Jeudi 5 février débutera le huitième tournoi olympique de hockey féminin de l’histoire. Dix équipes sont réunies à Milan, les cinq formations du groupe A ont fait l’objet de la première partie de la présentation. Place à la présentation du groupe B, celui de l’équipe de France féminine qui dispute pour la première fois les Jeux olympiques, alors qu’elle sera également présente en 2030 pour les JO dans les Alpes françaises.
Comme nous l’avons précisé précédemment, les cinq équipes du groupe A sont déjà assurées d’une place en quart de finale. En revanche, la bataille sera totale dans le groupe B puisque seules les trois premières équipes auront leur sésame pour les quarts. Une bataille qui s’annonce intense avec un niveau probablement plus reserré qu’on ne le pense.
Avant de passer à la présentation, voici le programme des Bleues :
Jeudi 5 février à 14h40 : Italie – France
Vendredi 6 février à 12h10 : France – Japon
Dimanche 8 février à 16h40 : France – Suède
Lundi 9 février à 16h40 : Allemagne – France

France
C’est donc parce qu’elle a remplacé la Russie, comme chez les garçons, que l’équipe de France féminine a obtenu le droit de disputer les Jeux olympiques de Milan-Cortina, la première olympiade de l’histoire de la sélection féminine de hockey. Lors des trois dernières qualifications olympiques, les Bleues ont tout de même joué le tour final qualificatif. À Tomakomai il y a un an, la France a connu une première rencontre calvaire contre le Japon avant de se reprendre en dominant nettement la Chine puis la Pologne, ce qui a permis d’hériter de ce statut de meilleur deuxième des qualifications qui a finalement permis de composter le ticket pour Milan. Si le contexte qualificatif est particulier avec le bénéfice de l’exclusion russe, la participation de l’équipe de France féminine est cohérente étant donné qu’elle a atteint deux fois l’élite des championnats du monde, en 2019 puis en 2023.
Cependant, ces deux dernières années, la troupe de Grégory Tarlé n’est pas parvenue à se qualifier de nouveau parmi les meilleures, elle tentera d’y parvenir à l’occasion du Mondial D1A en avril prochain à Budapest. Avant, il y a donc la grande messe olympique qui permet de se confronter au plus haut niveau, mais aussi d’obtenir une lumière médiatique jamais obtenue jusqu’alors pour les Bleues. La phase de préparation, composée de trois tournois entre août et décembre, a été corsée. Le bilan est de 3 victoires pour 6 défaites, dont 2 revers conclus au-delà des 60 minutes. Il convient également de préciser que sept des neuf matchs ont été disputés contre l’Allemagne, le Japon ou la Hongrie qui ont tous disputé le dernier Mondial élite. C’est dire que, malgré le timing serré après la qualification officialisée tardivement, la phase préparatoire a été exigeante et riche en bénéfice. Face aux adversaires du groupe B, les Françaises auront donc du répondant. Le dernier tournoi de Dunkerque a d’ailleurs été très satisfaisant en termes de jeu et d’efforts fournis.

S’il y a bien un poste qui a beaucoup fait jaser, c’est bien le poste de gardienne avec la naturalisation d’Alice Philbert, native du Québec et qui a passé deux ans à Wasquehal dans le but d’obtenir la formalité pour jouer avec la France aux JO. Cette arrivée a de fait monopolisé un spot et rendait plus difficile la tâche des autres gardiennes. Si Margaux Mameri en avait fait les frais au Mondial 2025, c’est Justine Crousy-Théode, après avoir pourtant fait le choix de rejoindre Metz en D3 masculine à la rentrée pour davantage de temps de jeu, qui s’est vu exclure des convocations cette saison. L’arrivée de Philbert a toutefois permis une clarification : alors que Mameri et Crousy-Théode ont connu des hauts et des bas en bleu, Philbert a réellement endossé le rôle de titulaire en apportant plus d’assurance devant les filets. D’autant plus qu’elle est performante en club, depuis la rentrée dans la ligue paneuropéenne EWHL à Bolzano, elle est parmi les meilleures gardiennes de la ligue avec 93,6% d’arrêts en 16 matchs. Cette saison avec les Bleues , Philbert a été alignée six fois sur neuf avec à l’arrivée 91% d’arrêts.
Trois blocs en défense étaient indissociables car expérimentés par le staff depuis plusieurs saisons : Sophie Leclerc et Léa Villiot, les deux autres Québécoises naturalisées Gabrielle De Serres et Marie-Pierre Pélissou, ainsi que Lucie Quarto et Elina Zilliox qui jouent ensemble à Lindenwood University. Quarto a bénéficié d’entrée d’un temps de jeu régulier dans la relevée NCAA, Zilliox s’est raccrochée à la saison et a disputé tous les matchs en janvier avant le regroupement olympique. Exilée en Suisse, Clara Piazzon (19 ans) a connu une forte progression et faisait concurrence à Léa Berger, elle devra patienter pour joueur ses premiers JO.
