Grenoble – Nice (Ligue Magnus 2019, quart de finale, match 1)

Un tiers suffit aux Brûleurs de Loups

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La déception de la défaite face à Rouen lors du dernier match de la saison régulière a dû être vite évacuée côté grenoblois puisque les play-offs débutent ce soir avec la réception des Aigles de Nice, septièmes de la saison régulière et qualifiés pour la première fois de leur histoire en play-offs. Les Brûleurs de Loups l’avaient emporté difficilement la semaine dernière lors de l’avant-dernière journée à Jean Bouin (4-3). Avant cela, Grenoble avait remporté les deux matchs à Pôle Sud (7-0 et 4-2) mais s’était incliné lors du premier déplacement sur la Côte d’Azur (3-6). Les Aigles ont donc déjà posé des problèmes aux Isérois même si ces derniers ont souvent pris le dessus. Pour cette rencontre, Edo Terglav peut compter sur une équipe au complet à l’exception de Boštjan Goličič, toujours blessé. Aleksandar Magovac est lui laissé en tribunes en tant que surnuméraire. Du côté niçois, Stan Sutor déplore deux absents pour débuter ces play-offs : Roni Viirlas et Zbynek Hampl.

Les deux équipes entrent doucement dans la rencontre. Pas de grosse intensité physique mais un long round d’observation avec quelques incursions en zone offensive pour se mettre en jambes et tester de loin les gardiens. La première ligne grenobloise finit par accélérer sur un premier tir de près de Champagne, repoussé par Rosandic, auquel répond Bergeron pour Nice avec un lancer en lucarne détourné par Horak. Une première pénalité est appelée pour un cinglage contre Olivier Latendresse. Le power-play niçois est en place avec Dame-Malka à la ligne bleue qui teste Horak de loin. Grenoble fait un bon travail pour tuer la pénalité sans qu’Horak ne soit vraiment inquiété si ce n’est sur un nouveau tir lointain de Dame-Malka.

De retour à cinq contre cinq, les Brûleurs de Loups ne mettent pas longtemps à faire parler la poudre. Leclerc va chercher le palet en fond de zone, revient en arrière et tire en angle fermé : le palet passe entre le poteau et la jambière de Rosandic qui n’a pas bien fermé son angle (1-0, 08’27). Bien lancés par cette ouverture du score, les Isérois essaient d’enfoncer le clou avec un bon lancer de Kara capté difficilement par Rosandic. Leclerc essaie de nouveau de frapper à la porte, sans succès cette fois. McEachen envoie le palet en l’air, Fleury tente de le contrôler lorsqu’il retombe sur la glace face à la cage, sans succès… Surpris par le rebond, Rosandic repousse de la jambière… sur Sacha Treille qui n’a plus qu’à le pousser au fond (2-0, 11’01).

Début de match cauchemardesque pour Nice avec deux buts évitables encaissés par son gardien croate. Ce n’est pas fini. Dans la foulée, Miroslav Macejko se fait pénaliser pour avoir envoyé le palet directement au-dessus du plexiglas. La supériorité numérique ne dure que sept secondes… Dès l’engagement, Leclerc hérite du palet et centre en retrait pour Champagne : le tir du capitaine grenoblois est repoussé de la jambière par Rosandic mais le palet revient sur Kearney qui le pousse au fond (3-0, 11’33).

Mal en point, les Aigles bénéficient d’une faute de Manavian pour se relancer. Un bon lancer de Matis est capté par Horak mais c’est à peu près tout pendant deux minutes. Deuxième chance pour les Niçois puisqu’à peine revenu sur la glace, Manavian retourne en prison, cette fois pour un cinglage. Le boxplay grenoblois maîtrise parfaitement son sujet au cours des deux minutes qui suivent. Après ces quatre minutes d’infériorité, Dorey bloque irrégulièrement Fleury sur une contre-attaque. Malgré quelques tentatives lointaines, Grenoble ne concrétise pas ce deuxième avantage numérique, mais peut rentrer sereinement au vestiaire avec trois buts d’avance.

Nice n’a plus le choix et a une bonne occasion rapidement sur un 2 contre 1 entre Matis et Palocko mais ce dernier n’arrive pas à contrôler le palet. Dans la foulée, Latendresse est sanctionné pour avoir fait trébucher Perttilä. Un avantage numérique dont les Niçois ne savent pas profiter puisqu’une nouvelle fois, le boxplay grenoblois prend le dessus. Bjaloncik est sanctionné pour une charge sur Guillaume Leclerc mais ce dernier lui répond et les deux joueurs partent en prison, laissant les deux équipes à quatre contre quatre. Fleury et Hardy profitent des espaces pour tenter leur chance à deux contre un mais Rosandic repousse de la jambière. Fleury retente sa chance sur une remontée rapide : son lancer en entrée de zone finit sous la barre au grand dam de Rosandic (4-0, 26’59).

