Rouen – Gap (Ligue Magnus 2019, demi-finale, match 1)

L'Essentiel

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L’essentiel.

Contre des Gapençais mieux dans leurs patins durant les deux derniers tiers mais incapable de marquer sur leurs chances, les Rouennais ont décroché l’essentiel grâce à deux buts en supériorité de Chakiachvili et Roy inscrits lors du premier vingt. C’est l’objectif qu’ils s’étaient fixé. Gap n’a pas démérité mais, malgré un Jordon Cooke XXL, et à cause d’un killing-play bien faible au premier vingt, repart bredouille du premier match de la série des demi-finales.

En s’appuyant sur leur vitesse, leur échec-avant et leur capacité à se déplacer en bloc, les Dragons ont rapidement mis les Rapaces dans la difficulté. Vincent Nesa a hérité de la première occasion stoppée de la mitaine par Cooke (01’31). Deschamps sur la gauche (2’33) et Mäkinen profitant d’un voile (2’39) n’ont pas trouvé le cadre. Sur un palet libre, Michel Miklik a été frustré par Cooke (4’04). Malgré tout, les coéquipiers de Jeffrey Brown, sont sortis de leur boite à deux reprises – via Kambeitz imprécis (4’39) et Biezais dont le tir fut stoppé par Pintaric (5’03) – avant l’ouverture du score des locaux. En infériorité, le carré gapençais laissait tout le temps nécessaire à Florian Chakiachvili de s’avancer et d’ajuster le trou dans la cuirasse de Cooke (1-0 à 5’59).

Matija Pintaric a ensuite maintenu son équipe en avance. Devant Kambeitz (6’30), puis Bouvet à bout portant (10’36) et enfin et surtout Brown, lorsque les visiteurs jouaient à un homme de plus (11’25). Les blancs n’ont pas su saisir leur chance, tout le contraire des noir et jaune qui inscrivaient un second but. Une merveille de passe d’Anthony Guttig devant le but, dans une défense très naïve, pour une reprise de Mathieu Roy au second poteau (2-0 à 14’35).

Ensuite, les patineurs de Luciano Basile se sont pourtant parfois projetés en attaque avec brio. Mais sans efficacité. Reno manquait le cadre (15’15), puis Bouvet (15’28) et Crinon (15’44)  échouait sur un Pintaric concentré, au diapason de Cooke qui s’opposait à un lancer de Ritz pour la dernière occasion de la première période (19’51).

Le deuxième acte sera moins riche, d’abord à cause de Normands plus prudents et surtout dans un second temps ne fabriquant plus de jeux simples et efficaces à l’image de deux contres surnuméraires vaguement expédiés (Ritz-Thinel à 28’16 et Caron-Deschamps à 38’50) ou autres effets de styles… La faute peut-être à une interruption due au raccommodage technique d’un problème dans la bande.

Même si Aleardi, trouvé par Deschamps, se procurait la meilleure occasion qu’on a cru sur le coup validée en but automatique – Cooke ayant fait valser sa cage avec son patin gauche – en interprétant le geste de l’arbitre, ou que celle de Guttig en deux temps (35’06) fut très intéressante, les amateurs des gradins avaient hâte que ce tiers se termine tant Rouen semblait jouer avec le feu comme quand Biezais partait seul défier Pintaric (32’19) ou que Bouvet était dangereux du revers (36’07). Matija Pintaric, énorme, sortait à chaque fois vainqueur de ces duels.

Une fois n’est pas coutume, mais le surfaçage de la seconde pause vaudra qu’on s’y intéresse. En effet celui-ci a laissé deux ou trois trous à proximité l’un de l’autre sur la glace, jusqu’à dégager le film publicitaire d’un cercle d’engagement ! Branle-bas de combat, jusqu’au président de la fédération en personne qui avisera de ses conseils le long de la bande pour que les chefs de piste, véritable maçons de l’extrême, rapiècent patiemment la glace à l’aide de glaçons, d’un extincteur et d’outils faisant office de truelle de fortune. Bref, trente à quarante-cinq minutes après la seconde sirène, le troisième tiers pouvait enfin débuter.

Gap évolue désormais principalement à trois lignes. Les Rapaces obtiennent un avantage numérique. Une nouvelle fois, les visiteurs ne sont pas réalistes dans cet exercice. Brown en bonne position lance à côté (41’20) et Pintaric s’oppose à Biezais (42’14). Les Rouennais sont gênés en sorties ou entrées de zone par le rythme de la bande à Basile. Chad Langlais est assez irrésistible en défense. L’arrière américain doit intervenir pour éteindre le feu. La première fois sur une possibilité de breakaway de Biezais (44’14) et une seconde alors que s’offrait une échappée pour Thillet (45’29). Les Haut-alpins autorisent trois bons de sorties à la troisième ligne normande. Koivisto (54’00) et par deux fois, Joris Bedin (44’45 & 47’57)  sont privés de filet par la grâce de Cooke.

