Lyon – Chamonix (Coupe de France 2019, demi-finale)

Lyon rejoint Amiens

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Vainqueur de l’édition précédente, Lyon affrontait Chamonix dans la deuxième demi-finale de ce premier Final Four. « Bonus » pour les uns, véritable objectif pour les autres, cette édition ressemblait tout de même à la lumière dans une saison compliquée pour les deux équipes, notamment les Lions qui viennent de mettre un terme à une série de dix défaites en championnat. S’ils ne sont pas mathématiquement éliminés des play-offs, une qualification relèverait du miracle, et entre problèmes financiers et l’annonce du changement de coach au milieu d’une saison ratée, une finale de Coupe de France serait un bol d’air pour les joueurs et les supporters rhodaniens.

Dominateurs en début de rencontre, Lyon profitait des erreurs techniques de Chamonix pour s’offrir les premières occasions. Di Dio Balsamo était servi à la ligne bleue et s’échappait pour affronter Sabol, et tentait un revers, mais le gardien des Pionniers mettait son gant en opposition.

Après le gant, c’est la botte de Sabol qui se mettait sur le chemin des hommes de Mitja Sivic et du premier bloc. Plusieurs tentatives successives de tirs et de rebonds étaient repoussées par les jambières du gardien Alpin, et tenait une défense des Pionniers très fébrile dans ce début de match. Et lorsque ce dernier était battu, c’était la transversale qui sauvait les hommes de Heikki Leime, comme lorsqu’un lancer pourtant anodin de la ligne bleue était dévié et surprenait le portier.

La première véritable occasion des Pionniers intervenait en contre-attaque, emmenée par Lagarde et Coulaud. L’ancien Amiénois était servi mais voyait un défenseur de Lyon revenir et se jeter devant le palet. Les Pionniers avaient ensuite la première possibilité de supériorité numérique dans cette rencontre, mais n’arrivaient pas à s’installer et à être dangereux. À peine sorti de prison, Lavrovs s’échappait sur l’aile et lançait, et Sabol déviait tant bien que mal cette tentative du bout du gant.

Paradoxalement, les Pionniers étaient plus dangereux en infériorité qu’en supériorité ou à égalité numérique. Pénalisés d’entrée de second tiers, les Alpins auraient pu ouvrir le score par l’intermédiaire de Higby, mais celui-ci envoyait son lancer sur Stojanovic. Cela semblait réveiller les joueurs offensifs des Pionniers qui étaient dans de meilleures dispositions que dans le premier tiers.

Cela aurait pu être payant en supériorité numérique. Higby, encore lui, attaquait la cage mais n’arrivait pas à contrôler la rondelle pour la mettre en direction du but. Mais les tenants du titre frappaient alors que Chamonix semblait monter en puissance : après une très grosse présence en zone offensive, Essery envoyait le rebond de Breton entre les jambières de Sabol et ouvrait le score pour les Rhodaniens (1-0, 24’46).

Les coéquipiers de Julien Correia avaient ensuite (moins de quinze secondes plus tard), une opportunité de supériorité numérique. Si ce powerplay était très bon, les Lyonnais ne trouvaient pas la faille, mais enfonçaient le clou à égalité numérique. Lavrovs trouvait Ankerst dans l’enclave grâce à une passe intelligente contre la balustrade. Ce dernier complétait le jeu en triangle du revers et passait la rondelle à Di Dio Balsamo, qui n’avait qu’à pousser le palet dans les filets vides (2-0, 27’05).

Les Lions étaient ensuite pénalisés coup sur coup, et les Pionniers avaient une occasion de réduire l’écart avec un cinq contre trois. Une fois de plus, cet avantage numérique n’était pas converti, et ils devaient même jouer en désavantage numérique après une obstruction de Higby. Cependant, comme lors du premiers tiers, l’infériorité des Pionniers était dangereuse. Joël Coulaud et Perry D’Arrisso se retrouvaient en contre-attaque suite à une récupération en zone offensive. Coulaud trouvait parfaitement D’Arrisso qui réduisait l’écart en infériorité numérique (2-1, 33’24) et le match était relancé.

La première ligne lyonnaise était très en vue, et Di Dio Balsamo était à quelques centimètres de s’offrir un doublé. Il se frayait un chemin dans la défense de Chamonix, mais voyait son revers s’échouer sur le poteau de Sabol. Higby avait ensuite le palet d’égalisation, seul dans le cercle droit. Inexplicablement, il ratait la cage ouverte et envoyait le palet… dans le visage du joueur qui lui avait donné cette passe en or, Benjamin Lagarde !

D’entrée de troisième tiers, les Lions reprenaient une longueur d’avance, un peu sorti de nulle part. Di Dio Balsamo, derrière la cage, trouvait Mickevics dans l’enclave. Celui-ci ratait sa reprise mais cela surprenait Sabol qui était quand même battu pour la troisième fois (3-1, 41’47). Cette avance était de courte durée, car Kazarine, qui était servi dans la course en entrée de zone, envoyait un lancer frappé et profitait du trafic devant la cage (3-2, 44’08).