Sutor décide alors de changer de gardien et lance Julien Barrier dans le match. La réaction niçoise tarde à se faire sentir. Une charge de Legault sur Palocko est sanctionnée par les arbitres et les Aigles se retrouvent de nouveau en power-play. Perttilä frappe tout de suite à la porte mais Horak parvient à bloquer le palet en trois temps.

Les Brûleurs de Loups continuent de pêcher par indiscipline avec une nouvelle pénalité de Trabichet pour une charge sur Bjaloncik. Pendant dix-huit secondes, les Niçois peuvent évoluer à cinq contre trois, une grosse opportunité une nouvelle fois gaspillée par les visiteurs. Le palet va d’une cage à l’autre et Bisaillon doit se sacrifier défensivement sur une action emmenée par Sabatier. Quelques relâchements défensifs grenoblois permettent aux Aigles de se procurer quelques belles occasions, notamment pour Palocko en très bonne position, mais il n’arrive pas à conclure, symbole de l’inefficacité niçoise ce soir.

Pourtant Grenoble offre une nouvelle opportunité lorsque Treille part en prison pour les deux dernières minutes du tiers. Cette fois Nice arrive mieux à installer le jeu de puissance et Horak doit rester vigilant sur un tir de Rajamäki. Insuffisant pour empêcher Grenoble de tuer sa septième infériorité numérique ! À quelques secondes de la pause, Hardy manque même une cage grande ouverte sur une passe de McEachen.

Avec quatre buts d’avance au tableau d’affichage, les Brûleurs de Loups peuvent voir venir au troisième tiers-temps et préserver des forces pour la rencontre de demain. Ils se contentent de maintenir le palet en zone offensive tout en essayant de profiter des opportunités à l’image de Kara qui lance à côté de la cage. Mais les Aigles prennent petit à petit la possession du palet et tentent de construire à cinq contre cinq. Une première grosse opportunité survient sur une échappée de Romain Carpentier mais Horak bloque le palet sans laisser de rebond.

La réaction grenobloise est immédiate avec une contre-attaque de Leclerc dont le lancer est difficilement freiné par Barrier avant d’être dégagé par la défense niçoise. Une belle action de Kara et Baylacq en zone offensive provoque une pénalité de Macejcko.  Après un début tonitruant, le power-play grenoblois manque de percussion et se contente finalement de gérer. Une grosse de percée de Legault n’est pas loin de conduire au cinquième but grenoblois mais Barrier parvient à repousser le palet.

Les Niçois semblent perdre leur concentration avec un surnombre puis une grosse faute de Carpentier sur Sacha Treille, ce qui permet à Grenoble d’évoluer à cinq contre trois. Un avantage dont les Isérois ont du mal à profiter, se contentant des tirs lointains de McEachen ou Fleury. De retour à cinq contre cinq sans avoir pu enfoncer le clou, les Brûleurs de Loups remettent la pression en zone offensive sous l’impulsion de leur ligne tricolore avec Fleury, Da Costa et Treille. Pour la quatrième fois du tiers, Nice est pénalisé, Macejko retournant en prison pour la troisième fois du match. Et surprise puisqu’à force de vouloir gérer, les Brûleurs de Loups se font surprendre sur une contre-attaque rapide de Perttilä qui sert dans le timing Palocko lequel temporise pour battre Horak de près (4-1, 56’21).

Ce but encaissé en infériorité par Grenoble ne change pas grand-chose à l’affaire même s’il prive Horak d’un blanchissage qui semblait se profiler. Une peu trop relâchés dans ce troisième tiers, les Grenoblois attendent la fin du match mais une crosse haute de Perttilä sur Kearney leur offre une toute dernière supériorité numérique. Suffisante pour que Grenoble concrétise enfin dans ce troisième tiers : Da Costa prend de vitesse Scolari et va battre Barrier de près pour clore le score (5-1, 59’04).

Entrée en douceur dans les play-offs pour les Brûleurs de Loups qui ont su se rendre la tâche facile dans un match à faible intensité en marquant très rapidement trois buts qui leur ont permis de contrôler ensuite pour éviter tout retour niçois. Le quatrième but de Fleury a assuré le succès grenoblois avant la mi-match même si les nombreuses pénalités reçues au second tiers-temps auraient pu remettre en cause l’avance grenobloise au tableau d’affichage. Heureusement pour Grenoble, le boxplay était particulièrement efficace ce soir tout comme Lukáš Horák qui effectue des débuts en play-offs très convaincants. Ses arrêts décisifs ont permis à Grenoble de tenir les Niçois à distance respectable pendant tout le match et a grandement contribué au manque d’efficacité de l’attaque niçoise. Seul point négatif ce soir : le relâchement au troisième tiers-temps alors que Nice a concédé cinq pénalités (!) dont les Brûleurs de Loups n’ont guère su profiter au point même d’encaisser un but en supériorité numérique.

Du côté niçois, on pouvait regretter le manque de présence de Vilim Rosandic qui n’a pas été en réussite pour son premier match et qui a été chassé de sa cage après le quatrième but grenoblois. Offensivement, les Aigles se sont montrés dangereux mais ont péché par maladresse dans la finition face à la cage. Un manque d’efficacité qu’il faudra corriger dès demain pour espérer mieux dans cette série.

