La Finlande impressionne et hérite de la Suisse en quarts

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La première place du groupe B est en jeu dans ce premier choc de la dernière journée de la phase de poules. La Finlande doit gagner dans le temps réglementaire pour passer devant les États-Unis.

Le match commence pourtant par dix minutes de forte pression américaine. Le défenseur Ville Pokka perd le palet face à Coleman et Ryan, et son gardien Harri Säteri doit alors capter un tir de Brian Gibbons. Ce dernier provoque ensuite une obstruction de Koivisto, et Lee et Kane insistent dans le slot sans percer la cuirasse. L’arrêt le plus spectaculaire rste à venir. Gaudreau attaque la cage, Säteri bloque des jambières, sent que le palet est sous lui et l’écarte magnifiquement d’un réflexe du gant avant que « Johnny Hockey » n’aille s’en emparer dans son dos. Décidément, Säteri a défendu de belle manière sa place de titulaire de la Finlande dans ce tournoi, même s’il n’a eu sa chance que brièvement pendant sa première saison en Amérique du nord.

Mais à mi-période, le jeu revient plusieurs fois sur la cage de Kinkaid sur la même présence, d’abord avec des rebonds répétés de Savinainen. Puis Sebastian Aho, derrière la ligne de fond, tire dans l’intérieur de la jambière du portier américain qui dévie contre son camp. Les malheurs de Kinkaid ne sont pas finis : en fin de tiers, quand Nutivaara envoie le palet le long de la bande, tous les joueurs pensent qu’il va longer la balustrade et se dirigent de l’autre côté à sa poursuite… sauf Aho qui voit le rebond curieux contre le plexiglas et n’a plus qu’à pousser le palet dans la cage grande ouverte. Deux buts-gags donnent donc l’avantage à la Finlande dans un premier tiers-temps intense et animé. Kinkaid se fait une autre frayeur en restant sur la glace après avoir pris un tir de Rantanen au niveau du cou, mais il peut reprendre le jeu.

Les Finlandais défendent avec acharnement leur enclave dans la deuxième période, mais ils se créent aussi les meilleures occasions grâce au trio – modifié – de Granlund. Une première mèche est allumée par le travail dans les bandes de Tolvanen qui aboutit à une passe de derrière la cage de Rantanen pour le tir entre les cercles de Ville Pokka, bien détourné par Kinkaid. Finalement, c’est Mikko Rantanen vient prendre le rebond en cage ouverte d’un tir de Nutivaara consécutif à une mise au jeu remportée par Mikael Granlund. Ce trio semble prendre sa pleine mesure maintenant que le joker Tolvanen y a remplacé un autre jeune, un Kasperi Kapanen un peu décevant. Le top-6 finlandais s’annonce dorénavant sans point faible avec deux lignes offensives bardées de talent.

Les autres lignes ne veulent pas être en reste dans cette victoire. Au troisième tiers, à l’accélération et au tir du revers de Manninen suit le rebond du géant Anttila (4-0). Le coach américain utilise son challenge parce que Mäenalanen a gêné son gardien, mais il ne l’a guère touché. Sur l’action suivante, pas de doute en revanche, Rantanen percute violemment Kinkaid et prend deux minutes de pénalité. Les Finlandais ne laissent les Américains s’installer que dans les dernières secondes, mais Koivisto fait alors trébucher Atkinson dans le coin. Ce second avantage numérique consécutif est fatal, car Patrick Kane, dans son cercle droit fétiche, y ajuste la lucarne. Challenge du coach finlandais, cette fois, car le patin de Lee est venu toucher la botte de Säteri : également refusé, car ce contact est sans influence sur la destinée du tir.

Larkin fait trébucher Tolvanen, et les Finlandais montrent qu’ils peuvent eux aussi marquer en supériorité numérique : Kasperi Kapanen récupère un palet qui a frappé la balustrade au fond et tire sous le bras de Kinkaid. Les Américains reviennent à « seulement » trois buts d’écart lorsque Kane dévie un centre de Kreider et que Derek Ryan prend le rebond du revers en l’air. Avec trois buts de retard, Jeff Blashill ose sortir son gardien à près de quatre minutes de la fin : cela permet surtout à Aho de s’offrir un hat-trick dans les filets déserts et de repasser devant Kane au classement des marqueurs !

