Allemagne – Slovaquie (Deutschland Cup, 3e journée)

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Le hasard du calendrier de la Deutschland Cup a fait que les deux ultimes confrontations de la compétition s’apparentent à une finale entre la Russie et la Suisse, les deux seules équipes à pourvoir prétendre soulever le trophée, et une consolante entre les deux qui n’ont toujours pas remporté le moindre match, à savoir l’Allemagne et la Slovaquie. L’enjeu de cette dernière rencontre, fixée à l’heure de la digestion, est donc clair : sauver l’honneur en terminant le week-end sur une note positive et surtout éviter la cuillère de bois.

Pour l’Allemagne toutefois, la défaite, en ce 11 novembre, serait d’autant plus amère qu’elle évolue à domicile et qu’une lanterne rouge serait malvenue après deux défaites encaissées seulement après le temps réglementaire. Surtout, ce serait une sortie ratée pour son entraîneur Marco Sturm, celui même qui a emmené le pays en finale olympique, qui délaissera la sélection nationale dès demain pour s’envoler vers la Californie où il intègrera le staff des Los Angeles Kings.

Ce sont les Slovaques, sans les quatre éléments de Slovan Bratislava (Grman, Lunter, Sersen, Sukeľ) repartis vers la capitale, qui tirent les premiers : Róbert Lantoši fait le tour de la cage avant de servir Michel Krištof, esseulé devant le but, mais Niklas Treutle veille au grain (1’03). Lantoši, encore, fait le décalage à droite et se présente dans le slot mais sa tentative est repoussée de l’épaule par le portier allemand (4’18). L’attaquant de Nitra, très en jambes en cette entame, devra encore patienter avant d’ouvrir son compteur international.

L’Allemagne, en rouge, ne montre rien de convaincant sur un premier jeu de puissance provoqué par Martin Gernát (4’25). C’est même la Slovaquie, en infériorité, qui se montre la plus dangereuse via son feu follet Lantoši, parti en contre avec un de ses camarades, qui vise en plein dans Treutle dans le rond gauche (5’33). La Mannschaft réagit toutefois après un début un peu mou. Le rythme du match s’en ressent d’ailleurs. La Double-Croix profite toutefois des errements adverses en zone neutre pour se retrouver souvent en surnombre. À trois contre un, Radovan Puliš, entre les cercles, se précipite au moment d’armer et oublie de cadrer (8’29).

Pour sa première cape, Andrej Košarišťan affiche une belle confiance devant la cage slovaque, comme sur cette sortie pleine d’autorité qui bloque un tir côté rapproché de Stefan Loibl (12’18). Il est tout aussi rassurant avec un réflexe de la mitaine sur un slap de Bernhard Ebner sur la « bleue » (16’22). Pour le reste, ce sont les Slovaques qui sont les plus actifs en zone offensive, bien aidés par une mauvaise couverture de la défense locale. Dávid Šoltés bénéficie d’un espace libéré pour s’échapper à gauche et frapper mais son rebond est mal négocié par Mislav Rosandič en bout de course (14’11).

Les Blancs affichent une belle combativité et réalisent, comme à leur habitude à Krefeld, une première période très convaincante. Mais cette domination reste stérile jusqu’à la pause, Andrej Kudrna, parti en breakaway, loupant un dernier face à face en visant trop haut (19’34). Les hommes de Craig Ramsay vont-ils enfin parvenir à conserver ce niveau de jeu dans le deuxième tiers-temps ou vont-ils baisser de régime comme lors des deux précédentes rencontres ?

L’Allemagne sort de sa torpeur

Ils semblent en tous cas moins prompts aux chevauchées fantastiques et se replient davantage. Cette tendance est rapidement confirmée par l’octroi d’une deuxième supériorité allemande, Juraj Mikuš gênant la progression de Leo Pföderl en entrée de zone slovaque (22’28). Mais comme sur la première, l’Allemagne est incapable d’organiser son jeu et ne se procurent donc aucune occasion. De retour à forces égales, la Slovaquie reprend les rênes de la partie. Branislav Rapáč (25’03) puis Martin Chovan (25’22) expérimentent de loin la vigilance de Treutle.

À l’approche de la mi-match, les Rouges se montrent de plus en plus pressants. Košarišťan contient la reprise tout en force de Matthias Plachta dans l’enclave (27’47) mais est beaucoup plus chanceux sur la plus grosse occasion allemande jusque là : Sinan Akdag, libre de marquage à gauche, décale au centre pour Bergmann qui n’arrive pas à contrôler, le palet poursuit sa route et Loibl, posté au poteau droit, n’est pas plus réactif pour reprendre alors que le gardien slovaque, en retard sur son replacement, était largement battu (31’40).

Les locaux ont désormais pris l’ascendant. À deux contre un, Nico Krämmer est au rebond de la frappe de Leon Niederberger mais Košarišťan conserve la neutralité du score en bondissant pour repousser le danger (33’38). La suite de la deuxième période est hachée par une succession de pénalités (quatre dont trois allemandes) mais qui n’aboutissent cependant sur rien de bien menaçant pour les deux gardiens. À noter quand même que la Slovaquie bénéficie d’une double supériorité numérique potentiellement longue de 1’36 mais trop rapidement sabordée par une faute de Patrik Svitana dans le camp adverse.

