La composition des équipes de France de hockey aux Jeux olympiques 2026 a été dévoilée aujourd’hui (sauf Alexandre Texier qui sera officiellement révélé le 1er janvier comme les autres joueurs de NHL mais à qui la place libre est officiellement dévolue).
Qui sont les surprises et les grands déçus de la liste ? Au-delà des choix opérés, essayons aussi de nous projeter dans l’alignement qui sera celui des Bleus à Milan et les rôles de chacun.
Les gardiens
La principale surprise de la liste est certainement le choix des gardiens. On ne pensait pas que Martin Neckar serait aux Jeux olympiques 2026, même s’il paraissait tout destiné à ceux de 2030. Les premières apparitions du fils de Franta ont toutes été exceptionnelles, le Dijonnais atteint même 98% d’arrêts sur ce petit échantillon de 199 minutes jouées en bleu. À 20 ans, il sera sûrement le 3e gardien.
Antoine Keller progresse très vite et ses prestations avec Ajoie depuis son retour en Suisse en novembre ont achevé de convaincre qu’il sera sans doute le numéro 1 français devant la cage. Sur un tournoi aussi court, cela ne permettrait certainement qu’à un seul autre gardien de jouer, et il pourra s’agir du Pyrénéen Julian Junca.
Depuis son retour de blessure, Quentin Papillon n’a vraiment pas paru en forme sur ses dernières sorties, que ce soit en club (match à Cergy) ou avec l’équipe de France, contre la Pologne lors du dernier tournoi en Hongrie où il a peut-être définitivement perdu sa place au profit de la sensation Neckar. Souvenons-nous tout de même que c’est Papillon qui était dans la cage tricolore aux qualifications olympiques.
- Julian Junca, 24 sélections, 7 victoires, 12 défaites / 89,4% d’arrêts, 2 blanchissages.
- Antoine Keller, 9 sélections, 1 victoire, 7 défaites / 88,5% d’arrêts, 0 blanchissage.
- Martin Neckar, 4 sélections, 3 victoires, 0 défaite / 97,9% d’arrêts, 1 blanchissage
Le grand absent :
- Quentin Papillon, 28 sélections, 8 victoires, 12 défaites / 90,4% d’arrêts, 0 blanchissage

Les défenseurs
Aucun doute, un nom fait parler plus que les autres depuis les derniers évènements de Grenoble-Angers, c’est celui de Pierre Crinon. Celui qui a été rappelé à l’ordre par la fédération au sujet de l’exemplarité qu’implique le statut d’international, et qui a publié une lettre d’excuses, ira donc bien à Milan. Forcément, dans le contexte, sa discipline interroge. Le Grenoblois a le plus fort ratio de pénalités en bleu et peut paraître faire double emploi dans le rôle du colosse défensif avec Thomas Thiry qui pèse lui aussi plus de 100 kg.
Par contraste, soulignons l’extrême discipline de Vincent Llorca, le grand absent de ce contingent défensif alors qu’il avait été titulaire sans discontinuer lors des cinq dernières compétitions internationales : il n’a pris que quatre pénalités mineures pendant sa carrière tricolore. Mais a-t-il vraiment été éliminé par Crinon, ou plutôt par Guebey et Thiry, droitiers comme lui et solides lors du dernier tournoi en décembre ?
- Yohann Auvitu, 144 sélections, 11 buts + 50 assists, 40′ de pénalité, -17
- Jules Boscq, 37 sélections, 2 buts + 5 assists, 12′ de pénalité, -11
- Enzo Cantagallo, 30 sélections, 1 but + 3 assists, 10′ de pénalité, -3
- Florian Chakiachvili, 156 sélections, 12 buts + 31 assists, 86′ de pénalité, -25
- Pierre Crinon, 89 sélections, 0 but + 5 assists, 68′ de pénalité, -28
- Hugo Gallet, 112 sélections, 8 buts + 24 assists, 61′ de pénalité, -38
- Enzo Guebey, 63 sélections, 6 buts + 10 assists, 46′ de pénalité, -12
- Thomas Thiry, 96 sélections, 0 but + 5 assists, 30′ de pénalité, -32
Le grand absent :
- Vincent Llorca, 82 sélections, 1 but + 7 assists, 8′ de pénalité, -8
Les paires ?
En version 8 arrières, cela devrait donner au vu des complémentarités :
Auvitu – Guebey
Crinon – Boscq
Gallet – Thiry
Chakiachvili – Cantagallo
Mais si Yorick Treille préfère aligner 7 défenseurs pour disposer de 13 attaquants, on peut s’attendre plutôt à privilégier une paire Boscq-Gallet avec un fort temps de jeu, et à un rôle de spectateur pour Crinon et/ou Thiry.