La Finlande a conquis de haute lutte la première place du groupe B en battant les deux équipes nord-américaines. Elle part maintenant favorite de son quart de finale contre la Suisse. Les Américains, eux, retrouveront les Tchèques « comme d’habitude » : c’était déjà le cas deux fois sur les quatre derniers Mondiaux (2014 et 2016) ainsi qu’aux deux derniers Jeux olympiques (2014, 2018). Ce sera en quelque sorte la « belle » puisque les deux équipes en sont à deux victoires partout.

Désignés joueurs du match : Sebastian Aho pour la Finlande et Cam Atkinson pour les États-Unis.

Commentaires d’après-match

Mikko Rantanen (attaquant de la Finlande) : « Nous avons très bien joué contre deux grandes équipes, le Canada et les États-Unis, et c’est comme ça que nous voulons jouer. Remporter ce groupe est quelque chose d’énorme pour nous, à nous d’en tirer avantage. Ce sera un gros match jeudi, nous devons juste nous relaxer et utiliser le jour de repos demain. C’est un avantage pour nous de rester ici et de ne pas avoir à voyager. »

Derek Ryan (attaquant des États-Unis) : « Ils ont fait un grand match et concrétisé leurs occasions. C’était un match assez équilibré, mais ils ont un jeu structuré et ils patinent bien. »

 

Finlande – États-Unis 6-2 (2-0, 1-0, 3-2)
Mardi 15 mai 2018 à 12h15 à la Jyske Bank Boxen de Herning. 6343 spectateurs.
Arbitrage de Brett Iverson (CAN) et Mikael Sjöqvist (SUE) assistés de Miroslav Lhotsky (TCH) et Andreas Malmqvist (SUE).
Pénalités : Finlande 8′ (4′, 0′, 4′), États-Unis 10′ (2′, 0′, 8′).
Tirs : Finlande 36 (12, 12, 12), États-Unis 37 (15, 8, 14).

Évolution du score :
1-0 à 10’17 : Aho assisté de Savinainen
2-0 à 17’15 : Aho assisté de Nutivaara
3-0 à 37’51 : Rantanen assisté de Nutivaara et Granlund
4-0 à 47’42 : Anttila assisté de Manninen
4-1 à 51’33 : Kane assisté de McAvoy (sup. num.)
5-1 à 53’57 : Kapanen assisté de Tolvanen et Savinainen (sup. num.)
5-2 à 54’44 : Ryan assisté de Kane et Kreider
6-2 à 56’45 : Aho assisté de Kivistö

Finlande

Attaquants :
Eeli Tolvanen (+1, 2′) – Mikael Granlund (C, +1) – Mikko Rantanen (A, +1, 2′)
Veli-Matti Savinainen (+2) – Sebastian Aho (A, +3) – Teuvo Teräväinen (+3)
Kasperi Kapanen – Sakari Manninen – Pekka Jormakka
Saku Mäenalanen – Janne Pesonen – Marko Anttila (+1)

Défenseurs :
Miro Heiskanen – Ville Pokka (+1)
Miika Koivisto (+3, 4′) – Markus Nutivaara (+3)
Tommi Kivistö (+1) – Julius Honka
Juuso Riikola

Gardien :
Harri Säteri

Remplaçants : Ville Husso (G), Olli Palola. En réserve : Eero Kilpeläinen (G), Antti Suomela.

États-Unis (2′ pour surnombre)

Attaquants :
Cam Atkinson (-2, 2′) – Nick Bonino (-1) – Patrick Kane (C, -3)
Anders Lee (-2) – Dylan Larkin (A, -3, 2′) – Johnny Gaudreau (-2)
Chris Kreider – Colin White (-1) – Alex DeBrincat (-1)
Blake Coleman (2′) – Derek Ryan (+1) – Brian Gibbons

Défenseurs :
Connor Murphy (A, -2) – Alec Martinez (-2)
Will Butcher (-2) – Charlie McAvoy (-1)
Nick Jensen (-1) – Neal Pionk (2′)
Quinn Hughes (+1)

Gardien :
Keith Kinkaid [sorti de 51’18 à 51’33 et de 55’16 à 56’45]

Remplaçants : Scott Darling (G), Tage Thompson. En réserve : Charlie Lindgren (G), Jordan Oesterle, Sonny Milano.

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