Rouen – Grenoble (Ligue Magnus 2019, finale, match 2)

Jamais si prêt depuis dix ans !

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Jamais si prêt depuis dix ans !

Par rapport au match 1, les deux finalistes ont ajusté leurs alignements. Grenoble doit faire face à l’absence du vétéran Christophe Tartari qui sera palliée par Kara. Alors que du côté de Rouen, il s’agit d’un réglage technique pour mixer trois trios offensifs. Respectivement, Caron évoluera aux côtés de Guttig et Aleardi, alors que Koivisto et Deschamps rejoignent Miklik et Joris Bedin accompagnera Colotti et Nesa.

Mais on a, à peine, le temps d’apprécier ces modifications, que le RHE doit déjà annihiler une infériorité dans la première minute du match. Patrick McEachen hérite de deux occasions. La première est détournée par Pintaric (1’38), la seconde n’est pas cadrée (1’50). Les Dragons décomplexés ont, bien mieux qu’hier, poursuivi la rencontre. L’esprit, le rythme et l’engagement sont recouvrés. Face à eux, le système grenoblois est, dès lors, moins nuisible que la veille. Le jeu est équilibré.

Les deux équipes ont des chances. Champagne (4’07) et Da Costa (5’42) d’un côté. Aleardi (5’14) et Ritz (7’21) de l’autre. Et quand les BDL ouvrent le score par Damien Fleury pénétrant entre deux arrières dans l’axe, de près des poignets (0-1 à 13’10), les Normands répondent aussitôt par Mathieu Roy, d’un lancer balayé, décalé dans le cercle droit (1-1 à 14’33). La fin du premier vingt est même légèrement à l’avantage des hommes de Fabrice Lhenry qui obtiennent un jeu de puissance au cours duquel Aleardi frappe la barre (18’48).

Les dix premières minutes de la deuxième période seront dominées par les défensives qui n’accordent rien aux attaques adverses. La seconde partie du tiers sera hachée par 5 prisons. Les coéquipiers de Mathieu Roy auront ainsi 1’07 à jouer en double supériorité, mais le duo canadien Hardowa-Bisaillon est remarquable et, aidé de Rohat puis de Latendresse, il tiendra bon jusqu’au bout. Notamment sur un rebond saisi par Loïc Lampérier, stoppé in extremis par Horak (29’19). De leur côté, les Seino-Marins déjouent aussi une attaque à cinq adverse. Patrick McEachen est contré (32’01) alors que Manavian est frustré par Pintaric (32’21).

Ce match est dans l’ensemble assez équilibré. Alors quand Rouen prend l’avantage, pour la première fois de la finale, grâce à un tir frappé, sans contrôle, de Juha Koivisto, tout en haut du slot (2-1 à 35’06), Grenoble égalise sans attendre, en power-play, grâce à McEachen qui envoie dans un filet ouvert grâce aux travaux de fixation de Manavian et Fleury du revers (2-2 à 36’47). Avec le momentum de l’égalisation, les blancs termineront un peu mieux ce deuxième acte.

Le troisième tiers débutera après des travaux le long de la bande inférieure. Le jeu est encore bien réparti. Les Dragons bénéficient d’un jeu de puissance. Clairement, ils n’ont pas de solution face à la boîte adverse. Ils pourront s’en mordre les doigts car plus tard, Guillaume Leclerc fait la différence en éliminant son opposant à droite, et crée l’espace nécessaire à Champagne dans le slot. Le capitaine exploite de ses solides mains la passe du natif de Besançon (2-3 à 51’36). Malgré leur bonne volonté,  leur attitude et le remplacement de Pintaric par un attaquant supplémentaire, les Normands ne parviendront pas à égaliser.

Naturellement, avec deux victoires, Grenoble, est en pôle, loin devant, tout en haut, touchant méritoirement la coupe. Mais l’écart des niveaux de jeu entre les deux équipes s’est considérablement rétréci, sauf en powerplay. C’est ici, où l’écart entre des deux équipes est toujours large, mais moins compliqué à résoudre qu’il pourrait paraître au premier abord. La réussite des jeux spéciaux rouennais ce soir n’a tenu finalement qu’à une barre en première période et quelques millimètres dans la deuxième. Cela promet d’autres matches serrés, même au « pôle sud » qui a déjà souri au RHE, comme chez lui sur l’avenue d’Innsbruck, et qui devra d’abord pouvoir compter sur Matija Pintaric remis du choc, violent, sur son casque, avec le palet reçu d’un lancer de Sacha Treille (53’36).

