La Slovaquie affaiblie par le Covid-19 cartonne la Suisse avec un ex-Lyonnais

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Comme presque toute équipe, la Slovaquie a dû ajuster sa sélection pour la Deutschland Cup pour raisons médicales. Le défenseur expérimenté Martin Bučko a été substitué par Mislav Rosandic (arrière croato-slovaque qui est le frère du gardien de Montpellier et qui était déjà titulaire au dernier championnat du monde). Les attaquants Marko Daňo et Miloš Kelemen n’ont en revanche pas été remplacés par des élements connus mais par des novices qui jouent au pays, Juraj Šiška et Jozef Baláž.

Cela porte le total de débutants à six dans l’effectif avec le talent de 17 ans Filip Mešár, le gardien Filip Belányi, le défenseur Dávid Mudrák et le plus âgé de tous, l’attaquant Samuel Takáč. Il avait déjà joué deux matches avec la Slovaquie B en Pologne quand il jouait encore en Ligue Magnus et avait inscrit 2 buts et 1 assist ! Quatre ans et demi plus tard, l’ancien joueur de Lyon est désormais au Slovan Bratislava et il est le deuxième marqueur actuel de l’Extraliga slovaque derrière un Américain. Cela rend Takáč incontournable pour faire enfin ses débuts en équipe nationale à 29 ans. Mais les déboires slovaques ne se sont pas arrêtés là. Andrej Kollár s’est blessé à la jambe au dernier entraînement du mardi juste avant le voyage en Allemagne. Patrik Hrehorčák a été rappelé à sa place : « Il est en bonne forme. C’est un attaquant rapide avec des mains habiles, mais il est aussi bon défensivement. Il s’adaptera bien dans la composition d’équipe. », a expliqué le manager général adjoint de la sélection Oto Haščák à propos du frère du joueur d’Anglet.

Le mercredi, c’était le test PCR de routine pour tous les participants à leur arrivée. Il fut positif pour deux joueurs slovaques, Filip Krivošík et Jozef Baláž ! La fédération slovaque (SZLH) a immédiatement précisé dans un communiqué qu’ils avaient été testés négatifs avant le départ, mais aussi que tous les joueurs étaient vaccinés. Krivošík et Baláž ne présentent pas de symptômes mais doivent rester à l’isolement. Leurs camarades de chambre respectifs, Michal Ivan et Samuel Buček, ne peuvent pas jouer le premier match. Tous les membres de la délégation slovaque devront passer un test PCR par jour jusqu’à la fin du tournoi.

Jusqu’à 1h45 avant le match, la Slovaquie ne sait même pas si elle sera autorisée à jouer ! C’est le cas, mais avec seulement trois lignes compte tenu des absents. Pourtant, elle ne se plaint pas. Après avoir commis une faute inutile à la première minute, Michal Krištof se rattrape dès son retour sur la glace. Il centre pour Holešinský, dont le tir est suivi au rebond par David Gríger qui s’impose dans le slot. Une grosse erreur défensive de Samuel Kňažko, qui perd le palet dans sa zone, permet à Enzo Corvi d’égaliser, seul face au gardien Tomek qu’il bat entre les bottes. Une minute plus tard, la Suisse peut même prendre l’avantage à 2 contre 1, mais Lino Martschini manque le palet bien amené par Andres Ambühl.

En deuxième période, une charge à la tête de Thürkauf sur Holešinsky lui vaut une expulsion. Pendant cinq minutes d’avantage numérique, la Slovaquie est peu dangereuse car on ne recense qu’un tir sérieux de Patrik Hrehorčák. Mais à la mi-match, Hrehorčák lance une autre offensive et Gríger est encore à la conclusion face au but. Les hommes de Craig Ramsay comment à sortir de leur configuration simplement défensive et prennent confiance. Même s’il ne marque pas, le grand talent Mešár épate la galerie en fin de tiers en dribblant deux défenseurs avant d’échouer sur le gardien Philip Wüthrich.

C’est aussi le début en équipe nationale pour Wüthrich, tout comme pour Sandro Schmid et Nando Eggenberger. Ce début jusqu’ici honnête va très mal finir, tout comme pour toute la Suisse. Celle-ci mixe une moitié de titulaires et une moitié joueurs à conformer, mais sa défense se laisse regarder : quatre titulaires de derniers Mondiaux, un revenant de NHL (Yannick Weber) et un « gracié » (Dominik Schlumpf, que Fischer n’avait plus appelé depuis son forfait au Mondial 2018). Et pourtant, cette équipe craque au dernier tiers contre une Slovaquie affaiblie. Le tir d’Andres Ambühl à 2 contre 1 est trop imprécis en début de tiers. Mais c’est aussi le capitaine ultra-expérimenté Ambühl qui prend la pénalité fatale pour un cinglage. Michal Krištof en profite pour marquer le 3-1. La tactique de Patrick Fischer de sortir très tôt son gardien se retourne contre le sélectionneur suisse. D’abord, la Slovaquie met deux buts en cage vide. Mais quand Wüthrich regagne sa cage, elle en ajoute deux autres, par Samuel Takáč – qui s’offre donc un but et une assist pour sa première sélection – et par Patrik Hrehorčák à trois secondes de la fin. Le score final – 7-1 – rend les Suisses aussi rouges de honte que leur maillot !

