Strasbourg – Caen (division 1, 25e journée)

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Le match de cette pénultième journée oppose deux clubs au destin différent. Caen est déjà assuré de jouer les play-offs et constitue l’une des surprises de ce championnat, puisque rares étaient les assidus à les pronostiquer aussi bien placés. Strasbourg descend de Ligue Magnus et aura vécu une saison difficile, alternant les victoires prometteuses et les défaites frustrantes. Quand bien même l’Étoile Noire a réussi à enchainer récemment 4 victoires, l’équipe bas-rhinoise est scotchée en bas de classement et flirte dangereusement avec la zone de relégation. Si les play-offs, la seule ambition affichée depuis septembre dernier, lui sont désormais hors d’atteinte, il lui reste deux matches pour au moins éviter les play-down. La mission de ce soir est donc claire : gagner pour espérer rester. La dynamique actuelle alsacienne étant positive, l’objectif semble atteignable, même face à la meilleure défense du championnat (mais aussi la plus faible attaque).

Pourtant, leur début de jeu est pour le moins poussif. Caen prend rapidement les devants, même si la partie est peu alerte et peu précise. L’une des premières actions est notée lors d’une mitaine de Tomas Hiadlovsky face à Mathieu Mony (6’22). Dans l’ensemble, peu de tirs sont vraiment cadrés, si ce n’est sur cette nouvelle double alerte brûlante devant le but du portier local, suite à un palet mal capté en zone d’attaque (11’01). C’est donc un peu contre le cours du jeu que les boys de Daniel Bourdages ouvrent le score, en double supériorité, lorsque Jan Pardavy allume à bout portant Roman Quemener (1-0 à 14’10). Cette réalisation a l’avantage de libérer les locaux, qui deviennent plus conquérants et précis dans leurs attaques. C’est d’ailleurs lors d’une remontée décidée qu’Alejandro Burgos adresse un tir culotté sous la barre du portier normand (2-0 à 16’47). Caen accuse alors le coup avant de remonter vers Hiadlovsky pour la toute fin de tiers.

Strasbourg revient ensuite sur la glace avec des vélléités bien plus marquées, comme en témoignent cet essai de Michal Duras, en prolongement d’une passe de René Jarolin (20’33), ou ce break de Lucas Sénéchal impeccablement bloqué par Quemener (21’25). L’Iceberg, plutôt bien rempli ce soir, prend enfin plaisir à voir ses noir et jaune harceler des Drakkars normands sans trop de solutions offensives, même durant de rares supériorités. Strasbourg est alors prêt à jaillir au moindre faux-pas, mais l’effort, conséquent, peine à être concrétisé, surtout quand ce sont essentiellement deux lignes qui tournent à plein régime. La fatigue commence à se faire sentir, Caen retrouve alors un peu de percussion (35’00) et assiège les Alsaciens dans leur propre zone de défense. En fin de tiers, toutefois, Jarolin croit avoir prolongé victorieusement son palet en trois rebonds de près (38’24) et Radovan Cutt se retrouve idéalement en pivot lors d’un grattage devant le slot caennais (39’30). L’Étoile Noire commence visiblement à manquer de jus, il faut souhaiter que son manque de réalisme, dans ce tiers médian, ne lui soit pas préjudiciable pour le restant de la partie.

À vrai dire, l’ultime round peine à offrir des occasions de tirs franches. Loup Benoit réduit le score sur une supériorité numérique très mal négociée par les locaux : une passe en zone de défense caennaise est coupée par Julien Msumbu, lequel remonte en version turbo vers Hiadlovsky, contourne sa cage pour servir, du revers, son acolyte Benoit (2-1 à 42’04). Ce but sème quelque peu le doute dans les travées, et sur la glace. Louis Olive échoue en deux fois dans la foulée (42’21). Les locaux, se sentant sans doute émoussés, préfèrent devenir plus prudents dans leurs passes. Caen retrouve de l’audace, même si leur attaque peine à trouver des solutions au niveau de la finition, hormis sur cet assaut capté impérialement par la mitaine de Hiadlovsky (48’29). Strasbourg se rebiffe, comme sur ce tir automatique de Pardavy, en embuscade d’un engagement de son collègue Cutt (50’06). Mais dans l’ensemble, les Bas-Rhinois tirent la langue et contiennent plus difficilement les raids des Lavonen ou Halas. C’est d’ailleurs l’un des essais du dangereux Slovaque que le portier alsacien repousse d’un excellent poke-check (58’39). Il est temps, pour Luc Chauvel, de sortir son gardien afin de créer le surnombre en zone locale. La manoeuvre met énormément de temps à s’installer, frôlant la catastrophe sur ce lancer lointain alsacien, avant que Joni Lavonen n’illustre une dernière fois Hiadlovsky sur ce lancer excentré que le Slovaque repousse de l’épaule (59’48).