L’attaque au complet
Les étoiles se sont alignées pour l’équipe de France : au moment où sa carrière NHL était menacée d’une fin définitive, Alexandre Texier a été récupéré au ballottage par les Canadiens de Montréal et y a récupéré le plein de confiance. Stéphane Da Costa, lui, a obtenu un bon de sortie de son club de KHL.
Tout le monde est en santé… ou presque. Dylan Fabre n’a pas encore repris depuis sa blessure mi-décembre, il est engagé dans une course contre la montre avant les JO. Avec sa vitesse, c’est un joueur indispensable pour les Bleus. Remarquez que c’est un des trois seuls joueurs avec une fiche positive en bleu avec les stars Bellemare et Da Costa.
L’absence de Tim Bozon n’est pas une surprise. Le staff n’avait pas envisagé de pouvoir lui trouver une place au sein d’un groupe au complet. En raison de son caractère difficile, il n’était même pas dans la pré-liste. Parti en KHL, Pierrick Dubé a affiché ses priorités, y compris dans ses déclarations, et n’y était pas non plus. Le Franco-Canadien n’a jamais joué de Mondial… mais si jamais Fabre manque, ne risque-t-on pas de regretter le buteur Dubé qui paraît le seul à pouvoir le remplacer ?
La non-sélection la plus marquante est celle de Guillaume Leclerc, parce qu’elle arrive au moment où il connaît un excellent début de saison à Grenoble auprès des jeunes. Mais justement, c’est peut-être son compagnon de ligne chez les Brûleurs de Loups, Aurélien Dair, qui lui a soufflé sa place. Son intensité lui a permis de vite faire son trou avec les Bleus.
La sélection venait trop tôt en revanche pour Bruche, et a fortiori pour Koudri et Bachelet. Les deux Grenoblois sont superflus avec 5 centres (plus éventuellement Texier ou Dair) mais on peut s’attendre à les voir aux championnats du monde, quand Bellemare aura pris sa retraite internationale pendant que Da Costa jouera les play-offs KHL. Contrairement à ce qui s’est passé dans les cages, l’expérience a été décisive dans cette sélection offensive.
- Justin Addamo, 22 sélections, 5 buts + 1 assist, 29′ de pénalité, -1
- Pierre-Édouard Bellemare, 188 sélections, 42 buts + 58 assists, 118′ de pénalité, +10
- Charles Bertrand, 152 sélections, 25 buts + 18 assists, 38′ de pénalité, -2
- Louis Boudon, 53 sélections, 5 buts + 9 assists, 24′ de pénalité, -13
- Kévin Bozon, 75 sélections, 7 buts + 10 assists, 54′ de pénalité, -12
- Stéphane Da Costa, 87 sélections, 33 buts + 54 assists, 117′ de pénalité, +18
- Aurélien Dair, 43 sélections, 8 buts + 7 assists, 63′ de pénalité, +0
- Floran Douay, 72 sélections, 5 buts + 10 assists, 66′ de pénalité, -15
- Dylan Fabre, 44 sélections, 10 buts + 7 assists, 14′ de pénalité, +3
- Jordann Perret, 157 sélections, 21 buts + 20 assists, 167′ de pénalité, -28
- Anthony Rech, 162 sélections, 25 buts + 31 assists, 50′ de pénalité, -21
- Nicolas Ritz, 191 sélections, 16 buts + 15 assists, 58′ de pénalité, -32
- Alexandre Texier, 58 séletions, 13 buts + 21 assists, 65′ de pénalité, -26
- Sacha Treille, 246 sélections, 50 buts + 41 assists, 254′ de pénalité, -49
Grand absent
- Guillaume Leclerc (95 sélections, 14 buts + 12 assists)

Essayons d’imaginer les lignes que mettra en place Yorick Treille
Charles Bertrand – Stéphane Da Costa – Alexandre Texier
Voilà la seule ligne capable de déstabiliser un tant soit peu techniquement les adversaires au très haut niveau qui sera celui de Milan. Bien sûr, la position de Charles Bertrand est plus fragile que celle des deux talents à ses côtés, mais sur un tournoi si court, la complémentarité est importante. Or, ce trio a joué ensemble au TQO. Si Bertrand a gardé sa place – contrairement à Leclerc – alors même qu’il vient juste de retrouver sa place à Vaasa après trois semaines d’absence, c’est que le staff voit comment il compte l’utiliser. Mais si jamais il faut faire entrer un joueur à sa place, un nom s’impose qui peut aussi bien jouer dans le top-6 offensif que dans un rôle de l’ombre : l’homme en forme de Ligue Magnus, Anthony Rech.
Dylan Fabre – Pierre-Édouard Bellemare – Jordann Perret
Ce trio a très bien fonctionné au tournoi d’Épinal. La grande expérience et le leadership du capitaine des Bleus s’allie idéalement à la vitesse des ailiers Fabre et Perret. Le point faible est le manque de finition de Jordann Perret, que peut compenser la qualité de tir affirmée de Dylan Fabre. Une seule chose à faire : prier pour que ce dernier soit rétabli à 100%.
Sacha Treille – Justin Addamo – Floran Douay
Cette ligne de gabarits puissants sera envoyée avec pour tâche de neutraliser les meilleures lignes adverses. Elle devra peser sur l’adversaire, dans tous les sens du terme, et sortir sans but encaissé. Objectif : avoir la fiche la plus près possible du 0 à cinq contre cinq. Et en avantage numérique, Addamo et Treille auront une présence forte devant les cages. Des joueurs de rôle indispensables.
Kevin Bozon – Nicolas Ritz – Aurélien Dair
Voilà trois joueurs de devoir qui forment une typique quatrième ligne. Attendez-vous à les voir aussi beaucoup jouer en infériorité numérique, où ils auront des rôles majeurs. La qualité aux mises au jeu de Ritz est espérée, même si elle sera à rude épreuve aux JO avec une très forte adversité.
Louis Boudon – Anthony Rech
Ce duo fonctionne bien ensemble, on ne lui a juste pas trouvé d’ailier dans cette version de l’alignement. Boudon peut évidemment se substituer à Ritz, et à tout autre centre absent y compris dans un rôle plus offensif. Rech peut prendre n’importe quelle place d’ailier avec son expérience. Ils seront donc les couteaux suisses d’un tournoi avec 4 rencontres de top niveau mondial en 6 jours.









