Quant à Athéna Locatelli, elle faisait partie des retraitées à l’issue du Mondial d’Angers en 2022, elle était revenue une dernière fois au Mondial élite 2023 avant de quitter définitivement le groupe France. On savait qu’elle allait alors poursuivre sa carrière en club, au HIFK en Finlande, mais force est de constater qu’elle y tient encore un rôle crucial : Locatelli est capitaine du club de la capitale et elle figure, encore et toujours aujourd’hui, parmi les meilleures défenseures d’Auroraliiga, elle compte plus de 120 points en 7 saisons à son compteur. Même si son départ en 2023 est une décision qui lui appartient, il est vrai à la suite d’un tournoi compliqué, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle aurait pu tenir un vrai rôle pivot dans cette sélection à l’aube de ces Jeux olympiques.
Ces dernières saisons, la réussite offensive a surtout été axée sur les trois pointes Chloé Aurard-Bushee – Estelle Duvin – Clara Rozier, qui ne sont en fait alignées ensemble que de manière exceptionnelle, en cas de force majeure pourrait-on dire. Aurard, qui avait connu une carrière exclusivement nord-américaine avec cinq saisons à la Northeastern University puis deux saisons en PWHL à New York, n’a eu d’autre choix que de réagir rapidement après son éviction surprise du Boston Fleet – qui l’avait accueillie à bras ouverts cet été. Le retour en Europe était le meilleur scénario possible pour briguer du temps de jeu et s’affûter dans toutes les configurations possibles alors que New York ne l’utilisait plus que sept minutes par match. Elle a finalement retrouvé rapidement son niveau de jeu à Zurich. Cette saison, Tarlé l’a alignée avec deux attaquantes affûtées, Manon Le Scodan et Jade Barbirati. En 6 matchs, elles ont inscrit 14 points à elles trois, ce qui en fait un deuxième trio de très bonne facture. Après des saisons d’excellence dans la ligue collégiale du Québec où elle est devenue l’une des joueuses les plus productives de l’histoire de la ligue, Le Scodan a fait une entrée spectaculaire en NCAA avec 26 points en 28 matchs à Clarkson University, sur des bases semblables à ce qu’avait réalisé Aurard. Lors d’une première saison plus en trait d’union, Barbirati a également fait de bons débuts avec 9 points en 13 matchs, et Julia Mesplède, qui a passé le cap des 100 matchs en NCAA, connaît le meilleur exercice de sa carrière avec 7 buts au compteur.

Estelle Duvin et Clara Rozier sont donc toujours les deux autres maillons forts, même si leur club de Berne a connu plus de difficultés en début de saison. Duvin, élue meilleure joueuse de Suisse en 2024 et 2025, continue de régaler puisqu’elle est la troisième meilleure marqueuse de la ligue. Rozier a de son côté passé le cap des 70 points en à peine deux saisons bernoises. De son côté, Margot Huot-Marchand, à 25 ans, connaît elle aussi la meilleure saison de sa carrière, en Suède à Rögle qui bataillera pour accéder à l’élite. Huot-Marchand a été alignée sur la première ligne lors du dernier tournoi avec Duvin et Rozier, et cela a bien fonctionné, elle a marqué 3 buts à ses 3 derniers matchs. Quant aux toutes jeunes Clémence Boudin (17 ans) et Anaïs Peyne-Dingival (18 ans), elles avaient décroché leur poste depuis des mois. Clémence Boudin a d’ailleurs impressionné au dernier Mondial D1A U18 en janvier, meilleure marqueuse de la compétition, seule Estelle Duvin était parvenue à une telle performance par le passé.
À 34 ans, la doyenne et capitaine Lore Baudrit tentera d’épauler ses coéquipières, sur et en dehors de la glace, pour ce qui pourrait bien être l’un de ses derniers grands défis. En 2023, le groupe France avait très mal vécu son retour en élite mondiale, surclassé par plusieurs équipes. Depuis, l’équipe a gagné en expérience, et elle avait fait de ces Jeux olympiques son grand objectif. Les Bleues pourront jouer sans complexe en tentant d’accrocher les quarts de finale. Sans avoir à jouer sa survie comme aux Mondiaux, elles seront délestées du poids de la relégation. Mais elles auront fort à faire, face à un adversaire qui fait des pas de géant (l’Italie) et trois autres qui capitalisent sur un long vécu en élite mondiale (Japon, Suède, Allemagne).