L’Iceberg peut ainsi fêter dignement le dernier match de saison régulière de ses favoris. Strasbourg vient de résister vaillamment pour empocher trois points qui lui permettent de croire encore au maintien direct. Ce ne fut pas facile, notamment lors d’une entame de match timide, puis une fin de partie subie par manque de fraîcheur. On comprend ainsi mieux toutes ces rencontres perdues d’un rien durant toute la saison, malgré un Duras créatif et virevoltant, une ligne Sénéchal-Olive-Burgos qui aiguillonne bien, ou un Hiadlovsky concluant en dernier rempart. Malgré cette victoire, Strasbourg n’a désormais plus aucun choix, sinon que celui de gagner samedi prochain pour une ultime rencontre chez les Remparts de Tours. Ce sera dur mais encore jouable, au vu du match de ce soir.

Caen possède la meilleure défense et sans doute le meilleur gardien de la division. C’est un fait. C’en est aussi la plus faible attaque, et la partie de ce soir aura pu le vérifier. Les premiers relanceurs sont défenseurs, les stratèges Lavonen ou Halas tournicotent bien mais manquent de finition, et de finisseurs pour les épauler, c’est sans doute là l’une des faiblesses de l’effectif normand. Les play-offs, probablement joués contre les « voisins » brestois, ne seront sans doute pas aisés à aborder si le réalisme peine à être concrétisé.

Strasbourg – Caen 2-1 (2-0, 0-0, 0-1)
Samedi 22 février 2020 à 18h00 à la patinoire de l’Iceberg. 830 spectateurs.
Arbitrage de Didier Drif assisté de Justin Chouleur et Sueva Torribio.
Pénalités : Strasbourg 8′ (4′ 4′, 0′) ; Caen 8′ (4′, 0′, 4′).
Tirs : Strasbourg 30 (8, 14, 8) ; Caen 38 (11, 13, 14).

Évolution du score :
1-0 à 14’10 : Pardavy assisté de Trudeau (double sup. num.)
2-0 à 16’47 : Burgos assisté de Olive
2-1 à 42’04 : Benoit assisté de Msumbu (inf. num.)

Strasbourg

Attaquants :
Michal Duras (C) – René Jarolin – Sébastien Trudeau
Lucas Sénéchal – Louis Olive – Alejandro Burgos
Radovan Cutt – Jan Pardavy Jr – Julien Burgert
Theo Lobstein – Arthur Pousse – Yssah Mensah

Défenseurs :
Tomas Nechala – Beni Berisha
Pierrick Hoehe (A) – Mathew Pizzo
Thibaut Colombin – [Berisha ou Pizzo]
Romain Bureau

Gardien :
Tomas Hiadlovsky

Remplaçant : Arthur Krauss (G).

Caen

Attaquants :
André Ménard (A) – Joni Lavonen – Pierre-Antoine Devin (C)
Igor Halas – Jaroslav Prosvic – Alexandre Palis
Julien Msumbu – Loup Benoit – Yoann Robert
Emmanuel Alvarez – Theophile Miquelot – Alexandre Ferey

Défenseurs :
Aleksi Makela – Mathieu Mony
Remi Colotti (A) – Gasper Cerkovnik
Thomas Carminati – Enzo Cantagallo

Gardien :
Ronan Quemener [sorti à 59’07]

Remplaçant : Mathis Gente (G).

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