Grenoble – Amiens (Ligue Magnus 2019, demi-finale, match 1)

À sens unique

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Qualifiés en quatre rencontres face à Nice, les Brûleurs de Loups ont longtemps attendu avant de connaître leurs adversaires des demi-finales. La faute à une interminable série entre Bordeaux et Amiens qui a finalement vu la victoire des Gothiques à l’issue du septième match disputé ce mardi (7-2). À peine remis de leurs émotions, les Amiénois ont pris la route de Grenoble pour défier les Brûleurs de Loups qui se reposent depuis dix jours. On notera l’absence dans le camp amiénois de Holden Anderson, suspendu suite aux incidents du match 4 à Bordeaux, et dans le camp grenoblois de Boštjan Goličič comme depuis le début de saison. C’est Aleksandar Magovac qui commence la série en tribune côté grenoblois. En saison régulière, les Brûleurs de Loups ont remporté trois matchs (4-3 après prolongation, 2-1 et 5-1), les Gothiques un seul (5-2).

Les Brûleurs de Loups accélèrent dès les premières minutes avec un bon travail de la ligne tricolore mais la plus belle opportunité est pour Legault, bien décalé au centre par Kearney. Legault manque le cadre mais obtient une deuxième opportunité quelques instants plus tard sur un tour de cage.  Buysse parvient à bloquer l’accès à la cage avec sa jambière. Grenoble continue d’étouffer les Gothiques dans leur zone avec une grosse possession du palet. C’est donc assez logiquement que Grenoble ouvre le score grâce à Guillaume Leclerc qui ajuste Buysse juste au- dessus de la jambière (1-0, 04’40).

Amiens essaie de réagir avec un tir écrasé de Romain Bault. Les débats se rééquilibrent pendant quelques instants et Thomas Suire obtient une belle opportunité en bonne position mais le cadre se dérobe sur le tir de l’attaquant amiénois. Tartari accroche Belisle et Amiens obtient la première supériorité de la rencontre. Trabucco est placé artilleur à la ligne bleue mais voit un premier tir contré par Rohat. Malgré une bonne pression, les Gothiques n’arrivent pas à profiter de l’avantage numérique.

Alors qu’Amiens essaie de mettre la pression sur Horak, les Gothiques se font surprendre par un 2 contre 1 entre Da Costa et Fleury mais Buysse repousse du casque. Damien Fleury effectue un numéro en zone offensive en passant le palet entre les jambes de Prissaint pour s’offrir un face-à-face avec Buysse. Mais dans le mouvement, l’attaquant grenoblois heurte le portier amiénois qui doit sortir et se faire remplacer par Lucas Savoye quelques instants plus tard, au moment où un gros brassage éclate le long de la bande suite à une charge de Legault sur Halley à laquelle Guillemain à répondu vigoureusement en chargeant le joueur grenoblois.

Les deux joueurs sont envoyés en prison pour se calmer et le jeu reprend à cinq contre cinq. Kearney parvient à décaler Leclerc face au slot mais ce dernier lève trop le palet et manque le cadre. Ce n’est que partie remise pour Grenoble qui double la mise sur un lancer de McEachen dévié au passage par Sacha Treille (2-0, 16’36). Après un arrêt en deux temps de Savoye, un nouveau brassage survient devant la cage amiénoise, signe de la tension qui règne sur la glace. Dans la foulée, une petite bousculade entre Champagne et Trabucco vient rajouter de l’électricité dans l’air. Dans les dernières secondes, un lancer de Hardowa est dévié habilement par Tartari mais malgré la présence au rebond de Rohat et de Kara, les Gothiques parviennent à repousser le danger jusqu’au coup de sirène.

Dès le début de la deuxième période, les Brûleurs de Loups enfoncent le clou avec un contre rapidement joué par Latendresse qui décale Tartari en entrée de zone, lequel laisse pour Hardowa qui s’avance sans opposition et ajuste Savoye à bout portant (3-0, 20’48). Déstabilisée, la défense amiénoise semble absente car sur le coup d’envoi qui suit, Latendresse met Kara en position idéale pour marquer mais cette fois le portier amiénois s’impose.