La Slovaquie plie le match en 24 secondes

La Slovaquie est menaçante dès la reprise du troisième tiers-temps, d’abord par son capitaine Rastislav Špirko, complètement oublié devant Treutle mais qui échoue à transformer son revers au poteau droit (40’48) puis par la déviation de Branislav Rapáč qui connaît le même destin (42’15). Les deux équipes temporisent par la suite, la partie est moins fluide car souvent interrompue. La ligne Bubela-Šoltés-Puliš tente de briser cette monotonie en cherchant par deux fois la déviation (49’57) En face, Košarišťan s’interpose devant David Wolf (50’37). Le solo de Bondra termine lui aussi dans les jambières de Treutle (52’52).

HASCAK Marcel-120515-275Le temps passe et joue en faveur des Allemands, à qui la prolongation suffit pour assurer la troisième place. La Slovaquie doit marquer dans le temps réglementaire si elle ne veut pas finir à la dernière position du tournoi. C’est elle, donc, qui envoie des vagues d’assauts en quête de cette réalisation libératrice. Et elle y parvient, enfin, lorsque Marcel Haščák, laissé au repos la vieille, trouve un petit espace entre la lucarne droite et Treutle (0-1, 54’37). L’Allemagne est sonnée et la formation des Tatras enfonce le clou immédiatement par Radovan Puliš qui loge la rondelle sous la transversale en conclusion d’un joli slalom entre les deux cercles (0-2, 55’01). L’attaquant de Detva inscrit là son premier but en équipe nationale.

La Double-Croix se sera longtemps cassé les dents sur Treutle mais aura décidé du sort de la rencontre en l’espace d’une demi-minute à peine. L’Allemagne retrouve ses esprits et tente de relever la tête en jetant toutes ses forces dans la bataille. Treutle déserte son poste mais son vis-à-vis slovaque tient bon jusqu’au bout, malgré une très grosse pression allemande. Košarišťan préserve son blanchissage pour son premier match sous le maillot slovaque et est l’un des grands artisans de ce succès mérité. Quant à l’Allemagne, finalement dernière, elle aura probablement fait son plus mauvais match du tournoi. En dépit de son remarquable bilan à la tête de la sélection, Marco Sturm sort, tête basse, par la petite porte.

Commentaires d’après-match :

Marco Sturm (entraîneur de l’Allemagne) : « Je ne peux que le répéter : cela fait mal de devoir dire salut. Nous avons réussi peut-être comme personne d’autre. Pour moi aussi c’était une situation nouvelle. Je n’étais pas juste entraîneur, mais partie prenante et ami de cette équipe. Dans la vie, on se voit toujours deux fois. C’est un nouveau défi pour moi, mais je suis encore jeune – et qui sait où le voyage me mènera. »

Moritz Müller (capitaine de l’Allemagne) : « En tant qu’équipe nationale d’Allemagne, on n’entre pas toujours dans les tournois la poitrine en avant. Il nous a donné le sentiment de pouvoir tout gagner, et il l’a aussi exigé de nous. Cette ambition et cette volonté – en plus c’est un grand homme. Nous voulions tous aller au feu pour lui. Bien sûr, le nouvel entraîneur devra être une autorité, et on l’obtient par la compétence. Pour autant un bon entraîneur ne doit pas forcément avoir eu une grande carrière de joueur. Cela doit être quelqu’un qui a observé le chemin des dernières années, observé ce qui s’est passé à la fédération et est prêt à poursuivre ce chemin. […] Je pense qu’un tournoi doit toujours s’établir dans une nouvelle ville. Pour un début à Krefeld, c’était pas mal. Je me réjouirai si les spectateurs sont encore plus nombreux l’an prochain. »

 

Allemagne – Slovaquie 0-2 (0-0, 0-0, 0-2)
Dimanche 11 novembre 2018 à 14h30 au Königpalast de Krefeld.
Arbitrage de Benjamin Hoppe et Sirko Hunnius assistés de Maxim Cepik et Wayne Gerth (tous ALL).
Pénalités : Allemagne 8′ (0′, 8′, 0′) ; Slovaquie 8′ (2′, 6′, 0′)
Tirs : Allemagne 20 (5, 8, 7) ; Slovaquie 31 (9, 10, 12)

Évolution du score :
0-1 à 54’37 : Haščák assisté de Rapáč et Kytnár
0-2 à 55’01 : Puliš assisté de Bubela et Šoltés

Allemagne

Attaquants :
Fabio Pfohl – Matthias Plachta (-1) – David Wolf (2′, -1)
Stefan Loibl (2′) – Lean Bergmann – Marcel Noebels (A)
Leo Pföderl (-1) – Mirko Höfflin (-2) – Phil Hungerecker (2′, -1)
Marcus Kink (A, -1) – Nico Krämmer – Leon Niederberger

Défenseurs :
Pascal Zerressen – Moritz Müller (C, -1)
Denis Reul – Sinan Akdag (2′)
Björn Krupp – Bernhard Ebner
Simon Sezemsky (-2)

Gardien :
Niklas Treutle [sorti à 58’44]

Remplaçant : Mathias Niederberger (G).

Slovaquie

Attaquants :
Andrej Kudrna – Michal Krištof (A) – Róbert Lantoši
Dávid Bondra – Rastislav Špirko (C) – Patrik Svitana (2′)
Marcel Haščák (+1) – Milan Kytnár (A, +1) – Branislav Rapáč (+1)
Miloš Bubela (+1) – Radovan Puliš (+1) – Dávid Šoltés (+1)

Défenseurs :
Mislav Rosandič (+1) – Peter Čerešňák (+1)
Marek Ďaloga (+1) – Martin Chovan (+1)
Tomáš Malec (2′) – Martin Gernát (2′)
Juraj Mikuš (2′)

Gardien :
Andrej Košarišťan

Remplaçant : Jaroslav Janus (G).

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