Alignement :
Gardiennes : Alice Philbert (EV Bozen / EWHL), Margaux Mameri (Meudon / FRA), Violette Pianel-Couriaut (Villard-de-Lans / FRA).
Défenseures : Léa Berger (Université de Montréal / USports), Gabrielle De Serres (Sudbury Lady Wolves / CAN), Sophie Leclerc (Grenoble / FRA), Marie-Pierre Pélissou (HC Davos / SUI), Lucie Quarto (Lindewood University / NCAA), Léa Villiot (ERC Ingolstadt / ALL), Elina Zilliox (Lindewood University / NCAA).
Attaquantes : Chloé Aurard-Bushee (ZSC Lions / SUI), Jade Barbirati (Quinnipiac University / NCAA), Lore Baudrit (ERC Ingolstadt / ALL), Clémence Boudin (Saint-Gervais / FRA), Estelle Duvin (SC Bern / SUI), Sehana Galbrun (HIFK / FIN), Margot Huot-Marchand (Rögle BK / SUE), Manon Le Scodan (Clarkson University / NCAA), Julia Mesplède (Vermont University / NCAA), Emma Nonnenmacher (Concordia University / USports), Anaïs Peyne-Dingival (John Abbott College / CAN), Clara Rozier (SC Bern / SUI), Anaé Simon (Lyon / FRA).
Absences notables : Justine Crousy-Théode (G), Athéna Locatelli, Clara Piazzon, Perrine Lavorel (D).
Italie
Le premier match des Jeux olympiques des Bleues sera donc contre un adversaire très proche géographiquement, mais qu’elles connaissent très peu. Une division mondiale les séparait jusqu’à maintenant mais avec une forte progression ces dernières années, les Azzurre retrouveront la D1A (et la France) au printemps prochain, pour la première fois depuis 2019.
Le statut de pays-hôte des JO a déclenché de réels efforts pour renforcer la sélection féminine, et le Québec a été sollicité. Italia Hockey a proposé un nouveau projet à Daniele Sauvageau, qui a eu par le passé un rôle de mentor pour l’équipe de France et qui est par ailleurs Directrice générale de la Victoire de Montréal en PWHL. Sauvageau a alors composé un staff entièrement québécois. Stéphanie Poirier, initialement nommée entraîneuse en chef, a cédé cette place depuis octobre à Éric Bouchard, Poirier est toutefois restée adjointe. Bouchard avait un objectif : disposer d’une équipe redoutable, préparée physiquement et mentalement.
Couvé par l’expertise québécoise, le hockey féminin italien a reçu un meilleur investissement que chez les hommes. La sélection féminine a été analysée, et plus que le système de jeu, les efforts ont été accentués sur les compétences individuelles et la formation. Plusieurs camps de centralisation, d’un mois à un mois et demi, se sont déroulés à Montréal ces dernières années. Le groupe transalpin en a profité pour se perfectionner dans un environnement optimal et affronter des équipes locales. Ces sessions intensives ont d’ailleurs porté leurs fruits. En décembre, les Italiennes ont battu 7-0 l’Université de Montréal puis 10-0 les Stingers de Concordia, et fait match nul 2-2 contre une équipe composée de réservistes de la Victoire de Montréal et d’universitaires. En janvier, les Italiennes ont dominé l’Université McGill 7-0, 3-2 l’Université de Montréal et 4-1 l’Université Bishop. Les Azzure ont donc terminé invaincues sur le sol canadien.
Sur le sol européen, les Italiennes ont remporté quatre de leurs six matchs avec pour tableau de chasse la Norvège, l’Autriche et deux fois la Slovaquie. Elles n’ont concédé que deux courtes défaites contre le Japon (2-3 et 3-4). Sur la saison, l’Italie n’a encaissé que 15 buts en 12 matchs. Le système défensif a fonctionné à merveille, et les Italiennes savent aussi faire le jeu. Le staff québécois a aussi initié un jeu plus intense et plus physique. Ces bons résultats sont dans la continuité du dernier Mondial Division 1B où elles ont écrasé toute concurrence : 5 victoires en 5 matchs, 31 buts marqués et 0 encaissé. On trouve dans cet alignement huit joueuses naturalisées, dont Kristin Della Rovere, Kayla Tutino, Justine Reyes et Laura Fortino. Pour la deuxième année consécutive, Della Rovere n’a pu être retenue à l’issue d’un camp PWHL, cette fois-ci Toronto. Mais elle est un élément utile à l’offensive transalpine, tout comme Tutino et Reyes. Laura Fortino, dont les deux parents sont italiens, a déjà disputé six championnats du monde et deux Jeux olympiques avec le Canada, elle était d’ailleurs passeuse sur le but gagnant pour l’or olympique de Sotchi. Son expérience est donc précieuse.