Mickevics, comme Di Dio Balsamo, aurait pu s’offrir un doublé mais la transversale sauvait encore une fois Sabol. Les Pionniers poussaient en fin de match, et avaient même une occasion en or de revenir avec une double supériorité. Les Chamoniards jouaient même un temps à six contre trois, puis à six contre quatre, mais ils n’arrivaient pas à trouver la faille synonyme de prolongation.

Les Lions rejoignaient donc les Gothiques en finale de cette première édition du Final Four. Une finale inédite, qui sur le papier semble favorable à Amiens, ayant gagné quatre fois cette saison contre les Lyonnais. Cependant, un match de coupe n’est jamais gagné d’avance, et les deux équipes devront se battre pour aller chercher ce trophée. En espérant que les travées de Bercy soient un peu plus remplies que les quelques quatre mille huit cents spectateurs présents pour cette journée de demi-finale.

Commentaires d’après match

Heikki Leime (entraîneur de Chamonix) : « Il nous a manqué un peu d’efficacité ! Nous étions trop dépendants de la ligne de Higby pour scorer. Les trois autres lignes ont de très bons joueurs défensifs, mais avec les blessures c’était un peu compliqué offensivement. C’est vrai que ne pas marquer en powerplay complique la tâche. D’autant que le gardien a fait des arrêts un peu miraculeux, mais c’est du hockey… Parfois tu lances un palet tu penses que ça ne rentrera jamais, et ça rentre… C’est le seul qui a joué une finale de coupe (ndlr : Kazarine). Peut-être que [le manque d’expérience] joue un peu… Mais d’un autre côté moi j’aime bien ça, la fougue de la jeunesse. Il faut mettre ça derrière nous le plus vite possible, remobiliser les troupes et aller chercher cette place en play-offs, c’était l’objectif principal de l’équipe cette saison. Nous n’en sommes pas très loin, mais ce n’est pas fait. J’ai confiance, nous sommes capables de très très bien jouer. Aujourd’hui nous avons manqué d’efficacité et de réussite, mais nous sommes une équipe qui donne beaucoup dans le jeu. »

Fabien Kazarine (ailier de Chamonix) : « Il nous a manqué un peu réussite, on n’a pas assez shooté. On a fait beaucoup d’erreurs, ils en ont profité. Lles matches importants se jouent à des détails, et ce soir Lyon mérite sa victoire. À six contre trois, normalement tu dois marquer ou avoir des occasions plus dangereuses. C’est facile après le match de dire ça, Lyon a bien défendu. Nous avons fait notre possible, on a pas mal de blessés, ça a été dur physiquement pour tout le monde, mais on a été courageux et on peut être fiers de nous. On a une équipe jeune, revancharde, on a tous quelque chose à prouver, c’est pour cela qu’on se bat et qu’on ne lâche rien. On est mené 2-0, on n’était pas bien, et pour autant on n’a pas lâché, on a continué jusqu’au bout. On l’a dit dès le début, la coupe de France c’était que du bonus. On est venu là pour profiter, on aurait vraiment voulu gagner, on est très déçus, mais l’objectif numéro un reste d’aller chercher la place en play-offs. Mardi dernier on a fait un très gros match à Anglet, on a pris une bonne option, et on n’a plus qu’à finir le boulot… »

Numa Besson (défenseur de Chamonix) : « On a connu un passage à vide au deuxième tiers. On s’est endormis tout seuls. On ne les a pas pressés, on a tourné un peu autour. À 5 contre 3 avec 1’41 à jouer, ce n’est pas normal de ne pas marquer au moins un but. C’est vrai qu’on est en petit commando avec les blessés, mais on fait avec les joueurs qu’il y a, ce n’est pas une excuse. »

Geoff Fortman (défenseur de Chamonix) :  » C’était un match très fun. L’atmosphère était géniale, c’était cool de voir tous les fans dans les tribunes… C’est un endroit génial pour jouer, mais au bout du compte, on était venus ici pour gagner. C’est une sensation douce-amère, on ne pourra pas rejouer demain. On connaît notre jeu, et on sait que quand on est en confiance, on peut battre n’importe quelle équipe dans la ligue. Nous ne nous sommes pas préparés différemment, on avait juste hâte de jouer et de prendre du plaisir sur la glace, faire ce que nous savons faire. Nous l’avons fait sur une bonne partie du match, mais pas sur soixante minutes, et c’est ce qui a fait la différence. Sabol nous a gardé dans le match et nous avions une chance de gagner jusqu’à la fin. Mais ils étaient déterminés, ils ont bloqué des tirs, j’ai personnellement eu deux tirs contrés, et ça a fait la différence. J’en assume la responsabilité. Nous avons eu deux 5 contre 3, et ça a fait la différence. Nous devons être meilleurs, c’est fini maintenant, nous devons corriger ça pour nous permettre d’être la dernière équipe à faire les play-offs. C’était notre objectif principal au début de saison. »

