelle doublure de Martin Surek a remplacé au pied levé le gardien slovaque. Il a au final volé la vedette à Ronan Quemener, pourtant pas mauvais ce soir, avec un seul but pris et de multiples arrêts effectués avec une belle sérénité et peu de rebonds alloués.

En réussite depuis le début de l’année 2020, les Albatros voient se profiler un choc encore plus grand dès la semaine prochaine puisqu’ils s’envoleront pour Cergy-Pontoise affronter le leader de la division. Les Jokers sont la seule équipe à faire mieux que Brest actuellement avec une série en cours de sept victoires. Les Bretons pourront ainsi jauger si leur regain de forme est suffisant pour rivaliser avec le sommet du championnat.

Joueurs du match : Quentin Jacquier (Brest), Eric Aurard (Caen).

Brest – Caen 4-1 (0-0, 2-0, 2-1).
Samedi 25 janvier 2020 à 20h00 au Rïnkla Stadium. 864 spectateurs.
Arbitrage de Marie-Tjana Picavet assisté de Jérémy Metais et Maxime Laboulais.
Pénalités : Brest 14′ (6’, 4’, 4’), Caen 20′ (6’+10’, 0’, 4‘).
Tirs : Brest 28 (16, 4, 8), Caen 30 (7, 12, 11)
Évolution du score :
1-0 à 30’16’’ : Bernier assisté de Jacquier
2-0 à 39’42’’ : Berthon assisté de G. Avenel et Gréverend (inf. num.)
3-0 à 43’36’’ : Jacquier assisté de Berthon et Bernier
4-0 à 51’54’’ : Bernier assisté de Berthon et Jacquier
4-1 à 53’14’’ : Aurard assisté de Cerkovnik et Benoit

Brest

Attaquants :
Marcel Balaz – Jesse Juntheikki (puis Alex Corvi à 8’) – Henrich Ruckay
Quentin Berthon – Quentin Jacquier – Justin Bernier
Nicolas Thos – Graham Avenel – Dimitri Motreff

Défenseurs :
Edgars Dikis – Jonathan Avenel (C)
Aurélien Gréverend (A) – Nicolas Favarin (A)
Gaëtan Cannizzo – Oscar Conil

Gardien :
Julien Gaubert

Remplaçants : Clément Tanguy (G), Anthony Laurent, Tomas Valecko. Absents : Martin Surek, Ivan Troshkov, Serge Toukmatchev.

Caen

Attaquants :
Igor Halas – Jaroslav Prosvic – Pierre-Antoine Devin (C)
Joni Lavonen – Loup Benoit – Eric Aurard
Julien Msumbu – André Ménard (A) – Alexandre Palis
Alexandre Ferey

Défenseurs :
Gašper Cerkovnik – Mathieu Mony
Rémi Colotti (A) – Thomas Carminatti
Emmanuel Alvarez – Enzo Cantagallo

Gardien :
Ronan Quemener

Remplaçants : Mathis Gente (G), Théophile Miquelot, Yoann Robert. Absents : Aleksi Mäkelä, Joshua Davenel, Quentin Labanowicz, Pierre Chauvel.

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