Grenoble – Amiens (Ligue Magnus, 37e journée)

Les Brûleurs de Loups tiennent leur revanche

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Battus par Gap (2-4) sur leur glace de Pôle Sud la semaine dernière, les Brûleurs de Loups ont bien réagi en remportant depuis trois victoires dimanche à Gap (4-1), mardi contre Strasbourg (6-2) et dernièrement vendredi à Chamonix (5-3) au cours d’une semaine très chargée. Trois succès maîtrisés qui ont notamment rassuré sur le potentiel offensif des Brûleurs de Loups. Mais si la machine grenobloise s’est remise en route, elle a besoin d’un test d’envergure avec la venue d’Amiens, troisième au classement. Les Gothiques avaient laissé des mauvais souvenirs aux Grenoblois début janvier en leur infligeant une sévère défaite (5-2).

C’était au cours de la période faste d’Amiens qui enchaînait alors les succès. Depuis un coup d’arrêt contre Nice (1-2) et une claque subie à Rouen (1-6), les Picards marquent le pas avec des défaites cette semaine contre Gap (2-3) et Mulhouse (1-3).  Sur une série de trois revers consécutifs, ils viennent à Grenoble avec l’ambition de se relancer. Pour Grenoble, il sera question de revanche après la défaite subie au Coliséum. Les Brûleurs de Loups doivent se passer ce soir de Dominik Kramar et Teddy Da Costa alors que les « jokers » Sacha Treille et Kyle Hardy sont toujours convalescents. Du côté d’Amiens, Jérémie Romand, Kévin Da Costa et Romain Bault manquent à l’appel.

D’entrée, la première ligne grenobloise se met en évidence avec un palet laissé en retrait par Champagne à Kearney qui voit son tir bloqué par Buysse. Les Brûleurs de Loups sont bien rentrés dans le match et mettent la pression sur la cage amiénoise avec Legault. Sur une action chaude amiénoise, Poudrier est pénalisé pour un cinglage sur Baylacq dans le slot. La supériorité numérique devient rapidement double à la suite d’un dégagement de Buysse directement au-dessus du plexiglas. L’occasion est belle pour Grenoble de prendre les devants. Après une bonne circulation de palet en zone offensive, Champagne et Smach s’accrochent devant la cage amiénoise et tous deux sont envoyés en prison. Le powerplay grenoblois continue avec un bon lancer de Fleury repoussé par Buysse. Tartari voit son tir bloqué par le gardien mais finalement c’est Bisaillon qui parvient à marquer d’un bon lancer à travers le trafic qui finit sa course dans la lucarne amiénoise (1-0, 04’37). Ce but met les Brûleurs de Loups sur une bonne dynamique. Amiens tente de réagir avec notamment une bonne opportunité de Matima repoussée par Lukas Horak. Puis Maïa est tout près d’égaliser en tour de cage mais Horak repousse.

Grenoble peut se montrer dangereux à tout moment sur des lancers lointains au milieu du trafic, à l’image de celui de McEachen qui sème la panique devant le slot. Magovac passe en revue la défense amiénoise sur une grosse accélération. Et l’efficacité est grenobloise ce soir car Champagne marque d’un joli tir du poignet après avoir été décalé de manière idéale par Kearney (2-0, 14’24). Grenoble fait le break mais Amiens réagit très vite avec une grosse période en zone offensive notamment sous l’impulsion de Belisle qui fait le tour de la cage. Une bonne période vite récompensée par une pénalité de McEeachen. Une bonne circulation du palet du power-play gothique met la défense grenobloise en difficulté. Amiens obtient même une deuxième pénalité, de Kara cette fois, pour jouer pendant 33 secondes en double supériorité. Mario Richer sent bien le coup et demande un temps mort. Grenoble parvient à revenir à quatre mais Manavian se fait pénaliser à son tour ce qui donne un nouveau 5 contre 3 à Amiens dans la dernière minute du tiers. Malgré cet enchaînement de pénalités, les Brûleurs de Loups ont une avance de deux buts à la fin de la première période.

