Amiens – Strasbourg (Ligue Magnus, 22e journée)

7e victoire consécutive pour les Picards

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« Privés » de vingt-et-unième journée car ils s’étaient déplacés à Chamonix lors d’un back-to-back fin octobre, les Amiénois recevaient Strasbourg un jour généralement « réservé » au football. L’Étoile Noire s’était en effet rendu la veille à Rouen et profitait du déplacement pour faire son propre road-trip. La rencontre face aux Dragons s’était certes soldée par une défaite, mais les hommes de Daniel Bourdages avaient tout de même poussé les Normands dans leurs derniers retranchements, et les Amiénois devaient aborder ce match avec le plus grand sérieux après une victoire « à l’arrachée » contre Anglet. Arrivé un peu plus tôt dans la semaine, Belisle n’était pas présent et devra attendre mardi au plus tôt pour faire sa première apparition sous le maillot gothique.

La rencontre ne pouvait pas mieux commencer pour les locaux, en supériorité numérique après seulement douze secondes de jeu. Radek Deyl était pénalisé pour obstruction, et le bloc de power-play amiénois se mettait en route. Holden Anderson envoyait un énorme lancer et obligeait déjà Hiadlovsky à se déployer. Puis Bastien Maïa excentré envoyait une passe devant la cage mais personne n’avait suivi. La pression sur la cage alsacienne ne s’arrêtait pas là car les Strasbourgeois, à peine revenus au complet, étaient pénalisés pour surnombre. Les lancers pleuvaient mais l’unité d’infériorité de l’Étoile Noire ne rompait pas et frustrait des Amiénois pourtant bien rentrés dans ce match.

Comme lors du match aller, et comme pour rendre hommage à son frère, Tomas Hiadlovsky était l’un des artisans du maintien à flot des siens. Tout d’abord en s’interposant après avoir été pris à contre pied sur une déviation de Trabucco qui avait bien lu un lancer de Narbonne, puis en sortant un arrêt de la botte et stoppant la tentative de Pierre-Maxime Poudrier, le gardien alsacien frustrait de plus en plus l’attaque Amiénoise. On pensait pourtant qu’il allait craquer, quand, après une récupération de West dans le coin, Da Costa trouvait Guillemain lancé qui avait la cage grande ouverte et n’avait plus qu’à pousser le palet au fond des filet. C’était sans compter sur un arrêt exceptionnel du portier alsacien et le score était toujours nul et vierge au terme de la première période et ce après dix-neufs lancers gothiques.

Maintenus à seulement quatre tentatives à la cage dans le premier tiers, les Strasbourgeois s’offraient une belle opportunité d’entrée de seconde période. Potvin obligeait Buysse à s’interposer lors d’une contre-attaque superbement menée. Puis, sur un shoot de Denomme, le portier amiénois répondait à son homologue et déviait ce lancer du bout de la mitaine sous peine de voir ce palet se diriger dans la lucarne.

Mais comme lors des vingt premières minutes, les Alsaciens subissaient, car jouant la contre-attaque, et la pression montait sur la cage de Hiadlovksy. Cependant, l’impatience commençait à se faire sentir côté amiénois car aucun des vingt-six tirs tentés lors des deux premières périodes n’avait trouvé le fond des filets, et les passes ne trouvaient plus les partenaires. Les Strasbourgeois auraient même pu profiter d’une erreur technique de Bault mais Bastien Maïa était vigilant et revenait défendre.

Privés de six joueurs, et au lendemain d’un match éreintant contre Rouen, les Alsaciens montraient des signes de fatigue, et faisaient des erreurs stupides. Un deuxième surnombre en toute fin de deuxième tiers, et le jeu de supériorité amiénois frappait d’entrée de troisième tiers. Tommy Giroux, l’homme qui marque quand les Gothiques sont en difficulté, trouvait le fond des filets sur un service de Philippe Halley (1-0, 40’45). La machine était lancée, et moins d’une minute plus tard, c’est Joey West qui, bien servi par Narbonne, trouvait la lucarne opposée de Hiadlovky et offrait une belle avance aux siens (2-0, 41’28).

Cependant, l’Étoile Noire ne lâchait pas et on assistait à un tiers un peu décousu. Les Gothiques géraient leur avance et envoyait en fond de glace, et Strasbourg, dont le jeu repose sur une intensité physique importante, s’essoufflait. Les lacunes techniques de la lanterne rouge ne permettaient pas de rivaliser avec Amiens. Daniel Bourdages tentait le tout pour le tout en faisant sortir Hiadlovky à deux minutes du terme, mais Trabucco scellait le sort de la rencontre en inscrivant le troisième but en cage vide (3-0, 58’31).

Une sixième victoire consécutive en championnat, septième en sept matches toutes compétitions confondues, les Gothiques terminent le deuxième quart de saison avec vingt-sept points sur trente-trois possibles. Une série de victoire qui permet aux hommes de Mario Richer de remporter des matchs compliqués comme celui ci, ou celui d’Anglet, et qui permet de dire que tous les voyants sont au vert avant la réception de Bordeaux mardi, puis un déplacement à Anglet avant la trêve.