Les Gothiques ont frôlé la correctionnelle mais peuvent se relancer sur une supériorité numérique consécutive à une altercation entre Edwards et Kramar. Les Amiénois installent leur jeu de puissance mais malgré quelques situations chaudes sur la cage de Horak, Grenoble parvient à revenir à égalité numérique. Dans la foulée, les Brûleurs de Loups auraient pu tuer le suspense sur une belle passe de Manavian pour Kearney dont la reprise est repoussée à bout portant par Savoye. Arnaud est sanctionné pour une dureté sur Halley ce qui donne à Amiens une nouvelle supériorité numérique dans ce tiers-temps, la troisième depuis le début du match. Encore une fois, le boxplay grenoblois fait très bien le travail pour tuer la pénalité.

Lorsque Prissaint accroche Leclerc, les Brûleurs de Loups obtiennent leur première supériorité numérique du match. Hormis un bon lancer de Bisaillon bloqué par Savoye, les Isérois n’ont pas beaucoup d’opportunités. De retour à cinq contre cinq, ils monopolisent encore la rondelle en zone offensive. Mais sur un palet perdu, Da Costa part rapidement en contre et décale Trabucco qui ajuste Horak d’un lancer sous la barre sans que le portier grenoblois n’esquisse le moindre geste (3-1, 34’42).

Le match s’emballe avec des occasions consécutives de Guillemain puis de Manavian qui auraient pu marquer au milieu d’une défense absente. Amiens est tout près de revenir à deux buts sur un lancer de Narbonne bien repoussé par Horak. Le portier grenoblois, au chômage technique jusque là, doit soudainement se montrer décisif.  En fin de tiers, une pénalité de Plouffe pour une crosse haute sur Treille donne une belle opportunité en supériorité numérique à Grenoble pour finir le tiers. Une opportunité que les Brûleurs de Loups ne laissent pas passer : Leclerc centre dans l’axe pour Bisaillon dont la reprise ajuste Savoye à bout portant (4-1, 39’03).

Avec de nouveau trois buts d’avance, les Brûleurs de Loups peuvent voir venir en début de troisième période. Amiens est acculé dans sa zone défensive et a de plus en plus de mal à se dégager. Un lancer en bonne position de Kearney est bloqué difficilement par Savoye avant d’être neutralisé vigoureusement par la défense amiénoise. Les Isérois se contentent d’avoir la mainmise sur le palet et obtiennent une pénalité de Belisle qui a accroché Rohat le long de la bande. Grenoble se contente de faire défiler le chrono sans prendre de tir dangereux. Amiens tue assez facilement la pénalité mais se relâche dans la foulée alors que les deux équipes sont revenues à égalité numérique : après un premier tir de Hardy repoussé du casque par Savoye, une remontée de palet de Latendresse est bonifiée par Tartari dont le lancer est repoussé par Savoye mais Legault est présent au rebond pour marquer d’un tir « en cloche » qui vient mourir derrière la ligne (5-1, 49’01).

Cette fois, les Amiénois commencent à ne plus vraiment y croire. Belisle retourne en prison suite à un cinglage. Grenoble marque une nouvelle fois sur un décalage splendide de Champagne pour Hardy complètement démarqué qui n’a plus qu’à pousser le palet au fond des filets (6-1, 51’51). À la peine physiquement à l’image de Belisle qui encaisse sa troisième pénalité consécutive, les Gothiques semblent payer leur débauche d’énergie lors des quarts de finale face à Bordeaux. Nouvelle supériorité numérique pour les Brûleurs de Loups qui poussent avec Treille et Fleury notamment. Sacha Treille est sanctionné avec Jonathan Narbonne pour un petit brassage entre les deux joueurs. Grenoble continue en supériorité numérique et finit par porter le coup de grâce avec Champagne qui marque sur un poteau rentrant (7-1, 55’07). Les deux équipes terminent la rencontre en roue libre avec un dernier brassage entre Plouffe et Latendresse qui conduit les deux joueurs en prison.

Les Brûleurs de Loups s’imposent avec une facilité déconcertante dans cette première rencontre des demi-finales. À leur crédit, une grosse intensité mise pendant soixante minutes, une attaque prolifique (sept buteurs différents !) qui a su se montrer réaliste aux moments importants. La domination grenobloise a été telle que Horak n’a eu à faire face qu’à 13 tirs cadrés ! Le principal atout dans ce match côté grenoblois aura été la fraîcheur physique et le rythme imposé à des adversaires dépassés. Attention tout de même à l’excès de confiance car, aussi large la victoire soit-elle, elle ne rapporte qu’un point dans la série.