Mais le véritable moteur de cette équipe, c’est cette génération de joueuses qui a émergé de manière spectaculaire. Matilde Fantin et Manuela Heidenberger n’ont que 18 ans, et elles ont déjà un impact offensif majeur au sein de l’équipe. Ce sont véritablement deux talents offensifs d’exception. Fantin était d’ailleurs la meilleure marqueuse du dernier Mondial D1B avant de faire des débuts remarqués en NCAA, et Heidenberger a déjà percé en élite finlandaise.

C’est en défense que l’on retrouve incontestablement le maillon fort de l’équipe : Nadia Mattivi, 25 ans et élue meilleure défenseure de Suède en 2025. Mattivi a tout d’une défenseure moderne : sereine dans sa zone avec un apport redoutable en attaque. Il ne fait aucun doute que, passés les Jeux olympiques, Mattivi pourrait succomber aux sirènes de la PWHL où elle pourrait obtenir d’emblée un rôle clef. Mattivi est régulièrement alignée avec Fortino, ce qui permet à l’Italie de disposer d’une première doublette défensive de haut calibre et prête à jour 20-25 minutes par match. Il n’empêche que même en défense de jeunes talents ont percé dans l’effectif, c’est le cas de Laura Lobis, 19 ans, qui a impressionné lors des dernières rencontres. Devant le but, Martina Fedel occupe le poste de titulaire, elle avait d’ailleurs réalisé 4 blanchissages en 4 départs au dernier Mondial D1B. Expatriée très tôt à l’étranger, Fedel est désormais l’une des meilleures gardiennes sur le circuit universitaire canadien (USports).
La seule et unique participation olympique de l’Italie était en 2006, déjà en tant que pays-hôte à Turin. Le tournoi avait tourné à la catastrophe avec trois matchs sur cinq conclus par dix buts d’écart. À Milan, l’équipe transalpine arrive dans d’autres dispositions, forte de progrès spectaculaires. Autant dire qu’aucune équipe du groupe B n’aura la tâche facile face aux Azzurre.
Alignement :
Gardiennes : Gabriella Frances Durante (Real Torino / ITA), Martina Fedel (Guelph University / USports), Margherita Ostoni (Pinerolo Ghiaccio / ITA).
Défenseures : Laura Fortino (Real Torino / ITA), Kristen Guerriero (EV Bozen / EWHL), Laura Lobis (SV Kaltern-HC Caldaro / ITA), Nadia Mattivi (Luleå HF/ SUE), Jacqueline Pierri (EV Bozen / EWHL), Franziska Stocker (Södertälje SK / SUE), Amie Fielding Varano (Malmö Redhawks/ SUE).
Attaquantes : Aurora Enrica Abatangelo (HC Davos / SUI), Eleonora Bonafini (EV Bozen / EWHL), Anna Caumo (HC Pustertal Jr / ITA), Kristin Della Rovere, Matilde Fantin (Penn State University / NCAA), Manuela Heidenberger (HPK / FIN), Sara Kaneppele (EV Bozen / EWHL), Marta Mazzocchi (ASD Aosta Gladiators / ITA), Greta Niccolai (Ambrì Piotta / SUI), Justine Reyes (MoDo Hockey / SUE), Rebecca Roccella (HC Davos / SUI), Carola Saletta (Fribourg-Gottéron / SUI), Kayla Tutino (Real Torino / ITA).
Absences notables : Maddalena Bedont (D), Samantha Gius (A).

Japon
Au lendemain de sa rencontre inaugurale contre l’Italie, l’équipe de France disputera déjà son deuxième match contre le Japon, septième nation mondiale chez les féminines. Les Japonaises vont connaître leur cinquième olympiade, elles étaient parvenues à remporter leur tournoi de qualification à Tomakomai en dominant nettement leurs trois adversaires, dont la France. L’équipe nippone est une habituée des quarts de finale, aux championnats du monde comme aux JO, cette performance sera donc un minimum à atteindre pour l’entraîneur en chef Yuji Iizuka. Cela fera bientôt 18 ans (!) qu’il se consacre à l’équipe nationale, et ce seront ses quatrièmes jeux olympiques derrière le banc nippon.