Commentaires (dans Actu76) :

Fabrice Lhenry (entraîneur de Rouen) : « On est très déçus car on a su élever notre niveau de jeu. Les joueurs ont fait un match intense, mais on n’a pas eu de réussite offensive. Au contraire, on commet des erreurs que l’on paye cash. Hier, on ne méritait pas de gagner, ce soir ce n’est pas le cas. Il faut rester positif, on a déjà gagné deux fois là-bas en saison régulière, je suis confiant pour gagner au moins un match à Grenoble. Rien est perdu, on peut encore être champion ! »

Anthony Guttig (attaquant de Rouen) : « Ce n’est pas fini, il n’y a que deux à zéro, il y a encore des matchs à jouer, on sait que l’on peut l’emporter chez eux ! »

Edo Terglav (entraîneur de Grenoble) : « On a bien fait le boulot à l’extérieur, On s’était préparé pour ça, maintenant on revient à la maison et ça sera encore différent comme rencontres. Il faudra rester concentré. Rouen va venir chez nous pour gagner. Le chemin est encore long, on n’est pas encore champion ! »

Julien Baylacq (attaquant de Grenoble) : « On connaît Rouen, ils savent réagir. C’est une équipe qui ne s’avoue jamais vaincue. »

Rouen – Grenoble 2-3 (1-1, 1-1, 0-1)
Samedi 30 mars 2019 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2746 spectateurs (guichets fermés).
Arbitres : Alexandre Hauchart et Laurent Garbay assistés de Gwilherm Margry et Jérémie Douchy.
Pénalités : Rouen 14′ (6′, 6′, 2′) ; Grenoble 14′ (6′, 6′, 2′).
Tirs : Rouen 35 (14, 11, 10) ; Grenoble 24 (9, 10, 5).
Supériorités : Rouen 0/6, Grenoble 1/6

Évolution du score :
0-1 à 13’10 : Fleury assisté de McEachen et Manavian
1-1 à 14’33 : Roy assisté de Nesa et Lampérier
2-1 à 35’06 : Koivisto assisté de Deschamps et Roy
2-2 à 36’47 : McEachen assisté de Fleury et Treille (sup.num.)
2-3 à 51’36 : Champagne assisté de Leclerc et Kearney

Rouen

Attaquants :
Loïc Lampérier (A) – Nicolas Ritz – Marc-André Thinel
Nicolas Deschamps – Juha Koivisto – Michel Miklik
Joël Caron – Anthony Guttig (A) – Alexander Aleardi
Joris Bedin – Fabien Colotti –Vincent Nesa

Défenseurs :
Florian Chakiachvili – Mathieu Roy (C)
Mathieu Brodeur – Atte Mäkinen
Kévin Dusseau  – Chad Langlais

Gardien :
Matija Pintaric (21 arrêts) sorti de 59’12 à 60’00

Remplaçants : Quentin Papillon (G), Enzo Cantagallo et Julien Msumbu.

 

Grenoble

Attaquants :
Sacha Treille – Teddy Da Costa – Damien Fleury (A)
Vincent Kara [puis Latendresse à 40’00] – Olivier Latendresse [puis Rohat à 40’00] – Maxime Legault
Denny Kearney – Joël Champagne (C) – Guillaume Leclerc
Julien Baylacq [puis Kara à 40’00] – Sébastien Rohat [puis Baylacq à 40’00] – Mathias Arnaud

Défenseurs :
Patrick Mc Eachen – Antonin Manavian
Dominik Kramar – Connor Hardowa
Kyle Hardy – Sébastien Bisaillon (A)
Teddy Trabichet – Aleksandar Magovac

Gardien :
Lukas Horak (33 arrêts)

Remplaçant : Antoine Bonvalot (G). Absents : Christophe Tartari (?) et Bostjan Golicic (poignet).

 

 

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