D’emblée en supériorité numérique, les Gothiques s’installent dans la zone offensive. Giroux teste Horak qui ferme bien son angle. Les Brûleurs de Loups parviennent à revenir à cinq contre cinq… Pas pour longtemps car sur une attaque amiénoise, Latendresse est sanctionné pour une crosse haute sur Belisle. Grenoble se retrouve de nouveau en infériorité numérique. Les Gothiques mettent la pression sur la cage grenobloise, Halley a une bonne opportunité à bout portant mais sa tentative est repoussée par Horak. Sur une contre-attaque grenobloise, Kara est tout près de marquer d’une déviation de la crosse mais Trabucco le retient irrégulièrement. Les deux équipes se retrouvent donc à quatre contre quatre puis Grenoble peut évoluer même en supériorité. Le power-play se signale avec un bon lancer de Latendresse repoussé par Buysse. Les deux équipes reviennent à cinq contre cinq sans conséquence alors que sur une contre-attaque amiénoise, Thomas Suire se retrouve tout seul pour pousser le palet que Horak parvient à geler.

Alors que le jeu s’équilibre, Rohat est pénalisé pour un retard de jeu sur un engagement. Amiens obtient ainsi de nouveau une opportunité de réduire le score en supériorité numérique. Trabucco porte le danger sur une entrée de zone suivie d’un tir croisé, mais Horak avait bien lu le jeu et détourne le palet. Alors que le boxplay grenoblois semblait avoir fait l’essentiel, Bastien Maïa part en contre-attaque et se fait accrocher irrégulièrement par Hardowa. Grenoble enchaîne donc avec une deuxième infériorité numérique consécutive. Encore une fois, les Gothiques n’ont pas de solution pour inquiéter Horak. À l’inverse, Champagne parvient à récupérer le palet et lance un 2 contre 1 avec Arnaud. La passe parfaite de Champagne dans le tempo est reprise par Arnaud mais Buysse réalise un gros arrêt.

Les deux équipes évoluent enfin à cinq contre cinq. Le jeu est plus fermé entre deux équipes qui parviennent à se neutraliser en zone neutre. Et lorsque Grenoble parvient à porter le danger sur la cage amiénoise, les Gothiques lancent tout de suite le contre à l’image de Belisle qui trouve Horak face à lui. Les Brûleurs de Loups terminent le tiers comme ils l’ont commencé, avec indiscipline. Manavian est sanctionné à vingt secondes de la fin de la période.

Comme au début de la seconde période, les Brûleurs de Loups abordent le troisième tiers en infériorité numérique. Une nouvelle opportunité pour Amiens de revenir sur les talons de Grenoble au tableau d’affichage. Mais cette sixième supériorité numérique du match (!) ressemble aux précédentes. Sur un bon lancer de la ligne bleue, Rudy Matima met Horak à contribution mais c’est à peu près tout. Trop peu pour bouger un boxplay grenoblois décidément très bien en place au cours de cette rencontre. Les Gothiques se font même peur en fin de pénalité sur une passe de Bastien Maia interceptée par Guillaume Leclerc mais ce dernier ne cadre pas son tir. À cinq contre cinq, Grenoble arrive enfin à remettre de la vitesse dans le jeu : Magovac joue rapidement une contre-attaque et laisse en retrait à McEachen, qui feinte le tir et donne à Fleury dont la reprise « one timer » ne laisse aucune chance à Buysse (3-0, 43’02).

Fin du suspense ? Pas complètement car Amiens n’a pas renoncé et continue de travailler en zone offensive. Smach récupère le palet à la ligne bleue, lance à la cage : West dévie de la crosse au passage, Horak parvient à repousser le palet mais laisse un rebond dans l’axe. Edwards, idéalement placé, n’a plus qu’à pousser le palet dans la cage ouverte (3-1, 44’26). Les Gothiques se remettent à y croire. Les Brûleurs de Loups, bien décidés à ne pas laisser leurs adversaires espérer trop longtemps, repartent à l’attaque. Manavian relance depuis sa zone directement sur Leclerc qui déborde sur la gauche, il centre devant la cage pour Rohat qui surgit au bon moment et devance Anderson pour battre Buysse de près (4-1, 45’50). Dans ce début de troisième tiers complètement fou, les Grenoblois ont tout de même réussi à augmenter leur avance au tableau d’affichage. Cela devient compliqué pour Amiens, d’autant plus que Smach e fait trébucher Magovac à l’origine d’une contre-attaque. Le palet circule bien en zone offensive sur le power-play et Buysse doit sortir une grosse mitaine sur un lancer de Manavian à la ligne bleue.