Après les JO de Pékin, Iizuka avait avoué son inquiétude en raison du départ de quelques cadres, dont Nana Fujimoto et Hanae Kubo. Dans une interview dans les colonnes de bbm-japan, il se posait réellement la question sur la faculté à combler ces départs. Finalement, les efforts de formation ont permis à l’équipe du Japon de se renouveler et de conserver son rang. Le groupe Milan-Cortina 2026 sera encore plus jeune que celui de Pékin 2022. L’équipe a même dans ses rangs un joueuse de 16 ans, Nana Akimoto, la plus jeune hockeyeuse olympique de l’histoire japonaise. L’objectif est tout simplement de remporter ce groupe B, afin de se mettre en bonne position pour les quarts de finale.
Cette saison, « Smile Japan » comme on le surnomme a participé à plusieurs tournois. Si le nouveau championnat d’Asie n’a été qu’une formalité ces deux dernières saisons, les tournois disputés en Europe sont bien plus riches en enseignements. Les Japonaises ont un bilan de 8 victoires pour 2 défaites pour les matchs préparatoires en Europe, elles ont d’ailleurs rencontré trois de leurs cinq adversaires de ce tournoi olympique : la France (deux victoires 5-2 et 3-2), l’Allemagne (une défaite aux tirs au but puis une victoire en prolongation) et l’Italie (succès 3-2 et 4-3).
La sélection du Soleil Levant semble à son meilleur, sans aucune absence notable, avec bon nombre de valeurs sûres. À commencer par les filets, Miyuu Masuhara est désormais la titulaire au poste de gardienne, avec de solides performances (92,6% d’arrêts) lors du dernier Mondial. Masuhara n’a encaissé aucun but aux deux championnats d’Asie, et elle a conservé un pourcentage d’arrêts de 92% lors des matchs en Europe, à plusieurs reprises alignée sur des moitiés de rencontre avant de réaliser un dernier match concluant l’Allemagne. Riko Kawaguchi et l’Américano-japonaise Rei Halloran ont toutefois été testées ces derniers mois, avec satisfaction à l’arrivée. Iizuka peut donc compter sur trois gardiennes de bonne facture, et qui ont moins de 25 ans.

Rigueur est le maître mot de cette équipe capable de présenter une bonne copie pendant 60 minutes sans se relâcher. Le coach peut d’ailleurs compter sur des éléments rigoureux en défense, la capitaine Shiori Koike en tête, mais aussi Akane Hosoyamada, Ayaka Hitosato et Aoi Shiga. L’autre sœur Shiga, Akane, demeure la menace offensive numéro 1 du Japon, son douloureux départ de la PWHL lui a fait finalement le plus grand bien puisqu’elle connaît une deuxième saison de plus de 30 points en SDHL suédoise. Rui Ukita est l’autre star offensive et un véritable poumon de cette équipe dans laquelle plusieurs jeunes se sont fait une bonne place. C’est le cas de Makoto Ito, une joueuse physique replacée au centre avec succès par Iizuka, et des sœurs jumelles Rio et Riri Noro. Rio Noro est d’ailleurs maintenant alignée sur le premier trio de Shiga et Ukita, elle a inscrit 7 buts en 13 matchs internationaux cette saison. Enfin, Haruka Toko, longuement blessée en 2025, a fait un retour convaincant. Si elle n’a pas été convoquée au tournoi de Dunkerque en décembre, elle était la meilleure marqueuse du dernier Championnat d’Asie, histoire de se faire la main.
Le Japon sait se renouveler et demeurer compétitif au plus haut niveau, qui plus est avec un groupe qui joue pour sa grande majorité au Japon. Mais le jeu toujours plus physique et les dimensions plus réduites de la glace ne seront pas à son avantage. Smile Japan regorge toutefois de suffisamment de talents et de combativité pour atteindre les quarts. Le potentiel offensif, qui s’est amélioré selon le coach Iizuka, sera un point clef. Les Bleues tenteront de leur faire obstacle, le dernier succès de la France remonte au Tournoi d’Odense le 12 décembre 2024 et une victoire 3-2 des Françaises.
Alignement :
Gardiennes : Rei Halloran (Järnbrotts HK / SUE), Miyuu Masuhara (DK Peregrine / JPN), Riko Kawaguchi (Daishin / JPN).
Défenseures : Akane Hosoyamada (DK Peregrine / JPN), Shiori Koike (DK Peregrine / JPN), Ayaka Hitosato (Linköping / SUE), Aoi Shiga (MoDo / SUE), Kanami Seki (SEIBU / JPN), Shiori Yamashita (SEIBU / JPN), Kohane Sato (Daishin / JPN), Nana Akimoto (DK Peregrine / JPN).