Mitja Sivic (entraîneur de Lyon) : « Je suis heureux d’être en finale. J’ai dit aux gars qu’on n’est pas venu ici pour sauver notre saison, on est ici pour gagner la coupe. Cette équipe a du caractère. C’était une bataille, on a travaillé extrêmement dur. On a pris des pénalités stupides, ce sera une chose à corriger demain. Ils se reposent déjà et on est excités, alors oui, bien sûr, 4 heures, ça fait une grosse différence de récupération, mais c’est comme ça. »

Cédric Di Dio Balsamo (attaquant de Lyon) : « C’était un super bon match, on a été forts du début à la fin. On n’a pas eu de baisse d’énergie et on a réussi à mettre nos occasions au fond. Les trois joueurs impliqués à la fin font un boulot monstre pendant deux minutes. Gagner jeudi nous a fait beaucoup de bien après dix défaites, ça faisait longtemps. »

Vincent Llorca (défenseur de Lyon) : « On n’avait pas le choix, il fallait y aller. Tout le monde a joué à fond. Notre gardien fait un match incroyable, heureusement qu’il était là car on a eu deux-trois temps faibles. On était prêts dès le début, on a mis de l’intensité physique. Personne ne s’attendait à ce qu’on joue comme ça après nos derniers résultats. Amiens a le même style de jeu, ça patine, ça frappe. Eux aussi sont dans une passe difficile. »

Julien Correia (attaquant de Lyon) : « On savait qu’on affrontait une équipe qui jouait à peu près pareil, ça se jouerait à des détails. On sait qu’on a mérité cette finale car on a tout donné pour la chercher. On sait exactement ce qu’il va falloir faire. Amiens est très bien en place, il faut leur donner peu de surnombres. Leur gardien tient la baraque. Ce sera un duel de gardiens. L’équipe qui prendra les devants sera celle qui dérangera le plus le gardien. »

Lyon – Chamonix 3-2 (0-0, 2-1, 1-1)
Samedi 16 février 2019 à 17h15 à l’Accor Hotels Arena de Bercy. 4875 spectateurs.
Arbitrage de Pierre Dehaen et Damien Bliek assistés de Nicolas Constantineau et Guillaume Gielly.
Pénalités : Lyon 22’ (2’, 6’, 4’+10’) ; Chamonix 14’ (0’, 8’, 6’).

Évolution du score :
1-0 à 24’46 : Essery assisté de Breton et Correia
2-0 à 27’05 : Di Dio Balsamo assisté de Ankerst et Lavrovs
2-1 à 33’24 : D’Arrisso assisté de Coulaud (inf.num.)
3-1 à 41’47 : Mickevics assisté de Di Dio Balsamo
3-2 à 44’08 : Kazarine assisté de Fauchon et Andersen

Lyon

Attaquants :
Julien Correia (2′) – Kyle Essery (A, +1) – Tomas Andres (+1)
Cédric Di Dio Balsamo (+1, 2′) – Jaka Ankerst (+1) – Arturs Mickevics (+1, 2′)
Pierre Robert (-1) – Quentin Berthon (-1) – Sébastien Delemps (-2)
Killian Lairet – Martins Lavrovs (+1, 2′) – Valentin Michel
Daniil Kulikov

Défenseurs :
Tyler Ferry (+1) – Vincent Llorca (2′)
Thomas Roussel (C) – Cédric Custosse
Jules Breton (A, +1, 2’+10′) – Lubomir Dinda (+1)

Gardien :
Rok Stojanovic

Remplaçants : Olivier Richard (G), Alexandre Pascal, Kalvis Ozols. Absent : Ryan Verbeek (opéré du poignet, saison terminée).

Chamonix (2′ pour surnombre)

Attaquants :
x – Erik Higby (2′) – Benjamin Lagarde
x – Julien Laplace – Andrien Gleveau (2′)
x – Quentin Fauchon (-1) – Henric Andersen (A, -1)
x – Maxence Leroux – Enzo Baravaglio
x = trois ailiers gauches en rotation :
Perry D’Arrisso (+1), Fabien Kazarine (A, -2), Loïc Coulaud

Défenseurs :
Geoff Fortman (2′) – Maks Selan (-1, 2′)
Jiri Klimcek – Clément Mermoux
Numa Besson (C, -1) – Colin Sullivan (-1, 4′)

Gardien :
Richard Sabol

Remplaçants : Lucas Mugnier (G), Jérémie Penz. Absents : Vojtech Kloz (pied cassé), Scott Jacklin (ligaments du genou), Mathieu Briand (main cassée), Cody Freeman (commotion).

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