Une fois la pénalité tuée, Amiens se rue à l’attaque à l’image du duo Matima-Maia, très rapide en contre-attaque, mais la défense grenobloise ne se laisse pas surprendre. Horak veille tout comme sur un gros lancer de Poudrier repoussé avec autorité. Maia tente le tour de la cage mais le palet échoue sur le poteau. Mais alors que les attaques amiénoises se multiplient sur la cage grenobloise, les Brûleurs de Loups assomment définitivement les Gothiques sur un tir du revers de Manavian : Buysse repousse, Rohat récupère le palet au rebond et le donne à Fleury qui ajuste Buysse de près (5-1, 54’04).  Une dernière pénalité contre Prissaint permet même à Grenoble de garder tranquillement la possession du palet. Un sixième but marqué du patin est refusé à Guillaume Leclerc mais cela reste anecdotique dans une fin de match sans surprise.

Les Grenoblois ont pris leur revanche sur les Amiénois qui les avaient sérieusement malmenés il y a trois semaines sur la glace du Coliséum, remettant ainsi les pendules à l’heure avant un possible affrontement entre les deux équipes pendant les play-offs. Plus réalistes offensivement que leurs adversaires, les Isérois ont su capitaliser sur leurs temps forts, notamment au premier tiers-temps en marquant deux buts qui les lançaient idéalement dans le match. À l’inverse, les Gothiques n’ont pas su profiter de leurs nombreuses supériorités numériques au deuxième tiers alors que Grenoble se mettait en difficulté par excès d’indiscipline. Le boxplay grenoblois sort donc grand vainqueur de ce match face au power-play amiénois qui n’a pas su trouver de solution en l’absence de Jérémie Romand qui a cruellement manqué à ses coéquipiers ce soir.

Horak a également rassuré ses coéquipiers après quelques sorties délicates au moins de janvier, notamment à… Amiens où il avait été chassé de sa cage. Une revanche donc au goût tout particulier pour le portier grenoblois. On retiendra également les trois buts grenoblois au troisième tiers marqués sur de beaux mouvements offensifs à cinq contre cinq alors qu’Amiens semblait plus à la peine physiquement, conséquence directe de la différence de profondeur de banc ce soir.  Les Gothiques enchaînent donc avec une quatrième défaite alors que les Brûleurs passent avec mention le test amiénois, complétant parfaitement leur semaine avec une troisième victoire, la quatrième consécutive. De quoi rassurer avant d’enchaîner avec un déplacement délicat à Bordeaux mardi. Les Gothiques ont une semaine pour se ressourcer avant de recevoir Angers dimanche prochain dans un match capital pour la troisième place.

Désignés joueurs du match : Lukáš Horák (Grenoble) et Félix Plouffe (Amiens)

(Photos Philippe Crouzet)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’était un match avec beaucoup d’intensité contre une équipe qui se cherche un peu dernièrement et n’a pas beaucoup de réussite offensivement. En début de match, on a beaucoup patiné. On s’est créé beaucoup d’occasions au cours des 10 premières minutes. Après, on s’est mis en trouble avec l’indiscipline : sept pénalités, c’est beaucoup trop contre une équipe comme ça. C’est là qu’ils ont eu leur momentum et les moments forts dans le match. Mais j’ai beaucoup aimé notre désavantage numérique. Ces derniers matchs, on était moins efficaces, on donnait beaucoup de buts en désavantage. Aujourd’hui, c’est ce qui nous a permis de rester dans le match. Et en troisième période, on a mieux contrôlé nos émotions et on a fait la différence. On peut regarder toutes les pénalités, est-ce qu’elles étaient toutes valables ? Parfois les arbitres prennent la décision, ils ne voient pas tout. Mais c’est à nous de mieux gérer ces moments-là. On a joué deux fois à trois contre cinq, il faut qu’on soit un peu plus intelligents avec nos crosses, qu’on soit moins agressifs. On ne doit pas tomber dans ces moments où on se frustre parce que ça va moins bien. »