Pour les Gothiques, c’est bien sûr la soupe à la grimace après l’euphorie de la qualification face à Bordeaux. Les Amiénois ont semble-t-il accusé le coup physiquement et mentalement après une éprouvante série de quarts-de-finale. De leur capacité à se remobiliser dépendra la suite de la série. Mais les hommes de Mario Richer devront aussi surmonter l’absence de leur gardien titulaire, Henri-Correntin Buysse, sorti en cours de match et incertain pour demain. Un handicap de plus à surmonter dans une série qui commence mal pour les Amiénois qui auront l’occasion de montrer un autre visage dès demain pour la deuxième manche.

Désignés joueurs du match : Guillaume Leclerc (Grenoble) et Mario Trabucco (Amiens)

(Photos Emmanuel Giraudeaux)

Commentaires d’après-match :

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On se prépare depuis une semaine, on ne savait pas jusqu’à mardi qui allait être notre adversaire mais on a travaillé dans le sens qu’on voulait. J’ai beaucoup aimé l’attitude des joueurs. C’était sérieux, on voulait être bien en place défensivement, garder les choses simples. Quand on fait ça, on a de bonnes chances de marquer derrière, c’est ce que je voulais faire comprendre aux joueurs. Au premier match, on veut aller chercher la confiance, en plus on n’avait pas joué pendant neuf jours. Les dix premières minutes étaient la clé, on a trouvé les jambes, le momentum de mettre tous les joueurs dans le match, qu’ils sentent les sensations. Terminer comme ça en marquant trois buts sur power-play, c’est bon pour la confiance et pour la suite. On va basculer dans la préparation pour demain, la récupération. On va vite mettre le match derrière nous. Amiens est une équipe qui a beaucoup de caractère. Ils ont toujours une bonne fiche derrière leurs défaites, je sais que demain ils vont montrer un autre visage et être prêts. »

Patrick McEachen (défenseur de Grenoble) : « Je pense que c’était un de nos meilleurs matchs de la saison depuis que je suis là. Ça se voyait qu’on était bien reposé, qu’on avait plus d’énergie qu’eux ce soir, qu’ils étaient un peu fatigués. En plus de ça, ça leur a fait mal de perdre Buysse et on ne leur a pas donné beaucoup d’occasions, c’était un match très solide de notre part. Nos attaquants ont fait un gros boulot en forecheck ce soir, on a mis beaucoup de pression sur leurs défenseurs pendant tout le match et ça nous aide aussi en tant que défenseurs. Les attaquants étaient toujours là pour nous donner du support pour faire des sorties de zone, c’était un très bon effort de tout le monde. Pendant la série de Nice, on n’a pas vraiment senti le sentiment de play-offs. On s’attendait à ça ce soir, on a répondu présent. Le danger c’est d’être trop confiant parce que ça ne va pas du tout être la même équipe. On sait que c’est une très bonne équipe, ils l’ont montré tout au long de la saison. Ils l’ont montré en battant Bordeaux, il va falloir répondre présent encore demain et jouer de la même manière. »

Mario Richer (entraîneur d’Amiens) : « Ce soir on a vu comme était forte l’équipe de Grenoble, ils nous ont marché dessus, au niveau des lancers, de l’efficacité, du power-play… Quand tu vois un joueur comme Vincent Kara qui joue sur le quatrième trio, chez nous il serait sur le premier trio. On voit la différence d’équipe. Ce n’était pas le match espéré, on a perdu, demain on revient. On va regarder les choses qu’on a bien faites mais il y avait plus de mal que de bien, il faut l’oublier, on jette le DVD du film dans la poubelle et on recommence. Il faut vouloir se sacrifier, rester dans le système, quand tu vois à 4-1 ou 5-1 que Grenoble a le vent dans les voiles, que tout va bien pour eux, l’être humain laisse passer des lancers, ne veut pas se sacrifier trop tôt, il pense plus à demain qu’au moment présent. Certains joueurs ont été des passagers en première période et ça s’est vu. Ceux-là, demain, il faut qu’ils se présentent. Ce sont les 22 joueurs qui doivent donner le meilleur effort possible sinon on n’a aucune chance de gagner contre Grenoble, ils ont trop un effectif incroyable. Un peu comme Lyon et Barcelone, ils ont tenu le match et à la fin c’est difficile… On a travaillé mais on a mal travaillé, on est sorti du système, demain on va bien revenir, on va bien jouer dans le système. On verra ce que ça va donner mais on va être mieux demain. »