Désignés joueurs du match : Lukáš Horák (Grenoble) et Olivier Dame-Malka (Nice)

(Photos Philippe Crouzet et Emmanuel Giraudeaux)

Commentaires d’après-match :

Stan Sutor (entraîneur de Nice) : « Je pense qu’on a laissé un peu trop facilement marquer le premier but qui est venu un peu trop vite. Le joueur est sorti du coin, le gardien n’a pas gardé son poteau, il a marqué un peu facilement… Ça a permis à Grenoble de développer son jeu. Je pense qu’on a lâché ensuite un peu trop facilement à 3-0… Si on veut exister il faut qu’on essaie de faire douter cette équipe un peu plus longtemps que 5 ou 10 minutes. On n’a rien lâché, il y a des petites fautes de replacement. Il y a des joueurs qui font des virages du mauvais côté, il faut qu’on soit un peu plus solides derrière mais aussi présents devant la cage où on a pris ces buts de rebond. On a pris une petite leçon d’efficacité parce qu’on s’est malgré tout procuré des occasions qu’on n’a pas concrétisées. On va discuter ce soir et demain matin, préparer le match différemment et essayer de faire quelque chose demain soir. C’est une bonne chose de s’être procuré toutes ces supériorités, ça veut dire qu’on a fait douter cette équipe de Grenoble, qu’on l’a poussée à la faute. Ces supériorités non concrétisées nous font mal, pas que ce soir, ça fait un moment qu’on bataille. Je pense qu’on est un peu trop compliqué, mais il faut voir aussi les choses en face. Grenoble est bon en supériorité et en infériorité depuis le début de saison, c’est le meilleur du championnat, ce n’est pas pour rien quand on compare les effectifs. Il faut qu’on travaille sur autre chose. Il faut marquer des buts en supériorité mais il faut voir aussi la qualité qu’il y avait en face. »

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « C’était le discours qu’on avait avant le match, d’être prêts les premières dix minutes. Pour les deux équipes, le premier match est toujours important. Il fallait bien rentrer dans le match : il y a toujours un peu de nervosité, des jambes lourdes. On a commencé ce match de la façon qu’on voulait. Il y a eu quelques décisions douteuses mais c’est comme ça, on a bien joué en désavantage numérique, les gars se sont bien sacrifiés. C’est un premier point, c’est ça qui compte. Les trois dernières années, on avait commencé par une défaite. Ce sont des matchs super importants, on sait que Nice va sortir fort demain. Il va falloir bien jouer pendant soixante minutes. À nous d’être prêt. Comme on l’a fait au début de match, mais pendant soixante minutes. Nice est une bonne équipe, ils ont bien joué offensivement. On ne regarde pas le score, on regarde la victoire, c’est ce qui est important aujourd’hui. »

 

Grenoble – Nice 5-1 (3-0, 1-0, 1-1)
Vendredi 1er mars 2019 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2793 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay et Nicolas Cregut assistés de Joris Barcelo et Gabriel Pointel
Pénalités : Grenoble 16’ (6’, 10’, 0’), Nice 16’ (4’, 2’, 10’)
Tirs : Grenoble 30 (12, 6, 12), Nice 29 (7, 16, 6)

Évolution du score :
1-0 à 08’27 : Leclerc assisté de Champagne et Manavian
2-0 à 11’01 : Treille assisté de Fleury et McEachen
3-0 à 11’33 : Kearney assisté de Leclerc et Champagne (sup. num.)
4-0 à 26’59 : Fleury assisté de Bisaillon
4-1 à 56’21 : Palocko assisté de Perttila et Barrier-Heyligen (inf. num.)
5-1 à 59’04 : Da Costa assisté de McEachen (sup. num.)

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Guillaume Leclerc (2’)
Sacha Treille (2’) – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A)
Christophe Tartari (A) – Olivier Latendresse (4’) – Maxime Legault (2’)
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Vincent Kara
Mathias Arnaud

Défenseurs :
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Patrick McEachen – Antonin Manavian (4’)
Teddy Trabichet (2’) – Connor Hardowa
Dominik Kramar

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Boštjan Goličič (poignet), Aleksandar Magovac, Lucien Onno, Dylan Fabre (surnuméraires).

Nice

Attaquants :
Frédéric Bergeron – Peter Bjaloncik (2’) – Matus Matis
Tuukka Rajamäki – Matej Palocko – Juuso Perttilä (2’)
Valère Vrielynck (C) – Louis Petit – Peter Hrehorcak Jr (A)
Rémi Thomas – Florian Sabatier (A) – Romain Carpentier (2’)

Défenseurs :
Olivier Dame-Malka – Miroslav Macejko (6’)
Juha Tarkkanen – Marek Drtina
Aurélien Dorey (2’) – Quentin Scolari
Yoanne Lacheny

Gardien :
Vilim Rosandic puis à 26’59 Julian Barrier-Heyligen

Remplaçant : Alexis Sutor. Absents : Roni Viirlas, Zbynek Hampl.

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