Désignés joueurs du match : Filip Mešár pour la Slovaquie et Elia Riva pour la Suisse.

Commentaires d’après-match :

Ján Pardavý (entraîneur-adjoint de la Slovaquie) : « Dans le contexte, c’est un très bon résultat mais il ne doit pas être surestimé, il inclut deux buts en cage vide. C’était un match très difficile. Nous avons pris un bon départ mais à partir du milieu du premier tiers, nous étions sous pression car nous n’avons pas su gérer le forechecking suisse, tant en powerplay qu’à 5 contre 5. Ils étaient partout et nous avons perdu beaucoup de palets faciles dans notre zone. En deuxième période, les avantages numériques nous ont aidés même si nous ne les avons pas bien joués, nous avons eu plus de possession et de jeu en zone offensive. Nous avons été clairement meilleurs en troisième période, avec du mouvement et un très bon travail avec la crosse. Nous avons récupéré beaucoup de palets. »

Filip Mešár (joueur slovaque du match) : « J’ai vraiment apprécié. J’ai joué sur la première ligne et j’avais de grands joueurs autour de moi qui m’ont soutenu pendant tout le match. Je suis fier de tout le monde, nous sommes une grande équipe. Je suis content que mon premier match en équipe A se soit terminé ainsi. Je suis heureux de l’assist sur le but de Krištof, mais je doit être plus fort et précis dans la finition parce que j’ai eu assez de tirs aujourd’hui. »

 

Slovaquie – Suisse 7-1 (1-1, 1-0, 5-0)
Jeudi 11 novembre 2021 à 16h15 à la Yayla Arena de Krefeld. 1560 spectateurs.
Arbitres : Andris Ansons (LET) et Andre Schrader (ALL) assistés de William Hancock II (USA) et Jonas Merten (ALL).
Pénalités : Slovaquie 4′ (2′, 0′, 2′) ; Suisse 35′ (2′, 4’+5’+20′, 4′).
Tirs : Slovaquie 43 (14, 15, 14) ; Suisse 25 (12, 3, 10).

Évolution du score :
1-0 à 03’00 : Gríger assisté de Krištof et Holešinský
1-1 à 12’31 : Corvi assisté de Moser
2-1 à 29’32 : Gríger assisté de Šiška
3-1 à 46’11 : Krištof assisté de Takáč et Mešár (sup. num.)
4-1 à 57’49 : Holešinský assisté de Regenda
5-1 à 58’15 : Vitaloš assisté de Krištof
6-1 à 58’42 : Takáč assisté de Krištof
7-1 à 59’57 : Hrehorčák assisté de Gríger et Mudrák

Slovaquie

Attaquants :
Filip Mešár (+1) – Michal Krištof (A, +2, 2′) – Samuel Takáč (+1)
Adrian Holešinský (+2) – Milos Roman – Pavol Regenda
Patrik Hrehorčák (+2) – Juraj Šiška (+2) – Dávid Gríger (+3)

Défenseurs :
Peter Čerešňák (C, -1) – Samuel Kňažko
Daniel Gachulinec (+1) – Mislav Rosandič (A, +1)
Martin Vitaloš (+2) – Patrik Koch (+2)
Dávid Mudrák (+2, 2′)

Gardien :
Matej Tomek

Remplaçant : Filip Belányi (G). En réserve : Filip Krivošík et Jozef Baláž (Covid-19), Michal Ivan et Samuel Buček (cas contacts).

Suisse

Attaquants :
Sven Andrighetto – Enzo Corvi – Simon Moser (A)
Joël Vermin – Andres Ambühl (C, -2, 4′) – Lino Martschini (-1)
Inti Pestoni (-1) – Calvin Thürkauf (5’+20′) – Luca Fazzini (-1, 2′)
Alessio Bertaggia (-1) – Sandro Schmid (-2, 2′) – Nando Eggenberger (-3)
Tyler Moy (-1)

Défenseurs :
Santeri Alatalo (-1, 2′) – Ramon Untersander (A, -1)
Mirco Müller (-1) – Yannick Weber (-1)
Elia Riva (-1) – Dominik Schlumpf (-1)
Lukas Frick (-1) – Roger Karrer (-1)

Gardien :
Philip Wüthrich [sorti de 56’37 à 57’04, de 57’26 à 57’49 et de 58’01 à 58’15]

Remplaçant : Joren van Pottelberghe (G). En réserve : Ludovic Waeber (G).

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