Rouen est sous pression, mais avec Pintaric, ne subit aucun dommage. Maurin Bouvet est manœuvré par le portier slovène (46’57). Les Rouennais, qui n’ont pas joué pleinement ce match (haché) de play-off, sont fébriles. À l’image de leur vétéran, Marc-André Thinel, qui offre une dernière supériorité à Gap avec un peu plus de trois minutes encore à jouer. Mais Gap n’y arrive toujours pas dans ses attaques à cinq. Tout comme le RHE76 qui n’arrivera pas à clouer un troisième but dans la cage adverse déserte pendant deux minutes malgré deux possibilités jouées avec trop peu de sang-froid et de discernement.

Finalement, Rouen en ayant fait le plus difficile au premier tiers, perturbé ensuite dans ses transitions par Gap, et dans son rythme de jeu à cause des interruptions de match toujours néfastes aux équipes menant à la marque, conserve pour ce soir l’avantage de la glace en remportant ce match n°1, l’essentiel.

Commentaires (dans Paris-Normandie et Tendance Ouest) :

Fabrice Lhenry (entraîneur du RHE) : « Je suis assez déçu. La première période a été correcte mais on n’a pas fait un grand match ce soir. On a même été dominés par Gap. On n’a pas été assez rapides dans nos prises de décision, sans doute que les dix jours sans jouer ont eu une incidence. Heureusement, Pintaric a fait un bon match. Le point positif, c’est la victoire mais il faudra être beaucoup plus fort demain. On s’en sort bien. Je suis déçu du contenu du match parce qu’après un premier tiers correct, on a dû penser que ça allait être facile et Gap est revenu plus fort. Ils nous ont mis sous pression. On a été très lent dans toutes les exécutions, on n’était vraiment pas dans le rythme de ces play-offs. La chose positive reste le blanchissage de Pintaric, ça ne sera pas toute la série comme ça. Il faudra bien réagir demain. L’interruption, ce n’est pas l’idéal, mais c’est pour les deux équipes pareil. C’est mentalement qu’il faut être prêt à revenir dans ce match. Il faudra plus d’envie pour le match 2. »

Matthieu Roy (RHE) : «  On a fait un bon début de match, puis il y a eu un relâchement de notre part. Les dix jours sans match expliquent sans doute cela. Gap est une bonne équipe qui ne lâche jamais. Il va falloir travailler plus fort lors du match 2. Heureusement, on a bien joué défensivement, et nos unités spéciales ont bien fonctionné. Je crois que c’est avant tout mental… »

 

Rouen – Gap 2-0 (2-0, 0-0, 0-0)
Vendredi 15 mars 2019 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs (guichets fermés)
Arbitres : MM. Jimmy Bergamelli et Geoffrey Barcelo assistés de MM. Clément Goncalves et Thomas Caillot.
Pénalités : Rouen 12′ (4′, 2’, 6’) ; Gap 14′ (6′, 6′, 2′)
Tirs : Rouen 37 (17, 8, 12) ; Gap 28 (13, 8, 7)
Supériorités : Rouen 2/5, Gap 0/4

Évolution du score :
1-0 à 05’59 : Chakiachvili assisté de Roy et Lampérier (sup.num.)
2-0 à 14’35 : Roy assisté de Lampérier et Guttig (sup.num.)
 

Rouen

Attaquants :
Nicolas Deschamps – Joël Caron– Alexander Aleardi
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel (A)
Joris Bedin – Juha Koivisto – Vincent Nesa
Fabien Colotti – Anthony Guttig – Michel Miklik

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur – Atte Mäkinen
Kévin Dusseau – Chad Langlais

Gardien :
Matija Pintaric (28 arrêts)

Remplaçants : Quentin Papillon (G), Enzo Cantagallo, Julien Msumbu.

Gap

Attaquants :
Jeffrey Brown (C) – Maurin Bouvet (A) – Elvijs Biezais
Norbert Abramov – Romain Gutierrez (A) – Dimitri Thillet
Roberts Jekimovs – Kristoff Kontos – Adam Kambeitz
Paul Schmitt – Roman Vondracek – Téo Sarlièvre

Défenseurs :
Dan Gibb – Matt Nelson
Pierre Crinon – Raphaël Faure
Vincent Melin – Parker Reno

Gardien :
Jordon Cooke (35 arrêts), sorti de 57’54 à 60’00.

Remplaçants : Jimmy Darier (G), Paul Joubert, Johann Bayrou. Absents : Samuel Labrecque (jambe), Robin Colomban (genou).

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