Jonathan Narbonne (capitaine d’Amiens) : « En série, c’est 4 victoires qu’il faut avoir, nous on ne regarde pas le score de 7-1, c’est 1-0 dans la série pour Grenoble. Au troisième tiers-temps, même si on était un peu indiscipliné, on a mieux joué quand même, on a eu quelques occasions. On va oublier le match d’aujourd’hui et se concentrer sur celui de demain. Ils ont une bonne équipe, on savait qu’ils allaient sortir très fort devant leur public. On a eu deux jours de congé, on n’a pas d’excuse, durant le championnat on a le même repos. Moi je me sentais super bien, les joueurs se sentaient bien, la fatigue n’est pas une excuse. Je pense qu’ils sont sortis très forts ce soir mais demain c’est un nouveau match. On sait que Grenoble a un bon power-play, il faut être plus discipliné et jouer un meilleur match défensif. Ils ont de très bons joueurs, quatre premières lignes n’importe où dans la ligue, il faut qu’on joue notre style de hockey. Ce qui nous a aidé à remporter des matchs cette année, c’est notre jeu défensif, il ne faut pas se laisser embarquer dans leur jeu offensif à l’extrême. »

 

Grenoble – Amiens 7-1 (2-0, 2-1, 3-0)
Vendredi 15 mars 2019 à 20h la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3490 spectateurs.
Arbitrage de Alexandre Hauchart et Laurent Garbay assistés de Nicolas Constantineau et Gwilherm Margry.
Pénalités : Grenoble 36’ (6’+10’, 6’, 4’+10’), Amiens 40’ (4’+10’, 6’, 10’+10’).
Tirs : Grenoble 41 (13, 11, 17), Amiens 13 (5, 7, 1).

Évolution du score :
1-0 à 04’40 : Leclerc assisté de Bisaillon et Hardy
2-0 à 16’36 : Treille assisté de McEachen et Fleury
3-0 à 20’48 : Hardowa assisté de Tartari et Latendresse
3-1 à 34’42 : Trabucco assisté de Da Costa et Poudrier
4-1 à 39’03 : Bisaillon assisté de Leclerc et Hardy (sup. num.)
5-1 à 49’01 : Legault assisté de Tartari et Latendresse
6-1 à 51’51 : Hardy assisté de Champagne et Leclerc (sup. num.)
7-1 à 55’07 : Champagne assisté de Bisaillon et Hardy (sup. num.)

Grenoble

Attaquants :
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Guillaume Leclerc
Sacha Treille (4’) – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A)
Christophe Tartari (A) (2’) – Olivier Latendresse (2’+10’) – Maxime Legault (2’+10’)
Julien Baylacq – Sébastien Rohat – Vincent Kara ou Mathias Arnaud (2’)

Défenseurs :
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon
Patrick McEachen – Antonin Manavian
Dominik Kramar (4’) – Connor Hardowa
Teddy Trabichet

Gardien :
Lukáš Horák

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Boštjan Goličič (poignet), Aleksandar Magovac, Lucien Onno, Dylan Fabre (surnuméraires).

Amiens

Attaquants :
Tommy Giroux – Philippe Halley – Jérémie Romand
Rudy Matima – Mario Trabucco – Pierre-Maxime Poudrier
Spencer Edwards (2’) – Joey West (A) – Bastien Maia
Kévin Da Costa – Félix Plouffe (2’+10’) – Thomas Suire

Défenseurs :
Ondrej Smach – Jonathan Narbonne (C) (4’)
Louis Belisle (6’) – Yohan Coulaud
Romain Bault – Léo Guillemain (4’+10’)
Axel Prissaint (2’)

Gardien :
Henri-Corentin Buysse puis à 14’23 Lucas Savoye

Remplaçant : Baptiste Bruche. Absent : Holden Anderson (suspendu).

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