Attaquantes : Rui Ukita (Daishin / JPN), Suzuka Maeda (DK Peregrine / JPN), Haruka Toko (Linköping / SUE), Mei Miura (Toyota Cygnus / JPN), Remi Koyama (SEIBU / JPN), Akane Shiga (Luleå HF / SUE), Yumeka Wajima (DK Peregrine / JPN), Makoto Ito (Toyota Cygnus / JPN), Rio Noro (Daishin / JPN), Riri Noro (Daishin / JPN), Ai Tada (Daishin / JPN), Umeka Odaira (Daishin / JPN).

Suède
Après des années de retard sur son programme, la Suède court à davantage d’ambitions. C’est dans cette logique qu’a été lancé le programme Olympisk Offensiv avec l’objectif d’obtenir une médaille à Milan-Cortina 2026 puis dans les Alpes françaises en 2030. La dernière médaille remonte à près de vingt ans, aux Mondiaux 2007, c’est dire le challenge fixé par la fédération suédoise. Un plan stratégique a été lancé en capitalisant sur une formation qui s’améliore et un championnat national qui demeure, de loin, le meilleur en Europe. L’entraîneur Ulf Lundberg, en poste depuis 2020, a permis à la Tre Kronor Dam de se rapprocher du dernier carré sans pour autant l’atteindre, son équipe s’inclinant d’un but d’écart en quart de finale aux Mondiaux 2025 contre la Finlande, et même en prolongation en 2023 contre le Canada.
Lundberg aura à cœur de voir ses joueuses faire bonne figure aux JO car il s’agira de sa dernière compétition après six années au chevet de la Suède. À l’automne, on a appris qu’il allait être remplacé par l’ancienne capitaine Erika Holst, la meilleure marqueuse suédoise de l’histoire aux championnats du monde et qui entraîne avec succès Frölunda, le club de Göteborg ayant obtenu son premier titre national au printemps dernier. La Suède est engagée depuis plusieurs années dans l’Euro Hockey Tour qui lui assure un haut niveau de compétitivité face à la Finlande, la Suisse et la Tchéquie. Mais la dernière saison de Lundberg avait bien mal débuté avec trois défaites contre ces trois adversaires. Les Suédoises se sont ensuite repris à domicile en novembre lors du tournoi d’Ängelholm avec une victoire pour deux défaites encaissées au-delà des 60 minutes, et elles ont finalement remporté le dernier tournoi de décembre en Finlande.

Avec 3 buts en 3 matchs lors de ce dernier tournoi et 6 points en 6 matchs cette saison, l’attaquante Hilda Svensson a réellement marqué les esprits sous les couleurs suédoises, en plus de cartonner en NCAA. Svensson dispute sa première saison sur le circuit universitaire américain, et elle est dans le top 10 des meilleures marqueuses. À seulement 19 ans, la nouvelle étoile suédoise a déjà marqué plus de 20 points en 3 championnats du monde et semble désormais avoir franchi un cap pour devenir l’atout offensif numéro 1 de la Tre Kronor Dam. À Svensson s’ajoutent Ebba Hedqvist, Linnéa Johansson, Thea Johansson et Josefin Bouveng qui se sont illustrées par leurs performances.
Si ces joueuses ont de quoi le réjouir, Lundberg s’est sans doute inquiété de plusieurs pépins qui ont écorché la sélection. L’attaquante de MoDo Wilma Sundin est rapidement devenue out pour la saison, mais le cas de Lina Ljungblom, la meilleure joueuse de Suède en 2024 et la centre n°1 de l’équipe, était bien plus inquiétant. Éloignée des patinoires pendant plusieurs semaines, HockeySverige nous apprenait début décembre que Ljungblom bataillait face à une mononucléose infectieuse, le simple fait de bouger lui était compliqué. Elle était finalement à l’entraînement de la Victoire de Montréal juste après Noël, et soulagement, elle a repris le jeu après le Nouvel An, mais sera-t-elle à son meilleur niveau ? Par ailleurs, Lundberg a tout de même sélectionné Felizia « Zinken » Wikner-Zienkiewicz malgré sa blessure, le coach de la Tre Kronor Dam compte sur elle pour la quatrième ligne, mais à condition qu’elle soit à 100%.
Enfin, Maja Nylén Persson, la pièce maîtresse en défense, a longuement été blessée, elle est finalement revenue au jeu fin novembre avec les New York Sirens, elle joue régulièrement plus de vingt minutes de jeu en moyenne en PWHL. Anna Kjellbin, qui a aussi un rôle régulier en PWHL, et la toujours prometteuse Mira Jungåker montreront l’exemple en défense dans laquelle Jenna Raunio et Ida Karlsson sont devenues des éléments clefs. En revanche, le retour de Jessica Adolfsson a été pour le moins inattendu, sélectionnée pour la dernière fois en février 2023 avant d’être appelée pour le tournoi de décembre. Après une expérience infructueuse à Ottawa, Adolfsson a retrouvé plus de stabilité et de temps de jeu en Suède, ce qui lui a permis de retrouver la sélection alors qu’elle était présente à Pékin 2022.