Christophe Tartari (défenseur de Grenoble) : « Un peu trop de pénalités, c’est dommage surtout que c’était à 2-0 donc c’était un moment où ça aurait pu remettre Amiens dans le match, ça leur a donné du momentum, on a eu un deuxième tiers plus difficile. C’est un mélange de relâchement, de frustration, mais il faut que ça arrive maintenant pour apprendre de ces moments-là et gommer ces erreurs. Mais ça nous a fait travailler notre infériorité numérique donc il faut toujours voir les points positifs ! Ça se passe bien avec Antonin [Manavian], c’est un ami donc ça aide à créer de l’affinité rapidement dans le jeu, on se parle bien, on n’a pas peur de se dire les choses. Ça clique bien, tant mieux si notre duo fonctionne et qu’on peut apporter à l’équipe. On peut facilement s’adapter les uns aux autres. En défense, on a des bons éléments qui sont capables d’accepter où ils sont placés et créer rapidement de l’affinité. On a tous un peu la même façon de jouer en équipe donc ça aide à se remplacer les uns les autres. »

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « On a été très intense, le score de 5 à 1 n’est pas la vérité du match. On a travaillé du début jusqu’à la fin. Notre manque d’opportunité nous a tué. 0/7 en avantage numérique, les lancers c’est 30 à 31 et ça finit à 5 à 1. Dans le match gagné chez nous, il y avait 29 lancers à 24 pour Grenoble et sur les 24 on en avait compté 5. On a travaillé fort mais on n’a pas réussi à compter. Notre avantage numérique était pourri, c’est ça, le résumé du match. En deuxième période, on a donné trois lancers à Grenoble, je ne pense pas qu’une équipe ait fait ça… Même Rouen, donner trois lancers à Grenoble dans une période. On a eu des opportunités à deux contre un qu’on n’était même pas proches de compter, on a lancé ça dans la bedaine du gardien ou à côté. Beaucoup de lancers à côté, beaucoup de lancers par-dessus…. En deuxième on aurait dû s’accrocher au score, être plus proche, mais ça ne s’est pas fait. »

 

Grenoble – Amiens 5-1 (2-0, 0-0, 3-1)
Dimanche 27 janvier 2019 à 15h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3600 spectateurs.
Arbitrage de Geoffrey Barcelo et Nicolas Cregut assistés de Joris Barcelo et Guillaume Barthe.
Pénalités : Grenoble 26’ (8’, 8’+10’, 0’), Amiens 12’ (6’, 2’, 4’).
Tirs : Grenoble 31 (15, 3, 13), Amiens 30 (9, 7, 14).

Évolution du score :
1-0 à 04’37 : Bisaillon assisté de Tartari et Legault (double sup. num.)
2-0 à 14’24 : Champagne assisté de Kearney et Tartari
3-0 à 43’02 : Fleury assisté de McEachen et Magovac
3-1 à 44’26 : Edwards assisté de West et Smach
4-1 à 45’50 : Rohat assisté de Leclerc et Manavian
5-1 à 54’04 : Fleury assisté de Rohat et Manavian

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) (2’) – Guillaume Leclerc
Dylan Fabre (2’) – Sébastien Rohat (10’) – Damien Fleury (A)
Vincent Kara (2’) – Olivier Latendresse (2’) – Maxime Legault
Aurélien Dair – Julien Baylacq – Mathias Arnaud

Défenseurs :
Patrick McEachen (2’) – Sébastien Bisaillon
Antonin Manavian (4’) – Christophe Tartari (A)
Aleksandar Magovac – Connor Hardowa (2’)

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Teddy Trabichet (épaule), Boštjan Goličič (poignet), Dominik Kramar, Sacha Treille, Kyle Hardy (blessés), Lucien Onno, Teddy Da Costa (blessé).

Amiens

Attaquants :
Thomas Suire – Joey West (A) – Spencer Edwards
Tommy Giroux – Mario Trabucco (2’) – Pierre-Maxime Poudrier (2’)
Bastien Maia – Philippe Halley – Rudy Matima
Félix Plouffe

Défenseurs :
Louis Belisle – Léo Guillemain
Ondrej Smach (4’) – Jonathan Narbonne (C)
Axel Prissaint (2’) – Holden Anderson

Gardien :
Henri-Corentin Buysse (2’)

Remplaçants : Lucas Savoye (G), Baptiste Bruche, Lucas Herrera-Mione, Lucas Besson, Yohan Coulaud. Absents : Jérémie Romand, Kévin Da Costa, Romain Bault.

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