Réactions d’après match :

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « C’est une équipe disciplinée, qui travaille. Il n’y a pas un match facile contre Strasbourg. La fatigue n’a pas pesé pour eux. L’autre jour, on a joué deux matches en deux soirs, et on a gagné. C’est possible de le faire en France. On travaille fort hors-glace pour être capable de jouer soixante minutes. On l’a encore montré, en troisième période on était là, on a bien joué. Il y a eu des erreurs mentales parce que certains voulaient avoir des points, et pensaient que c’était facile de jouer contre Strasbourg. Mais c’est l’inverse, il faut que tu travailles. Si tu ne travailles pas, tu n’auras pas de points. Ça ne tombe pas du ciel. »

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : « On peut dire que l’on a craqué, même si je pense pouvoir dire que tout le monde s’attendait à nous voir craquer plus tôt. On n’a joué qu’à trois blocs, il nous manquait six joueurs sur vingt-et-un, mais le premier mot que j’ai dit à mes joueurs c’est respect. Je pense qu’ils ne méritaient pas forcément de gagner, mais ils ont eu tout mon respect pour s’être présentés ce soir, sachant qu’Amiens n’avait pas joué depuis mardi et nous attendait avec les dents longues, probablement avec beaucoup d’appétit quand ils ont vu que l’on venait avec six joueurs en moins dont Havlicek et Logar.
J’appréhendais un peu le scénario, mais les joueurs m’ont vraiment impressionné. On a défendu, on attendait les contres et c’était aussi dangereux pour Amiens parce que si on avait pris les devants ils auraient pu être frustrés et c’est ce que l’on souhaitait. Les choses se sont assez mal déroulées sur un changement de ligne, ça a créé un peu de confusion, un surnombre et ils marquent là-dessus. Donc ça fait une punition un peu bête et un jeu raté, et 1-0. On savait qu’on n’aurait pas beaucoup de buts et c’est dommage d’avoir démarré comme ça en troisième, mais après on a quand même tenu, ce n’est pas comme si on avait baissé les bras. Contre Rouen, je peux dire qu’après le troisième but, un but un peu bizarre, on était un peu touché, alors qu’on avait fait une super performance.
Je suis vraiment fier de mes joueurs, d’autant plus qu’on est l’équipe la plus jeune du championnat, et la plus pauvre. Je pense revoir tout mon effectif après les championnats du Monde U20 et les joueurs qui ont beaucoup de temps maintenant vont progresser. On souhaite avoir une deuxième moitié de championnat meilleure au niveau des points.
Sur le match à Strasbourg (ndlr : victoire d’Amiens 3-2 en prolongations), on avait raté une belle occasion. On avait fait un très bon match alors qu’on avait reçu une petite leçon quand on était venu en match préparatoire, et ils nous avaient impressionnés. Quand ils sont venus, on avait un peu la peur au ventre, il fallait être prêt, et on avait fait un très beau match. Je ne suis pas surpris de la série de victoires d’Amiens parce que c’est une équipe très rigoureuse au niveau du système de jeu, ils font de très belles choses et tout est vu et bien planifié. Ce qui me surprend le plus, c’est la difficulté qu’ils ont eu à démarrer, mais quand tu as un système de jeu qui est complet, ça prend parfois du temps avant d’assimiler cela. On peut encore compter sur eux ! »

 

Amiens – Strasbourg 3-0 (0-0, 0-0, 3-0)
Samedi 1er décembre 2018 à 20h00 au Coliséum. 2300 spectateurs.
Arbitrage de M. Alexandre Hauchart assisté de MM.Jérémy Douchy et Joffrey Yssembourg
Pénalités : Amiens 6′(0′, 4′, 2′); Strasbourg 8′ (4′, 2′, 2′)
Tirs : Amiens 34 (19, 7, 8); Strasbourg 15 (4, 7, 4)

Évolution du score :
1-0 à 40’45 : Giroux assisté de Halley et Romand (sup.num.)
2-0 à 41’28 : West assisté de Narbonne et Edwards
3-0 à 58’31 : Trabucco assisté de Matima et Poudrier (cage vide)

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Jérémie Romand
Bastien Maïa– Joey West (A) – Spencer Edwards
Pierre-Maxime Poudrier – Mario Valery-Trabucco – Rudy Matima
Thomas Suire – Félix Plouffe – Kévin Da Costa (A)

Défenseurs :
Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C)
Holden Anderson – Axel Prissaint
Romain Bault – Léo Guillemain

Gardien :
Henri-Corentin Buysse

Strasbourg

Attaquants :
Loic Chabert – Michal Duras (C) – Dominik Fujerik
Danny Potvin – Dylan Denomme – Mitch Zion
Anthony Goncalves – Romain Chapuis – Julien Burgert (A)
Mael Lecomte – Deyl Radek

Défenseurs :
Scott Prier – Aurelien Vinals
Vojtech Zadrazil – Maxime Delplanque
Colin Morillon

Gardien :
Tomas Hiadlovsky

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