Devant le but, Emma Söderberg occupe depuis quatre ans le rôle de titulaire, malgré deux saisons difficiles en PWHL. Revenue depuis en Suède, Söderberg a retrouvé la confiance en club mais elle n’a pas forcément performé durant les matchs internationaux. Söderberg a d’ailleurs fini sur une mauvaise note dimanche dernier en encaissant 3 buts en 11 tirs contre la Suisse. À l’inverse, la jeune Ebba Svensson-Träff, qui avait pris le relais lors de ce dernier match préparatoire sans encaisser de but, ne cesse d’impressionner : 93% d’arrêts cette saison en SDHL avec Linköping et 94% d’arrêts si l’on cumule les deux derniers tournois de l’Euro Hockey Tour. Le rempart de 21 ans aura son mot à dire pour le place de numéro 1, en tout cas Lundberg a annoncé qu’il donnera sa chance à Svensson-Träff. Si l’incertitude demeure devant le but, la Suède dispose d’une équipe homogène avec de jeunes éléments qui prennent de plus en plus d’importance. La clef pour arracher une médaille qui se fait attendre ?
Alignement :
Gardiennes : Tindra Holm (MoDo / SUE), Ebba Svensson-Träff (Linköping / SUE), Emma Söderberg (SDE / SUE).
Défenseures : Jessica Adolfsson (SDE / SUE), Linnéa Andersson (MoDo / SUE), Mira Jungåker (Ohio State University / NCAA), Ida Karlsson (University of Minnesota-Duluth / NCAA), Anna Kjellbin (Toronto Sceptres / PWHL), Maja Nylén Persson (New York Sirens / PWHL), Jenna Raunio (Ohio State University / NCAA).
Attaquantes : Josefin Bouveng (University of Minnesota / NCAA), Nicole Hall (Penn State University / NCAA), Mira Hallin (MoDo / SUE), Ebba Hedqvist (MoDo / SUE), Sara Hjalmarsson (Toronto Sceptres / PWHL), Lisa Johansson (SDE / SUE), Thea Johansson (University of Minnesota-Duluth / NCAA), Lina Ljungblom (Victoire de Montréal / PWHL), Sofie Lundin (Frölunda / SUE), Hanna Olsson (Frölunda / SUE), Hilda Svensson (Ohio State University / NCAA), Hanna Thuvik (Brynäs / SUE), Felizia Wikner-Zienkiewicz (Frölunda / SUE).
Absences notables : Emma Forsgren (D), Wilma Sundin (A).

Allemagne
Le 9 février, l’équipe de France féminine disputera son dernier match de groupe contre l’Allemagne, potentiellement un match clef pour les quarts de finale. Les Bleues ont joué l’Allemagne en match officiel pour la dernière fois au Mondial 2023 de Brampton, elles s’étaient inclinées 3-0. En novembre dernier, les Françaises avaient toutefois résisté jusqu’à la séance de tirs au but. Les Allemandes signent d’ailleurs un retour aux JO après avoir manqué ceux de PyeongChang en 2018 et ceux de Pékin en 2022. Elles ont obtenu leur ticket à domicile en venant à bout de l’Autriche (2-0), la Slovaquie (6-1), puis lors d’une véritable finale à suspense contre la Hongrie (2-1). L’essentiel assuré, l’équipe entraînée par le Canadien Jeff MacLeod s’est consacrée cette saison à une préparation efficace : 9 matchs, 8 victoires, 2 tournois (celui d’Albertville et la Deutschland Cup) remportés sur 2. Deux matchs préparatoires en décembre se sont terminés sur deux jeux blancs contre l’Autriche. Sa seule défaite (en prolongation), le week-end dernier contre le Japon, elle l’a concédée sans ses joueuses PWHL. Autant dire que DEB Frauen sera en forme et en confiance avant de poser ses valises à Milan. En parallèle de ces résultats, le contrat de MacLeod, en poste depuis 2023, a logiquement été prolongé jusqu’en 2027.
L’Allemagne est donc une candidate aux quarts de finale, elles les a d’ailleurs disputé six fois lors des sept derniers championnats du monde. En 2024, elle avait même remporté son groupe en terminant devant la Suède et le Japon. Malgré tout, sa seule présence dans le dernier carré date de 2017 et des Mondiaux de Plymouth, mais une telle performance tient du parcours du combattant. Ce groupe B est très ouvert, et si le sésame des quarts est obtenu, la probabilité de tomber sur l’une des deux superpuissances nord-américaines demeure très élevée.
Il n’y a pas de grande star dans cette Frauen Mannschaft, à l’exception de la gardienne Sandra Abstreiter. S’il lui a fallu attendre 21 mois (!) pour jouer de nouveau en PWHL, le rempart de Montréal a l’habitude d’enchaîner les matchs avec un gros capital expérience à l’international. Abstreiter a débuté lors de dix des onze derniers matchs de l’Allemagne aux Championnats du monde, et elle a été alignée lors des trois matchs des qualifications olympiques. Rarement défaillante avec une grande régularité, la gardienne de 27 ans est l’atout numéro 1, elle était d’ailleurs derrière les deux blanchissages contre l’Autriche en décembre.
Outre Abstreiter, l’Allemagne dispose de deux autres éléments PWHL avec Katarina Jobst-Smith et Laura Kluge. Jobst-Smith a débuté la saison avec une blessure à long terme, elle a recommencé à patiner en décembre, et elle s’est finalement remise à temps alors qu’elle est la top défenseure de la sélection avec la capitaine Daria Gleissner. Cette dernière avait d’ailleurs été sélectionnée pour Sotchi 2014, elle avait alors 20 ans, mais elle s’était blessée à l’entraînement sur place et avait dû déclarer forfait. Voilà enfin ses premiers JO pour Gleissner du haut de ses 258 sélections ! En revanche, il n’y aura pas de JO pour un maillon important en défense, Tabea Botthof, blessée en décembre contre l’Autriche, ainsi que la jeune Hanna Weichenhain, dont le forfait est intervenu lors de la préparation du Mondial U18 en janvier.

Laura Kluge alimente l’attaque de Boston avec toutefois un registre plutôt défensif, même si elle est la meilleure marqueuse allemande de l’histoire aux championnats du monde. Le vrai impact offensif provient désormais des jumelles Welcke, Lilli et Luisa. Les sœurs de 23 ans, qui évoluent ensemble à Boston University, se sont montrées décisives lors des qualifications olympiques et lors du dernier Mondial. Lilli Welcke a d’ailleurs connu deux rencontres préparatoires cette saison avec un doublé. Emily Nix, Franziska Feldmeier (qui a passé le cap des 100 sélections) et Nicola Hadraschek-Eisenschmid ont dernièrement montré aussi beaucoup d’efficacité.
Le hockey allemand est en pleine expansion, et les féminines ne dérogent pas à ce phénomène. Les Allemandes attirent un public toujours plus nombreux dans les patinoires du pays. Cette reconnaissance grandissante va de paire avec une équipe plus ambitieuse, qui sait désormais prendre le jeu à son compte avec beaucoup de rigueur. Le coach MacLeod a d’ailleurs souligné les progrès en termes de jeu et de résultats. DEB Frauen sera donc attendu au tournant, avec une pression qui sera tout de même au rendez-vous. À ce titre, l’outsider français pourrait bien avoir une carte à jouer lors du dernier match.
Alignement :
Gardiennes : Sandra Abstreiter (Victoire de Montréal/PWHL), Lisa Hemmerle (ERC Ingolstadt / ALL), Chiara Schultes (ECDC Memmingen / ALL).
Défenseur : Daria Gleissner (ECDC Memmingen / ALL), Ronja Hark (ECDC Memmingen / ALL), Charlott Schaffrath (ECDC Memmingen / ALL), Carina Strobel (ECDC Memmingen / ALL), Katharina Häckelsmiller (ERC Ingolstadt / ALL), Hanna Hoppe (ESC Dresden / ALL), Nina Jobst-Smith (Vancouver Goldeneyes / PWHL), Tara Schmitz (Mad Dogs Mannheim / ALL).
Attaquants : Anne Bartsch (ECDC Memmingen / ALL), Nicola Hadraschek-Eisenschmid (ECDC Memmingen / ALL), Jule Schiefer (ECDC Memmingen / ALL), Nina Christof (Rensselaer Polytechnic Institute / NCAA), Franziska Feldmeier (Eisbären Juniors Berlin / ALL), Celina Haider (Eisbären Juniors Berlin / ALL), Mathilda Heine (Eisbären Juniors Berlin / ALL), Laura Kluge (Boston Fleet / PWHL), Emily Nix (Frölunda / SUE), Svenja Voigt (St. Cloud State University / NCAA), Lilli Welcke (Boston University / NCAA), Luisa Welcke (Boston University / NCAA).
Absence notable : Tabea Botthof (D).
Photos IIHF










































